Normes d'id\'eaux dans la tour cyclotomique et conjecture de Greenberg
Georges Gras

TL;DR
This paper investigates the $p$-adic behavior of norms in cyclotomic extensions of totally real fields, providing heuristics and numerical evidence supporting Greenberg's conjecture that certain Iwasawa invariants vanish.
Contribution
It offers heuristics and statistical evidence on the $p$-adic norms' distribution, advancing understanding of Greenberg's conjecture in Iwasawa theory for totally real fields.
Findings
Numerical examples support the conjecture that $ ext{lambda} = ext{mu} = 0$.
Heuristics suggest a distribution assumption leading to invariants vanishing.
Statistical data in quadratic cases confirm the proposed properties.
Abstract
Pre-print of a publication in "Annales math\'ematiques du Qu{\'e}bec". Let be a totally real number field and let be its cyclotomic -extension for totally split in . This text completes our article entitled: "Approche -adique de la conjecture de Greenberg pour les corps totalement r\'eels" (Annales Math\'ematiques Blaise Pascal 2017), by means of heuristics on the -adic behavior of the norms, in , of the ideals in ; indeed, this conjecture (on the nullity of the invariants et of Iwasawa) depends of images in the torsion group of the Galois group of the maximal abelian -ramified pro--extension of , thus of Artin symbols in a finite extension obtained by Galois descent of . An assumption of distribution of these norms implies . Several statistics and…
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Normes d’idéaux dans la tour cyclotomique
et conjecture de Greenberg
(hypothèses -adiques sur les normes d’idéaux)
Georges Gras
Villa la Gardette, chemin Château Gagnière, 38520 Le Bourg d’Oisans
http://www.researchgate.net/profile/Georges_Gras
Résumé.
Pre-print d’un article publé dans “Annales mathématiques du Québec”. Soit un corps de nombres totalement réel et soit sa -extension cyclotomique. Ce travail prolonge notre article Approche -adique de la conjecture de Greenberg pour les corps totalement réels au moyen d’heuristiques sur le comportement -adique de normes d’idéaux dans ; en effet, cette conjecture (sur la nullité des invariants et d’Iwasawa) dépend d’images de ces normes dans le groupe de torsion du groupe de Galois de la pro--extension abélienne -ramifiée maximale de , donc de leurs symboles d’Artin dans une extension finie obtenue par descente galoisienne de . Une hypothèse naturelle de répartition de ces symboles implique . Des statistiques dans le cas quadratique confirment la probable exactitude de telles propriétés qui constituent l’obstruction fondamentale à une preuve de la conjecture de Greenberg dans le seul cadre de la théorie d’Iwasawa.
Abstract Pre-print of a publication in “ Annales mathématiques du Québec ”. Let be a totally real number field and let be its cyclotomic -extension. This work continues our article Approche -adique de la conjecture de Greenberg pour les corps totalement réels by means of heuristics on the -adic behavior of ideal norms in ; indeed, this conjecture (on the nullity of the Iwasawa invariants , ) depends on some images of these norms in the torsion group of the Galois group of the maximal abelian -ramified pro--extension of , thus of their Artin symbols in a finite extension obtained by Galois descent of . A natural assumption of distribution of these Artin symbols implies . Statistics in the quadratic case confirm the probable exactness of such properties which constitute the fundamental obstruction for a proof of Greenberg’s conjecture in the sole framework of Iwasawa’s theory.
Mots-clésGreenberg’s conjecture, Iwasawa’s theory, -class groups, class field theory, -adic regulators, Fermat quotients of algebraic numbers
Mathematics Subject Classification 2010 11R23, 11R29, 11R37, 11Y40
Table des matières
-
6.1.1 Remarques sur : entiers normes locales vs normes d’entiers
-
7.2 Evolution de la -suite \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{i+1}^{1}/M_{i}^{1}) pour
1. Introduction – Contexte Conjecture de Greenberg
Dans [6], nous avons posé une hypothèse de répartition uniforme de symboles d’Artin convenables de normes d’idéaux des étages de la tour cyclotomique d’un corps de nombres totalement réel relativement à un nombre premier donné totalement décomposé. En effet, on constate qu’il existe des obstructions -adiques à une preuve, dans le seul cadre de la théorie d’Iwasawa algébrique, de la conjecture de Greenberg sur la nullité des invariants et pour les corps totalement réels [11, Theorems 1 and 2], [12, Conjecture 3.4], étant entendu que cette conjecture se pose quelle que soit la décomposition de d’après le point de vue de Jaulent [14]. Cette hypothèse de répartition met en jeu le groupe de torsion (fini) de la pro--extension abélienne -ramifiée maximale de par l’intermédiaire de sa descente galoisienne comme groupe de Galois d’une extension abélienne finie , pouvant être explicitée. Cette hypothèse peut se résumer par le fait que dans l’algorithme de dévissage du -groupe des classes de , les idéaux représentant ces classes sont tels que les symboles d’Artin \Big{(}\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{F/k}{{\rm N}{k{n}/k}({\mathfrak{A}})}}\Big{)} engendrent en un nombre d’étapes (de l’algorithme) indépendant de . Sous ces conditions (cf. Hypothèses (H) énoncées à la fin du § 3), la conjecture de Greenberg en résulte.
Pour un historique sur la conjecture de Greenberg, et sur les travaux précurseurs de Ozaki et Taya [16], [17], [20], se reporter à [6] et à sa bibliographie, ainsi qu’aux récents points de vue de Jaulent [14] et Nguyen Quang Do [15].
2. Pro--extension abélienne -ramifiée
maximale – Le groupe
Soit un corps de nombres galoisien réel, de degré , et de groupe de Galois . Soit l’ensemble des -places de . Sous la conjecture de Leopoldt pour dans , on obtient le schéma ci-après (dit de la -ramification abélienne). Dans toute la suite, on suppose totalement décomposé dans .
On désigne par le -groupe des classes de et par le groupe des unités globales -principales de . Soit le -module (de -rang ) des unités locales -principales où chaque est le groupe des unités -principales de la complétion de en , et l’ideal maximal pour . Par hypothèse, .
Soit , de degré sur , le -ième étage de la -extension cyclotomique de ; comme c’est une extension galoisienne réelle de , sous la conjecture de Leopoldt le composé de ses -extensions (corps des fixes de ) est réduit à . Soient et les pro--extensions abéliennes -ramifiées (i.e., non ramifiées en dehors de ) maximales, de et . Dans le schéma, est le -corps de classes de Hilbert de et, comme est non ramifié dans , et il existe une extension de , contenant , telle que soit le composé direct de et sur . On pose .
Les groupes et sont des -modules de sous-modules de torsion et . Comme est réel, \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{T}}_{k} est donné, sous la conjecture de Leopoldt, par la formule du résidu de la fonction -adique de ([2], [3], [19]). Mais on peut affirmer, comme nous l’avons expliqué dans [10], que l’analytique -adique classique n’apporte actuellement aucune information, aussi nous en resterons aux caractérisations arithmétiques de .
Soit l’adhérence de l’image diagonale de dans ; d’après le corps de classes, on a . On vérifie, puisque , que où est le noyau de la norme absolue.
[TABLE]
Rappelons ce qui résulte de la conjecture de Leopoldt et qui justifie le schéma :
Théorème 2.1**.**
([7, § 4])). Soient un corps de nombres totalement réel et quelconques. Sous la conjecture de Leopoldt pour dans on a en toute généralité les suites exactes :
[TABLE]
où est le groupe des racines de l’unité d’ordre puissance de de , et où l’on a posé qui est appelé le régulateur -adique normalisé de .
Corollaire 2.2**.**
Ces suites exactes se résument, dans le cas totalement décomposé (où ), au moyen de la suite exacte :
[TABLE]
Introduisons les symboles d’Artin \big{(}\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{\cdot}\big{)} et \big{(}\frac{H_{K}^{\rm pr}/K}{\cdot}\big{)}, respectivement sur et , où et sont les groupes des idéaux étrangers à de et . Leurs images sont les groupes de Galois et ; leurs noyaux sont les groupes d’idéaux principaux infinitésimaux et , où est l’ensemble des idéaux principaux où est étranger à et d’image diagonale triviale dans , et de même avec ([4, Theorem III.2.4, Proposition III.2.4.1] et [13, § 2]).
Le lien entre les normes d’idéaux dans et le groupe de torsion est donné par le résultat suivant :
Théorème 2.3**.**
Soit (idéal ordinaire vu dans pour ). Alors il existe des idéaux et , tels que :
{\rm N}_{K/k}({\mathfrak{A}})={\mathfrak{a}}^{p^{n}}\!\cdot\!{\mathfrak{t}}\cdot(x_{\infty}),\ \ \hbox{ avec {\footnotesize\Big{(}\displaystyle\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{{\mathfrak{a}}}\Big{)}}}\in\Gamma_{\infty},\ \hbox{{\footnotesize\Big{(}\displaystyle\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{{\mathfrak{t}}}\Big{)}}}\in{\mathcal{T}}_{k}.
Pour , est principal de la forme , , où l’image diagonale de dans vérifie pour avec , et est d’ordre fini modulo .
Démonstration.
L’application norme arithmétique , définie sur , induit via les symboles d’Artin la restriction (ou projection) (notée encore ) qui s’exprime par la suite exacte suivante (cf. Schéma) :
[TABLE]
Il en résulte que le symbole d’Artin de dans se décompose de façon unique sur sous la forme \Big{(}\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{{\rm N}{K/k}({\mathfrak{A}})}}\Big{)}=\Big{(}\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{H{k}^{\rm pr}/k}{{\mathfrak{a}}}}\Big{)}^{p^{n}}\!\!\!\cdot\Big{(}\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{{\mathfrak{t}}}}\Big{)}, et ainsi peut s’écrire dans comme indiqué dans l’énoncé. ∎
Le fait que les interviennent de façon cruciale pour la conjecture de Greenberg est justifié, dans la sous-section suivante, au moyen du calcul du -groupe des classes de par l’algorithme de dévissage classique qui n’utilise que les propriétés élémentaires de ces normes, la conjecture de Greenberg étant équivalente au fait que ces algorithmes sont bornés indépendamment de (Théorème 3.3). Il suffit alors d’hypothèses naturelles gouvernant ces normes pour en déduire cette propriété.
Or on verra que ne dépend que de sur le plan -groupe de classes de ( et définissent la même classe) et sur le plan -adique ( est arbitrairement proche de et d’ordre fini modulo ). Lorsque est principal, le lien subtil entre et le régulateur , est précisé dans la Remarque 3.4 suivant le Théorème 3.3.
Tout ceci est essentiel car ne dépend alors (via le Corollaire 2.2) que des invariants et du groupe fini qui devient, quel que soit , , un espace probabilisé explicite (numériquement parlant).
3. Filtration des – Facteur classes
et facteur normique
Soit de degré sur et soit . Dans le cadre de l’algorithme général de calcul du -groupe des classes de par dévissage, on dispose d’une filtration, au moyen de sous-groupes , , , ainsi définie avec et (d’après [6, § 6.1]) :
Définition 3.1**.**
Pour fixé, est la -suite de sous--modules de définie par , pour , où est le plus petit entier tel que (i.e., tel que ).
On a alors classiquement :
Théorème 3.2**.**
La filtration précédente a les propriétés suivantes :
(i) Pour , (groupe des classes ambiges dans ).
(ii) On a , pour tout .
(iii) Pour fixé, la -suite des \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M^{n}_{i+1}/M^{n}_{i}), , est décroissante vers et majorée par \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{1}^{n} en raison des injections :
[TABLE]
définies par l’opération de .
On en déduit que les groupes , qui représentent , sont engendrés, modulo des quasi-infinitésimaux (i.e., très proche de dans ), par des d’ordre fini modulo (Théorème 2.3), et que les groupes de nombres :
[TABLE]
qui contiennent , sont obtenus via les idéaux principaux de la forme :
[TABLE]
où est un idéal principal d’ordre fini modulo .
Rappelons que, pour fixé, une généralisation de la formule des classes ambiges de Chevalley, que nous avons redémontrée dans [5], conduit à la -suite d’entiers définie, au moyen des groupes et , par :
[TABLE]
sont appelés respectivement le facteur classes et le facteur normique à l’étape de l’algorithme dans . La propriété essentielle de ces facteurs est que le premier est trivialement un diviseur de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k} tandis que le second est (non trivialement) un diviseur de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{R}}_{k} [6, Théorème 4.8 (iii)]. Ils sont indépendants du choix des éléments des modulo des idéaux principaux de . Comme \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{K}=\prod_{i=0}^{m_{n}-1}\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{i+1}^{n}/M_{i}^{n}), la conjecture de Greenberg revient à estimer le nombre de pas de l’algorithme. Or on a à ce sujet le résultat essentiel suivant [6, Théorème 6.3], qui montre déjà le rôle crucial joué par :
Théorème 3.3**.**
Pour tout , on a les inégalités suivantes (pour ) 111Le cas implique trivialement ; c’est même équivalent dans le cas -décomposé. De fait, d’après [6, Théorème 4.7], on a \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{K}^{G}=\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{T}}_{k} pour tout . :
[TABLE]
où sont les invariants d’Iwasawa et la valuation -adique.
Par conséquent, on a si et seulement si le nombre de pas de l’algorithme dans est borné indépendamment de .
Or (pour fixé) dépend de la -progression des deux facteurs de (3.2) et on constate, en pratique, que sous réserve de probabilités naturelles de répartition sur les composantes et de , en relation avec le Théorème 2.3, chacun des deux facteurs est rapidement rendu trivial.
On rappelle les résultats suivants [6, Lemme 7.1], où est ici fixé :
(i) La -suite \displaystyle\frac{\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k}}{\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\rm N}_{k_{n}/k}(M^{n}_{i})}=:p^{c_{i}^{n}} est croissante stationnaire à une valeur maximale p^{c_{i}^{\infty}}\mid\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k}. Ce facteur est rapidement trivialisé (i.e., pour tout convenable) sous réserve que les classes (où les sont des idéaux aléatoires de associés à l’algorithme et la composante donnée par la relation du Théorème 2.3), se répartissent de façon uniforme dans le groupe des classes de (i.e., le recouvrent selon les densités naturelles).
(ii) La -suite est croissante stationnaire à une valeur maximale p^{\rho_{i}^{\infty}}\mid\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{R}}_{k}. On a (i.e., pour tout convenable) dès que les symboles normiques de Hasse de suffisamment de associés à l’algorithme engendrent le sous-groupe de (où les sont les groupes d’inertie), formé des familles \big{(}\big{(}\displaystyle\frac{x,k_{n}/k}{{\mathfrak{p}}}\big{)}\big{)}_{{\mathfrak{p}}\in S_{k}} vérifiant la formule du produit ; or chaque symbole dépend essentiellement du -quotient de Fermat de , où l’on a posé :
[TABLE]
Voir [6, Théorème 4.4] pour le calcul de ces symboles. L’ordre de \big{(}\displaystyle\frac{x,k_{n}/k}{{\mathfrak{p}}}\big{)} étant , ce symbole engendre si et seulement si , a priori de probabilité , étant de probabilité . D’où aussi une probable trivialisation rapide du facteur normique au cours de l’algorithme.
Remarque 3.4**.**
Nous ne revenons pas sur les résultats de [6, Théorèmes 4.7, 4.8, 4.10] montrant que les facteurs classes et normiques s’interprètent via , mais précisons l’aspect pratique et probabiliste pour les futures études numériques. Soit . On a , (cf. Théorème 3.2 & (3.1)), et d’après le Théorème 2.3, , \big{(}\frac{H_{k}^{\rm pr}/k}{{\mathfrak{t}}_{(x)}}\big{)}\in{\rm Gal}(H_{k}^{\rm pr}/k_{\infty}H_{k}), ce qui conduit à , où (pour tout assez grand).
Ensuite, puisque est d’exposant fini , on a , , infinitésimal, d’où dans et l’image de est définie dans , donc ne prend qu’un nombre fini de valeurs.
Puisque dans (pour assez grand) , nous dirons, par abus, que la famille , , varie dans le domaine (fini) défini par l’ensemble des familles , ; c’est un invariant canonique du corps . Par exemple, dans le cas quadratique, d’unité fondamentale , pour donné on écrira que selon des probabilités naturelles.
Nous avons formulé dans [6, Hypothèse 7.9] les hypothèses suivantes, au sujet de la composante de définie au Théorème 2.3, que nous nous proposons de tester numériquement :
Hypothèses (H) On suppose que les idéaux (étrangers à ) de , obtenus au cours de l’algorithme de calcul par dévissage de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{K}, définissent une variable aléatoire, et qu’il en est de même pour la composante des . Enfin on suppose que les symboles d’Artin \big{(}\frac{F/k}{{\mathfrak{t}}}\big{)} se répartissent uniformément dans .
Le terme uniformément doit être compris comme une propriété de recouvrement selon les densités (ou probabilités) naturelles en . Si ces hypothèses sont vérifiées, ceci a les conséquences suivantes :
(i) Les classes des idéaux sont réparties uniformément dans .
(ii) Dans le cas principal , les images des dans parcourent uniformément cet ensemble fini.
(iii) L’heuristique principale de [6] est que les nombres de pas des algorithmes dépendent grosso modo de lois binomiales sur l’espace de probabilité fini et sont presque sûrement uniformément bornés lorsque .
Les limites des -suites \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}\big{(}M^{n}_{i+1}/M^{n}_{i}\big{)}, , constituent une -suite décroissante stationnaire de diviseurs de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{T}}_{k} [6, Lemme 7.2]. Or si le diviseur limite est différent de , c’est que l’hypothèse de répartition précédente n’est pas vérifiée, ce qui, dans un ensemble fini, suppose l’existence d’une condition étrange au niveau des composantes successivement obtenues, ce que la pratique numérique que nous allons mettre en œuvre devrait rendre absurde ; en effet, ceci voudrait dire pratiquement que si ou alors, pour fixé arbitrairement grand, l’algorithme de dévissage bouclerait fois de suite (inégalités (3.3)), ce qui constitue un non-sens numérique mais suggère l’immense difficulté pour établir une contradiction effective conduisant à une preuve (certainement plus analytique qu’algébrique) de la conjecture de Greenberg.
4. Calcul des principaux invariants – Classes logarithmiques
On se place dans le cas quadratique réel , d’unité fondamentale , avec décomposé, et on utilise des programmes PARI [18] pour les calculs. Ici et les questions normiques ne dépendent que des . Mais , noté , ne dépend pas de lorsque * est étranger à * [6, Définition 4.1 & § 5.1]. Le contexte non trivial est (sinon et seul le facteur classes est concerné). Ensuite, pour les , de l’algorithme, ne dépend que de l’idéal si ; en effet, si et , alors quelle que soit . Enfin le facteur normique se trivialise dès qu’on obtient avec .
Rappelons que les , par nature normes d’idéaux étrangers à dans , sont partout normes locales en dehors de , auquel cas, (en effet, {\rm N}_{k/\mathbb{Q}}\big{(}(x)\big{)} peut s’écrire pour un idéal de , or le groupe de normes associé à par le corps de classes est l’ensemble des , ). En pratique il n’est pas nécessaire de prendre très grand car les sont limités, et dans le cas quadratique, le régulateur -adique normalisé est (égalités à un facteur unité -adique près) ; on fixe (on a alors et des congruences modulo pour les calculs des symboles normiques). Mais on fera en sorte que .
4.1. **Programme de calcul de , ,
– Condition suffisante**
Il donne la liste des discriminants pour lesquels répond à certaines spécifications destinées à tester l’influence des paramètres suivants : nombre de classes , valeurs de et , où est une -unité fondamentale, donnée par où est l’ordre de la classe de , et qui n’est utilisée que pour tester la condition suffisante [6, Théorème 3.4] conduisant à (condition qui équivaut à la trivialité du groupe des classes logarithmiques [14, Théorème 17], invariant sur lequel nous reviendrons au § 4.2) ; elle suppose la réalisation des deux conditions suivantes :
(i) (i.e., engendre le -groupe des classes de ), ce qui équivaut à ,
(ii) .
Si (i) (resp. (ii)) n’a pas lieu, le programme indique la nature du problème par PB-CLASSES (resp. PB-NORMIQUE). En l’absence des deux alertes, la condition suffisante a lieu et vérifie la conjecture de Greenberg, ce qui fournit beaucoup d’exemples avec des invariants et non triviaux.
On peut fixer un ordre de grandeur à pour les discriminants retenus en écrivant dans le programme pour , et de même on peut imposer des conditions sur comme par exemple qui se traduit par . L’unité est donnée dans E et dans Eta. On doit enfin choisir le nombre premier et les bornes , du discriminant :
============================================================================= {p=3;bD=2;BD=510^5;n=8;n0=n+1;zmax=1/p^2;y=x; for(D=bD,BD,e=valuation(D,2);M=D/2^e;if(core(M)!=M,next); if((e==1||e>3)||(e==0 & Mod(M,4)!=1)||(e==2 & Mod(M,4)==1) || kronecker(D,p)!=1,next);Q=x^2-D;K=bnfinit(Q,1); h=component(component(bnrinit(K,1),5),1);vh=valuation(h,p);if(vh>=1, E=component(component(component(K,8),5),1);Su=bnfsunit(K,idealprimedec(K,p)); pi1=component(component(Su,1),1);pi2=component(pi1,2)x-component(pi1,1); Pi1=pi1^n0;Pi2=pi2^n0;Z=bezout(Pi1,Pi2);U1=component(Z,1);U2=component(Z,2); P=y^2-Mod(D,p^n0);Y=Mod(y,P);x=Y;A1=eval(U1);A2=eval(U2); B1=eval(Pi1);B2=eval(Pi2);b1=eval(pi1);b2=eval(pi2);e=eval(E); XPpi=Mod(A1B1+A2B2b2,P);XPe=Mod(A1B1+A2B2e,P);x=y; hs=norm(Mod(pi1,Q));h0=valuation(hs,p);vh0=valuation(h0,p);delta=vh-vh0; npi=norm(XPpi)^(p-1);ne=norm(XPe)^(p-1);zpi=znorder(npi)/p^n; ze=znorder(ne)/p^n;if(ze<=zmax,if(delta!=0,print("PB-CLASSES")); if(zpi+ze<1,print("PB-NORMIQUE"));print("D=",D," h=",h," E=",E); print("p=",p," Eta=",pi1);print(zpi," ",ze);print(" "))))}
Les valeurs et sont données dans et .
Dès que croît, il y a raréfaction des cas exceptionnels ; par exemple pour , , , , on obtient au total 4 cas :
PB-NORMIQUE D=73217 h=11 E=4007500x - 1084374999 p=11 Eta=441257x - 119399338 1/11 1/121
D=83689 h=11 E=8962870747239371437765x - 2592873462296714584831032 p=11 Eta=-5270913810x - 1524825351767 1 1/1331
D=201997 h=11 E=1781x + 800454 p=11 Eta=-64391/2x - 28959651/2 1 1/14641
D=265681 h=44 E=2400852x - 1237501225 p=11 Eta=2244943875203844650892x - 1159999283951803336111535 1 1/121
4.2. Comparaison avec le groupe des classes logarithmiques
Le -groupe des classes logarithmiques a été introduit par Jaulent [13] et utilisé pour la conjecture de Greenberg, en ceci qu’il donne la condition nécessaire et suffisante suivante, sous la seule conjecture de Leopoldt :
Théorème 4.1**.**
([14, Théorème 7, § 1.4]). Le corps totalement réel vérifie la conjecture de Greenberg si et seulement si son groupe des classes logarithmiques capitule dans .
Ceci est la généralisation de la condition suffisante du § 4.1 disant que entraîne la conjecture de Greenberg. Bien que non asymptotique, ce critère est non effectif quant au à partir duquel l’application d’extension des classes est d’image nulle et il serait intéressant de faire un rapprochement avec l’algorithme de dévissage des .
On définit les -groupes , , et , par la suite exacte :
[TABLE]
qui permet la comparaison avec , le groupe des -classes de associé au corps de Hilbert -décomposé, dont la nullité est la première partie de la condition suffisante du § 4.1 pour la conjecture de Greenberg. La seconde (), sous la première, équivaut donc à la nullité de . Pour fixé et , il est clair que et que la nullité de équivaut à .
En utilisant la fonction de PARI, décrite dans [1], on peut calculer la structure du -groupe des classes logarithmiques. Pour le cas des corps quadratiques réels (mais sans l’hypothèse de -décomposition que l’on peut rajouter via la condition sur ) on obtient le programme suivant (ne retenant que les cas où ) :
============================================================================ {p=3;for(D=10^4,10^4+10^3,e=valuation(D,2);M=D/2^e;if(core(M)!=M,next); if((e==1||e>3)||(e==0 & Mod(M,4)!=1)||(e==2 & Mod(M,4)==1),next); P=x^2-D;K=bnfinit(P,1);H=bnflog(K,p);if(component(H,1)!=[],print(D," ",H)))}
Donnons les courts extraits suivants de cas non triviaux pour et (selon les notations de [1, § 4]) :
p=3 D structures D structures D structures 10040 [[3], [], [3]] 10585 [[3], [3], []] 10849 [[27], [27], []] 10060 [[3], [3], []] 10636 [[3], [3], []] 10865 [[3], [], [3]] 10077 [[3], [], [3]] 10641 [[3], [], [3]] 10889 [[3], [], [3]] 10153 [[3], [3], []] 10661 [[3], [], [3]] 10904 [[3], [], [3]] 10172 [[3], [], [3]] 10664 [[3], [], [3]] 10929 [[3], [], [3]] 10213 [[3], [3], []] 10712 [[3], [], [3]] 10941 [[3], [], [3]] 10301 [[3], [], [3]] 10721 [[9], [], [9]] 10949 [[3], [], [3]] 10353 [[3], [], [3]] 10733 [[3], [], [3]] 10972 [[3], [3], []] 10357 [[3], [3], []] 10812 [[3], [], [3]] 10997 [[3], [], [3]] 10457 [[3], [], [3]] 10844 [[3], [], [3]]
p=5 D structures D structures D structures 10284 [[25], [25], []] 10408 [[5], [], [5]] 10649 [[5], [5], []] 10301 [[5], [5], []] 10561 [[5], [5], []] 10821 [[5], [5], []] 10396 [[5], [5], []] 10613 [[5], [], [5]] 10885 [[5], [], [5]]
Pour , il y a rapidement raréfaction des cas non triviaux, le cas de étant assez exceptionnel.
Quant à , on trouve par exemple , , pour lesquels .
On constate plus généralement l’identité des résultats numériques donnés par le programme précédent avec ceux donnés dans l’importante table (issue de [6, § 5.2], cas -décomposé) : https://www.dropbox.com/s/tcqfp41plzl3u60/R
où l’indication de au moins l’une des mentions PB-CLASSES (i.e., ) ou PB-NORMIQUE (i.e., ), caractérise un groupe de classes logarithmiques non trivial, auquel cas on ne sait pas conclure.
4.2.1. Remarques sur le groupe des classes logarithmiques
(i) On notera que pour un corps totalement réel, dès que le corps de classes de Hilbert est linéairement disjoint de , la -rationalité de (i.e., ) implique la trivialité du groupe des classes logarithmiques (i.e., ), mais que la réciproque est largement fausse.
De façon précise, sous nos hypothèses ( totalement réel, -décomposé, ), on a (cf. suite exacte (2.1)) :
[TABLE]
tandis que :
[TABLE]
or est isomorphe à un quotient de induit par les -unités [14, Schéma § 2.3], ce qui montre que équivaut ici à et (i.e., ), tandis que équivaut à .
En dépit de la notation, doit être considéré comme un régulateur logarithmique , donc l’invariant essentiel puisque pour .
(ii) Donnons des exemples de corps ( sans facteur carré) tels que :
Corps tels que avec :
,
Corps pour lesquels avec :
Corps pour lesquels avec :
4.3. Critère de -rationalité (i.e., )
Redonnons le programme [8, Programme I], qui détermine la -rationalité d’un corps de nombres arbitraire défini par un polynôme unitaire irréductible , et traitons le cas des corps quadratiques réels ; pour chaque discriminant on donne le -rang de , le test de -rationalité et la structure du -groupe de classes de rayon , ( est suffisant pour le test de -rationalité et assez grand donne la structure de ) :
============================================================================== {p=3;bD=2;BD=10^5;nt=9;for(D=bD,BD,e=valuation(D,2);M=D/2^e; if(core(M)!=M,next);if((e==1||e>3)||(e==0 & Mod(M,4)!=1)||(e==2 & Mod(M,4)==1), next);P=x^2-D;K=bnfinit(P,1);Kpn=bnrinit(K,p^nt); Hpn=component(component(Kpn,5),2);L=List;v=component(matsize(Hpn),2); R=0;for(k=1,v-1,c=component(Hpn,v-k+1);if(Mod(c,p)==0,R=R+1; listinsert(L,p^valuation(c,p),1))); if(R>0,print("D=",D," rk(T)=",R," K is not ",p,"-rational ",L)); if(R==0,print("D=",D," rk(T)=",R," K is ",p,"-rational ",L)))}
On obtient, en se limitant aux corps non -rationnels -décomposés (rajouter au programme la condition kronecker(D,p)!=1) avec , les quelques exemples suivants (où le rang est ) :
D=2917 List([9, 3]) D=10636 List([9, 3]) D=14668 List([3, 3]) D=6856 List([3, 3]) D=11293 List([9, 3]) D=15517 List([3, 3]) D=7465 List([9, 9]) D=13273 List([3, 3]) D=15529 List([27, 3]) D=8713 List([9, 3]) D=13564 List([27, 3]) D=15733 List([3, 3]) D=8920 List([3, 3]) D=13861 List([2187, 3]) D=17116 List([9, 3]) D=9052 List([3, 3]) D=14197 List([9, 3]) D=18541 List([3, 3])
Par rapport aux corps du point (ii) ci-dessus, on obtient les cas où l’on a simultanément ().
5. Statistiques sur les symboles d’Artin des
– Exemples
Nous revenons au principe d’analyse, décrit Section 3, pour tester les Hypothèses (H), fin du § 3, sur les normes absolues d’idéaux étrangers à dans la tour cyclotomique d’un corps quadratique réel -décomposé. On va montrer que l’on peut toujours supposer les idéaux premiers pour effectuer les statistiques.
5.1. Représentation des classes par des idéaux premiers
On suppose désormais (pour les calculs) que . On désire établir des statistiques sur l’influence numérique des , , de l’algorithme sur le facteur classes et sur le facteur normique de (3.2), pour , sachant que l’algorithme détermine des successifs par le biais de l’équation d’évolution , provenant de , qui sera étudiée Section 6.
Toute classe d’idéaux de peut se représenter par un idéal premier de , totalement décomposé dans (théorème de Chebotarev dans ). Comme une relation de la forme dans implique, dans :
[TABLE]
le fait de supposer les idéaux premiers est sans conséquences sur l’étude statistique des deux facteurs (3.2) ; en effet, le premier facteur est relatif aux classes des aussi représentées par des , et le second est relatif aux indices normiques , où (cf. (3.1)), qui ne dépendent pas du choix des , modulo .
On considère donc un grand nombre de premiers totalement décomposés dans (i.e., et dans ). On suppose implicitement que et sont les variables aléatoires qui conduisent l’algorithme à chaque étape.
On peut donc supposer engendré par des du type précédent et ; le facteur classes dépend du sous-groupe de dont la croissance algorithmique, en fonction du nombre de pas, est censée atteindre puisque .
Si , on a donc , (ce qui représente une relation entre les classes des ), et le facteur normique dépend alors des et décroît dans la progression de l’algorithme puisque .
Les relations étant nombreuses et inconnues pour faire des statistiques, on s’intéressera dans les sections suivantes au cas particulier des qui sont des -unités ; si est l’ordre de la classe de , on posera , où est une -unité (définie modulo ), puis on calculera . Comme , on pourra négliger la conjugaison dans et travailler avec un unique idéal premier et une unique .
Ensuite, si l’on constate que les entiers ont (par rapport à ) les répartitions attendues, alors une propriété analogue en résultera, a fortiori, pour les (censés valoir [math] avec une probabilité non nulle) car les relations particulières ne donnent qu’une partie des susceptibles d’être normes dans .
On peut cependant donner un aperçu plus général de la question et faire des statistiques sur l’ensemble des relations en considérant un petit nombre de , donnés a priori, en testant si un produit , , est la norme d’un entier sans facteur rationnel de , auquel cas on a la relation entre les et on détermine la répartition des obtenus de cette façon.
Pour simplifier, on a considéré un cas où et où ; la variable Npx compte le nombres de produits non principaux et Nn le nombre total de produits testés. Les sont pris au hasard dans , un grand nombre de fois ; il n’est pas nécessaire de connaître les ordres des classes des car on obtient des statistiques très stables, quel que soit l’ensemble de retenu. De fait le résultat est relativement naturel dans la mesure où caractériser revient à faire des statistiques dans des groupes de classes généralisées (i.e., modulo un rayon puissance de ) ; or les théorèmes de densité conduisent à des répartitions canoniques.
On a considéré des , mais les résultats sont identiques pour des , arbitraire, sauf que les produits deviennent très grands ainsi que le temps de calcul :
============================================================================== {p=3;m=7249;Q=x^2-m;K=bnfinit(Q,1);B=10^3;Mp=p^2;listL=List;NlistL=0;L=1; while(L<B,L=L+2Mp;if(isprime(L)==1 & kronecker(m,L)==1,NlistL=NlistL+1; listinsert(listL,L,1)));C0=0;C1=0;C2=0;Nn=0;Npx=0;for(n=1,10^3,PL=1; for(k=1,NlistL,PL=PLcomponent(listL,k)^random(3));N=bnfisintnorm(K,PL); d=matsize(N);d1=component(d,1);d2=component(d,2);if(d2==0,Npx=Npx+1); if(d2!=0,for(j=1,d2,aa=component(N,j);if(aa!=1,a1=component(aa,1); a2=component(aa,2);if(gcd(a1,a2)==1,a=Mod(aa,Q);Nn=Nn+1;A=(a^2-1)/3; v=valuation(A,3);if(v==0,C0=C0+1);if(v==1,C1=C1+1);if(v>=2,C2=C2+1)))))); print(Nn," ",Npx," ",Npx/Nn+0.0);print(" "); print(C0/Nn+0.0," ",C1/Nn+0.0," ",C2/Nn+0.0);print(" ")}
Pour l’exemple de , on obtient les données suivantes (§ 4.1) :
m=7249, h=3, E=170524677024744665220x+14518651659981320194199 p=3, Eta=131480821x-11194416394 1 1/81
pour lesquelles et ; on a testé la liste suivante de nombres premiers , décomposés dans :
.
On obtient (où {\sf CJ}=\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}\{x,\,\delta_{3}(x)=j\}, , {\sf C2}=\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}\{x,\,\delta_{3}(x)\geq 2\}) :
Nn=11018 Npx=448 proportion=0.04066073 C0/Nn=0.66563804 C1/Nn=0.29606099 C2/Nn=0.03830096
Plusieurs passages du programme donnent : , Npx, et les proportions attendues de tels que :
.
Nous revenons à l’étude des facteurs classes et normique à partir des -unités du corps pour un grand nombre de .
5.2. **Facteurs classes et normique de -unités
pour **
On a et la -unité fondamentale .
On a , , est engendré par (on a aussi et ). La condition suffisante pour avoir est donc satisfaite et il est intéressant de voir si cela se traduit sur ces études de normes.
Le module , qui figure un calcul dans pour des totalement décomposés, peut être modifié à volonté car on observe que les statistiques n’en dépendent pas.
5.2.1. Programme
Le programme est le suivant où est une puissance de divisant le nombre de classes de (ici ). Il calcule, pour chaque premier totalement décomposé dans (classés par , puis ), la -unité fondamentale , où est un idéal premier de au-dessus de , dont la classe est d’ordre donné et il calcule ; on aura donc (cas particulier de relations de principalité). Ici .
La répartition des ordres des classe des constitue la première partie du programme et seulement en seconde partie, on utilise la valeur de fixée au début.
Le nombre représente le nombre de premiers totalement décomposés dans tels que la classe de soit d’ordre . Les proportions sont comparées aux probabilités naturelles , , .
On a (nombre de considérés).
Pour chaque , on désigne par les nombres de tels que et respectivement :
============================================================================== {r=3;p=3;m=72262;n=8;BL=210^12;M=p^(n+1);Q=x^2-m;K=bnfinit(Q,1); C0=0;C1=0;C2=0;C3=0;C4=0;C5=0;CL1=0;CL3=0;CL9=0;NL=0;NLr=0; for(t=-1,0,L=2t+1;while(L<BL,L=L+2*M;if(isprime(L)==1 & kronecker(m,L)==1, NL=NL+1;Su=bnfsunit(K,idealprimedec(K,L));F=component(component(Su,1),1); Eta=Mod(F,Q);No=norm(Eta);vcl=valuation(No,L);if(vcl==1,CL1=CL1+1); if(vcl==3,CL3=CL3+1);if(vcl==9,CL9=CL9+1);if(vcl==r,NLr=NLr+1; A=F;B=(Mod(A,Q)^2-1)/3;v=valuation(B,3);if(v==0,C0=C0+1); if(v==1,C1=C1+1);if(v==2,C2=C2+1);if(v==3,C3=C3+1);if(v==4,C4=C4+1); if(v>=5,C5=C5+1)))));print("p=",p," m=",m," n=",n," BL=",BL); print("NLr=",NLr," C0=",C0," C1=",C1," C2=",C2," C3=",C3," C4=",C4," C5=",C5); print(C0/NLr+0.0," ",C1/NLr+0.0," ",C2/NLr+0.0," ",C3/NLr+0.0," ", C4/NLr+0.0," ",C5/NLr+0.0);S=0.0;for(j=1,8,S=S+(p-1.0)/p^(5+j)); print(2./3," ",2./9," ",2./27," ",2./81," ",2./243," ",S);print(" "); print("r=",r);print("NL=",NL," CL1=",CL1," CL3=",CL3," CL9=",CL9); print(CL1/NL+0.0," ",CL3/NL+0.0," ",CL9/NL+0.0);print(1./9," ",2./9," ",6./9)}
5.2.2. Répartition des ordres des classes pour
On obtient ,
, et le tableau des proportions :
[TABLE]
Il est clair que l’heuristique de répartition uniforme est vérifiée. Ceci traduit le comportement du facteur classes destiné à devenir rapidement trivial sous réserve du caractère aléatoire des obtenus par l’algorithme (nous y reviendrons au § 6.2).
5.2.3. Répartition des pour
Il reste à voir la répartition des selon la valeur de :
(i) Dénombrement des principales et calcul des .
On obtient {\sf NL1}=620512\ avec ,
, et le tableau :
[TABLE]
(ii) Dénombrement des d’ordre et calcul des .
On obtient , .
(iii) Dénombrement des d’ordre et calcul des .
On obtient aussi , .
Ceci s’explique par le fait que le -groupe des classes du corps miroir est d’ordre et que, d’après le théorème de Scholz, puisque l’unité de est -primaire, il ne peut y avoir d’autres pseudo-unités -primaires dans , c’est-à-dire d’éléments , non unités, tels que et dans (i.e., ).
Ainsi, dans les cas et , les sont nécessairement nuls. Mais ceci dépend de l’arithmétique de et ne concerne que des relations très particulières. De toutes façons cela va dans le bon sens pour le facteur normique car un tel donne un symbole normique d’ordre maximum.
5.3. **Facteurs classes et normique de -unités
pour **
On a et une -unité fondamentale .
On a , , , et .
Il s’agit d’un cas où la condition suffisante pour avoir n’est pas satisfaite en raison de l’aspect normique, mais le groupe des classes de est engendré par un idéal premier au-dessus de .
Le programme est similaire au précédent avec , les nombres , représentent le nombre de premiers , totalement décomposés dans , tels que la classe de soit d’ordre respectivement. Les proportions correspondantes sont comparées aux probabilités naturelles qui sont ici , . Les variables sont les nombres de premiers tels que respectivement et on a .
5.3.1. Répartition des ordres des classe pour
Les données sur la répartition des classe sont les mêmes pour les valeurs de , à savoir , et pour les proportions :
[TABLE]
L’heuristique de répartition uniforme est encore vérifiée pour les classes.
5.3.2. Répartition des pour
Il y a deux cas à examiner :
(i) Dénombrement des principales et calcul des .
On obtient , , , , , , et le tableau :
[TABLE]
(ii) Dénombrement des d’ordre et calcul des .
On obtient , , , ,
, , et le tableau :
[TABLE]
Les densités et probabilités doivent être décalées en raison de l’impossibilité, lorsque la classe de est d’ordre , du cas qui s’explique comme suit (noter que, ici encore, la relation n’est qu’un cas très particulier de relation, et que la plupart des relations peuvent conduire à ) :
Pour le corps miroir le nombre de classes est et le -groupe de classes est isomorphe à , ce qui explique que dans , on doit avoir deux pseudo-unités indépendantes -primaires ; l’une est toujours donnée par l’unité fondamentale puisque et une autre au moyen d’un convenable dont la classe est d’ordre et tel que , . Plus précisément :
Soit contenant le corps miroir ; comme est ramifié dans et décomposé dans , le -rang de est égal à :
[TABLE]
[4, Proposition III.4.2.2], où est l’ensemble des -places de .
Or est la somme directe de (car engendre ) et de (car est réduit à une unique -place de carré ).
Donc puis, comme {\mathcal{T}}_{L}={\mathcal{T}}_{k}\displaystyle\mathop{\raise 2.0pt\hbox{\bigoplus}}\limits{\mathcal{T}}_{k^{*}} et comme [4, Corollary III.4.2.3], on a , et toute extension cyclique -ramifiée de degré de est nécessairement contenue dans le corps de Hilbert de et est donc non ramifiée ; d’où le fait que pour tout dont la classe est d’ordre avec , nécessairement est -primaire (i.e., ), ce qui explique que exceptionnellement .
Mais bien entendu, pour les principaux, on a vu que la propriété de répartition uniforme des reste vraie en toute circonstance ; ainsi la condition suppose de plus principal (probabilité ).
5.4. **Exemples de corps avec ,
& **
On a trouvé les cas suivants (avec ), pour lesquels aucun des deux points de la condition suffisante de nullité de et n’est vérifié ; on donne en outre la structure du groupe des classes de :
(i) ,
,
& , structure=[36, [18, 2]].
(ii) ,
,
& , structure=[27, [3, 3, 3]].
(iii)
,
,
& , structure=[9, [9]]
(iv)
,
,
& , structure=[27, [9, 3]]
(v)
,
,
& , structure=[9, [9]].
5.4.1. Remarques sur les exemples précédents
(i) Pour et , on trouve des résultats analogues à ceux du second exemple où : , , , , , , .
(ii) Pour et , on trouve comme pour le premier exemple : , .
6. Equation d’évolution
– Obstruction -adique
Cette section est consacrée à l’observation du passage de l’étape de l’algorithme à l’étape , c’est-à-dire à l’obtention de nouveaux idéaux pour constituer à partir de (cf. Théorème 3.2 & (3.1)) et sur la question de savoir si ces idéaux et leurs normes sont aléatoires ou non par rapport aux précédents.
6.1. **Point fondamental de l’algorithme de calcul
des \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{n}}**
Une fois le groupe déterminé, l’étape suivante de l’algorithme consiste à trouver les normes locales en , ce qui résulte des valeurs des (Relation (3.4)). On pose alors, en vertu du théorème des normes de Hasse :
[TABLE]
et comme un tel est par définition norme dans d’un idéal , on a l’existence de étranger à , tel que :
[TABLE]
et le but est de vérifier, au moyen de statistiques numériques, l’indépendance du nouveau pas de l’algorithme par rapport au pas précédent (autrement dit, que n’a aucune relation algébrique avec et constitue un nouveau tirage probabiliste ). Comme peut être défini au produit près par , où est l’étendu d’un idéal de et , est défini au produit près par dont le symbole d’Artin dans est trivial pour , d’où l’aspect intrinsèque du processus. Ce point est l’élément crucial de l’analyse heuristique de la conjecture de Greenberg.
Ensuite on s’intéresse à pour construire , puis on considère sa norme pour obtenir , afin de prendre les tels que soit la norme d’un , etc., sachant que sous reserve des Hypothèses (H), fin du § 3, on aura statistiquement des tels que , ce qui fait décroître le facteur normique tandis que les classes des composantes des font décroître le facteur classes.
6.1.1. Remarques sur : entiers normes locales vs normes d’entiers
(i) Le théorème des normes de Hasse pour les extensions cycliques est, au plan numérique, assez problématique et influence fortement notre démarche heuristique puisque il n’existe (à notre connaissance) aucune formule permettant de passer du local au global ; autrement dit, à supposer que les solutions locales dans les complétés au-dessus de à l’équation normique , soient connues pour toute place de et de , il n’est pas possible d’en déduire une solution globale .
(ii) La relation , pour partout norme locale dans et entier (cas auquel on peut toujours se ramener), est assez subtile car est norme d’un idéal entier , et s’il existe une solution entière, alors est principal dans ; dans le cas contraire, on peut écrire y=\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{z}{\Delta}}, , entier de , et il est facile de constater que l’idéal de la relation est essentiellement construit avec les idéaux premiers au-dessus de dans . Ce dénominateur définit de fait le caractère aléatoire de l’algorithme.
(iii) Il faut signaler le cas trivial et l’équation qui conduit, par le Théorème de Hilbert, à , , où une solution est donnée, pour une extension cyclique de degré , par une résolvante de Hilbert de la forme :
[TABLE]
pour convenable rendant non nul ; mais l’aspect additif suggère justement une part totalement aléatoire. Dans le cas de l’application du théorème des normes de Hasse et de l’équation norme en idéaux qui en résulte, il n’y a pas de résolvante explicite, mais on peut penser qu’il y a une complexité du même ordre.
Lemme 6.1**.**
Sans modifier l’algorithme ni les statistiques, on peut supposer que est un idéal premier totalement décomposé dans . Dans la relation qui s’en déduit, on peut supposer que est un idéal premier , totalement décomposé dans .
Démonstration.
Dans l’algorithme, on peut modifier tout élément modulo , ce qui est équivalent à choisir modulo un idéal principal ; on peut donc supposer premier, totalement décomposé dans .
Il est clair que peut être modifié modulo puisque seul est utilisé ; par conséquent, peut être aussi défini modulo un idéal principal, et on peut supposer que , premier totalement décomposé dans . Ceci équivaut au fait que est un idéal premier au-dessus de dont la composante est inchangée. ∎
6.1.2. Remarques sur le calcul de PARI
(i) Dans les calculs, PARI ne donne pas directement , mais le plus souvent un idéal de la forme , non nécessairement égal à , ce qui conduit à la relation :
[TABLE]
où est l’idéal premier de au-dessous de et l’image de dans l’application d’augmentation. On a donc à résoudre, en un idéal premier :
[TABLE]
où , idéal premier de totalement décomposé, est donné tel que :
[TABLE]
(idéal premier principal de au-dessous de ).
(ii) L’aspect statistique devra vérifier que et sont indépendants du point de vue classes d’idéaux et propriétés -adiques (au sens des sections précédentes). Ces calculs seront programmés au § 7.1.
6.2. Remarques heuristiques fondamentales
(i) On peut objecter que notre démarche pose question en ce sens que l’on peut concevoir logiquement les deux implications suivantes :
(a) C’est l’ensemble des groupes de classes des (donc les valeurs de et ) qui préexistent et qui imposent , pour chaque , les algorithmes numériques qui les déterminent et en particulier qui imposent, quel que soit , le nombre de pas , non borné si ou est non nul, alors que la complexité de l’algorithme ne dépend que du groupe fini .
(b) On peut au contraire, en examinant la nature des calculs, se convaincre du fait que ce sont bien ces calculs imprévisibles (algébriquement parlant) qui conditionnent les résultats et dire que ce sont plutôt les algorithmes numériques qui font exister les groupes de classes pour chaque , puis leur limite projective. Ces calculs sont fondés sur la résolution, en l’inconnue , de l’équation précédente (cf. Remarques 6.1.1) et sur la détermination de quotients de Fermat \big{(}\frac{x^{p-1}-1}{p}\big{)}=:\prod_{{\mathfrak{p}}\in S_{k}}{\mathfrak{p}}^{\delta_{\mathfrak{p}}(x)}\!\cdot{\mathfrak{b}}_{(x)}, étranger à , conduisant aux .
A priori, il n’y a pas d’obstruction à une répartition uniforme des composantes associées aux en raison des propriétés du symbole d’Artin de dans (Théorème 2.3 et suite exacte (2.2)) ou vu dans . Or gère les deux facteurs (classes et normique) dans le cadre habituel du corps de classes associé aux théorèmes de densité. Par contre, la succession des idéaux de à n’est pas algébriquement prévisible.
Pour l’aspect statistique sur la donnée numérique du corps , il est impossible de s’affranchir du fait que la structure arithmétique de commande les étapes de l’algorithme. D’où la nécessité de considérer des familles de corps .
(ii) Sur un plan mathématique, on peut penser que la notion de complexité algorithmique de ce type de calculs (équations précédentes et passage à la limite dans la tour) dépend de phénomènes de transcendance (complexe et/ou -adique) comme pour le cas de la conjecture de Leopoldt que l’on peut considérer comme de nature proche de celle du point de vue (b) ci-dessus sur la conjecture de Greenberg :
En effet, pour la conjecture de Leopoldt, la complexité repose sur les calculs, modulo , des déterminants des développements -adiques des logarithmes d’une unité de Minkowski du corps et de ses conjuguées. Ici, les algorithmes sont liés par la condition (triviale) de réduction modulo du calcul modulo , (voir [9] pour l’étude des régulateurs -adiques).
(iii) Par ailleurs, l’influence de la complexité arithmétique du corps de base et celle de (quant à son ordre de grandeur) sont manifestes comme le montrent les exemples suivants :
(a) Pour la conjecture de Leopoldt, on peut trouver des régulateurs -adiques arbitrairement proches de [math] en prenant par exemple des corps quadratiques avec , supposé sans facteur carré, auquel cas l’unité fondamentale de est dont le logarithme -adique est équivalent à , et cependant la conjecture de Leopoldt est ici trivialement vraie. Par exemple, , où , pour laquelle ).
(b) Le cas de la conjecture de Greenberg est plus délicat, mais les aspects numériques dépendent essentiellement du groupe de torsion (qui conjugue -groupe des classes et régulateur -adique normalisé ) ; en particulier, on sait [6, Théorèmes 4.7, 4.8, 4.10] que l’exposant du groupe est une première mesure de la complexité. Enfin, d’après [14], cette complexité est aussi mesurée par le comportement du groupe des classes logarithmiques de dans .
(iv) Il faut ajouter que, comme pour la conjecture de Leopoldt, les algorithmes de dévissage relatifs à la conjecture de Greenberg ne sont pas indépendants par rapport à (en effet, c’est la théorie d’Iwasawa qui structure leur ensemble à partir d’un rang fini, ainsi que la théorie du corps de classes qui indique par exemple que, pour tout , ).
Ce lien est exprimé par le fait que, pour fixé et tout , modulo des normes globales convenables dans les extensions (ce qui ne modifie pas les indices ), on peut obtenir, à partir du schéma de -modules (cf. Théorème 3.2 & (3.1)) :
[TABLE]
les relations d’inclusions suivantes [6, § 7.1, Schéma & Relation (7.1)] :
[TABLE]
qui font que, en particulier, le sous-groupe engendré par les composantes des normes d’idéaux à l’étape est localement constant lorsque croît. Ce résultat provient des flèches verticales (à gauche) :
qui ne sont a priori ni injectives ni surjectives, et que c’est à ce niveau que se trouve l’obstruction fondamentale à une preuve algébrique de la conjecture de Greenberg, parfois outrepassée dans la littérature. En effet, si la conjecture est vraie, pour tout assez grand, les flèches précédentes sont des isomorphismes pour tout puisqu’alors, les sont des isomorphismes de -modules.
Il y a donc un lien entre la complexité des algorithmes pour chaque et les valeurs de et ; en raison de la nature des calculs on peut penser que de tels algorithmes ont une complexité semblable pour tout corps et tout , ceci étant renforcé par l’idée que les données numériques essentielles se lisent dans le corps de base.
7. Programmation de l’équation d’évolution – Exemples pour
7.1. **Programme général de recherche de tel que
**
Il est impossible de faire des statistiques avec arbitrairement grand dans la tour. Nous allons cependant examiner, au moyen d’un programme, le principe général d’obtention de et à partir de la relation (6.1) du § 6.1 , où est un idéal premier principal de et où est norme locale en , donc norme globale dans l’extension . Ici est donc la -unité fondamentale (de valuation ), déterminée à une unité près.
Nous nous limitons à prendre , ce qui reste significatif car l’algorithme de filtration de reste non trivial ; en effet, si la formule de Chevalley donne un premier ordre de grandeur, rien n’exige que l’algorithme soit borné de façon effective.
Le programme général I, qui détermine la solution et la factorisation de dans , se décompose en deux sous-programmes :
(i) le premier considère un idéal premier principal de pour lequel est norme globale dans l’extension ; on supposera totalement décomposé dans , (ici ), donc, a fortiori, de la forme pour dans . Les résultats ne dépendent pas du choix de , ce qui renforce les heuristiques.
(ii) le second utilise les précédents pour calculer (au moyen de la fonction de PARI dans l’extension relative ) tel que , et donne la factorisation de l’idéal dont la norme dans contribue au pas suivant de l’algorithme.
7.1.1. Programme I : Idéaux
et tels que
On rappelle que , pour . La première partie du programme redonne les caractéristiques du corps (nombre de classes , unité fondamentale , -unité fondamentale , , , sous la forme , ) ; il calcule une liste de nombres premiers totalement décomposés dans tels que les idéaux premiers soient principaux de la forme où afin que soit partout norme locale dans , donc norme globale.
On recherche les , et dans , où est calcué sous la forme , mais les et nécessitent des calculs modulo une puissance de suffisante. Il fournit les résultats suivants indiquant (ici pour ) que et :
PB-NORMIQUE m=67,h=1,E=5967*z+48842 p=3,Eta=z+8 1/3 1/9
List([67,9,List([991,883,487,379,953,773,683,557,251]), Mod(4z-9,z^2-67),Mod(31z-252,z^2-67),Mod(-32z+261,z^2-67), Mod(5z-36,z^2-67),Mod(4z+45,z^2-67),Mod(-122z+999,z^2-67), Mod(18z-145,z^2-67),Mod(-14z-117,z^2-67),Mod(-45*z+368,z^2-67)])
La liste obtenue contient dans l’ordre, , le nombre de trouvés, et enfin la liste des qui sera exploitée par la troisième partie du programme. La factorisation de se fait en définissant au moyen du polynôme irréductible de , où est une racine primitive -ième de l’unité :
[TABLE]
On obtient (toujours avec ) la factorisation de en idéaux premiers, ce qui permet d’en déduire et :
============================================================================== {p=3;m=67;n=8;n0=n+1;B=10^5;y=z;Q=z^2-m;K=bnfinit(Q,1); h=component(component(bnrinit(K,1),5),1); E=component(component(component(K,8),5),1); Su=bnfsunit(K,idealprimedec(K,p)); pi1=component(component(Su,1),1); pi2=component(pi1,2)z-component(pi1,1); Pi1=pi1^n0;Pi2=pi2^n0;Z=bezout(Pi1,Pi2); U1=component(Z,1);U2=component(Z,2); Pk=y^2-Mod(m,p^n0);Y=Mod(y,Pk);z=Y;A1=eval(U1);A2=eval(U2); B1=eval(Pi1);B2=eval(Pi2);b1=eval(pi1);b2=eval(pi2);e=eval(E); XPpi=Mod(A1B1+A2B2b2,Pk);XPe=Mod(A1B1+A2B2*e,Pk); hs=norm(Mod(pi1,Q));h0=valuation(hs,p);vh0=valuation(h0,p);delta=vh-vh0; npi=norm(XPpi)^(p-1);ne=norm(XPe)^(p-1); zpi=znorder(npi)/p^n;ze=znorder(ne)/p^n; if(delta!=0,print("PB-CLASSES"));if(zpi+ze<1,print("PB-NORMIQUE")); print("m=",m," h=",h," E=",E);print("p=",p," Eta=",pi1);print(zpi," ",ze);
Mp=p^2;Nlist=0;list=List;listL=List; for(t=-1,0,L=2t+1;while(L<B,L=L+2Mp; if(isprime(L)==1 & kronecker(m,L)==1, SuL=bnfsunit(K,idealprimedec(K,L));F=component(component(SuL,1),1); Eta=Mod(F,Q);No=norm(Eta);vcl=valuation(No,L); if(vcl==1,A=(Mod(F,Q)^2-1)/3;v=valuation(A,3); if(v>=1,Nlist=Nlist+1;listinsert(listL,L,1);listinsert(list,Eta,1)))))); listinsert(list,m,1);listinsert(list,Nlist,2);listinsert(list,listL,3); print(list);
bnf=bnfinit(y^2-m);PK=polsubcyclo(9,3)+Mod(0,bnf.pol); T=rnfisnorminit(bnf,PK,1);R=x^6-6mx^4+9m^2x^2-m^3;K=nfinit(R); X=Mod(x,R);racm=m^2/(3mX-X^3);z=X^2/m-2; for(j=1,Nlist,Z=component(list,j+3);ZZ=component(Z,2); ZZ1=component(ZZ,1);ZZ2=component(ZZ,2);Z=Mod(ZZ1+ZZ2y,y^2-m); N=rnfisnorm(T,Z);nu=component(N,2); if(nu==1,Y0=component(N,1);S=component(Y0,2); S0=component(S,1);S1=component(S,2);S2=component(S,3); if(S2==0,a1=0;a0=0);if(S2!=0,s2=component(S2,2); a0=component(s2,1);a1=component(s2,2)); if(S1==0,b1=0;b0=0);if(S1!=0,s1=component(S1,2); b0=component(s1,1);b1=component(s1,2)); if(S0==0,c1=0;c0=0);if(S0!=0,s0=component(S0,2); c0=component(s0,1);c1=component(s0,2)); YY=(a1racm+a0)z^2+(b1racm+b0)z+c1racm+c0;F=idealfactor(K,YY); L=component(listL,j);print(" ");print(L);print(F) ));z=y}
La factorisation indique chaque idéal premier avec la donnée d’une -base et, à l’extrémité droite, l’exposant de l’idéal ; la norme de l’idéal est le premier entier à gauche ; l’idéal , qui figure par hypothèse, est listé en dernier. On obtient par exemple la décomposition triviale (i.e., ) :
Mat([[991,[145,0,0,0,1,0],1,1,[385,-256,182,-61,334,-466]],1])
qui décrit un idéal principal de au-dessus de . Ensuite on a, par exemple, une factorisation de la forme :
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[487,[-110,0,0,0,1,0],1,1,[196,51,-28,226,-135,106]],1]
qui décrit le produit de l’idéal premier au-dessus de par , où est un idéal premier au-dessus d’un idéal de divisant choisi par PARI.
En résumé, on obtient, pour , les factorisations relatives à la liste des précédente :
l=991:
Mat([[991,[145,0,0,0,1,0],1,1,[385,-256,182,-61,334,-466]],1])
l=883:
Mat([[883,[-395,0,0,0,1,0],1,1,[67,287,91,-236,-207,74]],1])
l=487:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[487,[-110,0,0,0,1,0],1,1,[196,51,-28,226,-135,106]],1]
l=379:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[379,[129,0,0,0,1,0],1,1,[-141,1,31,-12,-137,-59]],1]
l=953:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],2;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-2;
[953,[-53,0,0,0,1,0],1,1,[202,374,-333,-215,-115,-276]],1]
l=773:
Mat([[773,[-145,0,0,0,1,0],1,1,[-14,277,39,-355,343,-149]],1])
l=683:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[683,[-240,0,0,0,1,0],1,1,[339,41,269,-141,-283,-292]],1]
l=557:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[557,[-30,0,0,0,1,0],1,1,[-67,112,-124,111,-277,33]],1]
l=251:
[[181,[-55,0,0,0,1,0],1,1,[-84,37,11,-9,88,-36]],1;
[181,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-34,-45,-71,61,-63,-36]],-1;
[251,[5,0,0,0,1,0],1,1,[-63,120,-106,-53,89,-29]],1]
On constate que PARI utilise bien le même idéal premier , ici avec , , de sorte que est égal à ou à ou à . Les 3 cas se présentent effectivement.
7.1.2. Programme II : Idéaux tels
que
C’est un cas particulier du programme précédent qui permet de trouver les classes ambiges, autres que celles des idéaux invariants, et les , , très importants pour la suite de l’algorithme. On résoud l’équation qui a toujours une solution dans la mesure où l’on suppose ; on donne aussi la structure de :
============================================================================ {m=67;bnf=bnfinit(y^2-m);E=component(component(component(bnf,8),5),1); E=Mod(E,y^2-m);PK=polsubcyclo(9,3)+Mod(0,bnf.pol); T=rnfisnorminit(bnf,PK,1);R=x^6-6mx^4+9m^2x^2-m^3;K=nfinit(R); X=Mod(x,R);racm=m^2/(3mX-X^3);z=X^2/m-2; N=rnfisnorm(T,E);nu=component(N,2);if(nu==1,Y=component(N,1); S=component(Y,2);S0=component(S,1);S1=component(S,2); S2=component(S,3);if(S2==0,a1=0;a0=0);if(S2!=0,s2=component(S2,2); a0=component(s2,1);a1=component(s2,2));if(S1==0,b1=0;b0=0); if(S1!=0,s1=component(S1,2);b0=component(s1,1);b1=component(s1,2)); if(S0==0,c1=0;c0=0);if(S0!=0,s0=component(S0,2); c0=component(s0,1);c1=component(s0,2)); YY=(a1*racm+a0)z^2+(b1racm+b0)z+c1racm+c0;F=idealfactor(K,YY);print(Y); print(F));H=bnrinit(bnfinit(R,1),1);print("structure=",component(H,5))}
(i) Pour (, ), est :
Mod(Mod(872/181y+7113/181,y^2-67)x^2+Mod(104/181y+850/181,y^2-67)x +Mod(-2313/181y-18873/181,y^2-67),x^3-3x+Mod(1,y^2-67))
L’idéal est l’idéal premier :
[181,[7,0,0,0,1,0],1,1,[34,45,71,61,-63,-36]]
On vérifie que pour lequel . On a d’ordre , engendré par et ; or et qui stope l’algorithme.
(ii) Pour (, ), est :
Mod(Mod(2603286587676/74632321y-210708142484324/74632321,y^2-6559)x^2 +Mod(904557609272/74632321y-73082414174026/74632321,y^2-6559)x +Mod(-7493532286573/74632321y+606807427105320/74632321,y^2-6559), x^3-3x+Mod(1,y^2-6559))
et l’idéal est le produit :
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],-2;
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],2;
[163,[-49,0,0,0,1,0],1,1,[16,-52,38,23,-34,54]],-2;
[163,[-41,0,0,0,1,0],1,1,[-35,22,-68,-21,-52,54]],1;
[163,[-8,0,0,0,1,0],1,1,[-5,33,-57,-3,-78,54]],-1;
[163,[8,0,0,0,1,0],1,1,[5,-33,57,-3,-78,54]],2]
pour lequel il faudra déterminer les conjugaisons pour trouver .
(iii) Pour (, ), on trouve qui montre que est norme de l’unité de :
Mod(Mod(-495452848877794109154272y-28284239771961302173706384,y^2-3259)x^2 +Mod(931133218427718936425952y+53156209050568241456130896,y^2-3259)x +Mod(-263604189149463218625499y-15048544190803267053864318,y^2-3259), x^3-3x+Mod(1,y^2-3259))
et par conséquent, les classes ambiges sont les classes des idéaux invariants, donc de puisque . Or \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{1}^{1}=3, et comme avec , l’algorithme stope, ce qui est cohérent avec \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{1}}=3.
(iv) Pour (, ), on obtient respectivement pour et :
Mod(Mod(488982/107y+21128286/107,y^2-1867)x^2 +Mod(-778797/107y-33650892/107,y^2-1867)x +Mod(442398/107y+19115590/107,y^2-1867),x^3-3x+Mod(1,y^2-1867))
[107,[40,0,0,0,1,0],1,1,[-16,36,-33,24,53,-50]],1
où et .
Certains de ces exemples donnent au premier stade des qui stopent l’algorithme ( pour lesquels ).
7.2. **Evolution de la -suite \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{i+1}^{1}/M_{i}^{1})
pour **
Ce cas est particulièrement intéressant en raison du groupe de classes cyclique d’ordre et du régulateur -adique normalisé \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{R}}_{k}={27}, ce qui donne un groupe d’ordre , donc une grande variété de décompositions ; en outre, on a .
7.2.1. Utilisation du programme I, § 7.1.1
Il donne les résultats suivants pour un ensemble de premiers totalement décomposés dans et tels que dans :
PB-NORMIQUE m=6559,h=18,E=81z+6560 p=3,Eta=379z-30694 1/3 1/27
indiquant que et . Noter que est engendré par .
On obtient la liste suivante des dans la troisième composante de la variable :
List([6559,25, List([92179,86239,70327,68743,58321,48907,47143,40519,30781, 28279,25237,12547,8011,1621,96461,96263,89009,88001,84653, 82457,77003,37781,27179,16361,2267]),
Mod(-70z+5661,z^2-6559),Mod(65z+5256,z^2-6559),Mod(-52z+4203,z^2-6559), Mod(16z+1269,z^2-6559),Mod(-135z-10936,z^2-6559),Mod(7z-522,z^2-6559), Mod(11z-864,z^2-6559),Mod(29z+2340,z^2-6559),Mod(-90z-7291,z^2-6559), Mod(20z+1611,z^2-6559),Mod(9z-746,z^2-6559),Mod(-2z-117,z^2-6559), Mod(-2z-135,z^2-6559),Mod(-9z-730,z^2-6559),Mod(61z-4950,z^2-6559), Mod(36z+2899,z^2-6559),Mod(-20z-1647,z^2-6559),Mod(-56z-4545,z^2-6559), Mod(-2z-333,z^2-6559),Mod(11z+936,z^2-6559),Mod(9z+674,z^2-6559), Mod(25z-2034,z^2-6559),Mod(9z+710,z^2-6559),Mod(-11z-900,z^2-6559), Mod(18*z+1457,z^2-6559)])
7.2.2. Décomposition de en idéaux, pour
Le Programme I du § 7.1.1 donne la solution telle que et la décomposition en idéaux de ; le nombre (identifié par dans le programme) est décrit par PARI en termes polynomiaux (variables et , modulo pour et modulo pour l’extension ).
Par exemple, pour et de norme , on a :
Y=Mod(Mod(103603429803986698500793761812835866687 8738304822327197272934756399840529/418195493y -8390598661945059443075872989882636906451249 9733687980568899041217527878770/418195493,y^2-6559)x^2 +Mod(-194710756949834302518150983617741998570 9413036014952120204634371585899310/418195493y +15769167293211778079551042284522907830683899 9479469060631851001865336037874/418195493,y^2-6559)x +Mod(551262335748355458007199134755867939 764504856477125221099310399055725544/418195493y -4464544296904031158210117579530451263319333 4530869826508158991263404771360/418195493,y^2-6559), x^3-3x+Mod(1,y^2-6559))
On aura en général , où est engendré par d’ordre et d’ordre . Le programme donne de fait le produit effectué.
On obtient des résultats montrant le caractère aléatoire de , dont les coefficients sont dans l’intervalle et où l’idéal est tel que où dont la classe est d’ordre (on rappelle que les sont classés selon les deux congruences, par ordres décroissants, et que les -unités sont données au § 7.2.1). On observe en particulier 2 cas d’idéaux triviaux (donc lorsque l’idéal de est principal égal à ) :
1621
Mat([[1621,[-62,0,0,0,1,0],1,1,[119,-637,235,621,776,762]],1])
27179
Mat([[27179,[-5996,0,0,0,1,0],1,1,[10104,8864,-2451,5717,-5400,-3876]],1])
Mais trouver nécessite d’identifier numériquement les conjugués de .
7.2.3. Détermination de pour
On obtient, relativement au polynôme , et en utilisant :
[TABLE]
On a alors calculé, dans l’ordre , les conjugués correspondants de et sa décomposition en idéaux, ce qui permet d’identifier les conjugués de l’idéal et de trouver ; on se base une fois pour toutes sur le obtenu pour :
Id(y):
[[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],3; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],4; Q2
[53,[2,0,0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],-2; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],2; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],-7; Q3
[28279,[3506,0,0,0,1,0],1,1,[356,7859,1221,-1277,3345,8122]],1]
tau(y):
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],-7; tau(Q3)
[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],2; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],-2; Q2
[53,[2,0,0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],4; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],3; tau(Q1)
[28279,[-3506,0,0,0,1,0],1,1,[-356,-7859,-1221,-1277,3345,8122]],1]
sigma(y):
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],-2; tau(Q3)
[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],-7; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],3; Q2
[53,[2,0,0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],2; tau(Q2)
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],4; Q3
[28279,[-7370,0,0,0,1,0],1,1,[5417,-865,-7503,12899,3500,8122]],1]
tau.sigma^2(y):
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],3; tau(Q3)
[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],-2; Q1
[53,[2,0,0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],-7; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],4; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],2; Q3
[28279,[-3864,0,0,0,1,0],1,1,[14138,-12920,-6282,12744,-10758,8122]],1]
sigma^2(y):
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],2; tau(Q3)
[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],4; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],-7; Q2
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],-2; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],3; Q3
[28279,[3864,0,0,0,1,0],1,1,[-14138,12920,6282,12744,-10758,8122]],1]
tau.sigma(y):
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],4; tau(Q3)
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],2; Q2
[53,[2,0,0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],3; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],-7; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],-2; Q3
[28279,[7370,0,0,0,1,0],1,1,[-5417,865,7503,12899,3500,8122]],1]
Ceci identifie les relations de conjugaison à partir de :
[TABLE]
D’où, pour le cas de , , puis et . Mais comme , on obtiendra ; or la classe de est d’ordre , avec :
[TABLE]
Pour , on obtient :
l=82457:
[[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],2; Q1
[53,[9,0,0,0,1,0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],-2; Q3
[82457,[-11462,0,0,0,1,0],1,1,[-12743,-34335,-22650,2405,35275,-22073]],1]
qui conduit à .
Pour , il vient :
l=2267:
[[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],3; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],1; Q2
[53,[2,0, 0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],-1; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],1; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1, 0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],-4; Q3
[2267,[855,0,0,0,1,0],1,1,[433,150,-991,-60,-759,-378]],1]
d’où , , et , qui donne une classe d’ordre .
Pour on obtient :
l=8011:
[[53,[-7,0,0,0,1,0],1,1,[-21,12,17,-11,-24,10]],4; Q1
[53,[-2,0,0,0,1,0],1,1,[-22,15,20,-9,23,10]],3; Q2
[53,[2,0, 0,0,1,0],1,1,[22,-15,-20,-9,23,10]],-2; tau(Q2)
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],2; tau(Q1)
[53,[9,0,0,0,1, 0],1,1,[-25,11,16,-3,-22,10]],-7; Q3
[8011,[-2063,0,0,0,1,0],1,1,[-2011,-1995,2900,979,-3590,1411]],1]
pour lequel , qui conduit à l’idéal principal .
Par conséquent, tous les cas intéressants de sont obtenus, ce qui suggère la répartition uniforme de la composante dans relativement à la décomposition de (Théorème 2.3).
7.2.4. Evolution du facteur normique pour
Le -groupe des classes du corps est , ce qui fait que deux pseudo-unités -primaires indépendantes dans sont nécessaires ; ceci explique que, outre l’unité fondamentale, tout étranger à , tel que , vérifie nécessairement (cas analogue au cas de du § 5.3).
Considérons le groupe des classes ambiges d’ordre ; il est engendré par les classes de dans et de provenant de la résolution de (Programme II), après identification des conjugués et utilisation de donné par :
[[53,[-9,0,0,0,1,0],1,1,[25,-11,-16,-3,-22,10]],-2;
[53,[7,0,0,0,1,0],1,1,[21,-12,-17,-11,-24,10]],2;
[163,[-49,0,0,0,1,0],1,1,[16,-52,38,23,-34,54]],-2;
[163,[-41,0,0,0,1,0],1,1,[-35,22,-68,-21,-52,54]],1;
[163,[-8,0,0,0,1,0],1,1,[-5,33,-57,-3,-78,54]],-1;
[163,[8,0,0,0,1,0],1,1,[5,-33,57,-3,-78,54]],2]
On remarque que ; par conséquent et sont équivalents à une puissance de . Donc est engendré par les classes dans de (car engendre ), de et (rajoutés par commodité). On trouve avec PARI un qui a pour norme relative le nombre entier suivant :
Mod(6832355788476479176909088393511957025*y -131997425842264293218558754198040661024,y^2-6559)
de norme , dont la décomposition en idéaux est :
[[3,[1,1],1,1,[-1,1]]3] P3
[[53,[26,1],1,1,[-26,1]]21] Q53
[[163,[56,1],1,1,[-56,1]]18] Q163
et qui fournit une élément de norme dans (le symbole de Hasse de , non étranger à , est de calcul plus complexe ; pourrait permettre le pas suivant de l’algorithme). Donc \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{2}^{1}/M_{1}^{1})=3 car le facteur classes a été trivialisé puisque . D’où \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{2}^{1}=81, et comme PARI donne , on a fin de l’algorithme (normalement on devrait déterminer à partir du calcul de pour constater la fin).
7.2.5. Remarques sur l’algorithme pour
(i) On vérifie que pour le -groupe des classes de est isomorphe à . Le temps de calcul devient important et il semble illusoire d’effectuer les calculs précédents dans .
(ii) On rappelle, d’après [6, Théorème 4.7], que l’exposant de indique l’étage (ici égal à ) à partir duquel le nombre de classes ambiges dans est égal à \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{T}}_{k}=3^{5} pour tout . Nous ignorons si la stabilisation s’effectue à l’étage , mais il est normal que le -groupe des classes croisse au moins jusqu’à l’ordre .
Au-delà de cette borne, on aura \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{2}^{n}=3^{e_{1}^{n}}\cdot\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{1}^{n}=3^{e_{1}^{n}}\cdot 3^{5}, où ne dépend que du facteur normique selon les modalités abordées au niveau .
(iii) Comme pour tous les , les normes sont surjectives, \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{n}} est fonction croissante de , mais avec la contrainte \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{1}^{n}=\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{n}}^{{\rm Gal}(k_{n}/k)}=3^{5} pour tout et le fait, rappelé à la fin de la Section 1, que la -suite des \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{i+1}^{n}/M_{i}^{n})=:3^{c_{i}^{n}+\rho_{i}^{n}} est décroissante à partir de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}M_{1}^{n}=3^{5}, stationnaire, de limite un diviseur de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{T}}_{k}.
Pour où engendre , le facteur classes est toujours trivialisé et tout dépend de la -suite décroissante .
8. Descente galoisienne de via
Bien que la descente galoisienne de , en , ne soit pas nécessaire au plan théorique, donnons d’abord un exemple numérique montrant le caractère fini explicite des conditions de répartition des symboles d’Artin \Big{(}\hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{F/k}{{\rm N}{k{n}/k}(\mathfrak{A})}}\Big{)} des normes dans la tour cyclotomique. Ensuite nous montrerons que cette répartition des symboles d’Artin ne dépend pas du choix de qui, en un sens, définit un corps gouvernant pour la conjecture de Greenberg.
8.1. L’extension pour ,
Pour et , le programme du § 4.3 permet de montrer que avec ; le corps a un -groupe des classes isomorphe à et il existe , cubes d’idéaux non principaux, tels que soit par exemple -primaire pour engendrer l’extension de Kummer non ramifiée , donnant une extension cyclique de degré ramifiée en .
Rappelons que si dans , avec et , alors l’extension cyclique de degré de qui lui correspond est donnée par le polynôme :
[TABLE]
On obtient les données suivantes :
[TABLE]
(non ramification sur ), (ramification en 3) ; en utilisant :
[TABLE]
on obtient que est engendrée sur par une racine de :
x^9-2070x^7+14616x^6+1261737x^5-17516520x^4-136713960x^3 +3712697856x^2-22102948224*x+40749585408
pour lequel on vérifie que . Ainsi le symbole d’Artin d’un idéal premier (par exemple totalement décomposé) de , obtenu au cours de l’algorithme, se lit sur la décomposition, dans , de l’idéal de au-dessous de . Plus généralement les symboles des en résultent.
8.2. Invariance par rapport au choix de
L’extension n’est pas unique mais on a le résultat suivant qui conforte ces questions d’ordre heuristique et numérique :
Théorème 8.1**.**
L’étude statistique des symboles d’Artin \big{(}\frac{F/k}{{\rm N}_{k_{n}/k}({\mathfrak{A}})}\big{)}, où les idéaux sont obtenus dans l’algorithme de dévissage dans , est intrinsèque pour tout assez grand et ne dépend pas du choix de .
Démonstration.
Soit une autre solution ; alors en se référant aux expressions du Théorème 2.3, il vient, avec des notations évidentes pour et , , ce qui conduit, dès que est assez grand, à , où l’image de dans est arbitrairement proche de . Comme et sont d’ordre fini modulo , on obtient, pour convenable, . Donc , d’image arbitrairement proche de dans , donc de la forme , (conjecture de Leopoldt), ce qui fait que est tel que . L’image de dans est dans et est infinitésimal (cf. § 2). D’où et . ∎
Remarque 8.2**.**
Soit , , l’exposant de (où l’on rappelle que est l’exposant de ), et pour tout , soit le sous-corps de fixé par (se reporter au schéma du § 2). Alors, pour tout , la restriction est un isomorphisme de -modules. En effet, est normal dans , et est normal et fixe qui est galoisien sur . Autremant dit, et opèrent par conjugaison sur de façon cohérente.
Ainsi, si (ou ) n’est pas unique, est canonique comme sous-corps de fixe par , ce qui rend canonique, pour tout , la décomposition en idéaux , , et précise le théorème précédent.
9. Conclusion
Pour et fixés, les expérimentations suggèrent que, pour tout fixé, les probabilités de trivialité de chacun des deux facteurs de la -suite \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}(M_{i+1}^{n}/M_{i}^{n}), pour croissant, tendent rapidement vers , indépendamment de , selon des lois binomiales sur les pas successifs, . Une estimation précise est difficile en raison de la présence de plusieurs paramètres de type corps de classes comme certains exemples l’ont montré aux §§ 5.2, 5.3.
Ceci rend crédible l’hypothèse et les heuristiques que nous avions données dans [6, Hypothèse 7.9, Heuristiques 7.5, 7.6] dont nous rappelons l’essentiel pour un corps de degré , totalement réel et -décomposé :
(i) Soit ; la probabilité que, pour un idéal de étranger à , la -classe de soit égale à , est \displaystyle\frac{1}{\raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k}}. La probabilité que, pour , on ait , pour tout , est : ; d’où celle de .
(ii) Il existe , indépendant de , tel que l’on ait et \hbox{\footnotesize\displaystyle\frac{p^{n\cdot(d-1)}}{(\Lambda_{i_{0}}^{n}:\Lambda_{i_{0}}^{n}\cap{\rm N}{k{n}/k}(k_{n}^{\times}))}}=1, pour tout .
Ce que l’on peut résumer de la façon approximative suivante (d’autant plus que les probabilités précédentes sont conjecturalement des majorants) :
Pour ou non nuls, la probabilité de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{n}}=p^{\lambda\cdot n+\mu\cdot p^{n}+\nu} est au plus en , pour tout .
L’existence de , indépendant de , stopant les algorithmes, peut paraître arbitraire car les liens numériques entre les étages et semblent difficilement analysables, à l’exeption du schéma (6.2) du § 6.2 (iv) qui tient compte à la fois des pas et des étages pour tout ; mais cette existence est renforcée par le fait que vérifie la conjecture de Greenberg si et seulement si capitule dans (cf. § 4.2). En effet, si capitule dans , il capitule dans pour tout . Il y a probablement un lien concret entre le de capitulation de et qui pourrait être lié au nombre de pas correspondant. De plus, une capitulation est progressive de à , ce qu’il serait utile d’interpréter en termes d’algorithme de dévissage des .
On pourrait traiter le cas d’un unique idéal premier dans au-dessus de car alors le facteur normique est toujours trivial et l’algorithme ne porte que sur le facteur classes. Quant au cas d’une décomposition partielle, il est clair que les mêmes heuristiques s’appliquent, le résultat de Jaulent étant général et les formules 3.2 pouvant être modifiées en conséquence selon [5].
En conclusion, le comportement des dans la tour ne dépend pas uniquement de circonstances algébriques à la Iwasawa, ni même de la théorie du corps de classes ou de celle des fonctions , mais d’autres phénomènes arithmétiques -adiques subtils qui se lisent de façon probabiliste au moyen des invariants habituels du corps , sauf que la stabilisation précise de \raise 1.5pt\hbox{{\scriptscriptstyle#}}{\mathcal{C}}\hskip-2.0pt{\ell}_{k_{n}}, lorsque , semble aléatoire et certainement non bornée sur l’ensemble des corps de nombres totalement réels, à constant.
Par contre, à constant, nous avons conjecturé dans [9, Conjecture 8.11] que est -rationnel (i.e., ) pour tout , en notant que, pour assez grand, est réduit au régulateur (suite exacte (2.1)) qui reste l’invariant crucial.
Comme déjà dit, la non--rationalité d’un corps de nombres (principalement totalement réel) semble être une obstruction irréductible (à l’heure actuelle) à la preuve de nombreuses conjectures en théorie de Galois sur . On peut penser que cela provient, quel que soit le cadre théorique, de la nature des fonctions correspondantes, obtenues par interpolation de valeurs complexes, auquel cas, comme l’avait remarqué Washington en 1980/81 dans le cas de (voir la bibliographie de [10]), la présence de Siegel zeroes (i.e., très proches de ) rend ce type d’invariants cohomologiques problématiques, notamment lorsque varie ou tend vers l’infini.
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