A soap to fight schistosomiasis: a field intervention worth considering?
Jean-Loup REY

TL;DR
A soap containing lauryl betaine was tested in the field to combat schistosomiasis, showing some promise but mixed results in reducing infection rates.
Contribution
Demonstrates the potential of incorporating lauryl betaine into soap as a novel intervention against schistosomiasis.
Findings
Lauryl betaine in soap immobilized schistosome larvae in lab and field tests.
Soap was well accepted by communities but showed mixed effects on infection rates after one year.
Combining soap use with treatment and education may be necessary for effectiveness.
Abstract
Une expérience a été menée en 1985-87 contre les schistosomoses par l’utilisation de produits neutralisant les stades intermédiaires des schistosomes. Au laboratoire, il avait été montré que les lauryl-bétaïnes, substances amphotères, utilisées pour les shampoings pour enfants, immobilisaient rapidement miracidiums et cercaires. Des études au Niger dans les conditions de terrain avec des eaux chargées en matières organiques ont donné des résultats similaires. Cet agent de surface peut être incorporé dans des savons ordinaires à la dose de 5 % sans modifier leurs caractéristiques. Des savons bétaïnés ont été mis en vente dans les circuits commerciaux ordinaires au Niger puis en Côte d’Ivoire, dans des villages hyperendémiques pour Schistosoma haematobium. Les bétaïnes ont diffusé dans les eaux utilisées par les populations pour se laver sans intervention extérieure. Ces savons ont été…
Genes, proteins, chemicals, diseases, species, mutations and cell lines named across the full text — each resolved to its canonical identifier and authoritative record.
Click any figure to enlarge with its caption.
Figure 1
Figure 2
Figure 3
Figure 4
Figure 5
Figure 6
Figure 7Peer Reviews
No public reviews on file for this paper yet. If you reviewed it on a platform where reviews are public (OpenReview, ICLR, NeurIPS, ICML), you can paste yours below so the community can read it here.
Videos
No videos yet. Explain this paper in a talk, walkthrough, or lecture? Add one.
Taxonomy
TopicsParasites and Host Interactions · Hepatitis Viruses Studies and Epidemiology
Les schistosomoses ont un cycle complexe procurant plusieurs cibles d’attaque pour une lutte efficace associant plusieurs moyens. La lutte contre les mollusques hôtes intermédiaires a fait l’objet dans le passé de nombreuses études, de même que les traitements antiparasitaires à large échelle dans les communautés, notamment chez les enfants d’âges scolaires, les plus vulnérables [1]. Il a ainsi été proposé de développer l’élevage de poissons, de canards et même d’écrevisses malacophages. Parmi les stratégies de contrôle des schistosomoses, la lutte contre les stades intermédiaires fut plus rarement étudiée.
Nous rapportons ici une expérience menée dans les années 1980, au Niger puis en Côte d’Ivoire, qui mériterait d’être reconsidérée en appui aux stratégies médicamenteuses et de développement. Dans les années 1980, les essais thérapeutiques concernant le praziquantel (Biltricide®) et l’oltipraz (abandonné à cause des effets secondaires) étaient en cours, les traitements utilisés étaient le metrifonate (Bilarcil®) et le niridazole (Ambilhar®). La lutte était essentiellement basée sur l’éducation pour la santé et l’assainissement. L’utilisation des molluscides et de la lutte biologique était perçue comme difficile [4].
Grâce aux travaux de Claude Combes (19352021) à Perpignan, faisant suite à des travaux chinois, nous avons eu l’occasion de tester une méthode visant les miracidiums et surtout les furcocercaires (Fig. 1). En 1982, Combes et Arnaudis avaient testé différents produits tensio-actifs. Ils avaient montré que deux produits amphotères, des lauryl-bétaïnes, avaient une activité inhibitrice puissante sur les cercaires de schistosomes élevés au laboratoire. Ces produits constituent la base des shampoings pour bébés et enfants et n’avaient aucune toxicité humaine connue [2, 3].
Au Niger, en 1984, des essais en eaux chargées de matières organiques (mares et rizières) ont montré que ces produits gardaient une demi-vie suffisante, supérieure à 24 heures, pour une action sur les cercaires (Fig. 2 et 3). Des essais dans une mare artificielle avec remplissage par les pompiers d’eau du fleuve (Fig. 4) puis remplie par nos soins d’une eau venant des rizières (Fig. 5) confirmaient l’action inhibitrice sur des cercaires de S. mansoni. Dans la mare témoin, 29 % des mollusques étaient infectés contre 0 % dans la mare traitée avec 1 ppm de bétaïnes [5, 6]. Un contrôle dans une mare naturelle des environs de Niamey a montré qu’il n’y avait aucun effet nuisible sur la faune aquatique à cette dose.
Ces bétaïnes pouvaient être incorporées dans des savons ordinaires permettant, à la concentration de 5 %, leur diffusion suffisante dans les canaux et mares. Une tonne de ces savons a été fabriquée pour être testée sur le terrain. Dans deux villages hyperendémiques pour la schistosomose urinaire de la zone rizicole proche de Niamey (Fig. 6), nous avons traité tous les habitants par trois doses de métrifonate puis mis en place dans un des deux villages les savons bétaïnés. Cette diffusion a été effectuée par l’intermédiaire des commerçants locaux. Les savons étaient vendus au même prix que les autres savons. Le fabricant nigérien de savons (Société nigérienne de produits chimiques) a distribué à tous les commerçants de la zone ce savon bétaïné marqué d’un petit signe discret au lieu du savon habituel, sans en informer les commerçants. L’accès à cette formule de savon a ainsi été mis en place sans intervention particulière.
Cependant, l’essai a été interrompu après huit mois sans montrer d’effets significatifs sur la prévalence parasitologique. Il a cependant montré que la stratégie était acceptée par la population. Il est probable qu’une réduction plus importante de la prévalence parasitaire doit être obtenue au départ pour avoir des résultats tangibles.
Un autre essai a été réalisé en 1986-87 en Côte d’Ivoire dans des conditions réelles. Tous les enfants scolarisés (classe d’âge la plus atteinte) éliminant des œufs dans deux villages endémiques pour S. haematobium ont été traités par praziquantel (dose unique de 40 mg/kg). Les habitants d’un des villages ont ensuite utilisé des savons avec bétaïnes. Après un an, les résultats sont résumés ainsi (Tableau I):
Les résultats ne sont pas probants. Dans le village test, les indicateurs parasitaires sont améliorés mais pas plus que dans le village témoin. Ce bilan pourrait être dû à deux facteurs :
-
- le village testé présentait une oviurie moyenne plus élevée au départ;
-
- lors du contrôle à un an, 40 % des enfants scolarisés du village n’avaient pas été traités l’année précédente, car absents.
Cependant, ces essais ont montré la faisabilité du processus. Dans ces deux essais de terrain, les stocks de savons prévus selon les données de consommation antérieure ont été épuisés et aucune plainte ou question n’a été relevée.
Ce moyen de lutte a une action permanente sur le cycle, réalisée sans intervention extérieure directe. Des études complémentaires pourraient confirmer cet intérêt : dosage des bétaïnes dans l’eau des mares et marigots, place et importance du traitement antiparasitaire de départ, effets collatéraux sur la faune aquatique, etc.
Si l’efficacité est prouvée, il faudra alors examiner la place de ce moyen de lutte par rapport aux outils existants : traitement de masse (avec risque d’apparition de résistances), molluscicides, prédateurs (surtout efficaces pour S. japonicum), éducation pour la santé et hygiène collective, actions sur les réservoirs de mollusques. Les stratégies actuelles basées essentiellement sur le traitement de masse donnent de très bons résultats mais il faut craindre l’apparition de résistances et envisager des actions complémentaires pour un contrôle de cette maladie.
Liens d'intérêt
L’auteur ne déclare aucun conflit d’intérêts.
The reference list from the paper itself. Each links out to its DOI / PubMed record.
- 1Chippaux JP La lutte contre les schistosomoses IRD, coll 2000 Paris Colloques et séminaires 292 p mentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers 07/010024009.pdf
- 2Combes C Arnaudis J Research on the use of surface actives substances in the protection against Schistosoma cercariae Acta tropica 19823979846122366 · pubmed ↗
- 3Combes C Boiteux JP Marcon MC Marcou L Sellin B Possibilités d’emploi des agents de surface amphotères dans la lutte contre les agents de transmission des schistosomoses Ann Parasitol Hum Comp 198358435335910.1051/parasite/19835843536638789 · doi ↗ · pubmed ↗
- 4Rey JL Sellin B Marisa, un joli nom pour un mollusque dangereux!Med Sante Trop 2015 Apr-Jun 25214510.1684/mst.2014.040926081129 · doi ↗ · pubmed ↗
- 5teux JP Marcon MC Combes C Utilisation d’un agent de surface amphotère dans la lutte contre les schistosomoses. Symposium franco-chinois sur les schistosomoses Perpignan 201816-22 mai
- 6Sellin B Combes C Boiteux JP Sellin E Marcon MC Marcou L Efficacité d’un agent de surface amphotère contre les miracidiums de Schistosoma mansoni dans des conditions de terrain au Niger Ann. Parasitol. Hum. Comp 198661285288381341310.1051/parasite/1986613285 · doi ↗ · pubmed ↗
