This paper presents a method to reconstruct a Riemann surface with boundary and conductivity tensor from boundary measurements, enabling the recovery of all information obtainable from such data in two dimensions.
Contribution
It introduces a process to reconstruct the entire Riemann surface and conductivity tensor from boundary data in two dimensions, advancing inverse boundary value problem solutions.
Findings
01
Successful reconstruction of Riemann surfaces with boundary from boundary data.
02
Complete recovery of the conductivity tensor and surface geometry from Dirichlet-Neumann data.
03
Applicable to two-dimensional real Riemannian surfaces with boundary.
Abstract
This article proposes a process to reconstruct a Riemann surface with boundary equipped with a conductivity tensor from its boundary and its Dirichlet-Neumann operator. When initial data comes from a two dimensional real Riemannian oriented surface equipped with a conductivity tensor, this process recover the whole of what can be determined from this data.
No public reviews on file for this paper yet. If you reviewed it on a platform where reviews are public (OpenReview, ICLR, NeurIPS, ICML), you can paste yours below so the community can read it here.
Videos
No videos yet. Explain this paper in a talk, walkthrough, or lecture? Add one.
Taxonomy
TopicsNumerical methods in inverse problems · Advanced Mathematical Modeling in Engineering · Composite Material Mechanics
Full text
Problème inverse pour la conductivité en dimension deux
Vincent Michel
Université Pierre et Marie Curie, 4 place Jussieu, 75252 Paris cedex
(17 juin 2016;
18 mars 2024)
Résumé
Cet article propose un procédé de reconstruction d’une
surface de Riemann à bord couplé à un tenseur de conductivité
à partir de son bord et de l’opérateur de DirichletNeumann associé
à cette conductivité. Lorsque la donnée de départ provient
d’une surface riemannienne réelle de dimension deux équipée d’un
tenseur de conductivité, ce procédé restitue l’intégralité
de ce qui peut être déterminé à partir de ces
données.
Abstact
This article proposes a process to reconstruct a Riemann surface with boundary
equipped with a linked conductivity tensor from its boundary and the
Dirichlet-Neumann operator associated to this conductivity. When initial data
comes from a two dimensional real Riemannian surface equipped with a
conductivity tensor, this process recover the whole of what can be determined
from this data.
Dédicace
En janvier 2016 décédait mon ami Gennadi Henkin avec qui j’ai
travaillé pendant plus de quinze ans. Ce travail qui revient sur un sujet
qu’il avait apporté lui est dédié. Par les nombreuses citations
d’articles où il figure en tant qu’auteur, le lecteur pourra constater la
profondeur de la pensée mathématique de Gennadi.
—————
Mots clés: surface de Riemann, problème de
Dirichlet-Neumann, fonction de Green, conductivité, onde de choc, plongement.
Cet article est organisé de la manière suivante. La
section 1 propose une formalisation du problème d’impédance
tomographique électrique inverse qui, si elle n’est pas nouvelle, n’est
pas vraiment explicite dans la littérature. La
section 2 énonce ce que nous avons besoin de savoir
sur les surfaces nodales qui apparaissent naturellement dans ce problème.
La troisième section regroupe des théorèmes inédits et
d’autres déjà connus afin de dresser le panorama de l’unicité et
de la construction d’une solution au problème formalisé dans la
section 1.2.
La section 4.1 aborde le problème de la construction
effective d’une solution dans le cas clé de la reconstruction d’une
surface de Riemann à bord à partir de son opérateur de
Dirichlet-Neumann. La méthode proposée est à notre connaissance
entièrement nouvelle et repose sur l’analyse a priori de la
décomposition d’une fonction holomorphe de deux variables en somme d’onde
de chocs, c’est à dire de solutions de l’équation différentielle
∂y∂h=h∂x∂h.
1 Structures de conductivité
Nous définissons une structure de conductivité de dimension deux comme
un couple (M,σ) où M est une surface réelle
à bord*(111On considère qu’une surface à bord M est
un ouvert dense d’une variété réelle orientée à bord de
dimension deux M dont toutes les composantes connexes sont
bordées par des variétés réelles de dimension pure 1 ;
ainsi, le bord bM de M est M\M . Une surface de
Riemann à bord est une variété complexe connexe de dimension 1
qui est aussi une surface à bord réelle.)* connexe orientée
munie d’une conductivité σ:T∗M→T∗M, c’est-à-dire d’un tenseur tel que pour tout p∈M,
[TABLE]
est une forme bilinéaire définie positive, μ étant une forme
volume μ pour M fixée une fois pour toute. Cette
définition, peut être inhabituelle, n’est qu’une reformulation*(*222Si on fixe un point p dans M, des coordonnées
(x,y) au voisinage de p et qu’on pose comme
dans [24] (ξ,η)=(dy,−dx)
puis σ(dx)=rξ+tη et σ(dy)=uξ+sη, pour a=axdx+aydy et b=bxdx+bydy dans
TpM, σp(b)=(bxr+byu)ξ+(bxt+bys)η et
) intrinsèque de celle donnée par [24]
et [29]. La section 1.2 montre comment affranchir cette
définition du choix de cette forme volume auxiliaire.
Pour toute fonction continue u:bM→R, il existe alors dans
C0(M,R) une unique fonction
Eσu qui résout le problème de Dirichlet suivant
[TABLE]
Dans le problème d’impédance tomographique électrique inverse qui
est le sujet de cet article, il est courant de considérer que la
donnée essentielle est l’opérateur de Dirichlet-Neumann associé
à (1). Dans son acceptation usuelle, celui-ci fait
intervenir une dérivée normale et donc une métrique. Lorsque M
est une surface réelle contenue dans R3, on peut utiliser
celle induite sur M par celle standard de R3 bien
que cette dernière ne soit pas forcément corrélée à
σ. Avant de donner définition intrinsèque à σ de cet
opérateur, la section suivante donne une analyse a priori, souvent en
filigrane dans la littérature, des structures de conductivité de
dimension 2.
Certains auteurs préfèrent considérer une métrique
Riemannienne g sur M et construire l’opérateur de Dirichlet-Neumann
à partir de la solution du problème de Dirichlet (ΔgU=0\leavevmode&\leavevmodeU∣bM=u) où Δg est
l’opérateur de Laplace-Beltrami associé à g. En écrivant les
équations dσdU=0 et ΔgU=0 en coordonnées, on
constante que ces deux formulations ne sont équivalentes que dans le cas
particulier où detσp=1 pour tout p∈M. La
formule (4) de la section (1.1) montre que σ
se réduit alors à une structure complexe et que dans le problème
de tomographie inverse, c’est alors la seule chose à reconstruire.
reconstruire autre chose que cette structure conforme.
1.1 Factorisation d’une conductivité
Les conditions imposées à σ pour être une conductivité
indiquent l’implication d’une métrique naturelle. Il est remarqué
dans [14] qu’une forme volume μ pour M ayant
été, on définit une métrique naturelle gμ,σ sur
M en posant pour tout t∈TM
[TABLE]
Sa classe conforme Cσ ne dépend pas de μ et
σ se factorise (voir [14]) à travers Cσ au sens où il existe une fonction sσ:M→R+∗ de même régularité que
σ, appelée coefficient de conductivité dans cet article, telle
que lorsque (x1,x2) est un couple de coordonnées
isothermiques locales pour Cσ,
[TABLE]
pour tout p dans l’ouvert de M où (x1,x2) est défini, I2 étant la matrice unité
d’ordre 2 et dx=(dx1,dx2). Notons detσ
l’application qui à tout point p de M associe le
déterminant de l’application linéaire σp. Alors
(3) entraîne que detσ=sσ2,
c’est-à-dire sσ=detσ. Si on note cσ la
conductivité définie par
[TABLE]
Cσ est aussi la classe conforme associée à
cσ et quand (x1,x2) est un couple de
coordonnées isothermiques locales pour Cσ,
[TABLE]
Autrement dit, cσ est aussi l’opérateur de conjugaison agissant
sur les 1-formes de M. De plus, si dσ=cσd, ∂σ=21(d−idσ) est
l’opérateur de Cauchy-Riemann associé à Cσ et
[TABLE]
pour toute fonction U∈C2(M).
Supposons que C soit une structure complexe sur M,
c’est-à-dire la donnée d’un atlas de M qui fasse de M
une surface de Riemann à bord de bord bM. Si x1 et x2 sont les
parties réelles et imaginaires d’une même coordonnée holomorphe de
M, les matrices jacobiennes relatives à (x1,x2)
d’applications holomorphes commutent avec J. Cela signifie qu’on peut
définir un tenseur c:TM→TM par le fait
que dans de telles coordonnées, Matdxdx(c)=J. Par construction,
c est une conductivité de coefficient constant 1, c∘d=i(∂−∂)=deˊfdc et c est
son opérateur de Hodge agissant sur les 1-formes quand M est muni de la
métrique duale de celle définie sur chaque Tp∗M
par ⟨a,b⟩μ=a∧∗b=detσ1a∧σ(b).
La décomposition (4) fait donc apparaître une
structure complexe naturellement associée à σ. Celle-ci est
unique au sens où si c′ est l’opérateur de conjugaison
associé à une structure complexe C′ et si
s′∈(R+∗)M′,
l’égalité σ=s′.c′ impose s=s′ puis
cσ=c′ car detcσ=1=detc′.
La formule (3) montre que pour tout p∈M, σp commute
avec les automorphismes orthogonaux de (TpM,(gμ,σ)p). Lorsque M est une sous-variété de
R3, en particulier si M est un domaine de R2, et
lorsque la classe conforme de gμ,σ est induite par la métrique
standard de R3, ceci signifie que σ est isotrope au sens
usuel (voir [24] et [29] par exemple). La proposition
ci-dessous résume ce qui précède.
Proposition 1
Soit M une surface à bord orientée de dimension réelle 2. Une
structure complexe C sur M définit un tenseur de
conductivité de coefficient égal à 1. Inversement, pour toute
conductivité σ sur M, il existe une unique structure
complexe Cσ telle que σ=detσcσ
où cσ est l’opérateur de conjugaison associé à
Cσ.
Ainsi, il est naturel de dire qu’une fonction f d’un ouvert U de M à
valeurs dans C est σ-holomorphe si ∂σf=0, ou de façon équivalente, lorsque pour toute carte
z:V→C de l’atlas holomorphe de (M,Cσ), f∘z−1 est holomorphe sur z−1(U) au sens usuel.
Si (M′,σ′) est une autre structure de
conductivité de dimension 2, une fonction f d’un ouvert U de M
à valeurs dans M′ est dite (σ,σ′)-analytique si pour toute carte holomorphe z′:V′→C de (M′,Cσ′), z′∘f est σ-holomorphe sur f−1(V′)∩U, c’est-à-dire si z′∘f∘z−1 est holomorphe sur z−1(f−1(V′)∩U) au sens usuel pour toute carte holomorphe z:V→C de (M,Cσ). Cette
propriété se caractérise aussi par le lemme suivant.
Lemme 2
Soient (M,σ) et (M′,σ′) des structures de conductivité de
dimension 2, U un ouvert de M et f:U→M′ une
application différentiable. Alors f est (σ,σ′)-analytique si et seulement si (tDf)∘cσ′=cσ∘(tDf). Lorsque f
réalise un difféomorphisme φ de U sur f(U),
φ est (σ,σ′)-analytique si et
seulement si φ∗cσ=cσ′ et en particulier
si φ∗σ=σ′.
Démonstration.
Considérons des cartes holomorphes z:V→C de (M,Cσ) et z′:V′→C de (M′,Cσ′) et
posons F=Mat(dx,dy)(dx′,dy′)(Df) où (x,y)=(Rez,Imz) et (x′,y′)=(Rez′,Imz′). Alors
[TABLE]
La relation (tDf)∘cσ′=cσ∘(tDf) a donc lieu si et seulement si JF=FJ.
Traduite sur les entrées de matrice, ceci est équivalent au fait que
Ref et Imf vérifient le système des
équations de Cauchy-Riemann, c’est-à-dire ∂z∂f=0.
Supposons maintenant que φ=fUf(U) est difféomorphisme. Puisque par définition,
φ∗cσ=(tDf)ψ−1∘(cσ)ψ∘t(Dφ)ψ
où φ=ψ−1, le point précédent donne que φ est
(σ,σ′)-analytique si et seulement si
φ∗cσ=cσ′. Par ailleurs, φ∗cσ=(detσ)ψ.φ∗cσ=det(σψ).φ∗cσ. Donc la
relation φ∗σ=σ′ impose det(σψ)=detcσ′ et φ∗cσ=cσ′.
∎
1.2 L’opérateur de Dirichlet-Neumann
Considérons une structure de conductivité (M,σ)
de dimension 2 et μ une forme volume sur M. On équipe
M d’une métrique g arbitraire et on note ν le champ de vecteur
défini sur bM tel que pour tout p∈bM, (νp,τp) est une base g-orthonormée directe de TpM. On dispose alors de l’opérateur de Dirichlet-Neumann
«normal» Nνσ défini pour
toute fonction suffisamment régulière u:bM→R par
[TABLE]
Ainsi, lorsque u:bM→R est suffisamment
régulière,
[TABLE]
Cette formule montre que la donnée de Nνσ qui dépend du
choix d’une métrique peut être remplacée par celle de
l’opérateur de Dirichlet-Neumann
«différentiel» Ndσ dont
l’action sur une fonction u:bM→R suffisamment
régulière est définie par
[TABLE]
Dans le cas particulier où detσ=1, il est noté
dans [14] que ∂Eσu∣bM=(Lνσu)(ν∗+iτ∗) où Lνσ=21(Nνσ−i∂τ∂) de sorte qu’on peut considérer
que l’opérateur de Dirichlet-Neumann
«complexe» θcσ défini sur
les fonctions u:bM→R suffisamment régulières par
[TABLE]
Ceci étant, la tâche à accomplir est généralement
pensée comme la reconstruction de (M,σ) à partir
de (∂M,Nνσ), ∂M étant bM
muni de l’orientation induite par M et ν. Cette formulation est
ambiguë car elle ne dit pas s’il s’agit de déterminer M comme une
variété abstraite, comme une variété plongée ou encore
plus précisément comme une certaine sous-variété d’un espace
standard et le succès de cette entreprise dépend du point de vue adopté.
Lorsque M est un domaine de R2, la conductivité est
souvent assimilée à la matrice (σjk)=Mat(dx1,dx2)(dx2,−dx1)(σ) où (x1,x2) est le couple des
coordonnées standards de R2; (1) s’écrit
alors sous la forme
[TABLE]
et les conditions imposées à σ pour être une
conductivité se traduisent par le fait que (σjk)
est symétrique et définie positive.
Si le problème posé est compris comme celui de reconstruire (σjk) à partir (∂M,Ndσ), il est sans solution naturelle car d’après une remarque de Tartar
citée par [22], lorsque φ∈C1(M,M) est un difféomorphisme coïncidant
avec l’identité sur bM et Φ est la matrice jacobienne de φ,
(βjk)=detΦ1tΦ(σjk)Φ définit une conductivité β telle que
Ndβ=Ndσ. Cependant, la section précédente
indique que φ est alors un biholomorphisme entre les surfaces de
Riemann (M,Cβ) et (M,Cα). Bien qu’elles le même ensemble sous-jacent, il est
plus indiqué de les voir comme deux plongement différents de la
même surface de Riemann abstraite.
Cet exemple invite à considérer le problème de conductivité
inverse comme étant celui de la reconstruction d’une surface de Riemann
à bord abstraite M et d’une fonction s:M→R+∗ à partir de la donnée de bM, de la
restriction de s.c à TbMM où c est l’opérateur
de conjugaison de T∗M et de l’opérateur
[TABLE]
où F(M) est n’importe quel espace raisonnable
de fonctions comme C0(bM), C∞(bM)
ou H1/2(bM), dc=i(∂−∂), ∂=d−∂ et ∂
est l’opérateur de Cauchy-Riemann de M.
Comme il a été précisé au début de la section
précédente, il est possible de s’affranchir de la forme volume
auxiliaire μ. Puisque dans le problème inverse envisagé ici,
l’opérateur de Dirichlet-Neumann Ndσ et σ∣bM sont considérés comme connus, l’opérateur
∗σ de conjugaison associé à la structure complexe
Cσ de (M,σ) est connu quand il agit
sur le fibré TbM∗M=s∈bM∪TsM. Ayant fixé une section lisse et génératrice
τ∗ de T∗bM, on pose νs∗=−(∗σ)sτs∗ pour tout s∈bM. Par définition d’une
conductivité, bM∋s↦νs∗∧τs∗ est
alors une section lisse du fibré des formes volumes de M et
peut être prolongée en une forme volume lisse pour M.
Bien que ce prolongement ne soit pas unique, tout tenseur qui serait une
conductivité pour l’un de ces prolongements le serait pour tous.
2 Surfaces de Riemann nodales à bord
Une surface de Riemann nodale à bord Q est un ensemble de la forme
(S/R)\π(bS)
où S est une surface de Riemann à bord, R une relation
d’équivalence identifiant un nombre fini de points de S mais
telle que deux points distincts de bS sont dans deux classes différentes
et π est la projection naturelle de S sur S/R. En particulier, πbS=πbSbS
est une bijection.
On munit S/R de la topologie quotient de sorte que Q
est un ouvert, Q=S/R et bQ=π(bS). On désigne par RegQ l’ensemble des points
de Q qui n’ont par π qu’un antécédent et on pose
SingQ=Q\RegQ ; on définit de
façon analogue RegQ et SingQ. Puisque π est bijective de S∩π−1(RegQ) sur RegQ, π permet de donner à RegQ une
structure de surface de Riemann ouverte à bord de bord (bQ)∩RegQ et à πreg=πS∩π−1(RegQ)RegQ le statut d’isomorphisme.
Cette structure complexe se prolonge à travers les éventuelles
singularités de Q de la façon suivante. Soient pour
q∈Q donné, les antécédents p1,...,pν(q) de q par π et Vq,1,...,Vq,ν(q) des
voisinages connexes ouverts dans S de ces points tels que pour
tout j∈{1,...,ν(q)}, Vq,j∩π−1(SingQ)={pj}, Vq,j∩bS est soit vide, soit un ouvert
connexe de bS et Vq,j∩Vq,k=∅
lorsque k=j. Pour chaque j, π réalise une bijection πq,j de Vq,j\bS sur Qq,j, ce qui permet de munir
Qq,j ou Qq,j∪(Qq,j∩bS) si q∈bQ et j est l’indice tel que pj∈(bS)∩π−1(Q), d’une structure de surface de Riemann, à bord si
q∈bQ. Par construction, πq,j prolonge holomorphiquement la
restriction de πreg à Vq,j pour tout j.
On appelle branche de Q en q toute surface de Riemann connexe
B de la forme Qq,j - si B∩bS=∅, B est dite
intérieure et si B∩bS contient un voisinage de q dans
bS, B est dite de bord.
Par fonction nodale classe Ck sur U ou U, 0⩽k⩽∞, (resp. holomorphe sur U), U étant un ouvert de Q,
on entend une fonction usuelle sur RegU qui se prolonge en
fonction de classe Ck (resp. holomorphe) le long de toute branche de U
ou U selon le cas échéant. On définit de façon
similaire la notion d’application nodale de classe Ck ou holomorphe à
valeurs dans une variété de classe Ck ou analytique. Une
application f à valeurs dans Q est dite de classe Ck
(resp. holomorphe) si pour toute branche B de Q, f−1(B) est une variété nodale de classe Ck (ou analytique)
et f est de classe Ck (resp. holomorphe) sur f−1(B).
Si X est une variété réelle à bord de classe Ck et Q
une surface de Riemann à bord, une Ck-normalisation (resp.
normalisation) de X sur Q est une application f:X→Q qui est un Ck-difféomorphisme (resp.
biholomorphisme) usuel de f−1(RegQ) sur RegQ et de f−1(B) sur B pour toute branche B de Q. Avec cette définition,
π:S→Q est une normalisation de
Q.
Considérons une autre surface de Riemann nodale à bord Q′
qui est le quotient d’une surface de Riemann à bord S′ et notons
π′ la projection naturelle de S′ sur
Q′. On se donne une application nodale φ:Q⟶Q′ ; φ est donc
univaluée sur RegQ et multivaluée sur
SingQ. On dit que φ est un isomorphisme
approximatif de surfaces de Riemann nodale à bord si les deux conditions
suivantes sont réalisées :
i) φ est bijective de φ−1(RegQ′)∩RegQ sur
φ(RegQ)∩RegQ′.
ii) Pour toute branche B′ intérieure (resp. de bord) issue d’un
point q′ de Q, φ−1(B′) est une branche intérieure (resp. de bord) de Q en q et
φBB′ est un isomorphisme de surfaces
de Riemann (resp. à bord).
Ces conditions entraînent les
propriétés suivantes :
iii) φ réalise isomorphisme de surfaces de Riemann à bord de
φ−1(RegQ′)∩RegQ sur φ(RegQ)∩RegQ′
iv) Pour chaque q′∈SingQ′, on
se donne un jeu (Qq′,j′)1⩽j⩽ν(q′) complet de branches deux à deux
disjointes de Q′ en q′. Alors (φ−1(Qq′,j′))q∈SingQ′,\leavevmode1⩽j⩽ν(q′) est un jeu de branches de Q en ses points
singuliers, complet au sens où pour tout q∈SingQ, il existe une partie Eq de {(q′,j);\leavevmodeq′∈SingQ′,\leavevmode1⩽j⩽ν(q′)} telle que
les branches de Q en q sont les φ−1(Qq′,j′), (q′,j)∈Eq.
v) φ se relève en un isomorphisme φ:S⟶S′ tel que pour toute branche
B de Q, φ=π′∘φ∘(πBπ−1(B))−1 .
Si φ est un isomorphisme approximatif et respecte les
noeuds de Q et Q′, c’est-à-dire si les
branches de Q′ en φ(q) sont les
images par φ des branches de Q en q, ou de façon
équivalente, (π′)−1({φ(q)})=φ(π−1({q})) pour tout
q∈Q′, on dit que φ est un isomorphisme de
surfaces de Riemann nodales à bord. Dans ce cas, φ est un
homéomorphisme de \overline{Q}\sur Q′.
Une structure de conductivité sur Q est une structure de
conductivité sur RegQ qui se prolonge en
structure de conductivité le long de toute branche de Q. Les
considérations de la section précédente s’appliquent alors de
façon naturelle et nous n’en faisons pas le détail. Dans cet article,
nous n’utilisons pour les surfaces nodales que les conductivités de
coefficient 1, c’est à dire les structures complexes
sous-jacentes.
Pour conclure cette section, précisons que d’après*(333Cette caractérisation est prouvée pour le cas où
bQ⊂RegQ mais la preuve s’applique sans
changement au cas présent.)* [16, prop. 2] une
distribution u sur un ouvert W de Q est harmonique si elle
est harmonique au sens usuel sur W∩RegQ, continue sur
W∩RegQ et si pour tout point singulier q de
Q les deux conditions suivantes sont vérifiées :
pour toute branche intérieure B de Q en
q suffisamment petite pour qu’on puisse s’en donner une une coordonnée
holomorphe z, il existe cB∈C tel que uQq,j\{q}−2cBln∣z∣ se prolonge à B en fonction harmonique usuelle.
∑cB=0, la somme étant étendue aux
branches intérieures de Q en q.
Inversement, toute distribution ayant ces deux propriétés est une
distribution harmonique. Ceci entraîne qu’une même fonction u
continue sur bQ admet plusieurs prolongements en tant que distribution
harmonique U ; le problème de Dirichlet pour u n’est bien posé que
si on spécifie pour tout q∈SingQ et toute
branche intérieure B de Q en q, le résidu
cB de ∂U∣B en q. En
particulier, u désignant le prolongement harmonique de
u∘πbS−1 à S, π∗u est la seule
distribution harmonique qui est continue le long de toute branche de
Q\{q} et coïncide avec u sur
bQ ; on l’appelle le prolongement harmonique simple de u.
En particulier, on peut définir pour une surface de Riemann nodale un
opérateur de Dirichlet-Neumann complexe θcσ où dans
(7) on utilise les extensions harmoniques simples.
3 Théorèmes d’unicité
3.1 Conductivité anisotrope
Lorsque la conductivité n’est pas isotrope, les auteurs se sont
concentrés sur l’injectivité à difféomorphisme près de
σ↦Nνσ, c’est-à-dire à la réciproque de
la remarque de Tartar. Cette injectivité est prouvée par
Nachman [25] pour une conductivité de classe C2 et un
domaine de R2. Dans [4], elle est établie
pour une conductivité de classe L∞ mais pour un domaine
simplement connexe de R2.
Dans le cas spécial où le coefficient de conductivité est
constant, la question est de savoir si deux structures conformes sur M sont
identiques lorsqu’elles partagent le même opérateur de Dirichlet à
Neumann. Une réponse positive est affirmée par Lassas et
Uhlmann [23] quand M est connexe et Belishev la corrobore
dans [5] en montrant que M peut être retrouvée comme le
spectre de l’algèbre des restrictions à bM des fonctions holomorphes
sur M se prolongeant continûment à M.
Dans [23] et [5], la connaissance complète de
l’opérateur de Dirichlet-Neumann est nécessaire pour obtenir
l’unicité de la structure conforme. Dans [14], il est dit
que celle-ci est déterminée par l’action de l’opérateur de
Dirichlet-Neumann sur trois fonctions génériques mais la preuve
donnée de ce résultat n’est correcte qu’en renforçant un peu les
conditions génériques imposées à ces trois fonctions, ce qui
est fait dans [16]. L’unicité en question ici peut être
aussi obtenue en augmentant le nombre de fonctions génériques comme
dans [18]. Le théorème 9 de cet article
en donne une preuve avec les hypothèses de [14] et la
section 4.8 propose une reconstruction plus explicite de la
structure complexe M à partir de son opérateur de Dirichlet-Neumann.
Dans [20] pour un domaine de R2, puis
dans [21] pour le cas général d’une variété
réelle connexe M de dimension 2, Henkin et Santacesaria ont fait une
avancée majeure dans la théorie en prouvant que l’opérateur de
Dirichlet-Neumann détermine la structure complexe de (M,σ) sous la forme d’une surface de Riemann nodale à bord
plongée dans C2.
Th or me 3** **(Henkin-Santacesaria, 2012)
Soit (M,σ) une
structure de conductivité de dimension 2, σ étant de classe
C3. Il existe alors une surface de Riemann nodale à bord
M plongée dans C2 et une C3-normalisation
F:M→M telle que F∗σ=tcM où t∈C3(M,R+∗) et cM est la structure complexe induite
par C2 sur M. En outre si F:M→M′ est une autre C3-normalisation du même type, M et M′ sont
approximativement isomorphes. Enfin, les valeurs au bord de F et en
particulier bM sont déterminées par bM, σ∣TbMM et l’opérateur de Dirichlet-Neumann
Ndσ de (M,σ).
Notons que grâce au lemme 2, F est holomorphe
au sens où pour toute branche B de M, F est analytique de
(F−1(B),Cσ) dans
C2. Par ailleurs, il résulte de la preuve de ce
théorème que les singularités de M sont les points de
F(M) ayant plusieurs antécédents par F.
Ainsi, lorsque M n’a pas de singularité, F est un
difféomorphisme de M sur M vérifiant les
hypothèses du lemme 2, ce qui en fait un
isomorphisme de surfaces de Riemann à bord.
Dans [21], il est dit que M et M′ sont isomorphes mais sans que le sens en soit précisé.
Démontrons succinctement qu’il s’agit au moins d’isomorphie approximative.
Supposons que F:M→M et
G:F:M→M′ sont deux C3-normalisations du type ci-dessus. Posons Greg=GRegMG−1(RegM), Freg=FRegM′F−1(RegM′) et notons
Hreg l’application de RegM∩G(F−1(RegM′)) dans RegM∩F(RegM′) définie par
Hreg(z)=Freg(Greg−1(z)). Parce que F et G
sont des normalisations, Hreg se prolonge
holomorphiquement le long de toute branche de M en une application
(multivaluée) H de M à valeurs dans M′. Par construction, H(M′) et
M sont des courbes complexes qui ne différent qu’en un nombre
fini de points. Elles sont donc égales et en particulier,
SingM et SingM′ ont même cardinal. Il s’ensuit que M et M′ sont approximativement isomorphes.
En réalité, M et M′ sont bien
isomorphes au sens fort donné dans cet article. En effet, M et
M′ induisent par relèvement sur M des structures
complexes a priori différentes mais qui coïncident sur bM et
partagent le même opérateur de Dirichlet-Neumann. Grâce au
théorème 9 énoncé et prouvé plus loin, les
surfaces de Riemann à bord correspondantes sont donc isomorphes et du
coup, M et M′ le sont aussi en tant que
surfaces de Riemann nodale à bord.
Ainsi, M est un modèle, éventuellement singulier, de la
structure complexe de (M,σ). Ce modèle est
calculable au sens effectif du terme. En effet, M est un
sous-ensemble analytique de dimension 1 de C2\bM qui au sens des courants de C2 satisfait d[M]=F∗[∂M] où [M] désigne le courant d’intégration sur
M et [∂M] celui du bord de M
orienté par M. Dans cette situation, on sait, essentiellement depuis les
travaux de Harvey et Lawson [10, 11], que M
peut être calculée de façon effective grâce à des formules
de type Cauchy (voir par exemple [14, th. 2] ou [21, prop.
1]).
On peut considérer que M suffit comme présentation de M
en tant que surface de Riemann mais on peut aussi souhaiter disposer d’un
atlas de la structure complexe de M. Le paragraphe suivant explique comment
le travail de [14, 16] permet d’obtenir M à
partir de M et donc in fine à partir de Ndσ.
Dans le théorème ci-dessous, on note [w0:⋯:wd] les coordonnées homogènes standards de CPd. Si ω0,...,ωd sont des (1,0)-formes
deux à deux proportionnelles ne s’annulant pas simultanément, on note
[ω0:⋯:ωd] ou [ω]
l’application définie sur chaque {ωj=0} par
[ω]=[ωjω0:⋯:ωjωd].
Th or me 4
Soient (M,σ) une structure de
conductivité de dimension 2, σ étant de classe C3, et
F:M→M une normalisation comme dans
le théorème 3. On considère l’opérateur θcσ défini en (7) et, M étant muni
de la conductivité de coefficient associée à sa structure
complexe, on désigne par θcM l’opérateur de
Dirichlet-Neumann complexe défini de façon similaire à la fin de
la section 2. Enfin, on pose f=FbMF(bM).
Alors pour u∈C∞(bM,R) et w=u∘f−1=f∗u, F∗θcσu=θcMw
est la restriction à bM de ∂w où
w est l’extension harmonique simple de w. De plus, pour (u0,u1,u2,u3) générique dans C∞(bM,R)4, l’application
[TABLE]
plonge dans CP3 la courbe réelle bM sur une courbe
réelle bordée dans CP3 par une surface de Riemann à
bord S isomorphe à M.
Démonstration.
Considérons une fonction u de C0(bM,R).
Notons u le prolongement harmonique de u à M ; puisque
2∂σ∂σ=iddcσ,
u est l’unique solution dans C0(M) du système
[TABLE]
D’après [14, formule 1.1], θcσu est la
restriction à bM de la (1,0)-forme cσ-holomorphe ∂σu.
Puisque FB=FF−1(B)B est un
isomorphisme (σ,cM)-analytique pour toute
branche B de M et puisque u est lisse, F∗u est lisse le long de toute branche B de M et
vérifie (∂∂(FB)∗u)∣B=(FB)∗∂σ∂σu=0.
Ainsi, u∘(FRegM)−1 se prolonge harmoniquement le long de toute branche de M et
définit sur M une distribution w qui est l’unique
solution continue le long de toute branche de M du problème
[TABLE]
quand w=u∘f−1. Les mêmes calculs que dans [14, formule 1.1] donnent que θcMw est la restriction à
bM de la (1,0)-forme holomorphe ∂w. Etant donné que F est (σ,cM)-analytique, ∂w=F∗∂σu.
Considérons maintenant dans C∞(bM,R)
quatre fonctions u0,...,u3 dont on note par un tilde leur prolongement
cσ-harmonique à M. Grâce à la remarque
faite page 327 pour le théorème 4 de [18], on sait que
pour (u0,...,u3) générique, les formes
∂σuj ne s’annulent pas simultanément et
que [∂σu]=[∂σu0:⋯:∂σu3] plonge M dans
CP3 sur une surface de Riemann S à bord. Dans une telle
situation, les distributions harmoniques wj qui sont les
solutions du problème (9) quand w=f∗uj
vérifient
[TABLE]
pour tout j∈N.
∎
Remarque. [∂w] est définie sans
ambiguïté sur RegM et se prolonge
holomorphiquement le long de toute branche B de M. L’application
multivaluée [∂w] qui en résulte
désingularise M au sens où il existe une normalisation
G:S→M telle que G∘[∂w]=IdM.
θcσ n’étant pas directement accessible à partir de
Ndσ, la méthode proposée par le
théorème 4 pour construire un plongement de M dans CP3 repose sur l’utilisation de la surface nodale
M fabriquée par le théorème de Henkin et Santacesaria
pour obtenir θcM à partir d’extensions harmonique
simples à M de fonctions définies sur bM. Bien
que M soit connue, le fait que M soit nodale complique
les choses car ce problème de Dirichlet n’a de solution unique que si on
spécifie des données aux points nodaux.
Plus précisément, notons q1,...,qs les points de
M où M a au moins deux
branches intérieures. Pour chacun de ces points qj, notons Bj,1,…,Bj,μj les branches intérieures de M en qj. Alors, pour v∈C∞(bM) donnée, on
sait d’après [16, prop. 2] que pour toute famille
α=((αj,kr)1⩽j⩽s)1⩽k⩽μj de nombre complexes vérifiant
1⩽k⩽μj∑αj,k=0 pour tout j, il
existe un et un seul prolongement de v en distribution harmonique
vα tel que pour tous j,k le résidu en qj de
∂vαBj,k vaut
αj,k. En particulier, v0=v.
Si dans le théorème 4, on remplace [F∗θcMf∗u] par
[TABLE]
où les familles de réels αr=((αj,kr)1⩽j⩽s)1⩽k⩽μj vérifient 1⩽k⩽μj∑αj,kr=0 , on obtient encore les mêmes conclusions quand (u0,u1,u2,u3) est générique et l’application
(j,k)↦[αj,k0:⋯:αj,k3] est bien définie et injective. Notons que la seconde partie
du théorème admet aussi une modification similaire.
Cette modification du théorème 4 dit en substance qu’il
n’est pas utile de se soucier de quels prolongements en distribution
harmonique on use. Cependant, la construction de tels prolongements n’est pas
forcément évidente. La section suivante en propose une.
3.2 Fonctions de Green nodale
Quand M est une surface de Riemann à bord lisse, une fonction de Green
pour M est une fonction symétrique réelle g définie sur
M×M privée de sa diagonale ΔM telle que pour tout q∈M, gq=g(q,.)
est harmonique sur M\{q}, continue sur
M\{q} et présente une
singularité logarithmique isolée en q, ce qui signifie qu’ayant
choisi au voisinage de q dans M une coordonnée holomorphe z
centrée en q, gq−2π1ln∣z∣ se
prolonge harmoniquement au voisinage de q. L’unique fonction de Green telle
que gq∣bM=0 pour tout q∈M est dite principale.
Avec une fonction de Green g, on fabrique l’opérateur T qui à
v∈C∞(bM) associe la fonction Tv définie par
[TABLE]
Lorsque v∈C∞(bM), Tv est harmonique sur M, se
prolonge à M en fonction de classe C∞ et si g est
principale, coïncide avec v sur bM. Si on se ramène au cas où
M est relativement compact dans une surface de Riemann
M (on peut par exemple choisir pour M le double de
M), on peut considérer l’opérateur S qui à v∈C∞(bM) associe la fonction Sv définie par
[TABLE]
Lorsque v∈C∞(bM), Sv est harmonique sur M, se
prolonge à M en fonction de classe C∞ et
d’après un résultat de Sohotksy de 1873, vérifie v=Tv−Sv sur
bM. En outre, d’après les travaux de Fredholm en 1900, l’équation
intégrale v=w+(Sw)∣bM admet une
unique solution qu’on note Rv et le prolongement harmonique Ev de v
à M est Ev=TRv. En particulier, GM:(q,z)↦g(q,z)−E(gz∣bM)(q) est la fonction de Green principale de M. Quand g est une
fonction de Green principale, la formule (10) donne le prolongement
harmonique de v à M.
D finition 5
Soit Y une courbe complexe ouverte, éventuellement
singulière, d’un ouvert de C2. Une fonction de Green pour
Y est une fonction g:(RegY×RegY)\ΔRegY→R symétrique telle
que pour tout q∗∈RegY, gq∗=g(q∗,.) vérifie i∂∂gq∗=δq∗dV au sens des courant, δq∗
étant la mesure de Dirac portée par {q∗} et
dV=i∂∂∣.∣2 - ceci implique
en particulier que ∂gq∗ est une (1,0)-forme faiblement holomorphe sur Y\{q∗} au sens de [27].
Lorsque Y est une surface de Riemann nodale ouverte, quotient
d’une surface de Riemann S par une relation d’équivalence et lorsque
π est la projection canonique de S sur Y, une fonction de
Green simple pour Y est une fonction g:(RegY×RegY)\ΔRegY→R pour
laquelle il existe une fonction g:(S×S)\ΔS→R ayant les propriétés
suivantes : - lorsque q∗∈RegY et
{s∗}=π−1(q∗), gq∗=π∗gs∗ au sens des courants - lorsque q∗∈SingY, B est une branche de
Y en q∗ et {s∗}=(π∣B)−1(q∗),
gq tend au sens des courants vers π∗gs∗
lorsque q∈B\{q∗} tend vers
qs.
Une fonction de Green principale pour une surface de Riemann nodale à bord
Y est une fonction de Green simple g pour Y telle
que si B est une branche de bord de Y, g∣B se prolonge continûment à B par la valeur [math] sur B∩bY.
Détaillons maintenant la formule explicite de la proposition 17
de [17] établissant l’existence de fonctions Green pour une
famille à 1 paramètre de courbes complexes dont les singularités
éventuelles sont quelconques. On se donne une courbe complexe
Y d’un ouvert de C2, Ω un voisinage de Stein
de Y dans C2, Φ une fonction holomorphe sur
Ω telle que Y={Φ=0} et dΦ∣Y=0 puis un domaine strictement pseudoconvexe
Ω∗ de C2 vérifiant
[TABLE]
et enfin une fonction symétrique Ψ∈O(Ω×Ω,C2) telle que pour tout (z,z′)∈C2,
[TABLE]
où ⟨v,w⟩=v1w1+v2w2 lorsque
v,w∈C2. On définit sur RegY
une (1,0)-forme ω en posant
[TABLE]
et on considère
[TABLE]
Lorsque q∗∈RegY0, [17, prop. 17
] établit que la formule
[TABLE]
définit pour Y0 une fonction de Green au sens ci-dessus. En
outre, la preuve de [17, prop. 17 ] apporte que si q∗∈RegY0
[TABLE]
où kq∗=2π1k(.,q∗).
La proposition ci-dessous donne un complément utile.
Proposition 6
On suppose Y n’a que des singularités
nodales. Dans ce cas, la fonction g définie par (11) est une
fonction de Green simple pour Y.
Démonstration.
Commençons par prouver que q∗ étant fixé dans
RegY0, gq∗ se prolonge en fonction
harmonique usuelle le long des branches de Y0\{q∗}. Puisque, gq∗ est une distribution harmonique
sur Y0\{q∗}, on sait
déjà que gq∗∣RegY0 est une fonction harmonique usuelle et grâce à [16, prop.
2] que pour toute branche B de Y0 en
q, gq∗∣B a au plus une
singularité logarithmique isolée en q et donc que ∂gq∗ au plus un pôle simple en q. Fixons q dans
SingY0 et B une branche de
Y0 en q. En diminuant B et en changeant
éventuellement de coordonnées, on se ramène au cas où q=0 et
où Φ est au voisinage de [math] de la forme
[TABLE]
avec φ holomorphe dans un disque V=D(0,r) assez petit
et Θ∣B ne s’annulant qu’en [math]. En
particulier, il existe une fonction θ holomorphe sur V telle que
θ(0)=0 et Θ(z1,φ(z1))=z1ν−1θ(z1) lorsque
z1∈V, ν désignant le nombre de branches de Y0
en q. Sur B\{q}, on a donc
ω=θ(z1)z1ν−1dz1.
Considérons alors χ une (0,1)-forme à support
compact dans B ; χ s’écrit donc ξdz1
avec ξ∈D(V). D’où, par définition,
[TABLE]
où kq∗(z1)=kq∗(z1,φ(z1)). Ecrivons
[TABLE]
où l’expression Dpf∣w.zp se lit comme
étant la valeur prise par la différentielle totale d’ordre p de f
en w sur le vecteur (z,...,z). Puisque ∫02πeiθ(α−β−ν+1)dθ=0 lorsque
α+β<ν−1, on obtient
[TABLE]
Par ailleurs, il existe c∈C et h∈O(V) telle que l’expression de ∂gq∗∣B dans la coordonnée z1 soit z1cdz1+hdz1. D’où
[TABLE]
Ecrivons ξ(z1)=ξ(0)+ξ1,0z1+ξ0,1z1+∫01(1−t)D2ξtz1.z12dt. Il vient alors
[TABLE]
Comme (12) ne comporte pas de dérivation de la mesure de Dirac
en [math], la comparaison avec (13) impose c=0, ce qu’il fallait prouver.
Fixons maintenant q_{s}\dans SingY.
Considérons une branche B de Y en qs
suffisamment petite pour qu’on puisse s’y donner une coordonnée holomorphe
z centrée en qs. La symétrie de g et ce qui précède
impliquent que lorsque q∗∈B tend vers qs,
gq∗−2π1ln∣z−z(q∗)∣ converge uniformément sur B vers une fonction
harmonique de la forme gB,qsB−2π1ln∣z∣ où gB,qs est harmonique sur
B\{qs}. Pour la même raison, si
B′ est une autre branche de Y en qs et
B∋q∗ tend vers qs, gq∗ converge
uniformément sur B′ vers une une fonction harmonique
gB,qsB′. Enfin, l’expression
explicite (11) de g donne que lorsque q∗∈B
tend vers qs et que B′ est une branche de
Y relativement compacte dans Y\{qs}, gq∗ converge uniformément sur B′ vers une fonction harmonique gB,qsB′. Quand B′ parcoure l’ensemble des branches de
Y, ces fonctions gB,qsB′ se
recollent en une fonction gB,qs qui est harmonique sur
B′\{qs} pour toute branche
B′ de Y, dont la restriction à
B présente une singularité logarithmique en qs et
telle que gq∗B∋q∗→gB,qs au sens des courants.
Procédant ainsi pour tous les points singuliers de Y, on
constate que g est une fonction de Green simple pour Y.
∎
Corollaire 7
Soit (M,σ) une structure de
conductivité de dimension deux. On se donne, ce qui est toujours possible,
une structure de conductivité (M,σ) de
dimension 2 qui prolonge simplement (M,σ), ce qui
signifie que M⊂⊂M, σ∣M=σ et que σ∣p=IdTp∗M pour tout p∈bM.
On note alors F:M→C2 l’application obtenue
en appliquant le théorème 3 à (M,σ), on pose Y=F(M)
et on fixe un voisinage de Stein Ω de Y dans C2. Enfin, M=F(M) étant relativement
compacte dans Y, on peut se donner un domaine strictement
pseudoconvexe Ω∗ de C2 vérifiant M⊂⊂Y0=Y∩Ω∗⊂Ω. On
note g la fonction définie par (11). Alors, F∗gM×M\ΔM
est une fonction de Green pour (M,cσ).
Démonstration.
Puisque F:M→M est une normalisation (cσ,cQ)-analytique, h=F∗g est bien définie sur
Mreg×Mreg\ΔMreg où Mreg=F−1(RegQ), symétrique et pour tout x∈M, hx=h(.,x) est harmonique sur Mreg\bM∪{x}, continue sur Mreg\{x} et vérifie i∂σ∂σh=δxdV où dV est une forme volume
pour M. Lorsque p∈F−1(SingY)∩M et U est un voisinage ouvert connexe de p
dans M, B=F(U) est une branche intérieure de
M en q=F(p) et on peut poser
hp=F∗gp,B. La proposition 6 entraîne que
h ainsi construite est une fonction de Green pour M.
∎
Le corollaire 7 permet aussi de compléter le
théorème 4 en donnant une formule explicite F∗θcMf∗u.
Corollaire 8
Les hypothèses et les notations sont celles du
théorème 4 et du corollaire 7.
M admet une fonction de Green principale et si g est une telle
fonction, pour tout u∈C∞(bM), F∗θcMf∗u est donné par la formule
[TABLE]
Démonstration.
Ceci découle directement du corollaire 7 et du
procédé de construction des fonctions de Green principale rappelé
au début de cette section.
∎
**Remarque. **Le corollaire 7 permet aussi
de déterminer la fonction de Green principale de (M,cσ) grâce à la méthode décrite au début de cette section.
Cette section fournit donc un procédé pour déterminer
l’opérateur Ndcσ à partir de Ndσ et
ramène le problème initial à celui où le coefficient de
conductivité est constant et donc à la situation étudiée
dans [14, 16] à laquelle sont consacrées les
sections 3.3 et 4.2.
3.3 Conductivité de coefficient constant
Dans cette section, on revient sur l’unicité de la structure complexe dans
le cas d’une conductivité de coefficient constant. Comme il est noté
dans la section 3.1, cela permet de compléter le
théorème de Henkin-Santacesaria ainsi que la preuve du
théorème 1 de [14] qui est le théorème
ci-dessous pour n=2. Notons que l’hypothèse faite sur les fonctions
uj est génériquement vérifiée (voir [14, 16]).
Th or me 9** **(Henkin-Michel, 2007)
Soient M et M′, deux
surfaces de Riemann à bord lisses bordées par la même courbe
réelle γ. On pose ∂=d−∂ (resp.
∂′=d−∂′), ∂
(resp. ∂′) étant l’opérateur de
Cauchy-Riemann de M (resp. M′). Si u∈C∞(γ), on note u (resp. u) le
prolongement harmonique de u à M (resp. M′) et on pose
θu=(∂u)∣γ
(resp. θ′u=(∂′u)∣γ) ; θ (resp. θ′) est aussi
l’opérateur θcσ défini par (7) lorsque
σ est la conductivité associée à la structure complexe de
M (resp. M′).
On se donne u0,...,un∈C∞(γ) où
n∈N∗, on suppose que pour tout j∈{0,...,n}, θuj=θ′uj, l’application
[θu]=[θu0:⋯:θun]=[θ′u] est bien définie, réalise un
plongement de γ dans {[w0:⋯:wn]∈CPn;\leavevmodew0=0} et on suppose en outre que [∂u] (resp. [∂′u]) est bien définie sur M (resp. M′) et
prolonge méromorphiquement [θu] (resp. [θ′u]) à M (resp. M′). Dans ces
conditions, il existe un isomorphisme de surfaces de Riemann à bord de
M sur M′ dont la restriction à γ
est l’identité.
L’une des étapes de la preuve de ce théorème
utilise [18] dont les lemmes 11 à 14 avaient été
écrits au départ par l’auteur de ces lignes pour donner une preuve
complète du théorème ci-dessus.
On note (Uℓ) et (Uℓ′)
les extensions harmoniques de u à M et M′ respectivement.
Par hypothèse, F=[∂U]:M⟶CPn et F′=[∂U′]:M′⟶CPn sont bien définies,
coïncident sur γ et f=F∣γ=F′∣γ plonge γ dans {w0=0} où w0,...,wn sont les coordonnées
homogènes standards de CPn. On munit δ=f(γ) de l’orientation de γ transportée par f. Les
hypothèses de régularité faites sur M et M′ impliquent
que F et F′ sont de classe C1. On pose
[TABLE]
Puisque f est un plongement de γ dans {w0=0}
qui est isomorphe à Cn, il existe un voisinage G ouvert de
γ dans M tel que FG=F∣G soit un
plongement de G dans C2; l’orientation de δ est donc
aussi celle induite par celle naturelle de G. Lorsque A est un espace
topologique, on note CC(A) l’ensemble des composantes
connexes de A. Si A⊂M et B⊂F(A),
on note ν(F,A,B) le degré de FAB quand il existe. On adopte pour M′ des notations
similaires à celle prises pour M. La notation Dp,q(U) désigne l’espace des (p,q)-formes de classe
C∞ à support compact dans un ouvert U d’une variété
complexe. La notation Hd(E) désigne la
mesure d-dimensionnelle de Hausdorff d’un ensemble E quand ceci a un sens.
Lemme 10
Γ\γ* est un compact de M et Y est
une courbe complexe de CPn\δ.*
Démonstration.
Puisque FG plonge G dans C2, Γ∩G=γ et
Γ\γ=Γ∩(M\G)
est un compact contenu dans M. En particulier, M=M\Γ est une surface de Riemann ouverte. Par construction, F
est propre car si L est un compact de CPn\δ,
F−1(L) est un compact de M qui
ne rencontre pas Γ et donc est un compact de M. Par un
théorème de Remmert, inutile dans le cas très simple n=1,
Y=F(M) est un sous-ensemble analytique de
CPn\δ.
∎
Lemme 11
F∗[M]* est un courant normal positif
porté par Y et dF∗[M]=[δ].*
Démonstration.
Si χ est une forme lisse à support compact de CPn,
[TABLE]
F∗[M] est donc un courant de bidegré (1,1) porté par F(M) c’est-à-dire
Y. Il est positif car si χ∈D1,1(CPn) est positive, (F∗χ)∣M est une (1,1)-forme positive de M
car F est holomorphe et donc ⟨F∗[M],χ⟩⩾0. Soit ξ∈C∞(CPn) tel que χ=ξωFS où ωFS=2πi∂∂ln∣w∣2 est la
(1,1)-forme qui induit la métrique de Fubini-Study. On a
alors
[TABLE]
Comme ∥χ∥=p∈CPnsup∥χp∥ et
[TABLE]
on obtient que la masse de F∗[M] est finie et au plus
∫MF∗ωFS. Si χ∈D(CPn),
[TABLE]
Autrement dit, dF∗[M]=F∗[γ]=[δ]. En particulier, la masse de dF∗[M] est finie ; F∗[M] est un courant normal
porté par Y.
∎
Lemme 12
F∗[M]CPn\δ* est une chaîne holomorphe positive de
CPn\δ portée par Y.*
Démonstration.
Etant donné que T=F∗[M] est porté par
Y et que Y=Y\δ, S=TCPn\δ est un courant normal et donc
localement rectifiable de CPn\δ, sans bord et
porté par Y. D’après le théorème de structure 2.1
de [11], il existe donc (nj)1⩽j⩽N∈ZN tel que S=1⩽j⩽N∑nj[Yj] où (Yj) est la famille
des composantes irréductibles de Y. S étant par ailleurs un
courant positif d’après le lemme 11, les nj sont des
entiers naturels.
∎
Lemme 13
F∗[M]=F∗[M′]* et Y′=Y.*
Démonstration.
D’après le lemme 11, le courant T=F∗[M]−F∗′[M′] est un courant normal
sans bord de bidegré (1,1) porté par Y∪Y′. Il est par conséquent de la forme 1⩽j⩽N∑nj[Zj] où (nj)∈(Z∗)N et les Zj sont des courbes
complexes compactes irréductibles de CPn contenues dans
Y∪Y′. Soit Z l’une de ces courbes.
Z∩δ=∅ car sinon F−1(Z) est une
courbe complexe compacte contenue dans M ou M′, ce qui est exclu.
L’une des composantes connexes β de δ est donc contenue dans Z;
on munit β de l’orientation induite par δ. β étant
lisse, il existe dans Z une surface de Riemann (lisse) B telle que
B\β est contenue dans (CPn\δ)∩RegY∩RegY′ et n’a que deux composantes connexes B− et B+.
Par construction, B− est une surface de Riemann ouverte connexe contenue
dans la courbe complexe Y∪Y′ et donc l’un au moins des deux
nombres H2(B−∩Y) ou H2(B−∩Y′) est strictement positif, par
exemple H2(B−∩Y)>0. Puisque B− est
connexe, ceci implique*(*444
Puisque B−∩δ=∅, B−=(B−∩Y)∪(B−\Y). B−∩Y est un ouvert de B−
car par construction, B−⊂RegY∩RegY′. Il est non vide par
hypothèse. Donc B−=B−∩Y⊂Y.) que B−⊂Y.
Etant donné que β est contenu dans les bords de Y et B, on en
déduit quitte à diminuer B, que Y∩B⊂Z et donc que
Y∩B⊂B−∪B+.
Supposons que H2(B+∩Y)=0. Alors, comme
B⊂RegY, B+∩Y=∅, Y∩B=B− et, par force, B+⊂Y′. Supposons en outre que
H2(B−∩Y′)=0, alors, quitte à
diminuer B, on a de la même façon qu’auparavant Y′∩B=B+ et donc d[Y]=−d[Y′] près
de β. Ceci est incompatible avec le fait que F∗[M] et F∗′[M′] sont deux chaînes
holomorphes positives de CPn\δ portées
respectivement par Y et Y′. Par conséquent, H2(B−∩Y′)>0 et donc B−⊂Y′. D’où B⊂Y′ puis Z⊂Y′, ce qui est de
nouveau une contradiction. Revenant à notre première supposition, on
en déduit que H2(B+∩Y)>0 et donc
B⊂Y, ce qui est de nouveau absurde. Le lemme est prouvé.
∎
Lemme 14
Lorsque y∈Y, My=F−1({y}) est un ensemble fini et ν:Y:y↦CardMy est bornée.
Démonstration.
Supposons que F−1({y}) est infini pour un
un certain y∈Y. Si F−1({y}) possède un point d’accumulation dans M, F=y sur une composante
connexe de M et donc sur un ouvert non vide de γ. Dans le cas
contraire, F−1({y}) possède un point
d’accumulation dans γ et dF s’annule en ce point. Dans les deux cas,
ceci contredit que F∣γ est un plongement.
Supposons que ν ne soit pas bornée. Il existe alors (ym)∈YN telle que (νm)=(ν(ym)) a +∞ comme limite et
(ym) converge vers y∗∈Y. Puisque
M est compacte, il existe dans MN une
suite convergente de limite x∗0∈F−1({y∗}) et une extractrice φ:N→N telle que yφ(m)=F(xm)
pour tout m∈N. Si dFx∗0=0,
il existe un voisinage ouvert U0 de x∗0 dans M
tel que V0=F(U0) est une surface de Riemann (à bord
si x∗0∈γ) et FU0V0 est un
biholomorphisme (de surfaces de Riemann à bord si x∗0∈γ) ; on pose m∗0=1 dans ce cas. Si dFx∗0=0, x0∗∈/γ et on peut choisir des
coordonnées holomorphes (ζ1,...,ζn) pour
CPn au voisinage de y∗ tel que l’ordre d’annulation
m∗ de (d(ζ1∘F),...,d(ζn∘F)) en x∗0 est aussi celui de
d(ζ1∘F) en x∗0. Dans ce cas, il existe
un voisinage ouvert U0 de x∗0 dans M tel que si y∈V0=F(U0), ζ1(F(y)) a exactement m∗0 antécédents par ζ1∘F dans
U0, deux à deux distincts si y=y∗ ; si y∈V0=F(U0), y a donc au moins un antécédent par
F dans U0 et au plus m∗0.
Supposons que nous disposons dans F−1(y∗) de k+1
points deux à deux distincts x∗0,...,x∗k et de
voisinages ouverts U0,...,Uk de ces points dans M tels
que pour tout j∈{1,...,k}, 1⩽CardF−1(y∗)∩Uj⩽m∗j et
Uj⊂M\Vj−1 où Vj−1=1⩽ℓ⩽j−1∪Uℓ. Alors
CardF−1(y∗)∩Vk⩽0⩽j⩽k∑m∗j et puisque M\Vk+1 est compact, on peut donc trouver une extractrice
φ:N→N telle que pour tout m∈N, F−1(yφ(m))∩(M\Vk+1) contient au moins un point
xmk+1 qui, lorsque m tend vers +∞ , tend vers un point
x∗k+1∈F−1({y∗}). Comme
précédemment, on peut alors trouver un entier m∗k+1 et un
voisinage Uk+1 de x∗k+1 dans M tels que
1⩽CardF−1(y∗)∩Uk⩽m∗k+1.
On construit ainsi par récurrence une suite (x∗k)k∈N de points deux à deux distincts de My,
ce qui est impossible. ν est donc bornée.
∎
Lemme 15
Soit h∈O(M)∩C0(M). Alors F∗h est holomorphe et bornée sur
RegY et F′∗F∗h=(F∗h)∘F′∈O(M′)∩C0(M′)
Démonstration.
Par définition F∗h est la fonction définie sur Y par
(F∗h)(y)=x∈F−1(y)∑h(x). Soit y∗∈(RegY)\F({dF=0}). Posons
F−1(y∗)={x∗1,...x∗k}
où k=ν(y). Il existe un voisinage B de y dans
RegY tel que pour tout j∈{1,...,k}, il
existe un voisinage Aj de x∗j dans M pour lequel
Fj=FAjB est un biholomorphisme. Supposons
que (yν)∈BN converge vers y∗ et
CardF−1{yn}⩾k pour tout n.
Pour chaque n∈N, il existe donc an∈M\{F1−1(yn),...,Fk−1(yn)} tel que F(an)=yn. Quitte à considérer une
sous-suite, (an) converge vers un point a de
M qui vérifie F(a)=y∗. Etant donné
que y∈Y=F(M)\F(bM), a∈/bM
et il existe j∈{1,...,k} tel que a=x∗j. Pour n
assez grand, an et Fj−1(yn) sont alors deux
points distincts de Aj qui ont la même image par F, à savoir
yn. Ceci est absurde. Donc, F∗h=1⩽j⩽k∑h∘Fj−1 est holomorphe au voisinage de. De plus, ∣F∗h∣⩽k∥h∥∞ et
k=ν(y). F∗h est donc bornée d’après le
lemme 14. Etant donné que (RegY)∩F({dF=0}) est fini, F∗h se prolonge holomorphiquement à RegY. Ceci implique
que F′∗F∗h=(F∗h)∘F′ est
holomorphe et est bornée sur M′\F′−1(SingY). Comme F′−1(SingY) est un ensemble fini, F′∗F∗h se prolonge holomorphiquement à M′.
∎
Lemme 16
Si ω′∈C1,0(M′)∩Ω1,0(M′), il existe ω∈C1,0(M)∩Ω1,0(M) telle
que ω∣γ=ω′∣γ.
Démonstration.
Il s’agit de constater que ω′∣γ
vérifie la condition des moments quand γ est vue comme le bord de
M. Soit donc h∈O(M)∩C0(M). D’après le lemme 15, g=F′∗F∗h∈O(M′)∩C0(M′). Puisque f∗[γ]=[δ],
9 Puisque par
hypothèse [(∂Uℓ)0⩽ℓ⩽n] est une application bien définie de
M dans CPn, on peut utiliser le lemme 12
d’adjonction de [18] qui bien, qu’écrit pour le cas
particulier n=2, s’applique sans changement pour n quelconque dans
N∗ : il existe des fonctions Un+1,...,UN harmoniques
sur M et continues sur M telles que [(∂Uℓ)0⩽ℓ⩽N] est un plongement de
M dans CPN. De même, il existe des fonctions
UN+1′,...,UN′′ harmoniques sur M′ et
continues sur M′ telles que [(∂Uℓ′)ℓ∈{0,..,n,N+1,..,N′}] est un plongement de M′ dans CPn+N′−N. Lorsque ℓ∈{N+1,...,N+N′}, le
lemme 16 donne que (∂Uℓ′)∣γ′ se prolonge à M en une (1,0)-forme holomorphe Σℓ. De même, lorsque ℓ∈{n+1,...,N}, (∂Uℓ)∣γ se prolonge à M′ en une (1,0)-forme holomorphe Σℓ′. Considérons
alors
[TABLE]
Par construction Σ et Σ′ coïncident sur γ.
Notons (wℓ)0⩽ℓ⩽L les
coordonnées naturelles de CL+1. Lorsque 0⩽ℓ∗⩽n, [Σ]{∂Uℓ=0} s’écrit (∂Uℓ/∂Uℓ∗)ℓ=ℓ∗ dans les
coordonnées naturelles de CL identifié à {wℓ∗=0}. Notons pℓ∗ la projection
naturelle de CL sur CN, (zℓ)ℓ=ℓ∗↦(zℓ)0⩽ℓ⩽N,\leavevmode\nobreakℓ=ℓ∗. L’application (∂Uℓ/∂Uℓ∗)0⩽ℓ⩽N,\leavevmode\nobreakℓ=ℓ∗ est par construction un plongement de
{∂Uℓ=0} dans CN. [Σ] est par ailleurs injective car M=0⩽ℓ⩽n∪{∂Uℓ=0} et car une relation de la forme [Σ](x)=[Σ](y) impose
y∈(∂Uℓ)x=0∩{∂Uℓ=0}. [Σ] est donc un
plongement de M dans CPL. De même, [Σ′] est un plongement de M′ dans
CPL. Remarquant que la preuve du lemme 11
n’utilise pas que F est une application canonique, c’est-à-dire de la
forme [∂U], ou en utilisant le lemme 8 de
[18] qui montre que Σ et Σ′ sont
forcément de ce type, on en conclut que Σ(M)=Σ′(M′) puis que M et M′ sont
rendues isomorphes par une application dont la restriction à γ est l’identité.
∎
4 Reconstruction
4.1 Conductivité isotrope
Lorsque M est un domaine de R2 est muni de la structure
complexe induite par la métrique euclidienne standard de R2,
c’est-à-dire quand M est muni d’une conductivité isotrope σ,
on sait que σ est entièrement déterminée par son
opérateur de Dirichlet-Neumann. Cette unicité est établie pour une
conductivité réelle analytique dans [22]. Pour une
conductivité isotrope lisse, un procédé de reconstruction
effective a été donné dans [26] par Novikov et pour une
conductivité de classe L∞ par Nachman dans [25]. Une
autre preuve de ce résultat a été écrite par Gutarts dans
[9] pour une conductivité lisse. Lorsque M est une surface de
Riemann connexe dont le genre est connu, Henkin et Novikov dans [19, th.
1.2] généralisent et corrigent les résultats de
reconstruction d’une conductivité isotrope de [15]. L’aspect
nécessairement technique du principal résultat de [19, th.
1.2] ne nous permet de n’en citer ici qu’un résumé.
Th or me 17** **(Henkin-Novikov, 2011)
Soit (M,σ) une
structure de conductivité de genre g avec σ de classe C3.
Alors σ peut être reconstruite à partir de l’opérateur de
Dirichlet-Neumann Ndσ en résolvant g équations de type
Fredholm associées à g données génériques de
Ndσ puis en résolvant g systèmes explicites qui, dans
le cas où M est un domaine de {z∈C2;\leavevmodeP(z)=0}, P∈CN[X], sont des
systèmes linéaires de N(N−1) équations à
N(N−1) inconnues.
4.2 Conductivité anisotrope
Le théorème de Henkin-Santacesaria cité dans la
section 3.1 permet pour une structure de conductivité
(M,σ) de construire dans C2 une courbe
complexe nodale qui est l’image par une immersion σ-holomorphe de
M dont la restriction à bM est un plongement.
A l’aide du théorème 4 et du
corollaire 8, on peut reconstruire l’opérateur de
Dirichlet-Neumann de la structure complexe (M,cσ)
sous-jacente à (M,σ). Ceci permet de produire une
courbe complexe S de CP3 qui est isomorphe à (M,cσ) et ramène le problème initial à celui
où le coefficient de conductivité est constant, c’est-à-dire au
cas particulier étudié dans [14]. Si cette étape est
franchie de façon constructive, le théorème de Henkin-Novikov
rappelé dans la section 4.1 permet de reconstruire la
conductivité σ elle-même. Le problème initial est alors
entièrement résolu s’il s’agit de produire une structure de
conductivité abstraite dont le bord orienté et l’opérateur de
Dirichlet-Neumann sont prescrits.
Dans cette section, on aborde la reconstruction effective de S, que sans
perte de généralité, on suppose être un domaine relativement
compact d’une surface de Riemann ouverte S de CP3.
Pour un choix générique du quadruplet (u0,u1,u2,u3) de fonctions utilisées dans le
théorème 4, on peut supposer que les projections π3:(w0:w1:w2:w3)↦(w0:w1:w2) et π2:(w0:w1:w2:w3)↦(w0:w1:w3) immergent S dans
CP2 sur des courbes nodales S3 et
S2 telles que π3−1(SingS3)∩π2−1(SingS2)∩S=∅. Dès lors, pour
obtenir un atlas de S, il suffit d’en produire pour S∩RegS2 et S∩RegS3, c’est-à-dire pour une surface de
Riemann nodale à bord Q plongée dans CP2 et qui est un
domaine relativement compact d’une surface de Riemann nodale ouverte
Q de CP2 et dont le bord orienté ∂Q
est connu. Notons que le genre des courbes nodales S3 et S2 est le
même que celui de S et donc de M.
La méthode que nous proposons dans la section 4.8
découle de l’analyse des indicatrices de Cauchy-Fantapié introduites
dans la section ci-dessous et de la caractérisation des sommes d’ondes de
chocs donnée dans la section 4.5. Cette méthode diffère
sensiblement de celle proposée par Agaltsov-Henkin [1] pour
des cas particuliers.
4.3 Indicatrices de Cauchy-Fantapié
Sans perte de généralité, on suppose que bQ⊂{w0w1w2=0} ce qui permet de considérer
[TABLE]
Jusqu’à la fin de cette article, on fait en outre l’hypothèse
générique et donc peu restrictive que
[TABLE]
où ⋔ désigne une intersection transverse. L’hypothèse
Q∞⊂RegQ n’est pas nécessaire mais elle
simplifie les calculs. Toutefois, nous indiquons pour certaines formules une
version pour le cas où Q∞∩SingQ=∅. Dans la situation régulière, on peut prendre
u0=w2w0 comme coordonnée pour Q au voisinage des
points de Q∞ et il existe pour chaque q∈Q∞ une
fonction gq holomorphe au voisinage de [math] dans C telle qu’au
voisinage de q dans CP2, Q coïncide avec {(u0:u1:1);\leavevmodeu1=gq(u0)}.
On note alors (Σgνqu0ν) la série de Talyor de
gq en [math]. Pour q∈Q∞, on a donc
[TABLE]
On pose aussi
[TABLE]
On note U l’ouvert formé par les points z=(x,y) de
C2 tels que bQ ne rencontre par Lz={w∈CP2;\leavevmodexw0+yw1+w2=0}. L’hypothèse (0:1:0)∈/Q∞ assure que Lz∩Q⊂{w0=0} lorsque y=0. On désigne par
Ureg l’ouvert de C2 formé par les points
z de U tels que pour tout q∈Q∩Lz, Lz coupe
transversalement Q en q ; Using=U\Ureg est un sous-ensemble analytique de U ; quand E est
une partie de U, on pose Ereg=E∩Ureg et Esing=E∩Using. L’ensemble Z
définit ci-dessous joue un rôle essentiel :
[TABLE]
où D=D(0,1) et
[TABLE]
Notons que par construction, Z⊂U et que ∣y∣→∞limm(y)=+∞ puisque
bQ⊂{w1=0}. En général Q n’est pas
affine et donc Q∩Lz=∅ lorsque z∈U mais le lemme
ci-dessous assure que le procédé de reconstruction amorcé avec la
proposition 19 aboutit bien à la connaissance complète de
Q.
Lemme 18
Pour tout w∗∈Q∩{w0=0} et tout R∈R+∗, il existe z∈Zreg∩(C×C\RD) tel que w∗∈Lz.
Démonstration.
Soient R∈R+∗ et w∗∈Q tel que w∗0=0. Posons ζ∗=(w∗0w∗1,w∗0w∗2). Les points z=(x,y) de C2 tels que w∗∈Lz forment la droite Lw∗∗
d’équation x+yζ∗1+ζ∗2=0. Si Lw∗∗(R)=Lw∗∗∩(C×C\RD) ne rencontre pas U,
c’est que pour tout y∈C\RD,
(−yζ∗1−ζ∗2,y)∈/U, ce qui implique
l’existence dans bQ d’un élément w=(1:ζ1:ζ2) tel que w∈Lz, c’est-à-dire tel que (−yζ∗1−ζ∗2)+yζ1+ζ2=0 soit encore
y=−ζ∗1−ζ1ζ∗2−ζ2. Etant donné
que bQ est une courbe réelle, C\RD ne peut être contenu dans l’image de bQ par ζ↦−ζ∗1−ζ1ζ∗2−ζ2. Ainsi,
Lw∗∗(R)∩U est un ouvert non vide de
Lw∗∗. Notons que lorsque z∈Lw∗∗∩U,
Q∩Lz est une partie finie non vide de Q0=Q∩{w0=0} car Lz∩bQ=∅, w∗∈Lz et
(0:1:0)∈/Q∞.
Recouvrons Q0 par une famille localement finie B de branches
de Q. Pour chaque branche B∈B, on se donne une fonction
holomorphe f définie sur un ouvert VB de C2 tel que
VB={(1:ζ1:ζ2);\leavevmodeζ∈VB\leavevmode&\leavevmodefB(ζ)=0}. Notons E(R) l’ensemble des z de Lw∗∗(R) tels que
Lz et Q soient tangentes en un point de Lz∩Q. Un point z de
C2 appartient à E(R) lorsque ∣y∣>R et qu’il existe B∈B et ζ∈VB
vérifiant les conditions
[TABLE]
Lorsque ζ=ζ∗, ceci impose ζ∗1=ζ1 et
−∂fB/∂ζ2∂fB/∂ζ1(ζ)=ζ∗1−ζ1ζ∗2−ζ2. Les points ζ vérifiant cette équation forment donc un
sous-ensemble analytique CB de B. A ce titre, CB est soit discret,
soit égal à B.
Supposons que CB=B pour un élément B de B. Alors
∂fB/∂ζ2 ne s’annule pas et on peut trouver
localement une fonction φB telle que fB(ζ)=0 si et seulement si ζ2=φB(ζ1). La
fonction φB vérifie alors φ′(ζ1)+ζ∗1−ζ11φ(ζ1)=ζ∗1−ζ1ζ∗2, c’est-à-dire
(ζ1−ζ∗11φ(ζ1))′=(ζ1−ζ∗1ζ∗2)′. D’où φ(ζ1)=(ζ1−ζ∗1)c+ζ∗2 où c est une
constante. Dans ce cas, B est un ouvert de la droite d’équation
ζ2=(ζ1−ζ∗1)c+ζ∗2 et il
suffit de prendre y=c pour que Lz ne coupe pas B
tangentiellement. Lorsque CB est une partie discrète de B,
l’ensemble E(R,B) des éléments z de Lw∗∗(R) tels que Lz et B soient tangentes en un
point de Lz∩B est contenu, du fait des relations ci-dessus, dans un
ensemble discret. Puisque B est localement finie, on en déduit
de l’étude de ces deux cas que Lw∗∗(R)
rencontre Zreg∩(C×C\RD).
∎
On utilise comme dans [14] les indicatrices de
Cauchy-Fantapié de Q qui sont les fonctions Gk, k∈N,
définies sur U par
[TABLE]
Le point départ de la reconstruction est un résultat de
Dolbeault-Henkin essentiellement contenu dans [8]; leur preuve
qui consiste à utiliser la formule de Stokes s’applique sans changement au
cas où Q∞ contient des noeuds de Q. Dans cet
énoncé et ensuite, on utilise les notations suivantes lorsque
h1,...,hp sont des fonctions à valeurs dans C et
k∈N,
[TABLE]
Les identités de Newton sont que pour tout k∈N∗,
[TABLE]
On note C[X,Y) l’ensemble des éléments de
C(X,Y) qui sont des polynômes en X.
Ck[X,Y) désigne l’anneau des polynômes en
X de degré au plus k dont les coefficients sont des fractions
rationnelles en Y de degré compris entre −1 et −k. Une onde de choc
est par définition une fonction h holomorphe sur un ouvert de
C2 telle que dans le système (x,y) des
coordonnées standards
[TABLE]
Proposition 19** **(Dolbeault-Henkin, 1997)
Soient z∗∈Ureg\E∞ et p=Card(Lz∗∩Q). Si U∗ est un voisinage suffisamment
petit de z∗ dans Ureg, il existe des ondes de choc
h1,...,hp sur U∗ dont les images sont deux à deux
distinctes telles que pour tout z∈U∗,
[TABLE]
En outre, pour tout k∈N, il existe Pk∈Ck[X,Y) tel que pour tout z∈U∗
[TABLE]
De plus, notant η l’injection naturelle de Q dans CP2,
Pk=q∈Q∞∑Res(η∗Ωzk,q) et
[TABLE]
D’un point de vue pratique, la principale difficulté est de déterminer
le nombre p et les polynômes Pk. [1] contient une
méthode quand p∈{1,2}. Pour celle que proposée
dans la section 4.8, il faut commencer par apporter des
précisions sur p les polynômes Pk. Le lemme ci-dessous prouve
les polynômes Pk ne dépendent que des germes de Q en les points
de Q∞.
Lemme 20
P0=−q∞* où q∞=CardQ∞ et lorsque k∈N∗, posant Pk=0⩽m⩽k∑pk,mXm,*
[TABLE]
En outre, si on pose
[TABLE]
Alors
[TABLE]
où les pk,0,jq sont des polynômes universels en les
coefficients du jet d’ordre k−j+1 de Q en q et pk,0,j=q∑pk,0,jqq′=qΠ(1+Ybq′)j. En particulier, Pk ne dépend pas de
z∗ et est entièrement déterminé par les k(q∞+1) nombres bq, pk,0,jq, (q,j)∈Q∞×{1,...,k}
**Remarque. **Dans le cas où Q∞∩SingQ=∅, la formule (22) devient
B∞=q∈Q∞∏(1+Ybq)ν(q) où ν(q) désigne le nombre
de branches de Q en q, (23) reste inchangée et dans
(24), il faut remplacer g1q par B∑g1B,q
où la sommation se fait sur un jeu complet de branches de Q en q et
g1B,q=(gB)′(0), gB
désignant la fonction holomorphe telle qu’au voisinage de [math], une
équation de la branche B est u1=g1B(u0).
Démonstration.
Supposons que (21) soit vérifiée pour un entier k non nul.
Alors
Soit maintenant k∈N. Dans les coordonnées affines (u0,u1)=(w2w0,w2w1)
de CP2, Ωzk s’écrit
[TABLE]
On fixe un point q de Q∞ et pour simplifier les notations, on
écrit g au lieu de gq (et donc gν pour gνq) et u
pour u0 pour quelque temps. Au voisinage de q dans Q, la forme
η∗Ωzk s’écrit dans la coordonnée u sous la
forme
[TABLE]
Notant par ⟨f,uν⟩ le coefficient de uν
dans la série de Taylor en [math] d’une fonction f holomorphe au voisinage
de [math], on obtient
[TABLE]
En particulier P0q(z)=−1 et donc P0=−CardQ∞. Supposons désormais k⩾1.
Notons alors que
[TABLE]
et que si g′gk−1=n∈N∑αnun,
k1(gk−g0k)=n∈N∗∑nαn−1un, ce qui livre
[TABLE]
Par conséquent,
[TABLE]
Puisque g−g0=O(u), il vient par ailleurs pour u assez
petit
[TABLE]
Or pour tout n∈N∗
[TABLE]
Donc
[TABLE]
D’où Pkq(z)=m=0∑kpk,mq(y)xm avec
[TABLE]
et pour 1⩽m⩽k−1,
[TABLE]
En particulier,
[TABLE]
Par ailleurs, pour tout n∈N,
[TABLE]
D’où
[TABLE]
On remarque que ⟨g′gk−1(g−g0)k−1,uk−1⟩=g1g0k−1g1k−1=g1kg0k−1 et que
[TABLE]
ce qui donne
[TABLE]
et
[TABLE]
D’où
[TABLE]
avec
[TABLE]
En sommant sur q décrivant Q∞ les relations obtenues, on
produit celles annoncées dans le lemme.
∎
Une conséquence non vitale pour notre but mais somme toute remarquable,
est le résultat de confinement suivant.
Corollaire 21
L’ensemble R∞ des racines du
polynôme B∞ défini par la formule (22) est
contenu dans ρD.
Démonstration.
Pour établir le confinement annoncé, il faut rentrer un peu dans le
détail de la preuve de la proposition 19. Notons v=(w0w1,w0w2) le couple des
coordonnées naturelles de {w0=0}. Soit z∗=(x∗,y∗)∈U. La droite Lz∗ rencontre
donc Q en au moins un point et puisque Lz∗∩bQ=∅,
Lz∗∩Q ne possède pas de point d’accumulation dans bQ ni
dans Q car sinon Q contiendrait un ouvert non vide de la droite
Lz∗ et celle-ci aurait à rencontrer bQ. Lz∗∩Q
est donc un ensemble fini, contenu dans {w0=0} car
(0:1:0)∈/Q. Si w∗=(1:v∗1:v∗2)∈Q, on pose D(w∗,ε)={(1:v1:v2);\leavevmode∣v−v∗∣<ε} et DQ(w∗,ε)=Q∩D(w∗,ε). Sélectionnons ε∈R+∗ tel que les disques D(q∗,ε), q∗∈Lz∗∩Q, soient deux à
disjoints. Il existe alors un voisinage U∗ de z∗ tel que
Lz∩Q⊂Qεq∗∈Lz∗∩Q∪D(q∗,ε) lorsque z∈U∗. Par
conséquent, lorsque z∈U∗, on peut appliquer*(555Dans
le cas où Q a des singularités quelconques, celle-ci reste valable
mais ce n’est pas élémentaire comme dans le cas nodal.)* la
formule de Stokes à la forme Ωz1 et Q\Qε. On obtient avec les notations de la
proposition 19
[TABLE]
En prenant ε suffisamment petit, chaque intégrale ci-dessus se
décompose en une somme d’intégrales de la forme ∫B∩∂D(q∗,ε)Ωz1 où B est une
branche de Q en q∗. Les théorèmes classiques de
régularité s’appliquant à ces dernières, on en déduit que
z↦q∈Q∞∑Res(η∗Ωzk,q) est holomorphe au voisinage de z∗. Par
ailleurs, les fractions rationnelles Pk ne dépendant pas du point de
Ureg auquel on applique la proposition 19, on
sait aussi que si z=(x,y)∈Ureg,
q∈Q∞∑Res(η∗Ωzk,q)=P1(z)=B∞(y)A(y)+xB∞(y)B∞′(y) où A∈C[Y].
Ceci force B(y∗)=0. Etant donné que Z⊂U, on en déduit que B∞⊂ρD.
∎
**Remarque. **En fait, B∞ est contenu dans l’image de
C\U par la projection C2∋(x,y)↦y.
4.4 Développement des indicatrices
La forme des fractions Pk dégagée par le lemme 20
suggère d’étudier les fonctions Gk sur le domaine Z définit
par (15).
Lemme 22
On note δ l’entier relatif 2πi1∫∂Qw1/w0d(w1/w0). Pour tout
k∈N, Gk admet sur Z un développement en série de
Laurent de la forme
[TABLE]
avec convergence normale sur tout compact de Z et où pour tout
m∈N∗, Gk,m=0⩽n<m∑Gk,mnXn est un polynôme degré au plus m−1,
Gk,0=δk,0δ, Gk,m=δk,m(−1)mδmXm+Gk,m=deˊf0⩽n⩽m∑Gk,mnXn. En particulier
[TABLE]
avec G1,10=2πi−1∫∂Qw1w2dw0w1+2πi1∫∂Q(w0w2)2dw0w2.
Démonstration.
Fixons k dans N. Soit y∈C\ρD. La fonction Gk(.,y) est holomorphe
sur Dy=D(0,m(y)) et se développe en
série entière sous la forme
[TABLE]
avec pour tout n∈N
[TABLE]
où (∂Q)0 est l’image de ∂Q dans les
coordonnées naturelles (z1,z2)=(w0w1,w0w2) de {w0=0}.
Lorsque w∈bQ, w1w2⩽ρ<∣y∣ et donc yz1z2⩽∣y∣ρ<1 ce qui permet
d’écrire
[TABLE]
où C−n−1m=m!(−1)mAn+mm et avec
convergence normale sur tout compact de C\ρD×bQ. D’où
[TABLE]
avec convergence normale sur tout compact de C\ρD. Etant donné que z1k−n−1dz1=k−n1dz1k−n lorsque k=n, il vient Gkn(y)=m⩾n∑ymGk,mn avec
[TABLE]
et
[TABLE]
lorsque m>n. La série double de terme général Gk,mnxny−m étant normalement convergente sur les compacts de Z, on
obtient
[TABLE]
avec Gk,m=0⩽n<m∑Gk,mnXn. D’où les
relations annoncées dans le lemme et
[TABLE]
avec G1,m=0⩽n<m∑G1,mnXn
∎
Corollaire 23
Le nombre p de fonctions h1,...,hp qui interviennent
dans la proposition 19 est le même pour tous les points de
Zreg\E∞ : p=δ+q∞ où
q∞=CardQ∞.
**Remarques. 1. **Dans le cas où Q∞∩SingQ=∅, q∞=q∈Q∞∑ν(q).
**2. **Le corollaire 38 donne que pour une
connexion de Chern D appropriée calculable à partir de
l’opérateur de Dirichlet-Neumann,
[TABLE]
où c est le nombre de composantes connexes de bM. Si le genre de M
est connu, cette formule livre la valeur de q∞ puis celle de p.
Démonstration.
Notons provisoirement p(z) le nombre de fonctions
h1,...,hp(z) qui interviennent dans la
proposition 19 quand z∈Ureg. Puisque
P0=−q∞, on sait que G0(z)=p(z)−q∞ et donc que p est une fonction à valeurs dans Z
continue sur l’ensemble connexe Zreg\Z∞.
Elle est donc constante et puisque G0(z)=δ+m∈N∗∑ymG0,m(x)
lorsque z=(x,y)∈Zreg, on en déduit
que δ=p−q∞ et que G0,m=0 pour tout m∈N∗.
∎
Corollaire 24
Les notations et les hypothèses sont celles de la
proposition 19. Pour tout k∈N∗, Nh,k se
prolonge à Z en une fonction holomorphe NQ,k qui ne dépend pas
de z∗ et qui se développe en série de Laurent sous la forme
NQ,k(x,y)=m∈N∗∑ymNk,mQ(x) où les Nk,mQ sont des
polynômes de degré au plus m. En outre, pour tout z dans
Zreg, il existe des ondes de choc h1z,...,hpz dont les images sont deux à deux distinctes et telles que pour
z′ suffisamment voisin de z, (NQ,k(z′))k∈N=(Nhz,k(z′))k∈N et Lz′∩Q={(1:hj(z′):−x−yhj(z′));\leavevmode1⩽j⩽p}.
Démonstration.
Soit k∈N. On sait que Nh,k=Gk−Pk sur U∗ et
grâce au lemme 20 et au
corollaire 21 que Pk est une fraction
rationnelle qui ne dépend pas de z∗ et qui est définie sur
Z. Par conséquent NQ,k=Gk−Pk prolonge Nh,k en une
fonction holomorphe sur Z. En appliquant la proposition 19 et
le corollaire 23 en un point z arbitraire de
Zreg\E∞, on obtient des ondes de chocs
h1z,...,hpz ayant les propriétés annoncées. Par
ailleurs, le lemme 20 donne aussi que
[TABLE]
avec p1,1=q∈Q∞∑1+Ybqbq et
pν,0=j=1∑νq∈Q∞∑(1+Ybq)jpν,0,jq. Pour ∣y∣>β, on obtient donc
[TABLE]
avec pν,0∞,m=(−1)m(n,j)∈N∗×{1,...,ν},\leavevmoden+j=m+1∑(j−1)!q∈Q∞∑bq−npν,0,jq. Il suffit alors de combiner ces formules avec le
lemme 22 pour obtenir les développements annoncés.
∎
4.5 Une genèse des ondes de chocs multiples
On se donne A,B∈C[Y] avec degA<r=degB, B
valant 1 en [math] et dont les racines sont confinées dans ρD puis on définit P∈C[X,Y) et N par les relations
[TABLE]
Il s’agit dans cette section de savoir quand N est une onde de chocs
multiples, c’est-à-dire une somme d’onde de choc. Le
théorème 4 de [14] donne une caractérisation de
telles sommes mais dans cet article, on en utilise une plus adaptée à
la situation présente. Ces deux caractérisations correspondent plus ou
moins à privilégier l’une ou l’autre des variables x ou y et
reposent sur le lemme 16 de [14] rappelé ci-dessous.
Lemme 25** **(Henkin-Michel, 2007)
Soit D un domaine de C2 et h1,...,hd∈O(D) des fonctions
mutuellement distinctes. Alors chaque hj est une onde de choc si et
seulement si les fonctions Σh,k=(−1)kSh,k
satisfont au système suivant
[TABLE]
Le corollaire suivant est contenu dans la preuve de la proposition 17
de [14].
Corollaire 26
Soient D un domaine de C2, N∈O(D) et d∈N∗. Il existe
localement des ondes de choc h1,...,hd mutuellement distinctes telles
que N=h1+⋯+hd si et seulement si il existe dans O(D) des fonctions s1,...,sd telles que s1=−N et
[TABLE]
et si le discriminant du polynôme Σ=Td+s1Td−1+⋯+sd∈O(D)[T] n’est pas
identiquement nul sur D. Dans ce cas, on dit que N est une d-onde de chocs.
Démonstration.
Si N est la somme de d ondes de choc h1,...,hd mutuellement
distinctes, s1=−Sh,1=−N1 et les fonctions sk=(−1)kSh,k, 2⩽k⩽d vérifient (30)
d’après le lemme 25. Réciproquement, supposons
d⩾2 et que (s1,...,sd) soit solution de
(30), s1=−N1 et que le discriminant Δ de S n’est
pas nul. Pour tout z∗∈{Δ=0}, Tz∗
n’a que des racines simples et il existe un voisinage U∗ de z∗
dans D ainsi que des fonctions holomorphes h1,...,hd telles que pour
tout z∈U∗, les racines de Σz sont les d nombres
complexes h1(z),...,hd(z). Le
lemme 25 donne alors que h1,...,hd sont des ondes de choc.
∎
La définition ci-dessous introduit un opérateur
intégro-différentiel adapté à la résolution du
système (30).
D finition 27
On sélectionne dans le cercle unité T de
C une direction τ et dans Ωρ,τ=C\(ρD∪R+τ),
on fixe un point ω. On définit alors un opérateur de
primivitisation P=Pρ,τ,ω sur Ωρ,τ en associant à une fonction holomorphe sur Ωρ,τ sa primitive qui s’annule en ω et on pose
[TABLE]
On fixe ρω∈]ρ,+∞[ tel que m(y)⩾m(ω)=mω lorsque ∣y∣⩾ρω puis on pose Dω=D(0,21mω), Zω=Dω×(C\ρωD) et
Zω,τ=Zω\R+τ. On définit les
opérateurs intégro-différentiels D et E
agissant sur O(Zω,τ) par
[TABLE]
où les fonctions H et H sont définies sur Z par
[TABLE]
Etant donné que d’après (27), G1(x,y)=yG1,10−δx+m⩾2∑ymGk,m(x) sur Z, on obtient que sur Z
[TABLE]
et aussi, puisque δ∈Z,
[TABLE]
Ainsi, eH se prolonge holomorphiquement à Z indépendamment de
la coupure faite selon R+τ. Une autre conséquence de
(31) est que δ est donné pour tout x∈C
par la formule
[TABLE]
Proposition 28
Soient s1,...,sd∈O(Zω). Alors (s1,...,sd) est solution de
(30) avec N=G1−P si et seulement si il existe dans
O(Dω) des fonctions μ1,...,μd
telles que pour tout τ∈T, le système ci-dessous est
vérifié sur Zω,τ
[TABLE]
Démonstration.
Afin de simplifier les écritures dans cette preuve, on écrit B pour
1⊗B et μj⊗1 pour μj . Puisque N=G1−BA−x⊗BB′, on remarque que si s∈O(Zω,τ),
[TABLE]
Comme eH se prolonge holomorphiquement à Zω
indépendamment de τ, (s1,...,sd) est solution
de (30) si et seulement si les équations
[TABLE]
sont satisfaites sur Zω. La première est équivalente à
l’existence d’une fonction μd définie sur Dω telle que
pour tout (x,y)∈Zω,
[TABLE]
Une telle fonction μd est en fait holomorphe sur Dω puisque
pour tout y∈Ωτ\ρD tel que
B(y)=0, elle serait donnée sur D(0,mω) par la formule μd=sd(.,y)B(y)eH(.,y). Supposons que pour k∈{1,...,d−1}, μd,...,μk∈O(Dω) vérifient sur Zω,τ
[TABLE]
lorsque d⩾j⩾k+1. L’équation ∂y∂(Bske−H)=e−H∂x∂(Bsk+1) est alors équivalente à l’existence de μk∈O(Dω) telle que pour tout (x,y)∈Zω,τ,
[TABLE]
Par hypothèse,
[TABLE]
Donc
[TABLE]
Par conséquent, l’équation ∂y∂(Bske−H)=e−H∂x∂(Bsk+1) est équivalente à l’existence de μk∈O(Dω) telle que pour tout (x,y)∈Zω,τ,
[TABLE]
∎
La proposition 28 donne un procédé simple pour construire
a priori des fonctions susceptibles d’être des ondes de chocs multiples.
On note CB[Y] l’ensemble des
polynômes B∈C[Y] valant 1 en [math] et dont les
racines sont confinées dans ρD.
Corollaire 29
Soient μ1,...,μd∈O(Dω). On définit des fonctions sk(μ,B), 1⩽k⩽d, holomorphes sur Zω,τ
par les formules
[TABLE]
Alors l’application O(Dω)d×CB[Y]∋(μ,B)↦(sk(μ,B))1⩽k⩽d
est injective. En outre −s1(μ,B) est une d-onde de
chocs sur Zω,τ si et seulement si
[TABLE]
et le discriminant Δ(μ,B) de S(μ,B)
n’est pas identiquement nul. Quand cette condition est vérifiée, on
dit que −s1(μ,B) est une (d,B)-onde de chocs.
Démonstration.
Supposons que (μ,B) et (ν,C) sont deux
éléments de O(C)d×CB[Y] tels que (sk(μ,B))1⩽k⩽n=(sk(ν,C))1⩽k⩽d. Alors sur Zω,τ
[TABLE]
Comme B,C∈CB[Y], ceci impose B=C et
μd=νd. Supposons que μj=νj lorsque d⩾j⩾k>1. La relation sk−1(μ,B)=sk−1(ν,C) s’écrit alors Ek−1(μ)=Ek−1(ν) et celle-ci livre immédiatement
μk−1=νk−1. D’où μ=ν.
Puisque eH=(1⊗(Y/ω)−δ)eH, il résulte de la proposition 28 que
(sk(μ,B))1⩽k⩽d
vérifie le système (30). Lorsque −s1(μ,B)=G1−P, le système (30) est identique au
système (29) et Δ(μ,B)=0 assure
que −s1(μ,B) est la somme de d ondes de chocs deux
à deux différentes dont les fonctions symétriques sont les
(−1)ksk(μ,B).
∎
La proposition ci-dessous donne une décomposition des opérateurs
itérés Ek.
Proposition 30
On définit des fonctions Ek,k,...,Ek,0 holomorphes sur Zω,τ pour tout k∈N par les relations suivantes
[TABLE]
où Ek,ν=0 si ν<0. Alors pour tout f∈O(Dω),
[TABLE]
En outre, les fonctions Ek,j ont le long de Rτ au
plus des discontinuités de première espèce.
Démonstration.
Par définition pour tout f∈O(Dω),
D(f⊗1)=f′⊗1+(f⊗1)∂x∂H et donc Ef=(f′⊗1)E1,1+(f⊗1)E1,0 avec E1,1=1⊗(Y−ω)
et E1,0=PH. Par ailleurs pour tout (x,y)∈Zω,τ
[TABLE]
avec G1,−1⩽3(x,y)=n⩽3∑yn−1Gn′(x)/(1−n).
PG1,−1⩽3((x,y))=n⩽3∑yn−2Gn′(x)/(1−n)(2−n) se prolonge holomorphiquement
à Zω. Puisque J−1 a une discontinuité de première
espèce le long de Rτ, il en est de même de
PJ−1. Par conséquent, E1,0=PH a au
plus des discontinuités de première espèce le long de
Rτ. Supposons le résultat du lemme vrai pour k∈N∗ donné. Alors pour f∈O(Dω)
[TABLE]
ce qui donne la formule attendue avec
[TABLE]
Le même type de raisonnement que celui fait pour k=1 livre que les
Ek+1,j ont au plus des discontinuités de première
espèce le long de Rτ.
∎
4.6 Systèmes différentiels
Comme dans la section précédente, on se donne A,B∈C[Y] avec degA<r=degB et B=1⩽q⩽rΠ(1+sqY)=0⩽j⩽r∑βjYj tel que {B=0}⊂ρD. On définit P∈C[X,Y) et
N∈O(Z) par les relations
[TABLE]
Puisque le degré q∞ de B∞ et le nombre p des ondes
de chocs sont liés par la relation p=q∞+δ où δ
est connu grâce à (32), on pose
[TABLE]
Le corollaire 29 permet de fabriquer à partir
d’un jeu μ1,..,μd de fonctions holomorphes sur Dω un
polynôme Td+1⩽k⩽d∑sk(μ,B)Td−k dont les racines sont sur {Δ(μ,B)=0} des ondes de chocs pourvu que −s1(μ,B)=N=G1−P. La proposition ci-dessous montre que cette
condition est équivalente à ce que les μj vérifient un
système d’équations linéaires avec second membre explicite.
Proposition 31
Soit μ∈O(Dω)d.
1. On note (n∈Z∑Kn0(B,A,x)yn) le développement en série de Laurent par rapport à y de
[R−(1⊗B)G1]e−H. Alors
G1+s1(μ,B)=R sur Zω si et seulement si
μ est solution sur Dω du système différentiel
[TABLE]
où pour n∈Z, 0⩽m<j⩽d et R>ρω,
[TABLE]
En outre les fonctions Kn0(B,A,.) sont nulles pour
n⩾d et linéaires par rapport à (A,B) avec
des coefficients qui ne dépendent que de G .
2. L’équation ∂x∂G1+∂x∂s1(μ,B)=1⊗BB′ est
équivalente à ce que μ est solution sur Dω du
système différentiel
[TABLE]
où pour n∈Z, 1⩽j⩽d, 0⩽m⩽j et R>ρ,
[TABLE]
les fonctions Ej,m1 étant déterminées par les
relations
[TABLE]
En outre, Kn1(B,.)=0 lorsque n⩾d.
3. On suppose ∂x2∂2G1=0 et on pose
B=0⩽j⩽r∑βjYj. L’équation
∂2x∂2G1+∂x2∂2s1(μ,B)=0 est équivalente à ce que μ est
solution sur Dω du système différentiel
[TABLE]
où
[TABLE]
les fonctions Ej,m2 étant déterminées par les
formules suivantes
[TABLE]
avec la convention que Eα,β=0 si m∈/[2,j−1]
Démonstration.
**1. **D’après les définitions données dans le
corollaire 29, s1(μ,B)=LE1(μ). La proposition 30 donne
[TABLE]
Donc G+s1(μ,B)=R si et seulement si
[TABLE]
où A=0⩽j⩽r−1∑ajYj. Le
développement en série Laurent de e−H étant de la
forme e−H=n∈Z−∑En(x)yn où les En sont des fonctions
holomorphes sur Dω, il vient, puisque r+δ=d, que pour tout
(x,y)∈Z
[TABLE]
et
[TABLE]
G1e−H se développant sous la forme G1e−H=n∈Z−∗∑En⊗Yn=y1n∈Z−∑En−1(x)yn, (1⊗YδB)G1e−H=(1⊗Yδ−1B)n∈Z−∑En−1⊗Yn et on a de
même
[TABLE]
Ainsi, les coefficients ω−δKn0(B,A,x) du
développement du membre de droite de (38) sont nuls si
n⩾d et sinon donnés par les formules,
[TABLE]
Si R est assez grand, (38) est équivalent au fait que pour
tout n∈Z,
[TABLE]
l’existence des intégrales étant assurée par le fait que les
Ek,j ont plus des discontinuités de première espèce
le long de Rτ. Ceci prouve le premier point de la proposition.
**2. **Puisque ∂x∂H=∂x∂H, e−H∂x∂eH=e−H∂x∂eH et posant
L=eH/(1⊗(Y/ω)δB)
[TABLE]
avec Ej,j1=Ej−1,j−1=1⊗(j−1)!(Y−ω)j−1, Ej,01=DEj−1,0 et pour \leavevmode1⩽m⩽j, Ej,m1=Ej−1,m−1+DEj−1,m. L’équation
∂x∂G1+∂x∂s1(μ,B)=1⊗BB′ est alors équivalente à
[TABLE]
et donc au système d’équations annoncé. Puisque le
développement en série de Laurent de ∂x∂G1eH est de la forme n∈Z−∗∑Λn(x)yn où les Λn sont des
fonctions holomorphe sur Dω, le coefficient en yn de celui de
∂x∂G1eH(1⊗B) est nul lorsque n⩾degB=r. On en déduit que Kn1(B,.)=0 lorsque n⩾r+δ=d.
**3. **Pour simplifier les écritures, on écrit f pour
f⊗1. Puisque
[TABLE]
et donc
[TABLE]
où les Ej,m2 sont définis comme annoncé pour
Ej,j+12, Ej,j2, Ej,02 et
[TABLE]
ainsi que
[TABLE]
Lorsque ∂x2∂2G n’est pas la fonction nulle,
l’équation ∂x2∂2G+∂x2∂2s1(μ,B)=0 s’écrit donc
[TABLE]
Puisque YδB=δ⩽n⩽d∑βnyn, ceci est équivalent à ce que pour tout j∈Z et R>ρ,
[TABLE]
∎
4.7 Unicité des décompositions en ondes de choc
On se donne A,B∈C[Y] avec degA<r=degB,
B=1⩽q⩽rΠ(1+sqY)=0⩽j⩽r∑βjYj tel que {B=0}⊂ρD et on pose P=1⊗BA+X⊗BB′ ainsi que d=r+δ. On note
Mω(B) l’ensemble des μ∈O(Dω)d tel que le discriminant Δ(μ,B) du polynôme S(μ,B)=Td+s1(μ,B)Td−1+⋯+sd(μ,B)∈O(Dω)[T] n’est pas identiquement nul et tel que
μ est solution de (35).
Lorsque μ∈Mω(B), on sait que pour tout
τ∈T la fonction −s1(μ,B) est une
d-onde de chocs sur Zω,τ. Pour tout z∗ appartenant au
complémentaire dans Zω,τ d’un ensemble analytique de
dimension 1, on sait grâce à la
proposition 29 que si U∗ un voisinage
suffisamment petit de z∗, il existe des ondes de chocs g1,...,gd sur U∗ dont les images sont deux à deux distinctes
telles que pour tout z∈U∗,
[TABLE]
où les fonctions hj sont les ondes de chocs hjz∗
définies dans le corollaire 24, c’est-à-dire les ondes
de chocs engendrées par la collision de Q avec les droites Lz,
z∈U∗.
A priori, rien ne garantit que {g1,...,gd}={h1,...,hp} car il se peut par exemple qu’il existe une partie
finie non vide J de {1,...,d} telle que j∈J∑gj se prolonge comme un élément de l’espace
C(Y)1[X] des fractions
rationnelles affines en X. Dans ce cas, G1=Ng,1−P avec P=P−j∈J∑gj∈C(Y)1[X] et {g1,...,gd} où
d=d−CardJ∈{0,..,d−1}. Itérant cette réduction, on se ramène au cas où
[TABLE]
Le cas d=0 ne se produit à l’issue de ces itérations que si au
départ, 1⩽j⩽d∑gj et donc G1, se
prolonge comme élément de C(Y)1[X]. Le lemme ci-dessous étudie ce cas.
Lemme 32
On utilise les notations du corollaire 24.
G1 se prolonge comme élément de C(Y)1[X] si et seulement si Q est un domaine dans une courbe
compacte connexe K telle que pour tout z∗ dans
Zreg et z dans un voisinage suffisamment petit U∗ de z∗ dans Zreg,
[TABLE]
Démonstration.
Supposons tout d’abord que K est une courbe compacte ayant les
propriétés ci-dessus. Fixons z∗ et U∗ comme dans
l’énoncé. Puisque K est une courbe algébrique, on sait depuis
les travaux d’Abel que 1⩽j⩽p∑hjz∗∈C(Y)1[X] (voir par
exemple [12]). Il s’ensuit que G1=Nhz∗,1+P1 est,
sur U∗ et donc sur Z, rationnelle en y et affine en x.
Réciproquement, supposons que G1∈C(Y)1[X]. Alors Nhz∗,1=G1−P1 est sur
U∗ rationnelle en y et affine en x. Comme {(1:hjz∗(z):−x−yhjz∗(z));\leavevmode1⩽j⩽p}=Q∩Lz pour tout z∈U∗, un théorème de Wood [30] stipule l’existence
d’une courbe algébrique compacte K de degré p contenant Q.
Puisque K est de degré p, K∩Lz={(1:hj(z):−x−yhj(z));\leavevmode1⩽j⩽λ}=Q∩Lz pour tout z∈U.∎
Dans le cas où G1 est rationnelle en y et affine en x, la courbe
algébrique K du lemme 32 est connue au voisinage de bQ.
On peut alors sélectionner de façon générique des
coordonnées homogènes w pour qu’au moins une droite Lz, z∈U, rencontre K\Q. On est ainsi ramené au cas général
puisque le lemme 32 assure alors que même après
réduction, d n’est pas nul.
Grâce à des résultats de Henkin [12] et de
Collion [7], cette réduction de la famille (gj) ramène à sa première équation le système
sur-déterminé (20).
Proposition 33
Les notations sont celles énoncées au début de
cette section. On suppose que (39) est vérifiée. Pour le cas
où Q est contenue dans une courbe algébrique, Q
désignant alors la plus petite courbe ayant cette propriété, on
suppose que (0:1:0)∈/Q et qu’au moins une des
droites Lz, z∈U, rencontre Q et Q\Q. Ceci
étant, {g1,...,gd}={h1,...,hp} et P=P1.
Démonstration.
Avec une éventuelle renumérotation, on se ramène au cas où
gν=hν, 1⩽ν⩽t∈N et que {gt+1,...,gd}∩{ht+1,...,hp}=∅.
On suppose que Q n’est pas contenue dans une courbe algébrique. Dans
ce cas d∈N∗ car sinon, Nh,1∈C(Y)1[X] et G1 se prolonge comme élément
de C(Y)1[X], ce qui est impossible
d’après lemme 32.
Supposons t<min(p,d). Quitte à changer le point de
référence z∗ et à diminuer U∗, on suppose que les
courbes Hν={(1:hν(z):−x−yhν(z));\leavevmodez∈U∗}, t+1⩽ν⩽p et Cν={(1:gν(z):−x−ygν(z));\leavevmodez∈U∗},
t+1⩽ν⩽d sont lisses et deux à deux disjointes. On
note alors φ la forme différentielle définie sur la
réunion C de ces courbes par φ∣Hν=dw0w1 lorsque t+1⩽ν⩽p et φ∣Cν=−dw0w1 quand t+1⩽ν⩽d. On note AR la transformée d’Abel-Radon du courant
φ∧[C]. Par définition (voir [12],
[7] ou [13]),
[TABLE]
Mais du fait des hypothèses,
[TABLE]
AR est donc algébrique au sens de [7] de sorte que le
théorème 1.2 de [7] s’applique et donne en particulier
l’existence d’une courbe algébrique Λ qui contient C. Puisque
Q n’est pas contenue dans Λ, la connexité de Q impose
qu’aucune des courbes Hν n’est contenue dans Λ et donc que
{h1,...,hp}⊂{g1,...,gd}.
Ainsi, p<ν⩽d∑gν est une fonction algébrique
affine en x, ce qui est impossible de par la réduction faites sur
(gj)1⩽j⩽d. D’où t=min(p,d).
Si t=d<p, la relation Ng,1+P=Nh,1+P1 se lit aussi ht+1+⋯+hp=P1−P∈C(Y)1[X] et
le théorème de Wood implique, puisque Q est connexe, que Q est
contenue dans une courbe algébrique ce qui est exclu par hypothèse. Si
t=p<d, gt+1+⋯+gd=Ng,1−Nh,1+P−P1∈C(Y)1[X] ce qui est exclu du fait de la réduction
faite sur la famille (gj).
Finalement t=p=d, {h1,...,hp}={g1,...,gd} et P1=R.
Supposons maintenant que Q est contenue dans une courbe algébrique
Q, minimale au sens de l’inclusion. Puisque par hypothèse
(0:1:0)∈/Q, on peut appliquer le
corollaire 21 à Q\Q qui
est bordé par −∂Q et obtenir que pour z=(x,y)∈Z, (Q\Q)∩Lz⊂ρD. Par
conséquent, pour tout z∈Z,
[TABLE]
Quitte à changer de point de référence z∗ et à
diminuer U∗, on peut supposer que pour tout z∈U∗, Lz
coupe transversalement Q. On note alors hp+1,...,hp les ondes de choc sur U∗ telles que pour tout
z∈U,
[TABLE]
Puisque Q est une courbe algébrique, NQ,1=deˊfNh,1+Nhp+1,...,hp=deˊfNh,1+N1 est rationnelle en y et
affine en x. D’où
[TABLE]
La somme Ng,1+N1 se récrit 1⩽λ⩽s∑cλfλ où f1,...fs sont les
fonctions deux à deux distinctes constituant la réunion de {gν;\leavevmode1⩽ν⩽q} et {hν;\leavevmodep+1⩽ν⩽p} et où cλ=2
si fλ est dans l’intersection de ces deux ensembles et 1 sinon.
Comme précédemment, on peut choisir z∗ et U∗ pour que
les fonctions fλ aient des images deux à deux disjointes. On
peut alors introduire la forme ψ qui sur Fλ={(1:fλ(z):−x−yfλ(z));\leavevmodez∈U} vaut dw0w1 si cλ=1 et
2dw0w1 si cλ=2. La forme 1⩽λ⩽s∑cλdfλ est la transformée
d’Abel-Radon de ψ∧[F] où F=∪Fλ.
Celle-ci étant rationnelle, le théorème principal de Henkin
dans [12] s’applique et donne en particulier l’existence d’une
courbe algébrique F et d’une forme rationnelle Ψ telles
que pour tout λ, Ψ∣Fλ=ψ et pour
tout z∈U∗, F∩Lz=∪Lz∩Fλ.
Etant donné que Q∩F contient (Q\Q)z∈U∗∪Lz, Q⊂F. Si F=Q, Q\F est une courbe algébrique dont les intersections
avec les Lz, z∈U∗, se paramètre avec une sous-famille des
gj. Ceci est impossible car du fait des hypothèses, d=0 et
aucune sous-famille de (gj) n’a de somme qui soit
rationnelle en y et affine en x. Ainsi, Q=F et
lorsque z∈U∗, Q∩Lz est la réunion de
(Q\Q)∩Lz et de {(1:gj(z):−x−ygλ(z));\leavevmode1⩽j⩽d}. Ceci force {h1,...,hp}={g1,...,gd} et P1=R.
∎
4.8 Procédé de reconstruction
Pour décrire le procédé algorithmique de reconstruction de Q, in
reprend intégralement les notations de la section précédente.
Si G1 est rationnelle en y et affine en x, Q est contenue
dans une courbe algébrique connexe K et on choisit des coordonnées
pour qu’au moins une des droites Lz, z∈Z, rencontre Q et
K\Q.
2. 2.
On se donne A,B∈C[Y] avec degA<r=degB,
B=1⩽q⩽rΠ(1+sqY)=0⩽j⩽r∑βjYj tel que {B=0}⊂ρD, R=1⊗BA+X⊗BB′ et on pose d=r+δ. Etant donné que
(35) est un système différentiel linéaire
surdéterminé, l’existence d’une solution à (35) est
conditionnée par un jeu, forcément fini, d’équations linéaires
portant sur (A,B). Lorsque (A,B) vérifie
ce système linéaire, (35) a au moins une solution μ dans
Mω,τ(B).
3. 3.
Localement, dans Zω,τ∩Ureg, il existe
d-onde de chocs g1,..,gd telles que −s1(μ,B)=Nh,1. Appliquant à cette famille (gj) la
réduction décrite au début de cette section puis la
proposition 33, on en déduit que d⩾p,
r=d−δ⩾p−δ=q∞ et que si (gj)1⩽j⩽p est le jeu de fonctions obtenu à
partir de (gj) par réduction, {g1,...,gp}={h1,...,hp} et
P1=R. En conséquence, on connaît aussi (Pk)k∈N∗ comme le prolongement en fraction rationnelle de
(Gk∣U∗−Nh,k)k∈N∗.
4. 4.
On sait qu’il existe une fonction localement constante π:Ureg→N telle que lorsque z∗∈Ureg, il existe un voisinage Uz∗ de z∗
dans Zreg et des ondes de chocs h1z∗,...,hπ(z∗)z∗ deux à deux distinctes
telles que Q contient Qz∗=1⩽k⩽π(z∗)∪{(1:hjz∗(z):−x−yhjz∗(z));\leavevmodez∈Uz∗} et (GkUz∗)k∈N∗=(Nhz∗,k+PkUz∗)k∈N∗. Grâce aux
formules de Newton (18), on connaît donc (Shz∗,k)k∈N∗. En outre, π(z∗)=G0Uz∗−q∗ est connu. On
peut donc calculer individuellement les fonctions hjz∗,
1⩽j⩽π(z∗) à partir (Shz∗,k)1⩽k⩽π(z∗).
5. 5.
Grâce au lemme 18, Q∩{w0=0} et donc Q sont connues.
Pour reconstruire une surface de Riemann à bord M équipée d’une
conductivité σ à partir de (∂M,Ndσ), on peut procéder comme suit :
Le théorème de Henkin-Santacesaria produit une surface de
Riemann nodale à bord M dont M est une normalisation.
M est une courbe complexe de C2 qu’on peut
déterminer explicitement à partir de formules de type de Cauchy.
2. 2.
Avec la section 3.2, on produit à partir de M
une fonction de Green pour la surface de Riemann M.
3. 3.
Avec le théorème 4 et l’étape
précédente, on obtient une surface de Riemann à bord S
plongée dans CP3, isomorphe à M et dont les
projections sur {w2=0} et {w3=0} sont des surfaces de Riemann nodales Q2 et Q3
vérifiant les hypothèses génériques énoncées au
début de la section 4.2.
4. 4.
On applique à Q2 et Q3 le procédé
précédent pour construire un atlas de S.
5. 5.
S étant connue, le théorème de Henkin-Novikov 17
permet de reconstruire le coefficient de conductivité s de la
conductivité qui est l’image directe de σ par l’isomorphisme du
point 3. Désignant alors par cS la conductivité de coefficient
1 associée à la structure complexe de S induite par celle de
CP3, (S,scS) est une solution explicite du
problème posé.
4.9 Genre d’une surface de Riemann à bord
Connaître a priori le nombre p des fonctions inconnues hj
intervenant dans la proposition 19 permettrait d’améliorer
grandement l’efficacité de l’algorithme proposé dans la section
précédente. Dans [5], Belishev donne une formule pour
calculer le genre à partir de l’opérateur de Dirichlet-Neumann
[TABLE]
où T est la dérivation tangentielle, Nν est l’opérateur
Dirichlet-Neumann dans sa présentation métrique, c’est à dire
celui qui à u∈C∞(bM) associe la
dérivée normale le long de bM de l’extension harmonique de u à
M et J est l’opérateur de primivitisation défini de la façon
suivante : on note Γ l’ensemble des composantes connexes de bM, pour
chaque γ∈Γ on fixe un point pγ de γ et lorsque
q∈γ, on note γq l’arc de γ dont le bord orienté
est q−pγ. J est alors l’opérateur qui à u∈C0(bM) telle que ∫γuτ∗=0 pour tout
γ∈Γ associe la fonction définie par (Ju)∣γ(p)=∫γpuτ∗, γ∈Γ. Cependant le calcul a priori du rang de T+(NνJ)2T n’est pas forcément facile. Pour contourner cette
difficulté, [6] et [28] proposent d’utiliser
des opérateurs de Dirichlet-Neumann agissant sur les formes. Ceci donne
des formules simples pour g(M) dans le cas où la
conductivité se réduit à une structure complexe mais il n’est pas
clair que ces opérateurs aient un sens physique.
La formule (28), prouvée par le
corollaire 38, relie le nombre p ci-dessus au nombre
q∞ de points d’intersection de la surface de Riemann nodale à
bord Q à reconstruire avec {w∈CP2;\leavevmodew0=0}.
Lemme 34
Soit M une surface de Riemann à bord. On note
c le nombre de composantes connexes du bord de M et M le
double de M. Le genre g(M) de M et
celui g(M) de M, qui par définition est le genre de la
variété compacte obtenue en recollant c disques conformes (deux
à deux disjoints) le long des c composantes connexes de M, sont
liés par la relation
[TABLE]
Démonstration.
On se donne une triangulation T de M. Lorsque α est une composante
connexe de γ=bM, on note Σγ l’ensemble des sommets
d’éléments T qui sont sur γ et Aγ celui des
arrêtes d’éléments T qui sont incluses dans γ. On pose
Σb=γ∈C∪Mγ et Ab=γ∈C∪Tγ où C est
l’ensemble des composantes connexes de bM. Pour chaque γ∈C, ∣Σγ∣=∣Aγ∣ et supposant, quitte à changer de triangulation, que les
ensembles t∈T,T∩Mγ=∅∪ sont
deux à deux disjoints quand γ décrit C, on obtient
Σb=Ab. Enfin, on
note σ(T) le nombre de sommets de T, a(T) le nombre d’arrêtes de T, f(T) le nombre de
faces de T et on pose M=M\M. On
note T la triangulation de M obtenue comme
symétrique de T, c’est-à-dire celle obtenue en faisant agir sur T
l’involution naturelle de M. T=T∪T est
alors une triangulation de M. Par définition de la
caractéristique d’Euler d’une surface, il vient alors
[TABLE]
On sait grâce à la théorie usuelles sur les surfaces de Riemann
compactes que χ(M)=2−2g(M). D’où
[TABLE]
Notons M′ la surface obtenu en rattachant c disques le long des
composantes connexes de γ. Alors χ(M′)=χ(M)+c et par définition, g(M)=g(M′). On obtient donc
[TABLE]
D’où g(M)=2g(M)+c−1.
∎
D finition 35
Soit M une surface de Riemann à bord. On se donne une fonction
définissante ρ de bM, ce qui signifie ρ∈C∞(M,R) telle que ρ∣B∩M<0,
ρ∣B∩bM=0 et (dρ∣B)s=0 pour tout s∈bM. Dans ces conditions,
toute section ω de Λp,qT∗M de classe
Ck sur un ouvert U de M peut s’écrire sous la forme
ω0+ρω1 où ωj, j=0,1, est une section de
Λp,qT∗M sur U de classe Ck−j, le couple
(ωρ(0),ωρ(1))=(ω0∣U∩M,ω1∣U∩M) étant le même pour tout
(ω0,ω1) tel que ω=ω0+ρω1. Le fait que ωρ(1) soit nulle ne
dépend pas du choix de la fonction définissante ρ choisie. On dit
que ω est tangente à bM lorsque ωρ(1)=0.
Notons que l’existence d’une décomposition ω=ω0+ρω1 découle de ce que ρ peut être prise comme l’une des
coordonnées d’un système de coordonnées réelles pour (chaque
branche) de M au voisinage de bM. L’unicité de (ωρ(0),ωρ(1)) provient de la même raison et si ρ′ est une autre fonction
définissante de bM, on peut écrire ρ′=λρ
où λ est une fonction de classe Ck−1 qui ne s’annule pas, de
sorte que l’annulation de ωρ′(1)=λ∣Mωρ(1) et
ωρ(1) est simultanée.
Notons que lorsque M est munie d’une métrique hermitienne et que ρ
est la distance à bM, ∂ρ∂ω n’est rien
d’autre que la dérivée de ω par rapport au vecteur unitaire qui
oriente la normale extérieure à M aux points de bM. Le
lemme ci-dessous assure qu’il existe des formes volumes satisfaisant
l’hypothèse du théorème principal de cette section.
Lemme 36
Une surface de Riemann à bord admet des formes volumes de classe C2
tangentes à son bord.
Démonstration.
Soit V une forme volume arbitraire de classe C2 sur le double
M de M. On se donne ρ∈C∞(M,R) telle que M={ρ<0},bM={ρ=0} et (dρ)s=0 pour tout s∈bM. La
restriction V0 de V à bM est donc une section de Λ1,1TM de classe C2 sur bM. En utilisant le
théorème d’extension de Whitney (voir [3, prop. 2.2]),
on peut construire une section V de Λ1,1TM
de classe C2 telle que V∣M=V0 et
Vρ(1)=∂ρ∂V=0.
Par continuité, il existe un voisinage Σ de bM dans M
tel que V∣Σ est une forme volume.
Soit χ∈C∞(M,[0,1]) valant 1 au
voisinage de bM dans Σ et dont le support est contenu dans Σ.
W=χV+(1−χ)V est une forme volume W de
classe C2 sur M telle que ∂ρ∂W=0.
∎
Th or me 37
Soit M une surface de Riemann à bord dont le bord est
constitué de c composantes connexes. On se donne une forme volume μ
de classe C2 sur M tangente à bM puis on munit le
fibré des (1,0)-formes sur M de la
métrique h∗ définie pour tout s∈M et α∈Λ1,0T∗M par
[TABLE]
où ∗ est l’opérateur de conjugaison associé à la
structure complexe de M. On note D la connexion de Chern associée
à h∗. Alors, quand ω est une (1,0)-forme
méromorphe sur M, sans pôle ni zéro sur bM,
[TABLE]
où Nz(ω) et Np(ω) sont
respectivement le nombre de zéros et de pôles de ω comptés
avec leur multiplicité.
**Remarque. **Supposons que μ′ est une forme volume
pour M ayant les mêmes propriétés que μ. La
fonction κ:M→R telle que μ=e2κμ′ vérifie Dμ=Dμ′−∂κ, ce qui
donne ∫∂MωDμω=∫∂MωDμ′ω−∫∂MjbM∗∂κ. (42) indique alors que ∫∂MjbM∗∂κ=0. Pour vérifier cela a priori,
considérons une fonction définissante ρ de bM. De la relation
∂ρ∂μ=eκ∣M∂ρ∂μ′+μ′∣M∂ρ∂κ, on tire ∂ρ∂κ=0. Munissons M d’une métrique hermitienne et
considérons une section lisse (ν,τ) de (TbMM)2 telle que pour chaque s∈bM, (νs,τs) une base orthonormée directe de TsM. Alors pour tout s∈bM, (∂κ)s=21((νκ)s−i(τκ)s)(τs∗+iνs∗)
où (τs∗,νs∗) est la base duale de
(νs,τs). Lorsque s∈bM, le fait que
∂ρ∂κ(s)=0 indique que (dκ)s∈Rτs∗ et donc que (νκ)s=0, ce qui donne (∂κ)s=2i1(τκ)s(τs∗−iνs∗). D’où jbM∗∂κ=2i1(τκ)τ∗∣M=2i1jbM∗dκ. Ainsi, jbM∗∂κ est exacte
et son intégrale sur ∂M est nulle.
Commençons par détailler
une construction du double M de M qu’on trouve par exemple
dans [2]. Soit U un atlas de M. On utilise
les notations suivantes : pour ν∈{−1,+1} et
X⊂M, Xν=X×{ν} et si (s,ν)∈M1∪M−1, π(s,ν)=s ; quand
s∈bM; les points de M=M1∪M−1
de la forme (s,−1) et (s,1) sont
identifiés et forment la courbe réelle γ. On munit M1 de
la structure complexe associée à l’atlas U1
constitué par les applications φ1:U1∋p↦φ(π(p)) où φ:U→C décrit U. Pour M−1, on utilise l’atlas
U−1 des applications φ−1:U−1∋p↦−φ(π(p)), φ:U→C décrivant U. On obtient un atlas
U=U1∪Ub∪U−1
conférant à M une structure complexe en définissant
Ub comme l’ensemble des applications φb définies
de la manière suivante : on se donne une carte de bord pour M
c’est à dire φ∈C∞(U,C) où
U est un ouvert de M tel que bUM=U∩bM est
un ouvert de bM, φ(U\M)=D+=D∩{Im>0} et φ(bUM)=]−1,1[ ; φb est l’application de
Ub=U1∪U−1 dans C obtenue en posant φb(s,1)=φ(s) et φb(s,−1)=φ(s) pour tout s∈U.
On définit des formes volumes μ1 et μ−1 sur M1 et M−1 en posant lorsque φ:U→C est une carte de M,
[TABLE]
Cette définition est évidemment cohérente pour μ1.
Supposons que ψ:V→C est une autre carte de M et
ψ∗μ=λψidz∧dz. On note Φ:ψ(U∩V)∋z↦φ(ψ−1(z)) le changement de carte de ψ à φ. On a
donc λψ=∣Φ′∣2λφ∘Φ. Le changement de carte de ψ−1:V−1→C
à φ−1:U−1→C est alors l’application
Φ−1 définie sur ψ−1(V−1∩U−1)=−ψ(U∩V) par
[TABLE]
D’où
[TABLE]
ce qui prouve la cohérence de la définition de μ−1.
Les formes μ1 et μ−1 se recollent continûment le long de
γ en une forme volume μ pour M. En effet,
considérons une carte de bord φ:U→C pour
M et la carte φb:Ub→C
définie comme plus haut. Posons φ∗μ=λφidz∧dz . Lorsque s∈U, φb(s,−1)=φ(s) et φ−1(s,−1)=−φ(s). Donc le changement de carte de
φb à φ−1 est l’application de U dans
−U, z↦−z. D’où
[TABLE]
pour tout z∈D−∪]−1,1[ où D−=D∩{Im>0}. Etant donné
que φ(bUM)=]−1,1[, ceci montre que
μ−1=μ1 en chaque point de γ∩U. Ecrivons au voisinage
dans D+∪]−1,1[ la fonction λφ
sous la forme λφ,0(x)+λφ,1(x)y+λφ,2(x)y2+o(y2). Puisque μ est tangente à bM par hypothèse,
0=λφ,1 sur bM et il apparaît que μ est
de classe C2.
On peut maintenant munir Λ1,0Tp∗M,
p∈M, de la métrique hp∗ définie par
[TABLE]
pour tout α∈Λ1,0Tp∗M. La connexion de
Chern D qui lui est associée est donc de classe C2 sur
M car h∗ et la formule de Stokes livre que
lorsque ω est une (1,0)-forme méromorphe sur M
sans pôle ni zéro sur bM,
[TABLE]
où Θ est la courbure de D. Si on admet que 2π1∫M1iΘ=2π1∫M−1iΘ, (42) résulte des formules
(43) et (40) car alors 2π1∫M1iΘ=212π1∫MiΘ=g(M)−1 puisque M est compacte et D
de classe C2.
Notons j la symétrie naturelle de M par rapport à
γ et c la conjugaison de C. Lorsque φ:U→C est une carte de M, l’expression de j dans les
cartes φ1 et φ−1 est φ−1∘j∘(φ1)−1 c’est à dire −cUU. j échange donc les orientations de M1 et M−1 ce
qui donne
[TABLE]
Lorsque ψ:V→C est une carte de M,
l’application ψ:j(V)→C
définie par ψ=ψ∘j est aussi une carte
de M. Ceci permet (voir [2] par exemple) à
partir d’une section ω de ΛT∗M sur une partie
X de M, de définir une section ω de
ΛT∗M sur j(X) en posant pour chaque
carte ψ:V→C de M telle que V∩X=∅, (ψ∗ω)w=β(w)dw+α(w)dw quand ψ∗ω=αdz+βdz et
w∈ψ(V∩X). En particulier, ω
étant une section fixée de Λ1,0T∗M sans zéro sur
M, holomorphe sur bM et de classe C∞ sur
M, ω1=π∗ω (resp. ω−1=ω1) est une section de Λ1,0T∗M holomorphe sans zéro sur X1 (resp.
X−1), holomorphe sur X1 et de classe C∞ sur
(resp. X−1). Posant fν=lnh(ων)2, on sait alors que
[TABLE]
Fixons une carte φ:U→C et posons φ∗ω=αdz. Alors (φ1)∗ω1=αdz et (φ1)∗ω−1=α(w)dw. Puisque ∗ agit
sur les (0,1)-formes comme la multiplication par 2i, on obtient que
[TABLE]
Posons μ=λφ2idz∧dz. L’expression
de μ−1 dans la carte φ−1 est par définition
φ−1∗μ−1=λφ(−z)2idz∧dz. φ1 est aussi une
carte définie sur j(U1)=U−1 et le changement de
carte de φ1 à φ−1 est l’application
Φ qui à w∈φ1(U−1)=U associe le nombre Φ(w) défini par
[TABLE]
Par conséquent, pour w∈D−∪[−1,1],
[TABLE]
et donc
[TABLE]
On en déduit que h(ω−1)∘φ1−1=h(ω1)∘(φ1)−1∘c et donc (φ1)∗f−1=(φ1)∗f1∘c (ce qui, au passage, livre f−1=f1∘j).Dérivant deux fois cette relation et en utilisant que d∂=−d∂, on obtient finalement que j∗Θ=−Θ et donc que ∫M1Θ=∫M−1Θ, ce qui achève la preuve du théorème.
∎
On se donne une surface de Riemann à bord M et
une fonction harmonique u non localement constante. On désigne par q
le nombre de zéros de ∂u comptés avec multiplicité et
par c le nombre de composantes connexes de bM. On équipe M d’une
forme volume μ telle que jbS∗∂μ est exacte puis on
construit pour Λ1,0T∗M une métrique hermitienne h∗ et une connexion D comme dans le théorème 37.
Alors
Les formules de cette section nécessitent de pouvoir calculer des
connexions de Chern le long du bord d’une surface de Riemann à bord. La
proposition ci-dessous explique comment ceci est possible quand on
connaît l’opérateur de Dirichlet-Neumann.
Lemme 39
On se donne une surface de Riemann à bord M.
L’opérateur de Dirichlet-Neumann N de M et la structure complexe de
M le long de bM déterminent l’action sur Λ1,0TbM∗M
d’une connexion associée à une métrique tangente à bM.
Démonstration.
L’opérateur ∗ de conjugaison associé à la structure complexe
de M est par hypothèse connu quand il agit sur le fibré réel
TbM∗M=s∈bM∪TsM. bM
étant connu, on peut se donner une section lisse et génératrice
τ∗ de T∗bM. Pour tout s∈bM, on pose alors νs∗=−∗sτs∗. Par définition d’une
conductivité, μ0:bM∋s↦νs∗∧τs∗
est alors une section du fibré des formes volumes de M. On se
donne alors une forme volume μ sur M qui est tangentielle
à bM et telle que μ∣M=μ0 puis On munit
T∗M de la métrique h∗ définie pour s∈M
et α∈TsM par
[TABLE]
Lorsque u est une fonction réelle de classe C∞ sur
M et harmonique sur M, telle que ∂u ne s’annule pas
sur bM, il existe un voisinage Σ de bM dans M tel que
∂u ne s’annule pas dans Σ, est de classe C∞ sur
Σ et holomorphe sur Σ\M. On sait alors que pour tout
s∈bM
[TABLE]
ce qui prouve le lemme.
∎
Références
[1]
A. Agaltsov et G. Henkin, Explicit Reconstruction of Riemann
Surface with Given Boundary in Complex Projective Space, J.
Geom. Anal. 25 (2015), no. 4, 2450–2473.
[2]
L.V. Ahlfors et L. Sario, Riemann surfaces, Princeton Mathematical
Series, No. 26, Princeton University Press, Princeton, N.J., 1960.
[3]
A. Andreotti et C.D. Hill, E. E. Levi convexity and the Hans Lewy
problem. part I and II, Ann. Scuola. Norm. Sup. Pisa 26 et 28
(1972), no. 2 et 4, 325–363 et 747–806.
[4]
Kari Astala, Lassi Päivärinta, et Matti Lassas, Calderón’s
inverse problem for anisotropic conductivity in the plane, Comm. Partial
Differential Equations 30 (2005), no. 1-3, 207–224.
[5]
M. Belishev, The Calderon problem for two dimensional manifolds by the
BC-method, SIAM J. Math. Anal. 35 (2003), no. 1, 172–182.
[6]
M. Belishev et V. Sharafutdinov, Dirichlet to Neumann operator on
differential forms, Bull. Sci. Math. 132 (2008), no. 2, 128–145.
[7]
S. Collion, Transformation d’Abel et formes différentielles
algébriques, C. R. Acad. Sci. Paris Sér. I Math. 323 (1996),
no. 12, 1237–1242.
[8]
P. Dolbeault et G. Henkin, Chaînes holomorphes de bord donné dans
CPn, Bull. Soc. math. France 125 (1997), 383–445.
[9]
B. Gutarts, The inverse boundary value problem for the two-dimensional
elliptic equation in anisotropic media, J. Math. Stat. Allied Fields
1 (2007), no. 1, HTML files.
[10]
F. Harvey et H. B. Lawson, Boundaries of complex analytic varieties,
Ann. of Math. 102 (1975), 233–290.
[11]
R. Harvey, Holomorphic chains and their boundaries, Proc. Symp. Pure
Math. 30 (1977), 309–382.
[12]
G. Henkin, The Abel-Radon transform and several complex variables,
Modern methods in complex analysis (Princeton, NJ, 1992) (Princeton
Princeton Univ. Press, ed.), Ann. of Math. Stud., no. 137, Princeton Univ.
Press, Princeton, NJ, 1995, pp. 223–275.
[13]
, Abel-Radon transform and applications, The legacy of Niels
Henrik Abel, Springer, Berlin, 2004, pp. 567–584.
[14]
G. Henkin et V. Michel, On the explicit reconstruction of a Riemann
surface from its Dirichlet-Neumann operator, Geom. Funct. Anal.
17 (2007), no. 1, 116–155.
[15]
, Inverse conductivity problem on Riemann surfaces, J. Geom.
Anal. 18 (2008), no. 4, 1033–1052.
[16]
, Inverse Dirichlet-to-Neumann problem for nodal curves,
Russian Math. Surveys 67 (2012), no. 6, 1069–1089.
[17]
, Problème de Plateau complexe feuilleté. Phénomènes
de Hartogs-Severi et Bochner pour des feuilletages CR singuliers,
Bull. Soc. Math. France 142 (2014), no. 1, 95–126.
[18]
, Bishop-Runge approximations and inversion of the
Riemann-Klein theorem, Mat. Sb. 206 (2015), no. 2, 149–174.
MR 3354975
[19]
G. Henkin et R. Novikov, On the reconstruction of conductivity of a
bordered two-dimensional surface in R3 from electrical current
measurements on its boundary, J. Geom. Anal. 21 (2011), no. 3,
543–587.
[20]
G. Henkin et M. Santacesaria, On an inverse problem for anisotropic
conductivity in the plane, Inverse Problems 26 (2010), no. 9,
095011, 18.
[21]
, Gelfand-Calderón’s inverse problem for anisotropic
conductivities on bordered surfaces in R3, Int. Math. Res. Not.
IMRN (2012), no. 4, 781–809.
[22]
R. Kohn et M. Vogelius, Determining conductivity by boundary
measurements, Comm. Pure Appl. Math. 37 (1984), no. 3, 289–298.
[23]
M. Lassas et G. Uhlmann, On determining a Riemannian manifold from the
Dirichlet-to-Neumann map, Ann. Sci. École Norm. Sup. (4) 34
(2001), no. 5, 771–787.
[24]
J. Lee et G. Uhlmann, Determining anisotropic real-analytic
conductivities by boundary measurements, Comm. Pure Appl. Math. 42
(1989), no. 8, 1097–1112.
[25]
A. Nachman, Global uniqueness for a two-dimensional inverse boundary
value problem, Ann. of Math. (2) 143 (1996), no. 1, 71–96.
[26]
R. Novikov, A multidimensional inverse spectral problem for the equation
−Δψ+(v(x)−Eu(x))ψ=0, Funktsional. Anal. i Prilozhen.
22 (1988), no. 4, 11–22, 96.
[27]
M. Rosenlicht, Generalized Jacobian varieties, Ann. of Math. (2)
59 (1954), 505–530.
[28]
V. Sharafutdinov et C. Shonkwiler, The complete Dirichlet-to-Neumann
map for differential forms, J. Geom. Anal. 23 (2013), no. 4,
2063–2080.
[29]
J. Sylvester, An anisotropic inverse boundary value problem, Comm. Pure
Appl. Math. 43 (1990), 201–232.
[30]
J. Wood, A simple criterion for local hypersurfaces to be algebraic,
Duke Math. J. 51 (1984), no. 1, 235–237.
Bibliography30
The reference list from the paper itself. Each links out to its DOI / PubMed record.
1[1] A. Agaltsov et G. Henkin, Explicit Reconstruction of Riemann Surface with Given Boundary in Complex Projective Space , J. Geom. Anal. 25 (2015), no. 4, 2450–2473.
2[2] L.V. Ahlfors et L. Sario, Riemann surfaces , Princeton Mathematical Series, No. 26, Princeton University Press, Princeton, N.J., 1960.
3[3] A. Andreotti et C.D. Hill, E. E. Levi convexity and the Hans Lewy problem. part I and II , Ann. Scuola. Norm. Sup. Pisa 26 et 28 (1972), no. 2 et 4, 325–363 et 747–806.
4[4] Kari Astala, Lassi Päivärinta, et Matti Lassas, Calderón’s inverse problem for anisotropic conductivity in the plane , Comm. Partial Differential Equations 30 (2005), no. 1-3, 207–224.
5[5] M. Belishev, The Calderon problem for two dimensional manifolds by the BC-method , SIAM J. Math. Anal. 35 (2003), no. 1, 172–182.
6[6] M. Belishev et V. Sharafutdinov, Dirichlet to Neumann operator on differential forms , Bull. Sci. Math. 132 (2008), no. 2, 128–145.
7[7] S. Collion, Transformation d’Abel et formes différentielles algébriques , C. R. Acad. Sci. Paris Sér. I Math. 323 (1996), no. 12, 1237–1242.
8[8] P. Dolbeault et G. Henkin, Chaînes holomorphes de bord donné dans ℂ ℙ n ℂ superscript ℙ 𝑛 \mathbb{CP}^{n} , Bull. Soc. math. France 125 (1997), 383–445.