Nombre de composantes connexes d'une vari\'et\'e r\'eelle et R-places
Danielle Gondard

TL;DR
This paper explores R-places in real algebraic geometry, establishing their connections with orderings, valuations, and the topology of real varieties, and provides explicit formulas for counting connected components of smooth projective real varieties.
Contribution
It introduces R-places and their relationship with orderings and valuations, and derives explicit formulas for the number of connected components of real algebraic varieties.
Findings
Explicit formula for connected components of smooth projective real varieties
Connections between R-places, orderings, and valuations
Open problems in the theory of R-places
Abstract
The purpose of this paper is to present results and open problems related to R-places. The first section recalls basic facts, the second introduces R-places and their relationship with orderings and valuations. The third part involves Real Algebraic Geometry and gives results proved using the space of R-places. Theorem 14 gives explicitly, in terms of the function field of the variety, the number of connected components of a non-empty smooth projective real variety. The fourth and fifth parts are devoted to the links with the real holomorphy rings and the valuation fans. Then we present an approach to abstract real places and conclude with some open questions.
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Taxonomy
TopicsAlgebraic Geometry and Number Theory · Advanced Numerical Analysis Techniques · Advanced Algebra and Geometry
**NOMBRE DE COMPOSANTES CONNEXES **
**D’UNE VARIETE REELLE ET **
Danielle GONDARD-COZETTE
**Abstract. **
*The purpose of this paper is to present results and open problems related to places. The first section recalls basic facts, the second introduces places and their relationship with orderings and valuations. *
The third part involves Real Algebraic Geometry and gives results proved using the space of places. Theorem 14 gives explicitly, in terms of the function field of the variety, the number of connected components of a non-empty smooth projective real variety.
The fourth and fifth parts are devoted to the links with the real holomorphy rings and the valuation fans. Then we present an approach to abstract real places and conclude with some open questions.
—–
Résumé.
Le but de cet article est de rassembler des résultats et des questions concernant un objet mal connu mais souvent utile, les places, et de fournir les références correspondantes.
Nous commençons par rappeler les notions de base, puis présentons quelques résultats de géométrie réelle obtenus grâce aux places. En particulier le théorème 14 donne explicitement, en termes de corps des fonctions de la variété, le nombre de composantes connexes d’une variété réelle projective lisse et non vide.
Nous montrons ensuite quels sont les liens entre les places et d’autres objets comme les ordres de niveau supérieur, les éventails valués et l’anneau d’holomorphie réel. Enfin nous passons au cas des places dans des espaces d’ordres abstraits et concluons par quelques questions ouvertes.
1 Rappels
1.1
Espaces des ordres d’un corps
Rappelons le résultat bien connu obtenu par Artin-Schreier en 1927 :
Theorem 1
Un corps commutatif ordonnable est caracterisé par où est l’ensemble des sommes finies de carrés d’éléments de .
Cet ensemble est aussi égal à l’ensemble formé des éléments positifs dans tous les ordres du corps.
On sait qu’il existe alors tel que , , , ; est un ordre total compatible avec la structure de corps de
Definition 2
On désigne par l’espace des ordres de . La topologie usuelle sur est celle de Harrison engendrée par les ouverts-fermés
[TABLE]
Muni de cette topologie est un espace compact, totalement disconnexe.
Il a été montré par Craven [8] que tout espace compact totalement disconnexe était homéomorphe à l’espace des ordres d’un corps
1.2 Les places réelles
Definition 3
Une place sur un corps est une application
[TABLE]
où est un corps, telle que et qui satisfait les règles d’homorphisme usuelles pour la somme et pour le produit.
Definition 4
On appelle place réelle, une place telle que le corps est ordonnable (ou réel-clos). Si , la place réelle est appelée une place.
Toutes les places d’un corps peuvent être obtenues à partir de l’espace des ordres du corps en utilisant certaines valuations réelles.
1.3 Les valuations réelles
Definition 5
Une valuation, au sens de Krull, est une application surjective telle que
* .*
,
L’anneau de la valuation est défini par :
[TABLE]
et l’idéal maximal de est donné par :
[TABLE]
le groupe des unités est
[TABLE]
et le corps résiduel
[TABLE]
Definition 6
La valuation est réelle si et seulement si le corps résiduel est ordonnable.
Un corps commutatif admet des valuations réelles si et seulement si il est ordonnable (on dit aussi formellement réel).
Plus précisément, si est un ordre donné de , alors l’enveloppe convexe de dans
[TABLE]
est un anneau de valuation et
[TABLE]
est son idéal maximal ; induit sur le corps résiduel un ordre archimédien
2 Les places
2.1 place associée à un ordre
Pour une présentation très détaillée de ces notions on pourra consulter [14], et pour d’autres résultats [17].
Soit un corps ordonnable, un ordre de ; on sait d’après ce qui précède que se plonge avec unicité dans ; on note ce plongement et l’application canonique de dans (où si alors
Definition 7
La associée à est définie par le diagramme commutatif :
Explicitement : si et si , alors
[TABLE]
2.2 L’espace des places
Definition 8
L’espace des -places d’un corps est où désigne l’espace des ordres du corps K.
L’espace est muni de la topologie la plus grossière rendant continues les applications évaluations définies pour tout par
[TABLE]
[TABLE]
muni de cette topologie est un espace compact séparé, et l’application
[TABLE]
[TABLE]
est continue, fermée et surjective.
La topologie de est aussi la topoie quotient héritée de .
2.3 Lien avec les ordres de niveau supérieur (Becker [3])
Definition 9
Soit un corps ordonnable commutatif. est un ordre de niveau exact si est un sous-groupe de et .
Les ordres de niveau 1 sont les ordres totaux usuels.
Les ordres de niveau supérieur peuvent aussi être compris en utilisant des signatures : où est un morphisme de groupes abéliens de noyau additivement fermé, et où désigne l’ensemble des racines -ièmes de l’unité.
A tout ordre de niveau supérieur on associe, comme pour un ordre usuel, une unique place ; un tel ordre étant un cas particulier d’éventail valué nous renvoyons le lecteur au §5 plus loin.
Ces ordres de niveau supérieur présentent des liens importants avec les sommes de puissances.
Dans toute la suite désigne l’ensemble des sommes finies de puissances -ièmes d’éléments de
Theorem 10
Sont équivalents ( premier) :
(1)
(2) admet un ordre de niveau exact .
Theorem 11
Pour tout entier on a
[TABLE]
**Exemple : **Si les deux ordres usuels sont
[TABLE]
et pour tout* premier il y a deux ordres de niveau p\:*
[TABLE]
Tous ces ordres sont associés à l’unique place de , et pour la valuation associée, ils induisent tous sur le corps résiduel le même ordre archimédien.
Il résulte des travaux de Becker le théorème suivant :
Theorem 12
Les propositions suivantes sont équivalentes :
(1) ;
(2) toute valuation réelle de a un groupe des valeurs 2-divisible ;
(3) K\n’admet pas d’ordre de niveau exact .
En corollaire nous obtenons que si et seulement si et sont le début d’une chaîne 2-primaire d’ordres de niveau supérieur (une telle chaîne a été définie par Harman [12] comme (, ordre usuel, ordre de niveau exact tel que
L’application est donc une bijection si et seulement si le corps n’admet aucun ordre de niveau exact 2.
3 Une utilisation des places en géométrie
réelle
3.1 Un critère de séparation des composantes
connexes dans
Theorem 13
(Becker-Gondard [6]) : Les et sont dans deux composantes connexes distinctes de si et seulement si :
[TABLE]
Preuve :
Ce critère est obtenu par la théorie des ordres de niveau supérieur, plus précisément des ordres de niveau .
On a et mais peut ne pas être vide.
Cependant, s’il existe et tel que alors il n’existe pas et tels que .
Sinon et impliquent, comme il a été dit en fin de § 2, qu’il existe un ordre de niveau tel que
[TABLE]
avec , d’où , et donc où parcourt l’ensemble des ordres dont le niveau divise
Supposons alors que et sont dans la même composante connexe de (avec et qu’il existe avec ; étant fermée et forment une partition de en deux fermés non vides, impossible.
Réciproquement :
Si et sont dans et deux composantes connexes distinctes de , ét compact séparé il existe un ouvert-fermé et .
Soient et ; et forment une partition de ; étant surjective on a :
[TABLE]
donc et de même
Le lemme ci-après de Harman donne alors l’existence de tel que et avec , donc on a avec
Lemme de Harman ([12]) : Si , où et sont des ouverts-fermés disjoints tels que alors il existe tel que et
3.2 Nombre de composantes connexes d’une variété réelle
Theorem 14
(Becker-Gondard[6]) : Soit une variété projective lisse non vide sur , de corps des fonctions Alors le nombre de composantes connexes de est donné par :
[TABLE]
Remarques :
Ce résultat est dans l’esprit de celui de Harnack qui majore le nombre de composates connexes d’une courbe projective lisse par , où est le genre de V ; mais ici nous avons une formule avec égalité. Le théorème met bien en évidence le fait connu que le nombre de composantes connexes est un invariant birationnel parmi les variétés lisses.
La première preuve de ce résultat peut être trouvée dans [6].
Deux nouvelles preuves de ce théorème ont été trouvées en 2003-2004 par Jean-Louis Colliot-Thélène [7] et par Claus Scheiderer [16].
Dans la preuve originelle, le théorème résulte des deux lemmes ci-dessous qui utilisent les composantes connexes de l’espace des places
Lemma 15
Soit une variété projective lisse sur , de corps des fonctions Alors le nombre de composantes connexes de est égal à :
[TABLE]
Lemma 16
Pour tout corps ordonnable :
[TABLE]
Esquisse de preuve du lemme 15.
On utilise l’application centre définie par l’unique point ( projective) dont l’anneau local est dominé par l’anneau de valuation associée à la place .
-
Dans ce cas il est connu [par ex. Bochnak-Coste-Roy, Géométrie Algébrique Réelle, Prop. 7.6.2 (ii), p. 133] que est surjective, les points centraux étant l’adhérence des points réguliers. Et on peut montrer que est continue.
-
Bröcker a montré (non publié) que la fibre d’un point central a un nombre fini de composantes connexes, et que si est régulier alors elle est connexe.
Enfin on utilise le lemme suivant : si une application entre deux espaces compacts et est continue surjective et que chaque fibre est connexe alors elle induit une bijection entre et .
Esquisse de preuve du lemme 16.
On montre que où est le groupe des unités de l’anneau d’holomorphie réel et
Ensuite, on peut prouver que le groupe quotient ( est isomorphe à
4 Les places et l’anneau d’holomorphie réel
Definition 17
On appelle anneau d’holomorphie réel, et on note l’anneau intersection de tous les anneaux de valuation réelle sur
On a aussi et
[TABLE]
est un anneau de Prüfer (anneau tel que pour tout idéal premier le localisé est un anneau de valuation de ), de corps des quotients
On notera dans la suite
ordre de
le spectre réel de l’anneau d’holomorphie réel de .
Theorem 18
(Becker-Gondard [6]) : On a le diagramme commutatif suivant :
où les applications horizontales sont des homéomorphismes, et les verticales des surjections continues.
Les applications du diagramme ci-dessus sont définies comme suit :
est donnée par ;
est donnée par ;
est donnée par (où est l’unique spécialisation maximale de ;
est donnée par ;
est donnée par (où, selon la notation adoptée pour le spectre réel, ou avec
Tous ces espaces sont compacts et les topologies de et sont les topologies quotients issues de et
L’espace des ordres d’un corps est donc homéomorphe à et l’espace des places réelles est lui homéomorphe à
5 Eventails valués et places
5.1 Compatibilité d’un préordre et d’une
valuation (par ex.[14])
Definition 19
Un préordre dans un corps est un sous-ensemble satisfaisant , , et est un sous-groupe de .
Definition 20
On dit que le préordre est compatible avec une valuation si désigne l’idéal maximal de l’anneau de valuation de Alors induit sur le corps résiduel un préordre
5.2 Les éventails valués (Jacob [13])
Definition 21
Un éventail est un préordre compatible avec une valuation qui induit sur le corps résiduel un préordre tel que est l’intersection de deux ordres usuels ou est un ordre usuel ( est un éventail trivial).
Definition 22
Un éventail valué est un préordre pour lequel il existe une valuation réelle v, compatible avec le préordre (), qui induit un ordre archimédien sur le corps résiduel .
Remarque : on appelle éventail trivial l’intersection de deux ordres usuels ou un ordre usuel.
Exemples :
1- Les ordres usuels sont des éventails valués (de niveau i.e.
2- Les ordres de niveau sont des éventails valués (de niveau .
3- Soit (où est l’application définie par alors est un éventail valué de niveau 1 minimal.
5.3 Lien avec les places (Becker-Berr-Gondard [4])
Comme dans le cas des ordres usuels, on peut associer à tout éventail valué une place
Soit un corps ordonnable, un éventail valué de ; on sait que
[TABLE]
est un anneau de valuation d’idéal maximal et que induit sur le corps résiduel un ordre archimédien . se plonge donc avec unicité dans ; on note ce plongement et l’application canonique de dans (où si
Definition 23
La associée à est définie par le diagramme commutatif :
5.4 Clôtures pour une place
Les corps henseliens résiduellement réels-clos ont été présentés par Becker-Berr-Gondard dans [4] comme des clôtures par extension algébrique d’un corps muni d’un éventail valué ; on peut aussi utiliser cette approche pour obtenir des clôtures par extensions algébriques pour une place donnée en lui associant l’éventail valué minimal de niveau 1 qui lui est associé : où les sont dans la fibre .
Tous les corps henseliens résiduellement réels-clos sont clos pour leur unique
C’est aussi vrai pour les cas particuliers que sont les corps réels-clos généralisés de [5] et les corps de Rolle de [9].
C’est seulement dans le cas où ne contient qu’un seul ordre que l’on obtient une clôture pour la place unique à isomorphisme près (cas des corps réels-clos). Dans tous les autres cas, les classes d’isomorphisme des clôtures correspondent au choix d’une chaîne infinie d’éventails valués associée à la place (voir [4]).
5.5 Les signatures généralisées
La notion d’éventail valué permet de définir celle de signature généralisée.
Definition 24
(Schwartz [20]) : Une signature généralisée est un morphisme de groupes abéliens dont le noyau est tel que est un éventail valué.
Exemples :
1- Si est un morphisme de groupes, : de noyau additivement fermé, alors est une signature et est un ordre.
2- Si morphisme de groupes abéliens de noyau additivement fermé, alors est un ordre dont le niveau divise .
6 Espace d’ordres abstrait et places abstraites
L’espace des ordres d’un corps - étudié en relation avec les formes quadratiques et les valuations réelles - a été à l’origine de la théorie des espaces d’ordres abstraits (M. Marshall 1979-80).
6.1 Espaces d’ordres abstraits
Definition 25
(Marshall [15]) : Un espace d’ordres abstrait est un couple où G est un groupe d’exposant (donc abélien), un élément distingué de et un sous-ensemble de satisfaisant les quatre axiomes suivants :
(1) est un sous-ensemble fermé de
(2)
(3) (où )
(4) Pour des formes quadratiques sur
[TABLE]
où représenté par i.e. il existe telle que (où ssi et ont même dimension, et même signature )
Si on considère les signatures, un éventail de niveau 1 à quatre élements est caractérisé par
Dans le cadre abstrait** **un éventail est un espace d’ordre abstrait tel que
Il est caractérisé par : on a
6.2 Espaces de signatures abstraits (cas
Definition 26
Un espace de signatures abstrait est un couple , groupe abélien d’exposant , tel que :
(0) avec impair, ;
(1) est un sous-ensemble fermé de ;
(2) ( élément distingué ;
(3) (où )
(4) des formes sur
[TABLE]
6.3 P-Structures
Definition 27
(Marshall [15]): Une P-structure est une relation d’équivalence sur un espace de signatures telle que l’application canonique (où est l’ensemble des classes d’équivalence) vérifie
(1) chaque fibre est un éventail ;
(2) si alors a une intersection non vide avec au plus deux fibres.
Tout espace d’ordres abstrait possède une -structure (voir [15]). Mais muni de la topologie quotient n’est pas toujours un espace séparé.
6.4 Places réelles abstraites
Nous avons montré que dans certaines conditions on peut associer à l’espace d’ordres abstrait une “P-structure“ correspondant à l’espace des places dans le cas des corps.
Theorem 28
(Gondard-Marshall [13]) : Soit sous espace d’un espace de signatures d’exposant , .
Pour on dit que si Alors sont équivalents :
(1) définit une -structure sur
(2) Si , alors soit est lié par à exactement un des soit est lié par à tous les
De plus dans ce cas la -structure définie sur par a une topologie séparée.
Origine du résultat
Dans le cas des corps, l’espace des places est connu dès qu’on connait les ordres usuels et les ordres de niveau 2.
Ou, de manière équivalente, dès qu’on connait les éventails valués de niveau 1 minimaux
Par exemple et ont des espaces d’ordres isomorphes, mais le premier a deux places et pas d’ordres de niveau alors que le second a une seule place et une chaîne d’ordres de niveaux puissances de
Les chaînes d’ordres de niveau puissance de 2 commencent par une paire d’ordres usuels et l’ordre de niveau qui leur correspond satisfait d’où on peut déduire, puisque , que (en notant
7 Quelques questions ouvertes
7.1 Espaces des places
On sait peu de choses sur l’espace des places à part le fait qu’il est compact séparé. Quels espaces topologiques compacts séparés peuvent être des espaces de places ?
D’autre part si on connait l’espace des places d*′*un corps que peut on dire de l’espace des places des corps extensions de ?
D’après les travaux de Schulting [17] on sait que pour et pour la connexité éventuelle de passe à et réciproquement ; on sait aussi que si tous les ordres de s’étendent à et si est connexe, alors est connexe.
On ne sait rien sur le cas des extensions algébriques en général.
7.2 géométriques
Dans le cadre géométrique sur , variété de dimension , on appellera éventail valué géométrique minimal de niveau 1, * un éventail valué où il y a ordres de distincts, et tel que pour la plus fine des valuations compatibles avec (la valuation de Becker dont l′*anneau de valuation est ), induit sur le corps résiduel un ordre archimédien .
Avec F. Acquistapace et F. Broglia, nous avons considéré les places géométriques correspondant à ces éventails valués de niveau 1 minimaux particuliers (qui sont aussi certains des éventails géométriques définis par Andradas et Ruiz [1]).
Dans le cas des courbes projectives lisses il est connu que , l’ensemble des points réels, est homéomorphe à (dans ce cas toutes les places réelles sont géométriques).
Dans le cas général, la fibre des places géométriques centrées sur un point régulier de la variété doit pouvoir être interprétée géométriquement et décrire le voisinage du point dans la variété.
7.3 Espaces des éventails valués
Il existe une bijection entre l’espace des places et les éventails valués minimaux (minimaux comme préordres) de niveau 1.
A tout éventail valué on associe une et une seule place.
Réciproquement, on a l’application , donnée par ; si on considère l’image réciproque alors est un éventail valué de niveau 1 minimal.
Les ordres peuvent aussi être considérés comme des éventails valués de niveau 1 maximaux (comme préordres).
D’après le théorème 18 on peut penser à associer à l’espace des éventails valués de niveau 1 le spectre réel de l’anneau d’holomorphie réel .
Ces considérations pourraient sans doute permettre de définir une notion d’espace d’éventails valués abstrait.
7.4 Problème de Marshall
Rappelons l’énoncé du problème de Marshall :
“ Tout espace d’ordre abstrait est-il l’espace des ordres d’un corps?”.
Pouvoir obtenir une théorie abstraite satisfaisante des espaces de places réelles peut être un premier pas vers sa résolution. En effet si un espace d’ordres abstrait est réalisé comme espace des ordres d’un corps, on devra pouvoir trouver un espace abstrait de places réelles correspondant aux places du corps. Une variante à cette idée serait de chercher une notion d’espace d’éventails valués abstrait comme sous famille de l’espace des éventails abstraits d’un espace d’ordres abstrait.
Références
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[15] M. Marshall : Spaces of Orderings and Abstract Real Spectra, LNM 1636, Springer-Verlag, (1996).
[16] C. Scheiderer : A short remark on a theorem by Becker and Gondard, http://www.uni-duisburg.de/FB11/FGS/F1/claus.html#notes
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[18] H.-W. Schülting : *The strong topology on real algebraic varieties, *Contemporary Mathematics 8, 141-174, (1982).
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[20] N. Schwartz : *Signatures and real closures of fields, *in Séminaire Structures Algébriques Ordonnées, Publications de l’Université Paris 7, vol 33, 65-78 (1990).
D. Gondard-Cozette
Institut de Mathématiques de Jussieu (UMR 7586 du CNRS)
Sorbonne Université
4, Place Jussieu
75252 Paris cedex 05 (France)
