Dérivations dans les algèbres d’évolution à puissances associatives
Moussa OUATTARA Souleymane SAVADOGO
Département de Mathématiques et Informatique
Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO
03 BP 7021 Ouagadougou 03
Burkina Faso
[email protected]@yahoo.fr
Abstract
In this paper, we investigate the derivations in evolution algebras that are power-associative. This problem is reduced to that of power-associative evolution nilalgebras. We show how to calculate derivations in decomposable algebras. This caculation shows that it is enough to describe derivations in indecomposable evolution algebras. We first determine the derivation algebra of n-dimensional indecomposable associative evolution nilalgebras with one-dimensional annihilator.
We describe the derivation algebra of indecomposable nilalgebras, up to dimension 6, that are associative or not.
In each cases, we give the commutator of two derivations. We also describe the ideal of inner derivation.
2010 Mathematics Subject Classification : Primary 17D92, 17A05, Secondary 17D99, 17A60
**Keywords : ** Evolution algebras, Derivations, Inner derivations, Power associativity, Nilalgebras.
1 Introduction
Il existe plusieurs classes d’algèbres non-associatives : les
algèbres train, les algèbres de Jordan, les algèbres alternatives,
les algèbres de Bernstein …
Dans [16], les Auteurs
définissent une nouvelle classe d’algèbres non-associatives, celle
des algèbres d’évolution. Cette classe d’algèbre ne forme pas une
varieté, i.e. elle n’est pas définie par des identités ; par
conséquent, l’étude de ces algèbres suit des voies différentes
[4, 3, 5, 7, 8, 9, 10, 12, 16].
Dans [17], l’Auteur montre qu’une algèbre d’évolution est commutative (donc
flexible), qu’elle n’est pas nécessairement associative, ni à
puissances associatives. Toutefois, dans [14], les Auteurs
caractérise les algèbres d’évolution qui sont associatives, de même
que celles qui sont à puissances associatives. Ils montrent notamment que
toute algèbre d’évolution qui est à puissances associatives est
une algèbre de Jordan. La décomposition de Wedderburn des algèbres
d’évolution qui son à puissances associatives est construite.
Une dérivation dans une algèbre E sur un corps K est une
application linéaire d :E⟶E vérifiant d(uv)=ud(v)+d(u)v pour tous u,v∈E. Il est bien connu que l’espace
D(E) de toutes les dérivations de E est une algèbre de
Lie, appelée algèbre de Lie des dérivations, où le crochet
de deux dérivations d et d′ est défini par [d,d′]=d∘d′−d′∘d. On note D(E)′ son algèbre dérivée
[11].
Dans la théorie des algèbres non-associatives,
l’algèbre de Lie des dérivations d’une algèbre E est un outil
très important pour étudier la structure de l’algèbre.
Dans [13, Theorem 4.1], les Auteurs trouvent la conditions sous
laquelle une algèbre génétique de dimension 2 s’identifie à
une algèbre d’évolution puis, ils prouvent l’existence d’une
dérivation non-triviale dans les algèbres génétiques en
dimension 2 [13, Corrolary 5.2].
Dans [2], les Auteurs décrivent les dérivations dans les algèbres
d’évolution nilpotentes et resolubles en dimension 3. Ils décrivent
aussi les dérivations dans les sous-algèbres d’évolution
complexes de dimension 2.
Dans [6], les Auteurs étudient les dérivations des algèbres d’évolution de
dimension n, lorsque le rang de la matrice des constantes de structures est
n−1 ou n.
Dans la section 2, nous montrons qu’il est suffisant de
caractèriser les dérivations dans les nil-algèbres
d’évolution à puissances associatives puis nous caractérisons les
dérivations dans les nil-algèbres d’évolution décomposable
à puissances associatives.
Dans la section 3, nous caractérisons les dérivations dans les nil-algèbres d’évolution décomposables à puissances associatives.
Dans la section 4, nous étudions les dérivations dans les nil-algèbres d’évolution indécomposable
et associatives.
Dans la section 5, nous décrivons les dérivations
dans les nil-algèbres d’évolution indécomposable à puissances
associatives et qui ne sont pas associatives.
2 Préliminaires
Soient K un corps commutatif et E une K-algèbre commutative. On définit par Ra:E⟶E,
x⟼xa la multiplication à droite par l’élément a de E. On note R(E) l’ensemble des multiplications à droite de E. Soit L(E) l’algèbre de Lie des transformations de E.
Définition 2.0.1**.**
Une dérivation d de E est dite intérieure si d∈L(E). On note I(E)=D(E)∩L(E), l’ensemble des dérivations intérieures de E. C’est un idéal de l’algèbre des dérivations D(E).
Dans les cas où l’algèbre E est associative (resp. de Jordan) L(E)=R(E) (resp. L(E)=R(E)+[R(E),R(E)]) [15].
Les puissances principales d’un élément
a∈E sont définies par a1=a et ak+1=aka tandis que celles de E sont définies par E1=E,Ek+1=EkE (k≥1).
Définition 2.0.2**.**
On dira que l’algèbre E est :
i) nilpotente s’il existe un entier non nul n tel que En=0, un tel plus petit entier est appelé l’indice de nilpotence ;
ii) nil, s’il existe un entier non nul n(a) tel que an(a)=0, pour tout a∈E, un tel plus petit entier est appelé le nilindice de E.
Définition 2.0.3**.**
L’algèbre E est dite :
i) associative si pour tous x, y, z∈E, (x,y,z)=0 où (x,y,z)=(xy)z−x(yz) désigne l’associateur des éléments x, y, z de E ;
ii) de Jordan si elle vérifie (x2,y,x)=0, pour tous x,y∈E ;
iii) à puissances associatives si pour tout x∈E, la sous algèbre engendrée par x est associative. Autrement dit, pour tout x∈E, xixj=xi+j pour tous entiers i,j≥1.
Définition 2.0.4**.**
L’algèbre E est dite à quatrième puissances associatives si x2x2=x4 pour tout x∈E.
Théorème 2.0.5** ([1]).**
En caractéristique =2,3,5, l’algèbre E est à puissances associatives si et seulement si x2x2=x4, pour tout x∈A.
Définition 2.0.6**.**
L’algèbre E est décomposable s’il existe des idéaux non nuls I et J tels que E=I⊕J. Dans le cas contraire elle est indécomposable.
Définition 2.0.7**.**
Si l’algèbre E admet une base B={e1,e2,…,en} telle que
[TABLE]
alors on dit que E est une K-algèbre d’évolution et B est une base naturelle de E. La matrice M=(aik)1≤i,k≤n
est la matrice des constantes de structures de E relativement à la base naturelle B.
Définition 2.0.8**.**
Une algèbre E de dimension finie n+1 est dite dimensionnellement nilpotente (ADN) s’il existe une dérivation d de E telle que dn=0.
Dans ce cas, il existe une base {e0,e1,…,en} de E telle que d(ei)=ei+1, d(en)=0 avec i=0,…,n−1. Une telle base est
dite adaptée.
Théorème 2.0.9**.**
La seule algèbre d’évolution indécomposable qui est ADN est N2,2:e02=e1,e12= 0.
Preuve.
On suppose que E est une ADN d’évolution de dimension finie n+1 dans la base adaptée {e0,e1,…,en}.
En dérivant ei2, on obtient d(ei2)=2eiei+1=0, donc ei2∈ker(d)=Ken. Il existe alors des scalaires
αin, tels que ei2=αinen, pour i=0,…,n−1, et en2=0. On en déduit que E est associative
([14, § 4.1]). En dérivant 0=eiej pour 0≤i=j≤n−1, on
obtient 0=d(ei)ej+eid(ej)=ei+1ej+eiej+1 et en prenant i+1=j, l’égalité devient
0=ej2+ej−1ej+1=ej2 pour j=1,…,n−1. On déduit de tout ce qui précède que
e02=α0nen, ei2=0 pour i=1,…,n. Donc E=Nn+1,1 ou E=Nn−1,1⊕N2,2 selon que
α0n=0, où Nj,1 est une zéro algèbre de dimension j et N2,2:e02=e1, e12=0 est
une algèbre d’évolution, d’où le théorème.
□
Soient E une algèbre d’évolution dont la table de multiplication, dans une base naturelle B={e1,e2,…,en}, est donnée par (1).
On définit l’annulateur de E par ann(E)={x∈E:xE=0} et dans [8, Lemme 2.7], les Auteurs montrent
que ann(E)=span{ei∈B∣ei2=0}.
Soit d une dérivation dans E ; on pose d(ei)=∑j=1ndijej pour tout 1≤i≤n. Dans [17], l’Auteur montre que
[TABLE]
On suppose que E est une nil-algèbre d’évolution telle que dim(ann(E))=n−s où s est un entier non nul. Sans perdre la généralité, on peut poser ann(E)=<es+1,…,en>.
Pour 1≤i=j≤s, en dérivant 0=eiej, on obtient 0=d(eiej)=eid(ej)+d(ei)ej=dijei2+djiej2. On distingue alors deux cas :
Premier cas : Les vecteurs ei2 et ej2 sont linéairement indépendants, alors dij=dji=0. (a)
Deuxième cas : ei2=βijej2 avec βij∈K∗ (car ei2=0 et ej2=0), alors dji=−βijdij. (b)
Dans la suite, on suppose que le corps K est de caractéristique =2 et E est une algèbre d’évolution, à puissances associatives.
Théorème 2.0.10** ([14], Theorem 3.5.4).**
Si E est non nil, alors E admet s idempotents deux à deux orthogonaux u1,u2,…,us, non nuls, tels que
[TABLE]
somme directe d’algèbres, où s≥1 est un entier et N est soit nul, soit une nil-algébre d’évolution à puissances associatives.
De plus Ess=Ku1⊕Ku2⊕⋯⊕Kus est la composante semi-simple de E et N=Rad(E) est le nil radical de E.
Proposition 2.0.11**.**
Si E est non nil, alors D(E)=D(N) où N est le nil radical dans la décomposition de Wedderburn de E.
Preuve.
Soient E=Ku1⊕Ku2⊕⋯⊕Kus⊕N la décomposition de Wedderburn de E, d∈D(E) et v=∑i=1sαiui. Pour tout 1≤i≤s, on a d(ui)=d(ui2)=2uid(ui)=2diiui2=2diiui entraîne 2dii=dii, donc dii=0 et d(ui)=0. Ainsi d(v)=∑i=1sαid(ui)=0, d’où le résultat.
□
On en déduit que le calcul des dérivations dans les algèbres d’évolution, à puissances associatives, se ramène à celui des dérivations des nil-algèbres d’évolution à puissances associatives.
Exemple 2.0.12**.**
[14, Theorem 4.1.1] Soit N1,1:e12=0, l’unique nil-algèbre d’évolution associative indécomposable de dimension 1. On a D(N1,1)≃K algèbre de Lie abélienne.
Exemple 2.0.13**.**
[14, Theorem 4.1.2] Soient N2,2:e12=e2,e22=0, l’unique nil-algèbre d’évolution associative
indécomposable de dimension 2 et d∈D(N2,2). On a d(e2)=d(e12)=2e1d(e1)=2d11e12=2d11e2. Ainsi
d(e1)=d11e1+d21e2 et d(e2)=2d11e2. On en déduit que D(N2,2)≃K2.
Soient d,d′ des dérivations de N2,2. On a
d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d21′d(e2)=d11′d11e1+(d11′d21+2d21′d11)e2 et [d,d′](e1)=(d21′d11−d21d11′)e2.
Aussi d∘d′(e2)=2d11′d(e2)=4d11′d11e2 et [d,d′](e2)=0. On en déduit que D(N2,2) est l’algèbre de Lie non-abélienne.
Exemple 2.0.14**.**
[14, Table 1] Soient N3,2=N2,2⊕N1,1:e12=e2,e22=e32=0 et d∈D(N3,2). On a d(e2)=d(e12)=2e1d(e1)=2d11e12=2d11e2 ;
0=d(e1ej)=e1d(ej)+d(e1)ej=d1je12+dj1ej2=d1je2 (j=2,3), donc d12=d13=0.
Ainsi d(e1)=d11e1+d21e2+d31e3, d(e2)=2d11e2 et d(e3)=d23e2+d33e3. On en déduit que D(N3,2)≃K5.
Exemple 2.0.15**.**
[14, Table 1] Soient N4,4=N2,2⊕N2,2:e12=e2,e22=0,e32=e4,e42=0 et d∈D(N4,4). On a d(e2)=d(e12)=2e1d(e1)=2d11e12=2d11e2 ; d(e4)=d(e32)=2e3d(e3)=2d33e32=2d33e4. On a aussi 0=d(e1ej)=e1d(ej)+d(e1)ej=d1je12+dj1ej2=d1je2+dj1ej2 (j=2,3,4), donc d12=0, d13=d31=0 et d14=0 en prenant respectivement j=2, j=3 et j=4 ; 0=d(e3ej)=e3d(ej)+d(e3)ej=d3je32+dj3ej2=d3je4+dj3ej2 (j=2,4), donc d32=0 et d34=0 en prenant respectivement j=2 et j=4. Ainsi d(e1)=d11e1+d21e2+d41e4, d(e2)=2d11e2, d(e3)=d23e2+d33e3+d43e4, d(e4)=2d33e4. On en déduit que D(N4,4)≃K6.
3 Nil-algèbres décomposables
Soit E=I1+I2 une nil-algèbre d’évolution décomposable.
Théorème 3.0.1** (Caractérisation des dérivations).**
Soit d:E⟶E une dérivation. Alors d est déterminée par un unique
quadruplet (fd,gd,ℓd,kd) vérifiant les conditions suivantes :
- i)
d(x1)=fd(x1)+ℓd(x1)* avec x1∈I1 ;*
2. ii)
d(x2)=gd(x2)+kd(x2)* avec x2∈I2 ;*
Les applications linéaires fd∈End(I1), gd∈End(I2), ℓd∈Hom(I1,I2) et kd∈Hom(I2,I1) vérifient :
3. iii)
fd∈D(I1)* ;*
4. iv)
gd∈D(I2)* ;*
5. v)
ℓd∈Hom0(I1,I2)={h∈Hom(I1,I2)∣h(I12)=0* et h(I1)⊆ann(I2)} ;*
6. vi)
kd∈Hom0(I2,I1)={h∈Hom(I2,I1)∣h(I22)=0* et h(I2)⊆ann(I1)}.*
Preuve.
Soit d une dérivation de E=I1+I2. Puisque d(xi)∈E (avec xi∈Ii), alors posons
d(x1)=fd(x1)+ℓd(x1) et d(x2)=kd(x2)+gd(x2) avec fd(x1),kd(x2)∈I1 et ℓd(x1),gd(x2)∈I2.
On vérifie que fd∈End(I1), gd∈End(I2), ℓd∈Hom(I1,I2) et kd∈Hom(I2,I1), d’où i) et ii).
Soient x1,x1′∈I1 et x2,x2′∈I2.
On a : d(x1x1′)=x1(fd(x1′)+ℓd(x1′))+(fd(x1)+ℓd(x1))x1′=x1fd(x1′)+fd(x1)x1′∈I1 ;
puisque d(x1x1′)=fd(x1x1′)+ℓd(x1x1′) alors fd(x1x1′)=x1fd(x1′)+fd(x1)x1′ et ℓd(x1x1′)=0,
donc fd∈D(I1), on obtient iii) et ℓd(I12)=0.
En calculant d(x2x2′), on montre de même que gd∈D(I2) d’où iv) et kd(I22)=0.
On a : 0=d(x1x2)=x1(gd(x2)+kd(x2))+(fd(x1)+ℓd(x1))x2=x1kd(x2)+ℓd(x1)x2 entraîne x1kd(x2)=0 et ℓd(x1)x2=0, donc ℓd(I1)⊆ann(I2) et kd(I2)⊆ann(I1). Comme ℓd(I12)=0 et ℓd(I1)⊆ann(I2) alors, nous obtenons v) ; aussi kd(I22)=0 et kd(I2)⊆ann(I1) entraînent vi).
□
Soient d et d′ deux dérivations de E. Comme [d,d′] est une dérivation, alors nous déterminons l’unique quadruplet qui lui est associé.
Théorème 3.0.2**.**
Soient d et d′ deux dérivations de E. Alors l’unique quadruplet associé à [d,d′] est (f[d,d′],g[d,d′],ℓ[d,d′],k[d,d′]) vérifiant :
- i)
f[d,d′]=[fd,fd′]+(kd∘ℓd′−kd′∘ℓd)* ;*
2. ii)
ℓ[d,d′]=(ℓd∘fd′−ℓd′∘fd)+(gd∘ℓd′−gd′∘ℓd)* ;*
3. iii)
g[d,d′]=[gd,gd′]+(ℓd∘kd′−ℓd′∘kd)* ;*
4. iv)
k[d,d′]=(kdogd′−kd′ogd)+(fd∘kd′−fd′∘kd).
Preuve.
On a d∘d′(x1)=d(fd′(x1))+d(ℓd′(x1))=fd∘fd′(x1)+ℓd∘fd′(x1)+gd∘ℓd′(x1)+kd∘ℓd′(x1) et [d,d′](x1)=(fd∘fd′−fd′∘fd)(x1)+(ℓd∘fd′−ℓd′∘fd)(x1)+(gd∘ℓd′−gd′∘ℓd)(x1)+(kd∘ℓd′−kd′∘ℓd)(x1). Donc f[d,d′]=[fd,fd′]+(kd∘ℓd′−kd′∘ℓd) et l[d,d′]=(ℓd∘fd′−ℓd′∘fd)+(gd∘ℓd′−gd′∘ℓd), d’où i) et ii). On montre de méme iii) et iv) en calculant [d,d′](x2).
□
Notons LK(E)=D(I1)×D(I2)×Hom0(I1,I2)×Hom0(I2,I1) ; la multiplication dans LK(E) est définie par [(fd,gd,ℓd,kd),(fd′,gd′,ℓd′,kd′)]=(f[d,d′],g[d,d′],l[d,d′],k[d,d′]) où le quadruplet (f[d,d′], g[d,d′], ℓ[d,d′], k[d,d′]) satisfait les relations i), ii), iii) et iv) du Théorème 3.0.2.
Proposition 3.0.3**.**
L’application φ:D(E)⟶LK(E), d⟼(fd,gd,ℓd,kd) est un isomorphisme d’algèbres de Lie.
Preuve.
On a
[φ(d),φ(d′)]=[(fd,gd,ℓd,kd),(fd′,gd′,ℓd′,kd′)]=(f[d,d′],g[d,d′],ℓ[d,d′],k[d,d′])=φ([d,d′]) et ker(φ)={0}, donc φ est un monomorphisme d’algèbres de Lie.
Soient (f,g,ℓ,k)∈LK(E) et d:E⟶E un endomorphisme défini par d(x1)=f(x1)+ℓ(x1) et d(x2)=g(x2)+k(x2). On a d(x1x1′)=f(x1x1′)=x1f(x1′)+f(x1)x1′=x1(f(x1′)+ℓ(x1′))+(f(x1)+ℓ(x1))x1′=x1d(x1′)+d(x1)x1′. On montre de même que d(x2x2′)=x2d(x2′)+d(x2)x2′.
Aussi d(x1x2)=0=x1(g(x2)+k(x2))+(f(x1)+ℓ(x1))x2=x1d(x2)+d(x1)x2 car x1g(x2)=x1k(x2)=x2f(x1)=x2l(x1)=0. Par conséquent φ est surjectif, d’où le théorème.
□
Exemple 3.0.4**.**
On considère les algèbres N1,1, N2,2, N3,2 et N4,4 définies ci-dessus. On a
Hom0(N1,1,N2,2)={h∈Hom(N1,1,N2,2);h(N1,12)=0 et h(N1,1)⊆ann(N2,2)}≃K.
Hom0(N2,2,N1,1)={h∈Hom(N2,2,N1,1);h(N2,22)=0 et h(N2,2)⊆ann(N1,1)}≃K, car N2,22=<e2>, 0=h(e12)=h(e2) et h(e1)=αe3.
Hom0(N2,2,N2,2)={h∈Hom(N2,2,N2,2);h(N2,22)=0 et h(N2,2)⊆ann(N2,2)}≃K
Car N2,22=<e2>, 0=h(e12)=h(e2) et h(e1)=αe4.
On en déduit que D(N2,2⊕N1,1)≃K2×K×K×K et D(N2,2⊕N2,2)≃K2×K2×K×K.
De tout ce qui précède, on en déduit qu’il est suffisant de déterminer les dérivations dans les nil-algèbres d’évolution indécomposables.
Lemme 3.0.5** ([9], Corollary 2.6).**
Soit E une nil-algèbre d’évolution de dimension finie telle que dimK( ann(E))≥21dimK(E)≥1. Alors E est décomposable.
Proposition 3.0.6** ([14], Table 1).**
Soit E une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives de dimension ≤4. Alors E est isomorphe à une et une seule des algèbres dans la Table 1.
Proposition 3.0.7** ([14], Table 2).**
Soit E une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives de dimension 5. Alors E est isomorphe à une et une seule des algèbres dans la Table 2.
Proposition 3.0.8** ([14], Table 3).**
*Soit E une nil-algèbre d’évolution indécomposable, à puissances associatives, de dimension 6. Alors E est isomorphe à une et une seule des algèbres dans la Table 3.
*
Soient N une nil-algèbre d’évolution à puissances associatives, indécomposable, de base naturelle B={ei ; 1≤i≤n} et d:N⟶N une dérivation. On pose d(ei)=∑j=1ndjiej, pour tout 1≤i≤n et on s’intéresse aux dérivations des nil-algèbres d’évolution indécomposable de dimension au plus 6 ; ainsi, dim(ann(N))=1 ou 2.
4 Nil-algèbres associatives et indécomposables
On suppose ici que N est associative.
4.1 Dimension de l’annulateur de N est 1
On pose ann(N)=Ken, alors ei2=αien, en2=0 avec αi=0 (1≤i≤n−1) ([14, § 4.1]).
Soit gl(n,K)=Mn(K)=(eji)1≤i,j≤n avec ejielk=δilejk. On pose H=<hji=eji−αi−1αjeij ; 1≤i<j≤n−1>, L=<enj ; 1≤j≤n−1> et g=e11+⋯+en−1,n−1+2enn.
Théorème 4.1.1**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable associative, de dimension n≥3, telle que dim(ann(N))=1. Alors D(N)=H⊕L⊕Kg et D(N)≃K2n(n−1)×K.
Preuve.
Pour i=1,…,n−1, on a d(ei2)=2eid(ei)=2diiei2=2αidiien et d(ei2)=αid(en) alors d(en)=2diien car αi=0. En particulier d(en)=2d11en, d’où dii=d11 pour i∈{1,…,n−1}.
Nous avons aussi : 0=d(eiej)=dijei2+djiej2=(dijαi+djiαj)en, donc dijαi+djiαj=0, soit dji=−αiαj−1dij pour 1≤i=j≤n−1.
Alors
Mat_{B}(d)=\left(\begin{array}[]{cccccc}d_{11}&-\alpha_{1}^{-1}\alpha_{2}d_{21}&-\alpha_{1}^{-1}\alpha_{3}d_{31}&\cdots&-\alpha_{1}^{-1}\alpha_{n-1}d_{n-1,1}&0\\
d_{21}&d_{11}&-\alpha_{2}^{-1}\alpha_{3}d_{32}&\cdots&-\alpha_{2}^{-1}\alpha_{n-1}d_{n-1,2}&0\\
d_{31}&d_{32}&d_{11}&\cdots&-\alpha_{3}^{-1}\alpha_{n-1}d_{n-1,3}&0\\
\vdots&\vdots&\vdots&\ddots&\vdots&\vdots\\
d_{n-1,1}&d_{n-1,2}&d_{n-1,3}&\cdots&d_{11}&0\\
d_{n1}&d_{n2}&d_{n3}&\cdots&d_{n,n-1}&2d_{11}\\
\end{array}\right)
Donc MatB(d)=∑1≤i<j≤n−1djihji+∑j=1n−1dnjenj+d11g, d’où D(N)=H⊕L⊕Kg.
On a dim(H)=2(n−2)(n−1), dim(L)=n−1 et dim(Kg)=1. Ainsi D(N)≃K2n(n−1)×K.
□
Proposition 4.1.2**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable associative de dimension n≥3 telle que dim(ann(N))=1. Alors D(N)′=H⊕L et D(N)′ ≃ K2n(n−1).
Preuve.
∙ Calculons [H,H]. Soient 1≤i<j≤n−1 et 1≤k<l≤n−1, on a
[TABLE]
1) j=k, on a [hji,hlj]=−(eli−αi−1αleil)=−hli.
2) j=l et i<k, on a [hji,hjk]=αk−1αj(eki−αi−1αkeik)=αk−1αjhki.
3) j=l et k<i, on a [hji,hjk]=−αi−1αj(eik−αk−1αieki)=−αi−1αjhik.
4) i=l, on a [hji,hik]=(ejk−αk−1αjekj)=hjk.
5) i=k et j<l, on a [hji,hli]=αi−1αj(elj−αj−1αlejl)=αi−1αjhlj.
6) i=k et l<j, on a [hji,hli]=−αi−1αl(ejl−αl−1αjelj)=−αi−1αlhjl.
7) i,j,k,l sont deux à deux distincts, on a [hji,hlk]=0.
On en déduit que [H,H]⊆H. Posons [H,H]1=<[hj1,hl1]=α1−1αjhlj ; 1<j<l≤n−1> et [H,H]2=<[hn−1,1,hn−1,k]=αk−1αn−1hk1 ; 2≤k≤n−2>. On a dim([H,H]1)=(n− 3)+(n−4)+…+1=2(n−3)(n−2), dim([H,H]2)=n−3 et [h21,hn−1,2]=−hn−1,1. Comme [H,H]1⊕[H,H]2⊕K[h21,hn−1,2]⊆[H,H] et que dim([H,H]1⊕[H,H]2⊕K[h21,hn−1,2])=2(n−3)(n−2)+(n−3)+1=2(n−1)(n−2)=dim(H) alors [H,H]=H.
∙ Calculons [H,L]. Soient 1≤i<j≤n−1 et 1≤k≤n−1. On a
[hji,enk]=(eji− αi−1αjeij)enk−enk(eji−αi−1αjeij)=−δkjeni+αi−1αjδkienj.
1) k=i entraîne [hji,eni]=αi−1αjenj.
2) k=j entraîne [hji,enj]=−eni.
3) k=i et k=j entraînent [hji,enk]=0.
On en déduit que [H,L]⊆L. Posons [H,L]1=<[hn−1,i,en,n−1]=−eni ; 1≤i≤n−2> ; on a [hn−1,1,en1]=α1−1αn−1en,n−1. Comme [H,L]1⊕K[hn−1,1,en1]⊆[H,L] et dim([H,L]1⊕K[hn−1,1,en1])=(n−2)+1=n−1=dim(L), alors [H,L]=L.
∙ Calculons [H,Kg]. Soient 1≤i<j≤n−1. On a [hji,g]=∑k=1n−1[hji,ekk]+2[hji,enn]=∑k=1n−1((eji−αi−1αjeij)ekk−ekk(eji−αi−1αjeij))=(eji−αi−1αjeij)−(eji−αi−1αjeij). On en déduit que [H,Kg]=0.
∙ Calculons [L,L]. Soient 1≤i,j≤n−1, on a [eni,enj]=enienj−enjeni=δinenj−δjneni=0. Donc [L,L]=0.
∙ Calculons [L,Kg]. Soient 1≤i≤n−1, on a [eni,g]=∑j=1neniejj−∑j=1nejjeni=eni. Donc [L,Kg]=L
∙ On a [Kg,Kg]=0.
On en déduit que D(N)′=H⊕L et D(N)′ ≃ K2n(n−1).
□
4.2 Dimension de l’annulateur de N est 2
Théorème 4.2.1**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable, associative, de dimension ≤6 telle que dim(ann(N))=2. Alors, les dérivations dans N sont données dans la Table 4.
Preuve.
Dans [14], les Auteurs montrent que N admet une base naturelle B={ei ; 1≤i≤n} dont la table de multiplication est définie par : e12=en−1, ei2=αi,n−1en−1+αi,nen, en−22=en, en−12=en2=0 avec (αi,n−1,αi,n)=0 où 2≤i≤n−3. Il existe également un i0∈{2,…,n−3} tel que αi0,n−1αi0,n=0. En dérivant en−1=e12, on obtient d(en−1)=d(e12)=2e1d(e1)=2d11e12=2d11en−1. De même d(en)=2dn−2,n−2en en dérivant en=en−22. Pour i=2,…,n−3, d(ei2)=2eid(ei)=2diiei2=2dii(αi,n−1en−1+αi,nen) et la dérivation de αi,n−1en−1+αi,nen donne αi,n−1d(en−1)+αi,nd(en)=2(αi,n−1d11en−1+αi,ndn−2,n−2en). Comme αi,n−1en−1+αi,nen=ei2, alors diiαi,n−1=αi,n−1d11 et diiαi,n=αi,ndn−2,n−2. Pour i=i0, on a d11=di0i0=dn−2,n−2 car αi0,n−1αi0,n=0 et pour i=i0, on a dii=d11 car (αi,n−1,αi,n)=0. On en déduit que
[TABLE]
Les rélations (a), (b) et (3) sont suffisantes pour caractériser les dérivations dans N.
∙ N5,9(α,β) : e12=e4, e22=αe4+βe5, e32=e5, e42=e52=0 avec αβ=0. (a) entraîne d12=d21=0, d13=d31=0 et d23=d32=0 ; (3) entraîne d(e4)=2d11e4, d(e5)=2d11e5 et d11=d22=d33. Donc d(e1)=d11e1+d41e4+d51e5, d(e2)=d11e2+d42e4+d52e5 et d(e3)=d11e3+d43e4+d53e5.
∙ N6,17(α,β,γ) : e12=e5, e22=αe5+βe6, e32=γe6, e42=e6, e52=e62=0 avec αβγ=0. (a) entraîne d12=d21=0, d13=d31=0, d14=d41=0, d23=d32=0 et d24=d42=0 ; (b) entraîne d34=−γ−1d43 ;
(3) entraîne d(e5)=2d11e5, d(e6)=2d11e6 et d11=d22=d33=d44.
Donc d(e1)=d11e1+d51e5+d61e6, d(e2)=d11e2+d52e5+d62e6, d(e3)=d11e3+d43e4+d53e5+d63e6 et d(e4)=−γ−1d43e3+d11e4+d54e5+d64e6.
∙ N6,18(α,β,γ,δ) : e12=e5, e22=αe5+βe6, e32=γe5+δe6, e42=e6, e52=e62=0 avec αβ=0, γδ=0 et αδ−βγ=0. (a) entraîne d12=d21=0, d13=d31=0, d14=d41=0, d23=d32=0, d24=d42=0 et d34=d43=0 ; (3) entraîne d(e5)=2d11e5, d(e6)=2d11e6 et d11=d22=d33=d44. Donc d(e1)=d11e1+d51e5+d61e6, d(e2)=d11e2+d52e5+d62e6, d(e3)=d11e3+d53e5+d63e6 et d(e4)=d11e4+d54e5+d64e6.
□
Proposition 4.2.2**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable, associative, de dimension ≤6 telle que dim(ann(N))=2. Alors, le crochet de deux dérivations dans N est donné dans la Table 5.
Preuve.
Soient d,d′ deux dérivations dans N. Calculons [d,d′].
∙ N5,9(α,β): Pour 1≤j≤3, on a d∘d′(ej)=d11′d(ej)+d4j′d(e4)+d5j′d(e5). Alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]4j=(d11′d4j+2d4j′d11)−(d11d4j′+2d4jd11′)=d4j′d11−d4jd11′ et [d,d′]5j=(d11′d5j+2d5j′d11)−(d11d5j′+2d5jd11′)=d5j′d11−d5jd11′. Donc D(N5,9(α,β))′≃ K3×K3.
∙ N6,17(α,β,γ): Pour 1≤j≤2, on a d∘d′(ej)=d11′d(ej)+d5j′d(e5)+d6j′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]5j=(d11′d5j+2d5j′d11)−(d11d5j′+2d5jd11′)=d5j′d11−d5jd11′ et [d,d′]6j=(d11′d6j+2d6j′d11)−(d11d6j′+2d6jd11′)=d6j′d11−d6jd11′. On a d∘d′(e3)=d11′d(e3)+d43′d(e4)+d53′d(e5)+d63′d(e6), alors [d,d′]43=(d11′d43+d43′d11)−(d11d43′+d43d11′)=0, [d,d′]53=(d11′d53+d43′d54+2d53′d11)−(d11d53′+d43d54′+2d53d11′)=(d53′d11−d53d11′)+(d43′d54−d43d54′) et [d,d′]63=(d11′d63+d43′d64+2d63′d11)−(d11d63′+d43d64′+2d63d11′)=(d63′d11−d63d11′)+(d43′d64−d43d64′).
On a d∘d′(e4)=−γ−1d43′d(e3)+d11′d(e4)+d54′d(e5)+d64′d(e6), alors [d,d′]54=(−γ−1d43′d53+d11′d54+2d54′d11)−(−γ−1d43d53′+d11d54′+2d54d11′)=(d54′d11−d54d11′)+γ−1(d53′d43−d53d43′) et [d,d′]64=(−γ−1d43′d63+d11′d64+2d64′d11)−(−γ−1d43d63′+d11d64′+2d64d11′)=(d64′d11−d64d11′)+γ−1(d63′d43−d63d43′). Donc D(N6,17(α,β,γ))′≃ K4×K4.
∙ N6,18(α,β,γ,δ): Pour 1≤j≤4, on a d∘d′(ej)=d11′d(ej)+d5j′d(e5)+d6j′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′= 0, [d,d′]5j=(d11′d5j+2d5j′d11)−(d11d5j′+2d5jd11′)=d5j′d11−d5jd11′ et [d,d′]6j=(d11′d6j+2d6j′d11)−(d11d6j′+2d6jd11′)=d6j′d11−d6jd11′. Donc D(N6,18(α,β,γ,δ))′≃ K4×K4.
□
Proposition 4.2.3**.**
Soient N une nil-algèbre d’évolution indécomposable associative de dimension n≥3 telle que dim(ann(N))=1 et a=∑i=1naiei∈N. Alors Ra est une dérivation si et seulement si Ra=∑i=1n−1αiaieni. De plus I(N)=L≃Kn−1.
Preuve.
L’algèbre N étant commutative, les seules dérivations intérieures de N sont de la forme Ra, avec a=∑i=1naiei∈N. On a Ra(ei)=αiaien et Ra(en)=0, d’où le résultat.
□
Proposition 4.2.4**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable associative, de dimension ≤6, telle que dim(ann(N))=2. La Table 6 caractérise les dérivations intérieures de N.
Preuve.
Les dérivations intérieures de N sont de la forme Rc, avec c=∑i=1nciei∈N.
∙ N5,9(α,β) : on a Rc(e1)=c1e12=c1e4, Rc(e2)=c2e22=c2(αe4+βe5), Rc(e3)=c3e32=c3e5, Rc(e4)=Rc(e5)=0. Les éléments de I(N5,9(α,β)) sont de la forme Rc=c1e41+c2(αe42+βe52)+c3e53 et I(N5,9(α,β))≃ K3.
∙ N6,17(α,β,γ) : on a Rc(e1)=c1e12=c1e5, Rc(e2)=c2e22=c2(αe5+βe6), Rc(e3)=c3e32=c3γe6, Rc(e4)=c4e42=c4e6, Rc(e5)=Rc(e6)=0. Les éléments de I(N6,17(α,β,γ)) sont de la forme Rc=c1e51+c2(αe52+βe62)+c3γe63+c4e64 et
I(N6,17(α,β,γ))≃ K4.
∙ N6,18(α,β,γ,δ) : on a Rc(e1)=c1e12=c1e5, Rc(e2)=c2e22=c2(αe5+βe6), Rc(e3)=c3e32=c3(γe5+δe6), Rc(e4)=c4e42=c4e6, Rc(e5)=Rc(e6)=0. Les éléments de I(N6,18(α,β,γ,δ)) sont de la forme Rc=c1e51+c2(αe52+βe62)+c3(γe53+δe63)+c4e64 et I(N6,18(α,β,γ,δ))≃ K4.
□
5 Nil-algèbres indécomposables qui n’est pas associatives
Ici, les dérivations intérieures sont de la forme Rc+[Ra,Rb].
5.1 Dimension de l’annulateur de N est 1
Théorème 5.1.1**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable, à puissances associatives, de dimension ≤6, qui n’est pas associative telle que dim(ann(N))=1. Alors, la Table 7 caractérise les dérivations dans N.
Preuve.
On considère les algèbres N4,6 ; N5,10(α) à N5,12(α,β) et N6,19 à N6,24(α,β,γ). La table de multiplication de la base naturelle de ces algèbres vérifient la rélation e12=e2+e3, e22=en, e32=−en et en2=0 où n=dim(N)≥4. Ainsi, (a) entraîne d12=d21=0, d13=d31=0 et (b) entraîne d32=d23. En dérivant en=e22, on obtient d(en)=2e2d(e2)=2d22e22=2d22en ; on a aussi d(en)=2d33en en dérivant en=−e32. Par conséquent d33=d22.
En dérivant e2+e3=e12, on obtient d(e2)+d(e3)=2d11d(e1)=2d11e12=2d11(e2+e3). Ainsi, ∑j=2n(dj2+dj3)ej=2d11(e2+e3) entraîne d23=2d11−d22 et dj2=−dj3 pour j=4,…,n. On en déduit que
[TABLE]
∙ N4,6 : e12=e2+e3, e22=e4, e32=−e4, e42=0.
(5.1) entraîne d(e1)=d11e1+d41e4, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d42e4, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d42e4 et d(e4)=2d22e4.
∙ N5,10(α) : e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5, e42=αe5, e52=0 avec α∈K∗. De (a) on a d14=d41=0 ; (b) donne d24=−αd42 et d34=αd43 ; de (5.1) on a d(e1)=d11e1+d51e5, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d42e4+d52e5, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d42e4−d52e5, d(e5)=2d22e5. En dérivant αe5=e42, on obtient αd(e5)=2e4d(e4)=2d44e42=2αd44e5. Donc d(e5)=2d44e5 car α=0 et comme d(e5)=2d22e5, alors d22=d44. Puisque d43=−d42 et d34=αd43 alors d34=−αd42 ; ainsi d(e4)=−αd42e2−αd42e3+d22e2+d54e5.
∙ N5,11(α) : e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5, e42=α(e2+e3), e52=0 avec α∈K∗. De (a) on a d24=d42=0 et d34=d43=0 ; (b) entraîne d14=−αd41 ; de (5.1) il vient d(e1)=d11e1+d41e4+d51e5, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d52e5, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d52e5 et d(e5)=2d22e5. En dérivant e42=αe12, on obtient 2αd44e12=2αd11e12 ; donc d44=d11 car 2αe12=0. On en déduit que d(e4)=−αd41e1+d11e4+d54e5.
∙ N5,12(α,β) : e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5, e42=α(e2+e3)+βe5, e52=0 avec α,β∈K∗. De (a) on a d14=d41=0, d24=d42=0 et d34=d43=0 ; (5.1) entraîne d(e1)=d11e1+d51e5, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d52e5, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d52e5 et d(e5)=2d22e5. En dérivant e42=αe12+βe5, on obtient 2d44e42=2αd11e12+βd(e5), i.e. 2αd44(e2+e3)+2βd44e5=2αd11(e2+e3)+2βd22e5 ; donc d11=d44=d22 car αβ=0. En conséquence d(e1)=d11e1+d51e1, d(e2)=d11e2+d11e3+d52e5, d(e3)=d11e2+d11e3−d52e5, d(e4)=d11e4+d54e5 et d(e5)=2d11e5.
∙ N6,19(α,β) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=αe6, e52=βe6, e62=0 avec αβ=0. De (a) on a d14=d41=0 et d15=d51=0 ; (b) entraîne d24=−αd42, d25=−βd52, d34=αd43, d35=βd53 et d45=−α−1βd54 ; de (5.1) on obtient d(e1)=d11e1+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d42e4+d52e5+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d42e4−d52e5−d62e6 et d(e6)=2d22e6. En dérivant αe6=e42, on obtient 2αd22e6=2d44e42=2αd44e6 et comme d(e6)=2d22e6, alors d22=d44. On montre de même que d22=d55 en dérivant βe6=e52. Puisque d43=−d42 et d53=−d52, alors d34=αd43=−αd42 et d35=βd53=−βd52. On en déduit que d(e4)=−αd42e2−αd42e3+d22e4+d54e5+d64e6 et d(e5)=−βd52e2−βd52e3−α−1βd54e4+d22e5+d65e6.
∙ N6,20(α,β) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=α(e2+e3), e52=βe6, e62=0 avec αβ=0. De (a) on a d15=d51=0, d24=d42=0, d34=d43=0 et d45=d54=0 ; (b) entraîne d14=−αd41, d25=−βd52, d35=βd53 ; de (5.1) on a d(e1)=d11e1+d41e4+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d52e5+d62e6, d(e2)=(2d11−d22)e2+d22e3−d52e5−d62e6 et d(e6)=2d22e6. En dérivant e42=αe12, on obtient 2d44e42=2αd11e12, i.e. 2αd44e12=2αd11e12 ; donc d44=d11. En dérivant e52=βe6, on obtient βd(e6)=2d55e52, i.e. 2βd22e6=2βd55e6 ; donc d22=d55. Puisque d53=−d52, alors d35=βd53=−βd52. Ainsi d(e4)=−αd41e1+d11e4+d64e6 et d(e5)=−βd52e2−βd52e3+d22e5+d65e6.
∙ N6,21(α,β,γ) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=α(e2+e3)+βe6, e52=γe6, e62=0 avec αβγ=0. De (a) on a d14=d41=0, d15=d51=0, d24=d42=0, d34=d43=0 et d45=d54=0 ; (b) entraîne d25=−γd52, d35=γd53 ; de (5.1) on a d(e1)=d11e1+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d52e5+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d52e5−d62e6 et d(e6)=2d22e6.
En dérivant e42=αe12+βe6, on obtient 2d11e12+βd(e6)=2d44e42=2αd44e12+2βd44e6, i.e. 2d11(e2+e3)+2βd22e6=2αd44(e2+e3)+2βd44e6. Donc d11=d44=d22. En dérivant e52=γe6, on obtient 2γd22e6=2d55e52=2γd55e6, donc d22=d55.
Puisque d53=−d52, alors d35=γd53=−γd52. On en déduit que d(e2)=d11e2+d11e3+d52e5+d62e6, d(e3)=d11e2+d11e3−d52e5−d62e6, d(e4)=d11e4+d64e6, d(e5)=−γd52e2−γd52e3+d11e5+d65e6, d(e6)=2d11e6.
∙ N6,22(α,β) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=α(e2+e3), e52=β(e2+e3), e62=0 avec αβ=0. De (a) on a d24=d42=0, d25=d52=0, d34=d43=0 et d35=d53=0 ; (b) donne d14=−αd41, d15=−βd51, d45=−α−1βd54 ; (5.1) entraîne d(e1)=d11e1+d41e4+d51e5+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d62e6 et d(e6)=2d22e6. En dérivant e42=αe12, on obtient 2αd11e12=2d44e42=2αd44e12 ; donc d11=d44. De façon analogue, en dérivant e52=βe12, on obtient d11=d55. Il en résulte que d(e4)=−αd41e1+d11e4+d54e5+d64e6 et d(e5)=−βd51e1−α−1βd54e4+d11e5+d65e6.
∙ N6,23(α,β,γ,δ) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=α(e2+e3)+βe6, e52=γ(e2+e3)+δe6, e62=0 avec αγ=0, βδ=0, αδ−βγ=0. De (a) on a d14=d41=0, d15=d51=0, d24=d42=0, d25=d52=0, d34=d43=0, d35=d53=0 et d45=d54=0 ; (5.1) donne d(e1)=d11e1+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d62e6 et d(e6)=2d22e6. En dérivant e42=αe12+βe6, on obtient 2αd11(e2+e3)+2βd22e6=2d44e42=2αd44(e2+e3)+2βd44e6 ; donc d11=d44=d22. De façon analogue, en dérivant e52=γe12+δe6, on obtient d11=d55=d22. On en déduit que d(e2)=d11e2+d11e3+d62e6, d(e3)=d11e2+d11e3−d62e6, d(e4)=d11e4+d64e6, d(e5)=d11e5+d65e6 et d(e6)=2d11e6.
∙ N6,24(α,β,γ) : e12=e2+e3, e22=e6, e32=−e6, e42=α(e2+e3)+βe6, e52=γ(e2+e3), e62=0 avec αβγ=0. De (a) on a d14=d41=0, d24=d42=0, d25=d52=0, d34=d43=0, d35=d53=0 et d45=d54=0 ; (b) donne d15=−γd51 ; (5.1) entraîne d(e1)=d11e1+d51e5+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e3+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e3−d62e6 et d(e6)=2d22e6. En dérivant e42=αe12+βe6, on obtient 2αd11(e2+e3)+2βd22e6=2d44e42=2αd44(e2+e3)+2βd44e6 ; donc d11=d44=d22. En dérivant e52=γe12, on obtient 2γd11(e2+e3)=2d55e52=2γd55(e2+e3) ; donc d11=d55. Ainsi d(e2)=d11e2+d11e3+d62e6, d(e3)=d11e2+d11e3−d62e6, d(e4)=d11e4+d64e6, d(e5)=−γd51e5+d11e5+d65e6 et d(e6)=2d11e6.
□
Proposition 5.1.2**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives, de dimension ≤6, qui n’est pas associatives, telle que dim(ann(N))= 1. Alors le crochet des dérivations d et d′ de N est donné par la Table 8.
Preuve.
Soient d,d′∈D(N). Calculons [d,d′].
∙ N4,6: On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d41′d(e4), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]41=(d11′d41+2d41′d22)−(d11d41′+2d41d22′)=(d11′d41−d11d41′)+2(d41′d22−d41d22′). On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d42′d(e4), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22))−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′))=0, [d,d′]42=(d22′d42−(2d11′−d22′)d42+2d42′d22)−(d22d42′−(2d11−d22)d42′+2d42d22′)=2(d11d42′−d11′d42). On en déduit que D(N4,6)′≃K2.
∙ N5,10(α): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d51′d(e5), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]51=(d11′d51+2d51′d22)−(d11d51′+2d51d22′)=(d11′d51−d11d51′)+2(d51′d22−d51d22′). On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d42′d(e4)+d52′d(e5), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22)−αd42′d42)−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′)−αd42d42′)=0, [d,d′]42=(d22′d42−(2d11′−d22′)d42+d42′d22)−(d22d42′−(2d11−d22)d42′+d42d22′)=(d22′d42−d22d42′)+2(d42′d11−d42d11′), [d,d′]52=(d22′d52−(2d11′−d22′)d52+d42′d54+2d52′d22)−(d22d52′−(2d11−d22)d52′+d42d54′+2d52d22′)=(d42′d54−d42d54′)+2(d52′d11−d52d11′). On a d∘d′(e4)=−αd42′d(e2)−αd42′d(e3)+d22′d(e4)+d54′d(e5), alors [d,d′]54=(−αd42′d52+αd42′d52+d22′d54+2d54′d22)−(−αd42d52′+αd42d52′+d22d54′+2d54d22′)=d54′d22−d54d22′. On en déduit que D(N5,10(α))′≃K4.
∙ N5,11(α)): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d41′d(e4)+d51′d(e5), alors [d,d′]11=(d11′d11−αd41′d41)−(d11d11′−αd41d41′)=0, [d,d′]41=(d11′d41+d41′d11)−(d11d41′+d41d11′)=0, [d,d′]51=(d11′d51+d41′d54+2d51′d22)−(d11d51′+d41d54′+2d51d22′)=(d11′d51−d11d51′)+(d41′d54−d41d54′)+2(d51′d22−d51d22′). On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d52′d(e5), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22))−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′))=0, [d,d′]52=(d22′d52−(2d11′−d22′)d52+2d52′d22)−(d22d52′−(2d11−d22)d52′+2d52d22′)=2(d52′d11−d52′d11). On a d∘d′(e4)=−αd41′d(e1)+d11′d(e4)+d54′d(e5), alors [d,d′]54=(−αd41′d51+d11′d54+2d54′d22)−(−αd41d51′+d11d54′+2d54d22′)=−α(d41′d51−d41d51′)+(d11′d54−d11d54′)+2(d54′d22)−d54d22′). On en déduit que D(N5,11(α))′≃K3.
∙ N5,12(α,β): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d51′d(e5), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]51=(d11′d51+2d51′d11)−(d11d51′+2d51d11′)=d51′d11−d51d11′. On a d∘d′(e2)=d11′d(e2)+d11′d(e3)+d52′d(e5), alors [d,d′]52=(d11′d52−d11′d52+2d52′d11)−(d11d52′−d11d52′+2d52d11′)=2(d52′d11−d52d11′). On a d∘d′(e4)=d11′d(e4)+d54′d(e5), alors [d,d′]54=(d11′d54+2d54′d11)−(d11d54′+2d54d11′)=d54′d11)−d54d11′.
On en déduit que D(N5,12(α,β))′≃K3.
∙ N6,19(α,β)):
On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]61=(d11′d61+2d61′d22)−(d11d61′+2d61d22′)=(d11′d61−d11d61′)+2(d61′d22−d61d22′).
On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d42′d(e4)+d52′d(e5)+d62′d(e6), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22)−αd42′d42−βd52′d52)−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′)−αd42d42′−βd52d52′)=0, [d,d′]42=(d22′d42−(2d11′−d22′)d42+d42′d22−α−1βd52′d54)−(d22d42′−(2d11−d22)d42′+d42d22′−α−1βd52d54′)=(d22′d42−d22d42′)+2(d11d42′−d11′d42)−α−1β(d52′d54−d52d54′), [d,d′]52=(d22′d52−(2d11′−d22′)d52+d42′d54+d52′d22)−(d22d52′−(2d11−d22)d52′+d42d54′+d52d22′)=(d42′d54−d42d54′)+(d22′d52−d22d52′)+2(d11d52′−d11′d52), [d,d′]62=(d22′d62−(2d11′−d22′)d62+d42′d64+d52′d65+2d62′d22)−(d22d62′−(2d11−d22)d62′+d42d64′+d52d65′+2d62d22′)=(d42′d64−d42d64′)+(d52′d65−d52d65′)+2(d62′d11−d62d11′). On a d∘d′(e4)=−αd42′d(e2)−αd42′d(e3)+d22′d(e4)+d54′d(e5)+d64′d(e6), alors [d,d′]54=(−αd42′d52+αd42′d52+d22′d54+d54′d22)−(−αd42d52′+αd42d52′+d22d54′+d54d22′)=0, [d,d′]64=(−αd42′d62+αd42′d62+d22′d64+d54′d65+2d64′d22)−(−αd42d62′+αd42d62′+d22d64′+d54d65′+2d64d22′)=(d64′d22−d64d22′)+(d54′d65−d54d65′). On a d∘d′(e5)=−βd52′d(e2)−βd52′d(e3)−α−1βd54′d(e4)+d22′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(−βd52′d62+βd52′d62−α−1βd54′d64+d22′d65+2d65′d22)−(−βd52d62′+βd52d62′−α−1βd54d64′+d22d65′+2d65d22′)=−α−1β(d54′d64−d54d64′)+(d65′d22−d65d22′). On en déduit que D(N6,19(α,β))′≃K6.
∙ N6,20(α,β): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d41′d(e4)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=(d11′d11−αd41′d41)−(d11d11′−αd41d41′)=0, [d,d′]41=(d11′d41+d41′d11)−(d11d41′+d41d11′)=0, [d,d′]61=(d11′d61+d41′d64+2d61′d22)−(d11d61′+d41d64′+2d61d22′)=(d11′d61−d11d61′)+(d41′d64−d41d64′)+2(d61′d22−d61d22′). On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d52′d(e5)+d62′d(e6), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22)−βd52′d52)−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′)−βd52d52′)=0, [d,d′]52=(d22′d52−(2d11′−d22′)d52+d52′d22)−(d22d52′−(2d11−d22)d52′+d52d22′)=(d22′d52−d22d52′)+2(d11d52′−d11′d52), [d,d′]62=(d22′d62−(2d11′−d22′)d62+d52′d65+2d62′d22)−(d22d62′−(2d11−d22)d62′+d52d65′+2d62d22′)=(d52′d65−d52d65′)+2(d11d62′−d11′d62). On a ; d∘d′(e4)=−αd41′d(e1)+d11′d(e4)+d64′d(e6), alors [d,d′]64=(−αd41′d61+d11′d64+2d64′d22)−(−αd41d61′+d11d64′+2d64d22′)=−α(d41′d61−d41d61′)+(d11′d64−d11d64′)+2(d64′d22−d64d22′). On a d∘d′(e5)=−βd52′d(e2)−βd52′d(e3)+d22′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(−βd52′d62+βd52′d62+d22′d65+2d65′d22)−(−βd52d62′+βd52d62′+d22d65′+2d65d22′)=d65′d22−d65d22′. On en déduit que D(N6,20(α,β))′≃K5.
∙ N6,21(α,β,γ): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=(d11′d11−d11′d11)=0, [d,d′]61=(d11′d61+2d61′d11)−(d11d61′+2d61d11′)=d61′d11−d61d11′. On a d∘d′(e2)=d11′d(e2)+d11′d(e3)+d52′d(e5)+d62′d(e6), alors [d,d′]52=(d11′d52−d11′d52+d52′d11)−(d11d52′−d11d52′+d52d11′)=d52′d11−d52d11′, [d,d′]62=(d11′d62−d11′d62+d52′d65+2d62′d11)−(d11d62′−d11d62′+d52d65′+2d62d11′)=(d52′d65−d52d65′)+2(d62′d11−d62′d11). On a d∘d′(e4)=d11′d(e4)+d64′d(e6), alors [d,d′]64=(d11′d64+2d64′d11)−(d11d64′+2d64d11′)=d64′d11−d64′d11. On a d∘d′(e5)=−γd52′d(e2)−γd52′d(e3)+d11′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(−γd52′d62+γd52′d62+d11′d65+2d65′d11)−(−γd52d62′+γd52d62′+d11d65′+2d65d11′)=d65′d11−d65d11′. On en déduit que D(N6,21(α,β,γ))′≃K5.
∙ N6,22(α,β): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d41′d(e4)+d51′d(e5)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=(d11′d11−αd41′d41−βd51′d51)−(d11d11′−αd41d41′−βd51d51′)=0, [d,d′]41=(d11′d41+d41′d11−α−1βd51′d54)−(d11d41′+d41d11′−α−1βd51d54′)=α−1β(d51d54′−d51′d54), [d,d′]51=(d11′d51+d41′d54+d51′d11)−(d11d51′+d41d54′+d51d11′)=d41′d54−d41d54′, [d,d′]61=(d11′d61+d41′d64+d51′d65+2d61′d22)−(d11d61′+d41d64′+d51d65′+2d61d22′)=(d11′d61−d11d61′)+(d41′d64−d41d64′)+(d51′d65−d51d65′)+2(d61′d22−d61d22′). On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d62′d(e6), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22))−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′))=0, [d,d′]62=(d22′d62−(2d11′−d22′)d62+2d62′d22)−(d22d62′−(2d11−d22)d62′+2d62d22′)=2(d11d62′−d11′d62). On a d∘d′(e4)=−αd41′d(e1)+d11′d(e4)+d54′d(e5)+d64′d(e6), alors [d,d′]54=(−αd41′d51+d11′d54+d54′d11)−(−αd41d51′+d11d54′+d54d11′)=α(d41d51′−d41′d51), [d,d′]64=(−αd41′d61+d11′d64+d54′d65+2d64′d11)−(−αd41d61′+d11d64′+d54d65′+2d64d11′)=(d64′d11−d64d11′)+(d54′d65−d54d65′)+α(d41d61′−d41′d61). On a d∘d′(e5)=−βd51′d(e1)−α−1βd54′d(e4)+d11′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(−βd51′d61−α−1βd54′d64+d11′d65+2d65′d22)−(−βd51d61′−α−1βd54d64′+d11d65′+2d65d22′)=−β(d51′d61−d51d61′)−α−1β(d54′d64−d54d64′)+(d11′d65−d11d65′)+2(d65′d22−d65d22′). On en déduit que D(N6,22(α,β))′≃K7.
∙ N6,23(α,β): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]61=(d11′d61+2d61′d11)−(d11d61′+2d61d11′)=d61′d11−d11′d61. On a d∘d′(e2)=d11′d(e2)+d11′d(e3)+d62′d(e6), alors [d,d′]62=(d11′d62−d11′d62+2d62′d11)−(d11d62′−d11d62′+2d62d11′)=2(d62′d11−d62d11′). On a d∘d′(e4)=d11′d(e4)+d64′d(e6), alors [d,d′]64=(d11′d64+2d64′d11)−(d11d64′+2d64d11′)=d64′d11−d64d11′.
On a d∘d′(e5)=d11′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(d11′d65+2d65′d11)−(d11d65′+2d65d11′)=d65′d11−d65d11′. On en déduit que D(N6,23(α,β))′≃K4.
∙ N6,24(α,β,γ): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d51′d(e5)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=(d11′d11−γd51′d51)−(d11d11′−γd51d51′)=0, [d,d′]51=(d11′d51+d51′d11)−(d11d51′+d51d11′)=0, [d,d′]61=(d11′d61+d51′d65+2d61′d11)−(d11d61′+d51d65′+2d61d11′)=(d61′d11−d61d11′)+(d51′d65−d51d65′). On a d∘d′(e2)=d11′d(e2)+d11′d(e3)+d62′d(e6), alors [d,d′]62=(d11′d62−d11′d62+2d62′d11)−(d11d62′−d11d62′+2d62d11′)=2(d62′d11−d62d11′). On a d∘d′(e4)=d11′d(e4)+d64′d(e6), alors [d,d′]64=(d11′d64+2d64′d11)−(d11d64′+2d64d11′)=d64′d11−d64d11′. On a d∘d′(e5)=−γd51′d(e1)+d11′d(e5)+d65′d(e6), alors [d,d′]65=(−γd51′d61+d11′d65+2d65′d11)−(−γd51d61′+d11d65′+2d65d11′)=γ(d51d61′−d51′d61)+(d65′d11−d65d11′). On en déduit que D(N6,24(α,β,γ))′≃K4.
□
Proposition 5.1.3**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives, de dimension ≤6, qui n’est pas associative, telle que dim(ann(N))=1. La Table 9, caractérise les dérivations intérieures de N.
Preuve.
On considère les algèbres N suivantes : N4,6 ; N5,10(α) à N5,12(α,β) et N6,19 à N6,24(α,β,γ). Comme e12=e2+e3, e22=en, e32=−en et en2=0 avec n=dim(N)≥4, alors pour a,b,c∈N, on a Rc(e1)+[Ra,Rb](e1)=c1e12+(e1b)a−(e1a)b=c1(e2+e3)+(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))en, Rc(e2)+[Ra,Rb](e2)=c2e22+(e2b)a−(e2a)b=c2en, Rc(e3)+[Ra,Rb](e3)=c3e32+(e3b)a−(e3a)b=−c3en et Rc(en)+[Ra,Rb](en)=0. On a −c3=[Rc]n3=−[Rc]n2=−c2 et c3=c2.
∙ N4,6 : on a Rc+[Ra,Rb]∈I(N4,6) si et seulement si Rc=c2(e42−e43) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e41. Ainsi I(N4,6)≃K2.
∙ N5,10(α) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4e5 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N5,10(α)) si et seulement si Rc=c2(e52−e53)+αc4e54 et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e51. Ainsi I(N5,10(α))≃K3.
∙ N5,11(α) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e5 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N5,11(α)) si et seulement si Rc=c2(e52−e53) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e51+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e54. Ainsi I(N5,11(α))≃K3.
∙ N5,12(α,β) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=c4α(e2+e3)+c4βe5+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e5 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N5,12(α,β)) si et seulement si Rc=c2(e52−e53) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e51+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e54. Ainsi I(N5,12(α,β))≃K3.
∙ N6,19(α,β) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=βc5e6 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,19(α,β)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63)+αc4e64+βc5e65 et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61. Ainsi I(N6,19(α,β))≃K4.
∙ N6,20(α,β) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=βc5e6 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,20(α,β)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63)+βc5e65 et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e64. Ainsi I(N6,20(α,β))≃K4.
∙ N6,21(α,β,γ) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+βc4e6+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=γc5e6; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,21(α,β,γ)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63)+γc5e65 et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e64. Ainsi I(N6,21(α,β,γ))≃K4.
∙ N6,22(α,β) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=βc5(e2+e3)+β(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e6 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,22(α,β)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e64+β(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e65. Ainsi I(N6,22(α,β))≃K4.
∙ N6,23(α,β,γ,δ) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+βc4e6+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=γc5(e2+e3)+δc5e6+β(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e6 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,23(α,β,γ,δ)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e64+β(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e65. Ainsi I(N6,23(α,β,γ,δ))≃K4.
∙ N6,24(α,β,γ) : on a Rc(e4)+[Ra,Rb](e4)=αc4(e2+e3)+βc4e6+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e6 ; Rc(e5)+[Ra,Rb](e5)=γc5(e2+e3)+γ(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e6 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,24(α,β,γ)) si et seulement si Rc=c2(e62−e63) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e61+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e64+γ(b5(a2−a3)−a5(b2−b3))e65. Ainsi I(N6,24(α,β,γ))≃K4.
□
5.2 Dimension de l’annulateur de N est 2
Théorème 5.2.1**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives de dimension ≤6, qui n’est pas associative, telle que dim(ann(N))=2. Alors, la Table 10 caractérise les dérivations dans N.
Preuve.
∙ N6,25(α) : e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5, e42=α(e2+e3)+e6, e52=e62=0 avec α=0. (a) entraîne d14=d41, d24=d42=0, d34=d43=0 et comme e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5, e52=0, alors (5.1) donne d(e1)=d11e1+d51e5+d61e6, d(e2)=d22e2+(2d11−d22)e2+d52e5+d62e6, d(e3)=(2d11−d22)e2+d22e2−d52e5−d62e6 et d(e5)=2d22e5. En dérivant e42=αe12+e6, on obtient 2αd11e12+d(e6)=2d44e42=2αd44(e2+e3)+2d44e6. Alors d(e6)=2α(d44−d11)(e2+e3)+2d44e6, donc d44=d11 car d(e6)∈ann(N). Ainsi d(e4)=d11e4+d54e5+d64e6 et d(e6)=2d11e6.
∙ N6,26 : e12=e2+e3+e4, e22=e5, e32=e6, e42=−(e5+e6), e52=e62=0. (a) entraîne d12=d21=0, d13=d31=0, d14=d41=0, d23=d32=0, d24=d42=0 et d34=d43=0. En dérivant e22=e5 et e32=e6 respectivement, on obtient d(e5)=2d22e5 et d(e6)=2d33e6. En dérivant e42=−(e5+e6), on obtient −(d(e5)+d(e6))=2d44e42=−2d44(e5+e6), i.e. 2(d44−d22)e5+2(d44−d33)e6=0 ; donc d22=d44=d33. En dérivant e12=e2+e3+e4, on obtient d(e2)+d(e3)+d(e4)=2d11e12=2d11(e2+e3+e4), i.e. d22(e2+e3+e4)+(d52+d53+d54)e5+(d62+d63+d64)e6 ; donc d22=2d11, d54=−(d52+d53) et d64=−(d62+d63). Ainsi d(e1)=d11e1+d51e5+d61e6, d(e2)=2d11e2+d52e5+d62e6, d(e3)=2d11e3+d53e5+d63e6, d(e4)=2d11e4−(d52+d53)e5−(d62+d63)e6, d(e5)=4d11e5, d(e6)=4d11e6.
□
Proposition 5.2.2**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives de dimension ≤6, qui n’est pas associative, telle que dim(ann(N))=2. Alors le crochet des dérivations d et d′ de N est donné dans la Table 11.
Preuve.
Soient d,d′∈D(N). Calculons [d,d′].
∙ N6,25(α): On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d51′d(e5)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]51=(d11′d51+2d51′d22)−(d11d51′+2d51d22′)=d51′d22−d51d22′, [d,d′]61=(d11′d61+2d61′d11)−(d11d61′+2d61d11′)=d61′d11−d61d11′. On a d∘d′(e2)=d22′d(e2)+(2d11′−d22′)d(e3)+d52′d(e5)+d62′d(e6), alors [d,d′]22=(d22′d22+(2d11′−d22′)(2d11−d22)−(d22d22′+(2d11−d22)(2d11′−d22′)=0, [d,d′]52=(d22′d52−(2d11′−d22′)d52+2d52′d22)−(d22d52′−(2d11−d22)d52′+2d52d22′)=2(d11d52′−d11′d52), [d,d′]62=(d22′d62−(2d11′−d22′)d62+2d62′d11)−(d22d62′−(2d11−d22)d62′+2d62d11′)=2(d62′d11−d62d11′). On a d∘d′(e4)=d11′d(e4)+d54′d(e5)+d64′d(e6), alors [d,d′]54=(d11′d54+2d54′d22)−(d11d54′+2d54d22′)=(d11′d54−d11d54′)+2(d54′d22−d54d22′), [d,d′]64=(d11′d64+2d64′d11)−(d11d64′+2d64d11′)=d64′d11−d64d11′.
On en déduit que D(N6,25(α))′≃K6.
∙ N6,26: On a d∘d′(e1)=d11′d(e1)+d51′d(e5)+d61′d(e6), alors [d,d′]11=d11′d11−d11d11′=0, [d,d′]51=(d11′d51+4d51′d11)−(d11d51′+4d51d11′)=3(d51′d11−d51d11′), [d,d′]61=(d11′d61+4d61′d11)−(d11d61′+4d61d11′)=3(d61′d11−d61d11′). On a d∘d′(e2)=2d11′d(e2)+d52′d(e5)+d62′d(e6), alors [d,d′]52=(2d11′d52+4d52′d11)−(2d11d52′+4d52d11′)=2(d52′d11−d52d11′), [d,d′]62=(2d11′d62+4d62′d11)−(2d11d62′+4d62d11′)=2(d62′d11−d62d11′). On a d∘d′(e3)=2d11′d(e3)+d53′d(e5)+d63′d(e6), alors [d,d′]53=(2d11′d53+4d53′d11)−(2d11d53′+4d53d11′)=2(d53′d11−d53d11′), [d,d′]63=(2d11′d63+4d63′d11)−(2d11d63′+4d63d11′)=2(d63′d11−d63d11′). On en déduit que D(N6,26)′≃K6.
□
Proposition 5.2.3**.**
Soit N une nil-algèbre d’évolution indécomposable à puissances associatives et qui n’est pas associative de dimension ≤6 telle que dim(ann(N))=2. La Table 12 caractérise les dérivations intérieures de N.
Preuve.
∙ N6,25(α) : comme e12=e2+e3, e22=e5, e32=−e5 e52=0 alors, pour a,b,c∈N, on a Rc(e1)=c1(e2+e3), Rc(e2)=c2e5, Rc(e3)=−c3e5, Rc(e4)=c4(α(e2+e3)+e6), Rc(e5)=Rc(e6)=0. Comme c2=[Rc]52, [Rc]53=−[Rc]52=−c3 alors c3=c2 et Rc=c2(e52−e53). Par ailleurs [Ra,Rb](e1)=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e5, [Ra,Rb](e2)=[Ra,Rb](e3)=0, [Ra,Rb](e4)=α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e5 et [Ra,Rb](e5)=[Ra,Rb](e6)=0 ; donc Rc+[Ra,Rb]∈I(N6,25(α)) si et seulement si Rc=c2(e52−e53) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a3)−a1(b2−b3))e51+α(b4(a2−a3)−a4(b2−b3))e54. Ainsi I(N6,25(α))≃K3.
∙ N6,26 : on a Rc(e1)=c1e12=c1(e2+e3+e4), Rc(e2)=c2e5, Rc(e3)=c3e6, Rc(e4)=−c4(e5+e6), Rc(e5)=Rc(e6)=0. On a c1=[Rc]21=0, c2=[Rc]52, c3=[Rc]63, −c4=[Rc]54=[Rc]64 donne −c4=−([Rc]52+[Rc]53)=−([Rc]62+[Rc]63)=−[Rc]6,3 et −c4=−c3=−[Rc]52=−c2, par suite Rc=c2(e52+e63−e54−e64). Par ailleurs [Ra,Rb](e1)=(e1b)a−(e1a)b=(b1(a2−a4)−a1(b2−b4))e5+(b1(a3−a4)−a1(b3−b4))e6, [Ra,Rb](ei)=0 pour i=2,3,4,5,6. Donc Rc+[Ra,Rb] est une dérivation de N6,26 si et seulement si [Rc]=c2(e52+e63−e54−e64) et [Ra,Rb]=(b1(a2−a4)−a1(b2−b4))e51+(b1(a3−a4)−a1(b3−b4))e61. Ainsi I(N6,26)≃K2.
□