Sur les plus grands facteurs premiers d'entiers cons\'ecutifs
Zhiwei Wang

TL;DR
This paper investigates the distribution of the largest prime factors of consecutive integers, proving positive proportions for certain patterns and improving known bounds on the frequency of increasing prime factors.
Contribution
It establishes that specific prime factor patterns occur with positive density and improves the lower bound for the proportion of integers where the largest prime factor increases.
Findings
Positive proportion of triples with local maxima and minima in prime factors.
Generalization to J-tuple consecutive integers with extremal prime factor patterns.
Lower bound of 0.1356 for the proportion of integers with increasing largest prime factors.
Abstract
Let denote the largest prime factor of the integer and denote the largest prime factor of which satisfies . In this paper, firstly we show that the triple consecutive integers with the two patterns and have a positive proportion respectively. More generally, with the same methods we can prove that for any , the tuple consecutive integers with the two patterns and also have a positive proportion respectively. Secondly for with we show that there exists a positive proportion of integers such that . Specially, we can prove that the proportion of integers such that…
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Taxonomy
TopicsAnalytic Number Theory Research · Algebraic Geometry and Number Theory · Limits and Structures in Graph Theory
Sur les plus grands facteurs premiers d’entiers consécutifs
Zhiwei Wang (Nancy)
Institut Élie Cartan de Lorraine
Université de Lorraine
UMR 7502
54506 Vandœuvre-lès-Nancy
France
(Date: 12 mars 2024)
Résumé.
Let denote the largest prime factor of the integer and denote the largest prime factor of which satisfies . In this paper, firstly we show that the triple consecutive integers with the two patterns and have a positive proportion respectively. More generally, with the same methods we can prove that for any , the tuple consecutive integers with the two patterns and also have a positive proportion respectively. Secondly for with we show that there exists a positive proportion of integers such that . Specially, we can prove that the proportion of integers such that is larger than 0.1356, which improves the previous result “0.1063” of the author.
L’auteur est partiellement soutenu par une bourse de “China Scholarship Council”.
Table des matières
-
1.1 Les plus grands facteurs premiers de trois entiers consécutifs
-
1.2 Les plus grands facteurs premiers de deux entiers consécutifs
-
1.3 Les plus grands facteurs premiers de plusieurs entiers consécutifs
-
3.2 Théorème de type Bombieri-Vinogradov avec une fonction bien factorisable
\dottedcontents
section[1.16cm]1.8em5pt \dottedcontentssubsection[2.00cm]2.7em5pt
1. Introduction
Les entiers naturels ont deux structures fondamentales: additive et multiplicative. En général, les propriétés multiplicatives d’un entier et celles de sa perturbation additive sont indépendantes. Les nombres premiers de Fermat et les nombres premiers jumeaux sont deux exemples typiques. Dans cet article, nous nous intéressons aux facteurs premiers des entiers consécutifs. Désignons par le plus grand facteur premier d’un entier générique avec la convention que . En tenant compte de la raison mentionnée ci dessus, il est naturel d’escompter que pour un entier sur deux et plus généralement:
Hypothèse** (A).**
Soit un entier fixé. Alors pour toute permutation de , on a
[TABLE]
c’est-à-dire,
[TABLE]
pour .
Cette conjecture est formulée par De Koninck et Doyon [4] dans le cadre de leur article sur la distance entre les entiers friables. Sans doute, une telle conjecture est très difficile à démontrer. Même dans le cas le plus simple, i.e. , cette conjecture reste encore ouverte. Ce cas est un des “unconventional problems in number theory” d’Erdős (voir par exemple [7] ou [17]).
1.1. Les plus grands facteurs premiers de trois entiers consécutifs
En 1978, Erdős et Pomerance observent dans leur article [8] que les deux configurations
[TABLE]
ou
[TABLE]
ont lieu pour une infinité d’entiers , et conjecturent qu’elles se produisent pour une proportion positive d’entiers. Par ailleurs, ils démontrent l’existence d’une infinité d’entiers satisfaisant
[TABLE]
en considérant des entiers de la forme avec judicieusement choisi. Finalement, ils remarquent que « On the other hand we cannot find infinitely many for which
[TABLE]
but perhaps we overlook a simple proof. » En 2001, Balog [1] démontre leur conjecture et il obtient
[TABLE]
pour .
Dans cet article, nous montrons qu’il existe une proportion positive d’entiers tels que (1.2) et (1.3) sont vraies.
Notre résultat est le suivant.
Théorème 1**.**
Pour , on a
[TABLE]
et
[TABLE]
L’idée de la preuve est de considérer pour (1.6) des entiers friables et pour (1.7) des entiers de la forme , où est un nombre premier de taille assez grande. On introduit ensuite un système de poids bien adapté et on utilise des théorèmes de type Bombieri-Vinogradov pour les entiers friables et pour les entiers avec un grand facteur premier.
1.2. Les plus grands facteurs premiers de deux entiers consécutifs
Dans ce sous-paragraphe, nous considérons les plus grands facteurs premiers de deux entiers consécutifs. Dans ce cas, la conjecture (1.1) peut être simplifiée de la manière suivante :
[TABLE]
En 1978, Erdős et Pomerance [8] démontrent qu’il existe une proportion positive d’entiers avec . Plus précisément, ils obtiennent
[TABLE]
En 2005, La Bretèche, Pomerance et Tenenbaum [5] améliorent la constante 0,0099 en 0,05544. De plus, dans leur article ils indiquent que 0,05544 peut être remplacée par 0,05866, grâce à une observation de Fouvry. Récemment, nous [21] avons réussi à généraliser ce problème dans les petits intervalles. En particulier, nous avons amélioré la constante 0,05866 en 0,1063.
Rivat [15] propose une autre voie pour approcher (1.8). Pour notons , le plus grand facteur premier de inférieur à , avec la convention si le plus petit facteur premier de est strictement supérieur à .
Pour quels , avons-nous la formule
[TABLE]
En posant
[TABLE]
Rivat montre que
[TABLE]
est valable pour \big{(}a,\,b(b+1)\big{)}=1 et
[TABLE]
Cela implique que la formule asymptotique (1.10) a lieu uniformément dans le domaine (1.11). Puisque (1.8) est équivalente à (1.10) avec , il serait intéressant d’étendre le domaine de dans (1.11) ci-dessus à où est une constante.
Nous n’avons pas réussi à obtenir une telle extension de (1.11). Notre théorème fournit cependant une minoration du membre de gauche de (1.10) quand .
Théorème 2**.**
Soit Il existe tel que
[TABLE]
pour .
Notre démonstration fournit des expressions explicites de admissibles. On renvoie le lecteur à (8.6) et (9.20) pour une définition précise de respectivement dans les intervalles et Le suivant est trois exemples de valeurs de admissibles:
[TABLE]
Lorsque tend vers [math], notre résultat devient moins intéressant, en effet,
[TABLE]
ce qui est contraire à l’intuition. Cela est dû au système de poids que nous utilisons qui est certainement très perfectible pour des petites valeurs de
Dans cet article nous souhaitons donner un premier résultat valable pour tout Nous espérons dans un prochain travail améliorer les valeurs de pour proche de
Pour , le Théorème 2 fournit une amélioration de la proportion obtenue dans [21]. Nous montrons ainsi que (ou ) a lieu pour au moins 2 entiers sur 15, plus précisément on a le corollaire suivant.
Corollaire 1**.**
Pour , on a
[TABLE]
Signalons que la constante 0,1356 peut être remplacée par 0,411 sous l’hypothèse d’Elliott-Halberstam et l’hypothèse d’Elliott-Halberstam pour des entiers friables (avec “” à la place de “” dans (3.4) du Lemme 3.2 ci-dessous).
1.3. Les plus grands facteurs premiers de plusieurs entiers consécutifs
De Koninck et Doyon [4] ont remarqué que sous l’Hypothèse (A) on a
[TABLE]
pour . Notre méthode permet d’obtenir une proportion positive inconditionnelle.
Théorème 3**.**
Soient un entier et . Alors on a
[TABLE]
pour , où
[TABLE]
Nous avons un résultat similaire pour le max à la place de min.
Théorème 4**.**
Soient un entier et . Alors on a
[TABLE]
pour , où
[TABLE]
1.4. Application : distance entre les entiers friables
Pour mesurer la distance entre les entiers friables, De Koninck et Doyon [4] ont introduit la fonction suivante :
[TABLE]
et ont montré sous l’Hypothèse (A) la formule asymptotique
[TABLE]
pour . De plus, le Théorème 10 de [4] entraîne la minoration inconditionnelle
[TABLE]
pour .
Nous pouvons obtenir grâce au Théorème 1, une majoration inconditionnelle.
Corollaire 2**.**
Pour , on a
[TABLE]
On remarque qu’on peut très légèrement améliorer ce résultat (voir (11.1)) en appliquant le Théorème 3 à la place du Théorème 1.
Par analogie à , nous proposons étudier la zone de friabilité autour de
[TABLE]
En adaptant la démonstration du Théorème 10 de [4], on peut facilement montrer que pour
[TABLE]
De façon similaire à la démonstration du Corollaire 2, on peut obtenir une majoration pour en utilisant l’inégalité (1.7) du Théorème 1.
Corollaire 2***.**
Pour , on a
[TABLE]
On peut obtenir respectivement une majoration des quatre cas de figure pour les triplets d’entiers consécutifs en utilisant les minorations (1.19) et (1.21), ou en combinant le Théorème 1 avec le Corollaire 1.
Corollaire 3**.**
Pour , on a
[TABLE]
Dans le paragraphe 2 de cet article, on rappelle la majoration du crible linéaire obtenue par Iwaniec et des résultats de Hildebrand, Fouvry et Tenenbaum sur les entiers friables ainsi que sur les entiers sans facteur premier dans un intervalle donné.
Le paragraphe 3 porte sur divers théorèmes de type Bombieri-Vinogradov. Nous obtenons notamment pour la suite des entiers avec un grand facteur premier un niveau de distribution en lorsque la moyenne est prise avec un poids bien factorisable. C’est une “ légère ”
généralisation du théorème de Bombieri-Friedlander-Iwaniec qui pourra peut-être servir dans d’autres contextes.
Les paragraphes suivants sont dévolus aux preuves des différents résultats annoncés dans cette introduction.
Remarque**.**
Peu après la présentation des ces travaux en mai 2017 lors de la conférence « Prime Numbers and Automatic Sequences » au CIRM à Marseille, Joni Teräväinen [19] m’a annoncé qu’il avait une autre preuve de la densité inférieure strictement positive des ensembles étudiés au Théorème 1. Sa démonstration ne fournit pas de minoration explicite des densités inférieures mais présente une approche différente et intéressante sur ce problème.
Remerciements**.**
Ce travail a été réalisé sous la direction de mes directeurs de thèse Cécile Dartyge et Jie Wu. Je les remercie vivement pour les nombreuses suggestions cruciales qu’ils ont proposées dans l’élaboration de ce travail.
2. Deux lemmes de cribles
2.1. Borne supérieure du crible linéaire
Dans ce paragraphe nous rappelons un résultat d’Iwaniec sur le crible linéaire. Nous énonçons ici seulement la majoration car seule celle-ci sera utilisée dans cet article.
Soient une suite finie d’entiers, un ensemble de nombres premiers, un nombre réel, un entier sans facteur carré dont les facteurs premiers appartiennent à . Notons
[TABLE]
On souhaite évaluer
[TABLE]
On suppose que vérifie une formule de la forme
[TABLE]
où est une approximation de indépendante de , une fonction multiplicative vérifiant pour , un terme principal et un terme d’erreur que l’on espère petit en moyenne sur . De plus, on définit
[TABLE]
On a ainsi [12]
Lemme 2.1**.**
On suppose qu’il existe une constante telle que
[TABLE]
pour tout . Alors pour tout et , on a
[TABLE]
où , est une constante d’Euler, désigne un coefficient bien factorisable de niveau et d’ordre . Le terme d’erreur satisfait
[TABLE]
Les sont les poids de Rosser-Iwaniec. On pourra trouver une définition précise dans [12]. Ici nous indiquons simplement que La notation de fonction bien factorisable est définie au début du paragraphe 3.2.
2.2. Entiers sans facteur premier dans un intervalle donné
Soit
[TABLE]
On désigne pour
[TABLE]
l’ensemble des entiers sans facteur premier dans l’intervalle et n’excédant pas . On note le cardinal
[TABLE]
Alors est évaluée par le lemme suivant (voir [16, Exercice 299] ou [18] pour la correction).
Lemme 2.2**.**
On a
[TABLE]
uniformément pour et , où
[TABLE]
et
[TABLE]
avec la convention . La fonction de Buchstab est définie comme la solution continue du système
[TABLE]
De plus, nous prolongeons par [math] pour . La fonction de Dickman est définie par l’unique solution continue de l’équation différentielle aux différences
[TABLE]
2.3. Entiers friables
Posons
[TABLE]
et
[TABLE]
Les deux lemmes respectivement suivants, dus à Hildebrand [11, Theorem 1] et à Fouvry-Tenenbaum [9, Théorème 1], serviront dans la démonstration du Théorème 1.
Lemme 2.3**.**
Soit . Alors on a
[TABLE]
uniformément pour
[TABLE]
où et est définie par (2.4).
Lemme 2.4**.**
Soit . Alors on a
[TABLE]
uniformément pour
[TABLE]
et
[TABLE]
3. Deux théorèmes de type Bombieri-Vinogradov
Dans cette section, nous démontrons deux théorèmes de type Bombieri-Vinogradov que l’on utilisera dans la démonstration du Théorème 2.
3.1. Théorème de type Bombieri-Vinogradov pour
Soit l’ensemble défini comme dans (2.2). Notre théorème de type Bombieri-Vinogradov pour est le suivant.
Proposition 1**.**
Pour tout et tout , il existe une constante telle que l’on ait
[TABLE]
uniformement pour
[TABLE]
où est la fonction d’Euler.
Pour démontrer cette proposition, rappelons d’abord un résultat général de Motoshashi [13]. Soit une fonction arithmétique vérifiant les propriétés suivantes:
, où désigne la fonction diviseur et est une constante.
Si le conducteur d’un caractère de Dirichlet non principal est , alors
[TABLE]
où est une constante positive.
Soit
[TABLE]
alors pour tout , il existe une constante telle que
[TABLE]
Les constantes ne dépendent que la fonction .
Le résultat suivant est dû à Motohashi [13, Theorem 1].
Lemme 3.1**.**
Soient et deux fonctions arithmétiques vérifiant les propriétés , et . Alors la convolution multiplicative vérifie aussi , et .
De manière analogue à , désignons par le plus petit facteur premier d’un entier avec la convention . Posons
[TABLE]
et
[TABLE]
Nous utilisons des théorèmes de type Bombieri-Vinogradov pour les entiers criblés et pour les entiers friables.
Lemme 3.2**.**
Pour tout , il existe une constante telle que l’on ait
[TABLE]
uniformément pour .
La formule (3.5) a été démontrée par Wolke [22], qui dans le même article annonce une formule équivalente pour les friables. La formule (3.4) a été démontrée par Fouvry-Tenenbaum [9]. On trouvra dans l’article [10] de Fouvry-Tenenbaum (voir également les travaux récents de Drappeau [6]) une formule avec une majoration en à la place de lorsque . Cependant, dans nos preuves, l’inégalité (3.4) sera suffisante. En particulier, nous exploitons l’uniformité en dans (3.4) et qui n’apparaît pas dans [10].
Nous somme maintenant prêts pour la preuve de la Proposition 1.
Démonstration.
Soient la fonction caractéristique de l’ensemble , c’est-à-dire,
[TABLE]
Définissons deux fonctions arithmétiques et par
[TABLE]
Alors et sont multiplicatives et on a
[TABLE]
En fait, si , il existe un premier tel que et . D’où
[TABLE]
Si , alors cet entier peut être écrit de manière unique sous la forme
[TABLE]
Ainsi
[TABLE]
Donc pour démontrer le résultat souhaité, grâce au Lemme 3.1, il suffit de vérifier que les deux fonctions et possèdent les propriétés , et .
La première est triviale.
Soient , et des constantes strictement positives, alors pour tout caractère de Dirichlet non principal modulo , on a, d’après le Théorème 4 de [9]
[TABLE]
sous la condition
[TABLE]
De plus, si , le Théorème III.5.1 de [16] implique trivialement que
[TABLE]
Cela montre que possède la propriété pour . De manière similaire, par le résultat de [23, Theorem 1], satisfait pour Si , est premier et on sait que satisfait (voir [16]). Donc satisfait pour
[TABLE]
On en déduit ensuite que et satisfont en utilisant (3.4) et (3.5) du Lemme 3.2 respectivement. Finalement, à l’aide du Lemme 3.1 on déduit que satisfait des propriétés , et sous la condition
[TABLE]
La Proposition 1 est ainsi démontrée. ∎
3.2. Théorème de type Bombieri-Vinogradov avec une fonction bien factorisable
Pour un entier positif , on définit par
[TABLE]
Une fonction arithmétique est dite de niveau et d’ordre si
[TABLE]
On dit que est bien factorisable de niveau si pour toute décomposition avec , il existe deux fonctions arithmétiques de niveaux et d’ordre telles que
[TABLE]
Pour et , on définit
[TABLE]
pour , on retrouve la fonction de compte des nombres premiers dans les progressions arithmétiques.
Le théorème de Bombieri-Vinogradov assure que est proche de en moyenne pour . Bombieri, Friedlander et Iwaniec montrent que la borne peut être remplacée par si on insère un poids bien factorisable. Nous présentons ici une légère généralisation de résultat de [3].
Proposition 2**.**
Soient , et . Alors pour toute fonction bien factorisable de niveau , la majoration suivante
[TABLE]
ait lieu pour
[TABLE]
La constante implicite dépend au plus de , et .
Démonstration.
En approchant par puis en observant que la contribution des tels que est négligeable, on vérifie qu’il suffit de montrer
[TABLE]
avec .
Puisque la démonstration est très proche de celle de [3, Theorem 10], nous indiquons les points essentiels et les différences entre les deux démonstrations. Pour cela, on introduit
[TABLE]
où désigne que la somme est restreinte à des entiers sans facteur premier , et sont les intervalles suivants
[TABLE]
avec
[TABLE]
et ( est une constante assez grande dépendant de ).
Dans la démonstration de [3, Theorem 10], on remplace, pour ,
[TABLE]
par
[TABLE]
On va montrer que
[TABLE]
pour tout . Notons
[TABLE]
avec
[TABLE]
On utilise ensuite un argument combinatoire similaire à [3, Theorem 10]. La différence est qu’on ne peut pas appliquer [3, Theorem 1] et [3, Theorem 2] à , car on n’a pas la condition pour . Pour surmonter cette difficulté, nous observons tout d’abord que, si , on peut appliquer le théorème 5 de [3] avec
[TABLE]
pour obtenir (3.9). Sinon, c’est-à-dire, dans le cas où , on utilise le théorème 1 ou 2 de [3] avec
[TABLE]
selon
[TABLE]
ou
[TABLE]
Si (3.10) a une somme partielle de avec
[TABLE]
on complète la preuve d’après (3.11) ou (3.12). Sinon, on peut supposer qu’il n’y a pas de somme partielle de de (3.10) dans (3.11) ou (3.12). Ainsi, toutes les et avec donnent un produit avec
[TABLE]
d’où l’on peut déduire que
[TABLE]
On a ainsi . En utilisant [3, Theorem ] avec
[TABLE]
ce qui termine la démonstration de la Proposition 2. ∎
Le lemme suivant, dû à Pan-Ding-Wang [14], sera aussi utile dans la démonstration du Théorème 2(ii).
Lemme 3.3**.**
Soient et une fonction arithmétique vérifiant . Alors pour tout , il existe une constante telle que l’on ait
[TABLE]
uniformément pour
[TABLE]
où la constante implicite ne dépend que de et .
4. Démonstration du Théorème 1: cas des tels que
Soit où est un paramètre à choisir plus tard. Il est clair que
[TABLE]
où et sont définis respectivement par (2.5) et (2.1).
Pour et , on a
[TABLE]
d’où
[TABLE]
Ainsi on peut détecter les conditions dans la formule (4.1) par (4.5) :
[TABLE]
où est une constante convenable. Pour la somme intérieure du membre de droite, on utilise le théorème des restes chinois. Il existe un entier tel que les congruences soient équivalents à . On en déduit donc
[TABLE]
où (avec la notation (2.6))
[TABLE]
Pour , en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz on obtient
[TABLE]
où
[TABLE]
est la fonction dénombrant le nombre total des facteurs premiers de compté avec leur ordre de multiplicité.
Pour on utilise une majoration triviale :
[TABLE]
et pour on applique le Lemme 3.2. Cela donne
[TABLE]
Dans on peut retirer la condition au prix d’une erreur inférieur à:
[TABLE]
On évalue ensuite à l’aide du Lemme 2.4 sur les entiers friables.
[TABLE]
où on a appliqué la formule suivante
[TABLE]
avec la constante de Meissel-Mertens. Par une intégration par parties, on a
[TABLE]
En reportant (4.9) et (4.8) dans (4.7), on déduit que
[TABLE]
À l’aide de Mathematica 9.0, on peut trouver la constante avec . La preuve du Théorème 1 est complète.
5. Démonstration du Théorème 1: cas des tels que
Soient tels que
[TABLE]
trois paramètres à choisir plus tard. Étant donnés un entier et deux nombres premiers distincts et vérifiant
[TABLE]
on considère le système d’équations de congruences:
[TABLE]
En remarque que les conditions (5.1) et (5.2) garantissent que . D’après le théorème chinois, il existe (dépendant de ) tel que
[TABLE]
Pour ces et , on peut donc déduire que
[TABLE]
De même,
[TABLE]
Ce qui implique
[TABLE]
Ainsi, en reprenant les poids définis par (4.2), on a d’après (4.5),
[TABLE]
D’après (5.3) et (5.4), on a donc
[TABLE]
où
[TABLE]
On majore en utilisant le théorème de Bombieri-Vinogradov [2, 20] qui est le cas du Lemme 3.3 avec . On impose une condition sur et :
[TABLE]
On en déduit, en combinant les conditions (5.1) et (5.6)
[TABLE]
En procédant de manière similaire à l’estimation de dans (4.8), c’est-à-dire, à l’aide de l’inégalité de Cauchy-Schwarz et le théorème de Bombieri-Vinogradov, on obtient pour tout
[TABLE]
Puis pour , on utilise le théorème des nombres premiers:
[TABLE]
À l’aide de Mathematica 9.0, on obtient
[TABLE]
avec
[TABLE]
Ainsi, on obtient
[TABLE]
De manière similaire, on peut montrer que
[TABLE]
et
[TABLE]
En combinant les minorantions (5.10), (5.11) et (5.12), on obtient finalement l’estimation
[TABLE]
Ce qui implique le résultat.
6. Démonstration du Théorème 3
Sans perte de la généralité, on peut supposer que c’est-à-dire,
[TABLE]
Soient avec
[TABLE]
La méthode est analogue à la preuve de (1.6). On considère les entiers friables tels que :
[TABLE]
où .
D’après le théorème des restes chinois, il existe un entier tel que les congruences de la somme intérieur du membre de droite s’écrivent sous la forme car sont premiers entre eux. On a donc
[TABLE]
où
[TABLE]
La somme se majore de la même façon que , en utilisant l’inégalité de Cauchy-Schwarz et le Lemme 3.2:
[TABLE]
Pour , la condition peut être supprimée, car la contribution des puissances de nombres premiers est néglisable (puisque tous les ). On a donc
[TABLE]
On peut donc déduire que, par (6.1) (6.2) et (6.3)
[TABLE]
où
[TABLE]
La fonction est continue et strictement positive sur et
[TABLE]
Il existe donc un tel que
[TABLE]
Ce qui achève la démonstration du Théorème 3.
7. Démonstration du Théorème 4
Comme (1.6) du Théorème 1 et le Théorème 3, la démonstration du Théorème 4 suit le même fil que celle de (1.7) du Théorème 1.
Pour , , on peut supposer, sans perte de généralité, que , i.e.
[TABLE]
Soient tels que
[TABLE]
trois paramètres à choisir plus tard. Étant donnés un entier et nombres premiers distincts vérifiant
[TABLE]
on considère le système d’équations de congruences :
[TABLE]
En remarquant que la condition (7.1) garantit que pour , le théorème chinois et (7.3), il existe tel que (7.3) soit équivalent à
[TABLE]
Pour ces et , il est facile de voir que
[TABLE]
On a donc
[TABLE]
Comme pour (6.3), la condition que soient distincts peut être supprimée puisque tous les . En remarquant que , on peut appliquer le théorème de Bombieri-Vinogradov (voir le Lemme 3.3 ci-dessus)
[TABLE]
Il est clair que la fonction continue (\alpha,\beta,\gamma)\mapsto\big{(}\beta\log\frac{\gamma}{\beta}\big{)}^{J-1}\log\frac{1}{\alpha} est strictement positive et on peut prendre
[TABLE]
ce qui achève la démonstration du Théorème 4.
8. Démonstration du Théorème 2(i)
Soient et avec . Comme précédemment, on peut écrire
[TABLE]
où
[TABLE]
Pour , en appliquant le Lemme 2.2 avec et , on obtient pour
[TABLE]
Pour , si , où est une grande constante, on a en appliquant la Proposition 1
[TABLE]
De plus, si , une estimation triviale permet d’obtenir
[TABLE]
En reportant (8.2), (8.3) et (8.4) dans (8.1), on obtient pour
[TABLE]
où est définie par
[TABLE]
et est définie par (2.3). Ce qui achève la démonstration du Théorème 2(i).
9. Démonstration du Théorème 2(ii)
9.1. Point de départ
Pour avec et , on peut écrire
[TABLE]
Il reste à maintenant minorer , et majorer
9.2. Estimation de la somme
Pour , d’après le Lemme 2.3, on a
[TABLE]
pour , où on a utilisé le fait que .
9.3. Estimation de la somme
Pour , on utilise le crible de Rosser-Iwaniec comme l’auteur l’a fait dans [21]. On observe tout d’abord que, compte le nombre des entiers tels que avec On a ainsi
[TABLE]
où
[TABLE]
On prend , et on déduit que, pour et , où sera explicité plus tard,
[TABLE]
où
[TABLE]
Pour la première somme du membre de droit de (9.3), en utilisant le théorème des nombres premiers et la formule d’inversion de Möbius, on a
[TABLE]
Par une intégration par parties, on obtient
[TABLE]
Compte tenu de (9.3) et (9.4), on en déduit que
[TABLE]
avec
[TABLE]
On peut donc appliquer le Lemme 2.1 avec et obtenir
[TABLE]
où et on a utilisé la formule de Mertens
[TABLE]
Compte tenu de l’évaluation
[TABLE]
on obtient
[TABLE]
où
[TABLE]
Nous allons majorer à l’aide de la Proposition 2. Pour cela, écrivons d’abord,
[TABLE]
De plus, on impose une condition sur
[TABLE]
telle que
[TABLE]
Désignons la fonction par
[TABLE]
où
[TABLE]
Pour utiliser la Proposition 2, il faut démontrer que est bien factorisable de niveau Pour toute décomposition , compte tenu de il existe un tel que . Sans perte de la généralité, on peut supposer que . Puisque est une fonction bien factorisable de niveau , il existe deux fonctions arithmétiques de niveau et de niveau telles que
[TABLE]
Ainsi, on peut trouver deux fonctions arithmétiques de niveau et de niveau telles que
[TABLE]
Cela montre que est une fonction bien factorisable de niveau . En appliquant la Proposition 2 avec définie par (9.6) et , on obtient
[TABLE]
D’où
[TABLE]
Pour , en utilisant une intégration par parties on a
[TABLE]
En reportant (9.7) et (9.8) dans (9.5), on arrive à l’inégalité
[TABLE]
avec
[TABLE]
De manière similaire, en utilisant le Lemme 3.3 à la place de la Proposition 2, on peut montrer
[TABLE]
avec
[TABLE]
9.4. Estimation de la somme
En vue de traiter , on a tout d’abord pour assez grand
[TABLE]
où , est un paramètre satisfaisant . On rappelle la définition de dans (4.2) et obtient
[TABLE]
d’où
[TABLE]
On a donc
[TABLE]
avec
[TABLE]
Pour évaluer , on déduit de la Proposition 1 que
[TABLE]
pour tout .
Il reste à évaluer . On utilise le Lemme 2.2 sur les entiers sans facteur premier dans un intervalle donné.
[TABLE]
D’après (9.14), (9.15) et (9.16), on a ainsi pour
[TABLE]
En reportant (9.2), (9.9), (9.10) et (9.17) dans (9.1), on obtient finalement pour
[TABLE]
où est définie par
[TABLE]
et
[TABLE]
Il est clair que pour . On peut vérifier de la même manière que lors de la preuve du Théorème 3, qu’il existe des , satisfaisant les conditions ci-dessus telles que pour
[TABLE]
ce qui achève la démonstration du Théorème 2(ii).
On a pu prendre ici le niveau avec dans la somme de (9.1) et on peut donner une minoration de , tandis que [21] le niveau était et le terme minoré par 0. C’est pourquoi on peut améliorer le résultat de [21] et obtenir le Corollaire 1 suivant. Ces deux changements sont à l’origine de l’amélioration du résultat de [21], donnée dans le Corollaire 1.
10. Démonstration du Corollaire 1
En prenant (c’est-à-dire, ) dans le Théorème 2(ii) et en remarquant que pour , on obtient
[TABLE]
où
[TABLE]
Pour , on fait un calcul similaire à [21]. On a par Mathematica 9.0
[TABLE]
avec .
Ainsi, il reste à trouver tel que soit proche de la valeur maximale de . Au premier abord, on peut calculer facilement que
[TABLE]
est ainsi dans l’intervalle et on a
[TABLE]
Le graphe de sur est le suivant
À l’aide de Mathematica 9.0 on peut calculer que
[TABLE]
avec .
Compte tenu de (10.1), (10.2) et (10.3) on obtient finalement pour
[TABLE]
Cela achève la démonstration du Corollaire 1.
11. Démonstration du Corollaire 2
En remarquant que
[TABLE]
le Théorème 1 nous permet de déduire que
[TABLE]
On peut obtenir une meilleur majoration en utilisant le Théorème 3. Pour on note l’ensemble des creux d’ordre :
[TABLE]
et pour on prend le complémentaire de Alors on a pour tout entier
[TABLE]
Puis, on applique la minoration de , du Théorème 3 et la minoration de du Théorème 1, on obtient
[TABLE]
où est une constante strictement positive définie par (1.15). On peut donc obtenir une meilleure majoration pour . Mais le gain est minime, on ne calcule pas ici la valeur numérique.
La démonstration du Corollaire est analogue. De plus, en utilisant le Théorème 4, on peut aussi obtenir un meilleur résultat pour comme (11.1) ci-dessus . On omet ici les détails.
12. Démonstration du Corollaire 3
On note pour
[TABLE]
où
On a tout d’abord, d’après (1.13) du Corollaire 1
[TABLE]
La minoration de dans (1.7) du Théorème 1 permet d’obtenir
[TABLE]
Pour , on déduit, en utilisant la minoration de (1.19)
[TABLE]
Par suite, (12.1) entraînent que
[TABLE]
Finalement, similaire à (12.1), on peut obtenir
[TABLE]
en utilisant la minoration de (1.21)
[TABLE]
Ce qui termine la démonstration du Corollaire 3.
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