This paper discusses conditions under which topological dynamical systems can be embedded into high-dimensional cubical shifts, focusing on mean and periodic dimensions and providing new embedding criteria.
Contribution
It establishes new embedding theorems linking mean and periodic dimensions to the ability to embed systems into cubical shifts.
Findings
01
Embedding is possible if mean dimension and periodic dimension are less than d/2.
02
For product systems, embedding depends on the lim inf of periodic dimensions.
03
Provides conditions for embedding based on dimension constraints.
Abstract
According to a conjecture of Lindenstrauss and Tsukamoto, a topological system (X,T) embeds in the d-dimensional cubical shift (([0,1]d)Z,shift) if its mean dimension and periodic dimension verify mdim(X,T)<d/2 and perdim(X,T)<d/2. If (X,T)=(i∈N∏Xi,i∈N∏Ti) ((Xi,Ti) dynamical systems), and n→+∞liminfperdim(X(n),T(n)))<2d, then (X,T) embeds in (([0,1]d)Z,shift).
Equations309
ordx(α)=U∈α∑(\mathds1U(x))−1
ordx(α)=U∈α∑(\mathds1U(x))−1
ord(α)=x∈Xsupordx(α)
ord(α)=x∈Xsupordx(α)
D(α)=βminord(β)
D(α)=βminord(β)
dim(X)=αsupD(α)
dim(X)=αsupD(α)
β=(Vi)i∈I=(j∈ϕ−1(i)⋃Wj)i∈I
β=(Vi)i∈I=(j∈ϕ−1(i)⋃Wj)i∈I
β=(Vi)i∈I=((Oi∪(X\F))∩Ui)i∈I
β=(Vi)i∈I=((Oi∪(X\F))∩Ui)i∈I
dim(F∪G)=max(dim(F),dim(G))
dim(F∪G)=max(dim(F),dim(G))
maille(α)=U∈αmaxdiam(U)
maille(α)=U∈αmaxdiam(U)
j∈J⋂Aj=∅
j∈J⋂Aj=∅
N→∞limΔ∈CNmaxdiam(Δ)=0
N→∞limΔ∈CNmaxdiam(Δ)=0
d(x,y)≤d(x,s)+d(s,y)≤diam(Δ1)+diam(Δ2)
d(x,y)≤d(x,s)+d(s,y)≤diam(Δ1)+diam(Δ2)
S(i)|_{k}=\left\{\begin{array}[]{ll}1\text{ si }U_{i}\text{ rencontre le bord }\{x_{k}=0\}\\
0\text{ sinon}\end{array}\right.
S(i)|_{k}=\left\{\begin{array}[]{ll}1\text{ si }U_{i}\text{ rencontre le bord }\{x_{k}=0\}\\
0\text{ sinon}\end{array}\right.
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Taxonomy
TopicsMathematical Dynamics and Fractals · Advanced Differential Equations and Dynamical Systems · Cellular Automata and Applications
Full text
Dimension topologique, moyenne dimension et théorèmes de plongements
Fanny Amyot
Mémoire de Master 2,
préparé sous la direction de Yonatan Gutman,
co-dirigé par David Burguet
Résumé
La rédaction de ce mémoire est basée principalement sur la lecture des deux articles [LW00] et [Gut14]. Il s’agissait d’appréhender la moyenne dimension topologique et de comprendre l’intérêt de cette notion, notamment dans l’étude de théorèmes de plongements. J’ai dû me documenter préalablement sur la dimension topologique, et j’y consacre donc la première partie du mémoire. Dans la seconde, on introduit la notion de moyenne dimension topologique et dans la dernière, on étudie plusieurs cas particuliers de la conjecture de Lindenstrauss-Tsukamoto.
Je remercie Yonatan Gutman pour cette introduction à ce sujet et à la recherche en général, et pour sa disponibilité malgré la distance. Je remercie aussi David Burguet pour les discussions que nous avons eues et pour avoir co-dirigé mon master, et Frédéric Le Roux pour bien avoir voulu faire partie du jury lors de la soutenance.
Cette section est motivée par deux objets : l’introduction de la dimension périodique dans la troisième section, et l’étude de la moyenne dimension topologique. Celle-ci est définine comme une moyenne de la dimension topologique et on remarquera qu’elle se comporte relativement de la même façon. On utilise d’ailleurs les mêmes méthodes et outils dans les démonstrations des résultats de la section 2.
Dans ce chapitre, X est un espace topologique non vide.
1.1 Définition
Définition 1**.**
Soit α un recouvrement de X. Soit x∈X. On pose :
[TABLE]
et :
[TABLE]
On dit que ord(α) est l’ordre de α.
On a que ord(α)∈N∪∞. Dans la suite, on considèrera des recouvrements ouverts finis, on aura donc ord(α)∈N.
Soient α=(Ai)i∈I et β=(Bj)j∈J des recouvrements de X. On dit que β est un raffinement de α si pour tout j∈J il existe i∈I tel que Bj⊂Ai. On note β≻α.
Définition 2**.**
Soit α un recouvrement ouvert fini de X. On pose :
[TABLE]
où β parcourt tous les recouvrements ouverts finis de X tels que β≻α.
Remarque 1*.*
On a D(α)∈N
D(α)≤n si et seulement si il existe β un recouvrement ouvert fini raffinant α tel que ord(β)≤n.
Si α et α~ sont deux recouvrements ouverts finis tels que α≻α~, alors D(α)≥D(α~).
Définition 3**.**
La dimension topologique de X est définie par :
[TABLE]
où α parcourt tous les recouvrements ouverts finis de X.
1.2 Premières propriétés
Proposition 1**.**
Soit F⊂X un sous-ensemble fermé de X. Alors dim(F)≤dim(X).
Démonstration.
Soit α un recouvrement ouvert fini de F. Il existe une famille d’ouverts de X, (Ui)i∈I, telle que : F⊂⋃i∈IUi. Comme X\F est un ouvert de X, β=(Ui)i∈I∪(X\F) est un recouvrement ouvert fini de X. Soit γ un recouvrement ouvert fini de X raffinant β tel que ord(γ)=D(β). Soit γ~=(U∩F)U∈γ. Alors γ~ est un recouvrement ouvert fini de F raffinant α, et tel que ord(γ~)≤ord(γ)
Donc ord(α)≤ord(γ~)≤ord(γ)=D(β). Finalement, dim(F)≤dim(X).
∎
Lemme 1**.**
Soit α=(Ui)i∈I un recouvrement ouvert fini de X. Alors on peut trouver un recouvrement β=(Vi)i∈I tel que pour tout i∈I, Vi⊂Ui et ord(β)≤D(α).
Démonstration.
Soit γ=(Wj)j∈J un recouvrement ouvert fini de X tel que γ≻α et ord(γ)=D(α). Alors on peut définir une application ϕ:J→I telle que pour tout j∈J, Wj⊂Uϕ(j). Alors posons :
[TABLE]
β est un recouvrement ouvert fini de X et pour tout i∈I, on a Vi⊂Ui. De plus, soit x∈X. Alors x∈Vi si et seulement s’il existe j dans ϕ−1(i) tel que x∈Wj. On en déduit que ordx(β)≤ordx(γ). Donc finalement, ceci étant vrai pour tout x∈X, ord(β)≤D(α).
∎
Lemme 2**.**
Soit F un sous-ensemble fermé de X. Soit α=(Ui)i∈I un recouvrement ouvert fini de X. Alors on peut trouver un recouvrement β=(Vi)i∈I tel que pour tout i∈I, Vi⊂Ui et ordx(β)≤dim(F) pour tout x∈F.
Démonstration.
Considérons le recouvrement ouvert fini de F : (F∩Ui)i∈I. Alors d’après le lemme précédent, on peut trouver un recouvrement γ=(Wi)i∈I tel que pour tout i∈I, Wi⊂F∩Ui et ord(γ)≤dim(F). Pour tout Wi il existe Oi un ouvert de X tel que Wi=F∩Oi. Posons :
[TABLE]
Alors β est un recouvrement ouvert fini de X tel que pour tout i∈I, Vi⊂Ui. De plus, si x∈F, x∈Vi si et seulement si x∈Wi. Donc ordx(β)=ordx(γ)≤ord(γ)≤dim(F).
∎
Proposition 2**.**
Soient F et G deux sous-ensembles fermés de X. Alors :
[TABLE]
Démonstration.
D’après la proposition précédente, on sait déjà que dim(F∪G)≥max(dim(F),dim(G)).
Soit α un recouvrement ouvert fini de F∪G. En appliquant 2 à α et à F, on obtient un recouvrement β=(Ui)i∈I de F∪G. Puis on obtient un recouvrement γ=(Vi)i∈I de F∪G en appliquant de nouveau 2 à β et à G. γ est tel que pour tout i∈I, Vi⊂Ui. Alors pour x∈G, on a ordx(γ)≤dim(G). D’autre part, si x∈Vi∈γ, alors x∈Ui. Donc ordx(γ)≤ordx(β)≤dim(F). Finalement, ordx(γ)≤max(dim(F),dim(G)). Comme γ≻α, on en déduit que D(α)≤max(dim(F),dim(G)). On a choisi α arbitrairement donc on peut conclure : dim(F∪G)≤max(dim(F),dim(G)).
∎
Définition 4**.**
Soit α une famille finie de sous-ensembles de X. On définit :
[TABLE]
Proposition 3**.**
Supposons que X est un espace métrique compact. Soit n∈N. Alors dim(X)≤n si et seulement si pour tout ϵ>0, il existe un recouvrement ouvert fini de X, α tel que maille(α)≤ϵ et ord(α)≤n.
Démonstration.
Supposons dim(X)≤n. Soit ϵ>0. Alors par compacité de X, on peut trouver α un recouvrement fini formé de boules ouvertes de rayon 2ϵ. Alors D(α)≤n, donc il existe β≻α tel que ord(β)≤n. On a bien maille(β)≤ϵ.
Réciproquement, soit α un recouvrement ouvert fini de X. Pour tout U∈α et tout x∈U, il existe une boule ouverte centrée en x, de rayon rx, inclue dans U. Les boules ouvertes de la forme B(x,2rx) recouvrent X, et par compacité de X, on peut en extraire un recouvrement fini (B(x,2rx))x∈A. Alors posons η=minx∈X2rx. Soit β tel que maille(β)≤η et ord(β)≤n. Soit V∈β. Alors prenons yV un élément de V. Il existe x∈A tel que yV∈B(x,2rx) et B(x,rx)⊂V. Alors pour tout y∈V, d(y,x)≤diam(V)+d(yV,x)<rx. Comme B(x,rx) est inclue dans un ouvert de α, on en déduit que Y est inclus dans un ouvert de α. Finalement, β≻α. Donc D(α)≤n. Donc finalement, dim(X)≤n.
∎
1.3 Dimension topologique des polyèdres
Les polyèdres vont être des outils particulièrement importants dans l’étude de la dimension topologique. En particulier, on montre ici que la dimension topologique étend à des espaces topologiques la notion de dimension algébrique d’un espace vectoriel.
1.3.1 Polyèdres
Définition 5**.**
Soit {v1,v2,...,vr} une famille de points de Rm. Alors on dit qu’elle est affinement indépendante si {v2−v1,v3−v1,...,vr−v1} est une famille libre.
Définition 6**.**
Soit r∈N. On dit que Δ est un r-simplexe de Rm si c’est l’enveloppe convexe d’un ensemble de r+1 points de Rm, {p0,p1,...,pr}, affinement indépendants. Ces points sont appelés les sommets de Δ. Une face de Δ est un simplexe dont les sommets sont pris parmi les sommets de Δ.
Définition 7**.**
Un complexe simplicial de Rn est un ensemble fini C de simplexes de Rn vérifiant :
si Δ∈C, et si F est une face de Δ, alors F∈C.
2. 2.
si Δ∈C et Δ′∈C, alors Δ∩Δ′ est une face commune à Δ et Δ′.
Les sommets de C sont les sommets des simplexes composant C.
On appelle support de C, et on note ∣C∣, le sous-ensemble de Rn défini par l’union de tous les simplexes composant C.
On appelle dimension combinatoire de C la dimension maximale des simplexes composant C.
Définition 8**.**
Un espace topologique X est un polyèdre s’il existe un complexe simplicial C tel que X soit homéomorphe au support ∣C∣ de C.
Définition 9**.**
Un complexe simplicial abstrait est la donnée d’un couple (V,Σ), où V est un ensemble fini dont les éléments sont appelés les sommets et Σ un ensemble de parties de V, appelées simplexes, vérifiant qu’une sous-partie d’un simplexe est aussi un simplexe.
Soit (V,Σ) un complexe simplicial abstrait. On va lui associer un complexe simplicial C qu’on appellera sa réalisation géométrique.
Posons n=card(V) et V=v1,v2,...,vn. On note (e1,e2,...,en) la base canonique de Rn. Alors à tout simplexe σ on associe le simplexe de Rn ayant pour ensemble de sommets : {ei∣vi∈σ}. Alors l’ensemble de ces simplexes est bien un complexe simplicial de Rn.
Réciproquement, soit C un complexe simplicial de Rn. Alors si V est l’ensemble des sommets de C et Σ est composé des parties de V qui sont les ensembles des sommets d’un simplexe de C, le couple (V,Σ) est un complexe simplicial abstrait. On dit que c’est le complexe simplicial abstrait associé à C.
Exemple 1*.*
Soit V={1,2,3,4} et Σ={∅,{1},{2},{3},{4},{2,3},{3,4},{2,4},{1,2},{2,3,4}} C’est un complexe simplicial abstrait. Sa réalisation géométrique est un complexe simplicial de R4, composé de 4 1-simplexes, 4 2-simplexes, et un 3-simplexe.
Voici un autre exemple important dans la suite :
Définition 10**.**
Soit α=(Ai)i∈N un recouvrement d’un ensemble X. Alors on appelle nerf de α le complexe simplicial abstrait (V,Σ) où V=I et Σ est l’ensemble des J⊂I tels que
[TABLE]
Dans la fin de cette section, on commence à relier la dimension combinatoire d’un polyèdre et sa dimension topologique. On verra dans la suite qu’elles sont en fait égales. C’est un résultat important pour la théorie de la dimension topologique, notamment grâce à 10.
Définition 11**.**
Soit s un sommet d’un complexe simplicial C. La réunion de tous les simplexes de C ne contenant pas s est un ensemble fermé. On note EC(s) son complémentaire dans ∣C∣. On dit que c’est l’étoile ouverte de s.
Proposition 4**.**
Soit C un complexe simplicial de Rn, et S l’ensemble de ses sommets. Alors (EC(s))s∈S est un recouvrement ouvert fini de ∣C∣ d’ordre m, où m est la dimension combinatoire de C.
Démonstration.
Soit x∈∣C∣. Alors il existe Δ un simplexe de C tel que x∈Δ˚. Soit s un sommet de Δ. Alors x∈EC(s). En effet, soit Δ~ un simplexe contenant x. Quitte à prendre une face de Δ~, on peut supposer que x∈Δ~˚. Alors Δ∩Δ~ est une face de Δ qui rencontre Δ˚, donc c’est Δ. De même on montre Δ∩Δ~=Δ~ donc Δ=Δ~. Donc s∈Δ~. Finalement, x∈EC(s). On en déduit que (EC(s))s∈S est un recouvrement ouvert fini de ∣C∣.
Soit maintenant x∈∣C∣, et s1,...,sr les sommets tels que x∈EC(si). Soit Δ tel que x∈Δ. Alors s1,...,sr sont des sommets de Δ. Donc r est strictement inférieur à la dimension combinatoire de Δ, donc à m. Ceci étant vrai pour tout x, ord(α)≤m.
Réciproquement, soit Δ un m-simplexe de C, de sommets s0,...,sm, et x∈Δ˚. Alors x∈EC(s) pour tout s∈{s0,...,sm}. On en déduit ord(α)≥m. Finalement on a bien ord(α)=m.
∎
On admet ici un lemme (technique), démontré dans [Coo05].
Lemme 3**.**
Soit C un complexe simplicial de Rn. Alors pour tout N∈N, on peut construire un complexe simplicial CN, qui a même dimension combinatoire et même support que ∣C∣, et tel que :
[TABLE]
Proposition 5**.**
Soit ∣C∣ un complexe simplicial de Rn, et m sa dimension combinatoire. Alors dim(∣C∣)≤m.
Démonstration.
Soit N∈N. Soit αN=(ECN(s))s∈SN, où SN est l’ensemble des sommets de CN, défini dans le lemme précédent. Alors d’après 4, αN est un recouvrement ouvert fini de ∣CN∣, donc de ∣C∣, d’ordre m.
Alors maille(αN)≤2(maxΔ∈CNdiam(Δ)). En effet, si s∈S et x,y∈EC(s), il existe Δx et Δy contenant respectivement x et y et ayant s pour sommet. Alors on a :
[TABLE]
Donc diam(ECN(s))≤2(maxΔ∈CNdiam(Δ)), d’où le résultat.
On en déduit que limN→∞maille(αN)=0. D’après 3, on a donc que dim(∣C∣)≤m.
∎
1.3.2 Lemme de Lebesgue
Le lemme de Lebesgue va nous permettre en particulier d’achever le calcul de la dimension des polyèdres.
Proposition 6**.**
Soit n∈N et α un recouvrement ouvert fini du cube [0,1]n, tel qu’aucun élément de α ne rencontre deux faces opposées de [0,1]n. Alors on a D(α)≥n.
Démonstration.
Soit β=(Ui)i∈I un recouvrement ouvert fini raffinant α. Montrons que ord(β)≥n. Supposons le contraire : ord(β)<n. On va construire une fonction ψ:[0,1]n→[0,1]n continue qui n’admet pas de point fixe. On aura alors obtenu une contradiction avec le théorème du point fixe de Brouwer.
Pour tout i∈I, on considère le sommet S(i)∈{0,1}n, défini par :
[TABLE]
Alors si Ui rencontre une face, S(i) se situe sur la face opposée. En effet, comme β≻α, aucun élément de β n’intersecte deux faces opposées du cube [0,1]n.
Soit (ρi)i∈I une partition de l’unité adaptée au recouvrement β. On considère la fonction ϕ définie par :
[TABLE]
Alors si x est sur une face de [0,1]n, ϕ(x) appartient à la face opposée.
D’autre part, soit x∈[0,1]n. Alors ϕ(x) est dans l’enveloppe convexe de la famille {S(i)∣x∈Ui}, qui est de cardinal < n car ord(β)<n. Donc l’image de ϕ, notée Im(ϕ), est inclue dans une réunion finie de sous-espaces affines de [0,1]n de dimension <n. Ces espaces sont fermés et d’intérieur vide dans [0,1]n, donc d’après le théorème de Baire, cette union est d’intérieur vide. Donc Im(ϕ) est d’intérieur vide dans [0,1]n.
Il existe donc un élément ω dans [0,1]n\Im(ϕ). On considère π:[0,1]n\{ω}→∂[0,1]n la projection qui à un point x associe l’intersection du bord de [0,1]n avec la demi-droite partant de ω et passant par x. En particulier, π laisse fixe tout point du bord.
Considérons l’application ψ=π∘ϕ:[0,1]n→[0,1]n. C’est bien une application continue, qui n’admet pas de point fixe. En effet, son image est inclue dans le bord de [0,1]n. Or tout point du bord est envoyé par ψ sur la face opposée du cube.
∎
Corollaire 1**.**
Soit n∈N. Alors dim([0,1]n)=n.
Démonstration.
[0,1]n est homéomorphe au support d’un n-simplexe de Rn. D’après 5, on a donc dim([0,1]n)≤n. D’autre part, soit α un recouvrement ouvert fini de [0,1]n, tel qu’aucun ouvert dans α ne rencontre deux faces opposées du cube [0,1]n. Alors d’après 6, D(α)≥n. Donc dim([0,1]n)≥n.
∎
On obtient ainsi des exemples d’espaces de dimension n pour tout entier n. On a aussi dim([0,1]N)=∞. En effet, pour tout n∈N, [0,1]n est un sous-espace fermé de [0,1]N, donc n=dim[0,1]n)≤dim([0,1]N).
Corollaire 2**.**
Soit n∈N et C un complexe simplicial de Rn. Alors la dimension topologique du support ∣C∣ de C est la dimension combinatoire de C.
Démonstration.
On sait déjà d’après 5 que dim(∣C∣)≤m. Soit Δ un m-simplexe de C. Alors il est homéomorphe à [0,1]m, donc de dimension m. Donc d’après 1, dim(∣C∣)≥m.
∎
Corollaire 3**.**
Soient P et Q des polyèdres. Alors :
[TABLE]
Démonstration.
On va montrer que si C et C′ sont deux complexes simpliciaux, dim(∣C∣×∣C′∣)=dim(∣C∣)+dim(∣C′∣). Soient Δ un k-simplexe de C et Δ′ un k’-simplexe de C′. Alors Δ×Δ′ est homéomorphe à [0,1]k×[0,1]k′, donc est de dimension k+k’. Or :
[TABLE]
Il s’agit d’une union finie d’ensembles fermés, donc d’après 2, dim(∣C∣×∣C′∣)=maxΔ∈C,Δ′∈C′dim(Δ×Δ′). Comme la dimension d’un complexe simplicial est égale à sa dimension combinatoire, dim(∣C∣×∣C′∣)=dim(∣C∣)+dim(∣C′∣).
∎
1.3.3 Applications α-compatibles
Définition 12**.**
Soit une application f:X→Y. Soit α un recouvrement ouvert fini de X. On dit que f est α-compatible s’il existe un recouvrement ouvert fini β de Y, tel que le recouvrement f−1(β) raffine α.
Proposition 7**.**
Supposons que X est compact. Soit α un recouvrement ouvert fini de X. Soit une application continue f:X→Y telle que pour tout y∈Y, il existe U∈α tel que f−1(y)⊂U. Alors f est α-compatible.
Démonstration.
Si α=(Ai)i∈I, posons : β=(Bi)i∈I=({y∈Y∣f−1(y)⊂Ai})i∈I. Alors β est un recouvrement fini de Y tel que f−1(β)≻α. Il reste à montrer que les Bi sont ouverts. Si un ensemble Bi n’est pas ouvert, alors il existe y∈Bi et une suite (yn)n∈N d’éléments de Y\Bi, convergeant vers y. On a alors :
[TABLE]
Comme X est compact, la suite (xn)n∈N admet une sous-suite convergeant vers un élément x∈X. Par continuité de f, f(x)=y, donc x∈Ai. Mais d’autre part, comme X\Ai est fermé, x∈X\Ai. C’est une contradiction, donc finalement les Bi sont des ouverts de Y.
∎
Proposition 8**.**
Soit une application f:X→Y. Si β est un recouvrement ouvert fini de X, alors D(f−1(β))≤D(β).
Démonstration.
Soit γ un recouvrement ouvert fini tel que γ≻β et ord(γ)=D(β). Alors on a ord(f−1(γ))≻ord(γ). En effet, si A∈γ et x∈f−1(A) alors f(x)∈A donc :
[TABLE]
Finalement, comme f−1(γ)≻f−1(β), on a D(f−1(β))≤D(β).
∎
Proposition 9**.**
Soit α un recouvrement ouvert fini de X et f:X→Y une application α-compatible. Alors D(α)≤dim(Y).
Démonstration.
f est α-compatible donc il existe β un recouvrement ouvert fini de Y tel que f−1(β)≻α. Alors d’après la proposition précédente, D(α)≤D(f−1(β))≤D(β)≤dim(Y).
∎
Proposition 10**.**
Supposons que X soit un espace métrique compact, et α un recouvrement ouvert fini de X. Alors il existe un espace Y de dimension topologique D(α) et une application f:X→Y continue et α-compatible.
On peut construire l’espace Y comme un polyèdre.
Démonstration.
Soit β=(Bi)i∈I un recouvrement ouvert fini de X qui raffine α et tel que ord(β)=D(α). Soit C la réalisation géométrique du nerf de β et Y le polyèdre ∣C∣. On garde les mêmes notations que dans 10. Soit (ρi)i∈I une partition de l’unité subordonnée à β. Alors on définit :
[TABLE]
f est bien continue, et dim(Y) est la dimension combinatoire de C d’après 2, donc c’est ord(β), c’est-à-dire D(α).
Enfin, f est β-compatible d’après 7. En effet, soit y∈Y et Δ⊂I le simplexe de C contenant y de dimension minimale (il est unique). Alors si i∈Δ, et f(x)=y, ρi(x)=0 donc x∈Bi. Donc f−1(y)⊂Bi. Finalement, comme β≻α, f est α-compatible.
∎
Corollaire 4**.**
Soient X et Y deux compacts métrisables. Alors :
[TABLE]
Démonstration.
Soit γ un recouvrement ouvert fini de X×Y. Alors par définition de la topologie produit sur X×Y, chaque élément de γ peut s’écrire comme une réunion (finie car X×Y est compact) d’ouverts élémentaires U×V. Donc on peut trouver deux recouvrements ouverts finis α et β respectivement de X et de Y, tels que (α×β)=(U×V)U∈α,V∈β raffine γ.
D’après 10, on peut trouver P un polyèdre de dimension D(α), Q un polyèdre de dimension D(β), et deux applications continues, f:X→P, α-compatible, et g:Y→Q, β-compatible. Posons :
[TABLE]
Alors h est (α×β)-compatible donc γ-compatible. Donc D(γ)≤dim(P×Q).
Définition 13**.**
Soient α=(Ai)i∈I et β=(Bj)j∈J des recouvrements de X. On note α∨β et on appelle joint de α et β le recouvrement : (Ai∩Bj)(i∈I,j∈J).
Remarque 2*.*
On a α∨β≻α et α∨β≻β
Proposition 11**.**
Soient α et β des recouvrements de X. Alors :
[TABLE]
Démonstration.
D’après 10, on peut trouver Y un polyèdre de dimension D(α), Y’ un polyèdre de dimension D(β), et deux applications continues, f:X→Y, α-compatible, et g:X→Y′, β-compatible. Posons :
[TABLE]
Alors h est (α∨β)-compatible. Donc D(α∨β)≤dim(Y×Y′). Comme Y et Y’ sont compacts, on obtient :
[TABLE]
∎
∎
1.4 Plongements topologiques
Soient X et Y deux espaces topologiques. On dit que X se plonge topologiquement dans Y s’il existe une application f:X→Y qui induit un homéomorphisme de X sur f(X). f est appelée un plongement de X dans Y.
La dimension topologique étant un invariant topologique, d’après 1, si X se plonge topologiquement dans Y, on a dim(X)≤dim(Y).
Dans l’idée d’étudier les plongements d’un système dynamique dans un autre, on étudie ici les plongements d’un espace topologique X dans un espace topologique Y. Ceci pour deux raisons : si (X,T) se plonge dans (Y,S), alors X se plonge topologique dans Y. De plus, dans la section 3., on cherche un équivalent pour les systèmes dynamiques pour 1 ci-dessous.
Proposition 12**.**
Soit X un espace métrisable compact. Alors X se plonge topologiquement dans [0,1]N.
Démonstration.
On va exhiber une suite (fn)n∈N de fonctions continues de X dans [0,1] telles que :
[TABLE]
Alors on pourra considérer l’application continue suivante :
[TABLE]
qui est injective, donc induit une application bijective de X sur ϕ(X), et dont la réciproque ϕ−1 est continue car X est compact.
Soit n∈N. X peut être recouvert par un nombre fini de boules fermées de rayon n1. Pour chaque couple (B1,B2) de telles boules, disjointes, la fonction :
[TABLE]
est continue et vaut 0 sur la boule B1, et 1 sur la boule B2.
On construit ainsi, pour tout n∈N, un nombre fini de fonctions.
Considérons l’ensemble de ces fonctions. C’est un ensemble dénombrable. Soient x et y distincts dans X. Alors il existe n∈N tel que x et y appartiennent à deux boules disjointes de rayon n1 du recouvrement exhibé ci-dessus. La fonction associée prend des valeurs distinctes (0 et 1) en x et en y.
∎
Théorème 1**.**
Soit X un espace compact métrisable de dimension topologique finie n. Alors X se plonge topologiquement dans R2n+1.
On montre ce théorème en utilisant le théorème de Baire. On démontre le résultat plus fort suivant :
Théorème 2**.**
Soit X un espace compact métrisable de dimension topologique finie n. Soit m un entier tel que m≥2n+1. Alors l’ensemble des applications de C(X,Rm) qui induisent un homéomorphisme de X sur son image est un Gδ-dense dans C(X,Rm).
Pour cela, on considèrera les espaces suivants :
Pour ϵ>0, Cϵ(X,Rm) est l’espace des applications de C(X,Rm) qui sont ϵ-injectives, c’est-à-dire telles que :
[TABLE]
On va montrer qu’ils sont tous ouverts denses dans C(X,Rm), qu’on a muni de la distance uniforme d∞.
Lemme 4**.**
Soit ϵ>0 et m∈N. Alors l’espace Cϵ(X,Rm) est ouvert dans C(X,Rm).
Démonstration.
Soit f∈Cϵ(X,Rm). Posons :
[TABLE]
Alors :
[TABLE]
Or K est fermé dans X×X donc compact. Donc il existe δ>0 tel que :
[TABLE]
Soit maintenant g∈C(X,Rm) telle que d∞(f,g)≤4δ. Alors pour tout (x,y)∈K,
[TABLE]
Donc g∈Cϵ(X,Rm).
Finalement Cϵ(X,Rm) est ouvert dans C(X,Rm)
∎
Pour montrer la densité des espaces Cϵ(X,Rm), nous aurons besoin d’un lemme intermédiaire.
On rappelle la définition suivante :
Définition 14**.**
Soit {v1,v2,...,vr} une famille de vecteurs de Rm. Alors on dit qu’elle est affinement indépendante si {v2−v1,v3−v1,...,vr−v1} est une famille libre.
Définition 15**.**
Soit m∈N et r∈N. Soit {p0,p1,...,pr} une famille de points de Rm. On dit qu’elle est en position générale si toute sous-famille de {p0,p1,...,pr} comprenant au plus m+1 points est affinement indépendante.
Lemme 5**.**
Soient m∈N et r∈N. Soient {p0,p1,...,pr} une famille de points de Rm et ϵ>0. Alors il existe {q0,q1,...,qr} une famille de points de Rm en position générale telle que
[TABLE]
Démonstration.
Montrons-le par récurrence sur r.
Un singleton est toujours en position générale, on peut prendre q0=p0.
Supposons q0,q1,...,qr−1 déjà construits. Soit une sous-famille de {q0,q1,...,qr−1} comprenant au plus m points. Alors elle engendre un sous-espace affine de Rm de dimension strictement inférieure à m. Cet espace est donc d’intérieur vide dans Rm. Soit F l’union de tous les espaces de ce type. Alors F est une union finie de fermés d’intérieur vide, donc d’après le théorème de Baire, F est d’intérieur vide. On peut donc trouver un point qr dans son complémentaire tel que d(qr,pr)≤ϵ. Alors par définition de F, {q0,q1,...,qr} est en position générale.
∎
Lemme 6**.**
Soit X un espace compact métrisable de dimension topologique finie n. Soit m un entier tel que m≥2n+1 et ϵ>0. Alors l’espace Cϵ(X,Rm) est dense dans C(X,Rm).
Démonstration.
Soit f∈C(X,Rm) et δ>0. Comme X est compact, f est uniformément continue. Soit η>0 tel que si d(x,y)≤η, alors d(f(x),f(y))≤2δ. D’après 3, on peut trouver un recouvrement ouvert fini α de X tel que ord(α)=n et maille(α)≤min(η,ϵ). Notons α={U0,...,Ur} et choisissons pour tout Ui un point ai∈Ui. Alors en posant pi=f(ai) on obtient {p0,p1,...,pr} une famille de points de Rm à laquelle on peut appliquer le lemme précédent. On obtient une famille de points {q0,q1,..,qr} en position générale telle que
[TABLE]
Soit (ρi)i∈{0,1...,r} une partition de l’unité subordonnée à α. Alors on peut définir l’application :
[TABLE]
g est une fonction continue. Montrons qu’elle est ϵ-injective. Soient x et y tels que g(x)=g(y). Posons Ix={0≤i≤r∣ρi(x)>0} et de même Iy={0≤i≤r∣ρi(y)>0}. On a :
[TABLE]
Comme les coefficients en jeu dans cette combinaison linéaire sont tous non nuls, la famille (qi)i∈Ix∪Iy est liée. Comme {q0,q1,..,qr} est en position générale, on en déduit que card(Ix∪Iy)>m+1. Or card(Ix)+card(Iy)≤2ord(α)+2≤2n+2≤m+1. On en déduit que Ix et Iy ont un élément i en commun. Alors x et y sont dans Ui. Comme maille(α)<ϵ, d(x,y)<ϵ. Finalement, g est ϵ-injective.
Montrons que \Arrowvertf−g\Arrowvert∞≤δ. Soit x∈X. Si ρi(x)>0, alors comme diam(Ui)≤η, d(f(x),pi)≤2δ. Donc d(f(x),∑i=0rρipi)≤2δ.
Alors on a :
[TABLE]
Donc \Arrowvertf−g\Arrowvert∞≤δ.
Finalement, on a montré que Cϵ(X,Rm) est dense dans C(X,Rm).
∎
Démontrons maintenant le théorème.
Démonstration.
L’ensemble des applications de C(X,Rm) qui induisent un homéomorphisme de X sur son image s’écrit de la façon suivante :
[TABLE]
D’après les lemmes précédents, c’est donc une intersection dénombrable d’ouverts denses de l’espace métrique complet C(X,Rm). On peut donc appliquer le théorème de Baire pour conclure.
∎
2 Moyenne dimension topologique
La moyenne dimension topologique est un invariant topologique, introduit par Gromov, et qui permet de distinguer entre des systèmes de dimension infinie.
Dans toute cette section, X est un espace métrique compact et T un homéomorphisme sur X.
2.1 Généralités
Notation 1*.*
Soit α un recouvrement ouvert de X. Soient a et b dans Z tels que a<b. On note :
[TABLE]
αab est un recouvrement ouvert de X.
Proposition 13**.**
Pour tout recouvrement ouvert fini α de X, la suite (D(α0n−1))n∈N est sous-additive.
On en déduit que pour tout recouvrement ouvert fini α de X, la suite
(nD(α0n−1))n∈N admet une limite, et de plus :
[TABLE]
Définition 16**.**
On définit la dimension moyenne du système dynamique (X,T):
[TABLE]
où α parcourt tous les recouvrements ouverts finis de X.
On démontre ici quelques propriétés de la moyenne dimension. On remarquera des similitudes avec la dimension topologique, dans les énoncés et la manière de les démontrer.
Proposition 14**.**
Si (X,T) et (Y,S) sont conjugués, alors mdim(X,T)=mdim(Y,S).
Démonstration.
Soit h:X⟶Y un homéomorphisme tel que h∘T=S∘h. Soit α un recouvrement ouvert fini de Y et α~=h−1(α). Soit n∈N. On a α~0n−1=h−1(α0n−1), donc d’après 8, D(α0n−1)≥D(α~0n−1). On obtient :mdim(X,T)≤nD(α0n−1), donc finalement mdim(X,T)≤mdim(Y,S). En reprenant la même démonstration avec h−1, on obtient mdim(X,T)≥mdim(Y,S).
Finalement mdim(X,T)=mdim(Y,S).
∎
Proposition 15**.**
Si F est un sous-ensemble fermé de X invariant par T, alors mdim(F,T∣F)≤mdim(X,T).
Démonstration.
Soit α un recouvrement ouvert fini de F. Il existe une famille d’ouverts de X, (Ui)i∈I, telle que : F⊂⋃i∈IUi. Comme X\F est un ouvert de X, β=(Ui)i∈I∪(X\F) est un recouvrement ouvert fini de X. Soit n∈N et γ un recouvrement ouvert fini de X raffinant β0n−1 tel que ord(γ)=D(β0n−1). Soit γ~=(U∩F)U∈γ. Alors γ~ est un recouvrement ouvert fini de F raffinant α0n−1, et tel que ord(γ~)≤ord(γ). Donc :
[TABLE]
Finalement, mdim(F,T∣F)≤mdim(X,T).
∎
Proposition 16**.**
Soit m∈N. Alors mdim(X,Tm)=m×mdim(X,T).
Démonstration.
Soit α un recouvrement ouvert fini de X. Alors pour tout n∈N :
[TABLE]
On en déduit mdim(X,Tm)≤m×mdim(X,T) D’autre part,
[TABLE]
D’où : mnD(α0mn−1)≤mmdim(X,Tm).
Donc mdim(X,T)≤mmdim(X,Tm). Finalement mdim(X,Tm)=m×mdim(X,T).
∎
Proposition 17**.**
Soit I⊂N, et (Xi,Ti)i∈I une famille de systèmes dynamiques (finie ou non). Alors :
[TABLE]
Démonstration.
Soit α un recouvrement ouvert fini de X=∏i∈IXi. Tout ouvert U dans α peut être décrit comme l’union d’ouverts de la forme U1×U2×...×Uni, où chaque Ui est un ouvert de Xi. On peut donc trouver un entier N et un recouvrement ouvert fini de X, β, raffinant α, de la forme :
[TABLE]
où les βi sont des recouvrements ouverts finis des Xi, et πi:X→Xi la projection sur la i-ième coordonnée.
Alors, d’après 11, pour tout n∈N,
[TABLE]
On en déduit :
[TABLE]
∎
2.2 Exemples
D’après la proposition qui suit, la notion de moyenne dimension topologique ne devient pertinente qu’en dimension topologique infinie.
Proposition 18**.**
Supposons X de dimension topologique finie. Soit T:X→X une application continue. Alors mdim(X,T)=0.
Démonstration.
Soit N la dimension topologique de X. Soit α un recouvrement ouvert fini de X. Alors D(α0n−1)≤N. On en déduit que limn→+∞nD(α0n−1)=0, donc que mdim(X,T)=0.
∎
Exemple 2*.*
Si (Xi,Ti)i∈N est une suite de systèmes dynamiques, tous de dimension topologique finie, alors mdim(∏i∈IXi,∏i∈ITi)=0
Dans la fin de cette section, on calcule la moyenne dimension de certains décalages. On va obtenir des premiers exemples, simples, de systèmes dynamiques de moyenne dimension n pour tout n∈N. Mais contrairement à la dimension topologique, la moyenne dimension peut prendre toutes les valeurs réelles positives, ce qu’on verra dans la section suivante.
Dans tout la suite, pour tout compact K, on notera σ le décalage bilatéral sur l’ensemble des suites KZ.
De plus, pour I⊂N, πI désignera la projection qui à un élément de KZ associe la liste dans Kcard(I) de ses coordonnées indicées par I.
Proposition 19**.**
Soit K un compact de dimension topologique finie d. Alors mdim(KZ,σ)≤d.
Démonstration.
Soit α~ un recouvrement ouvert fini de KZ.
Par définition de la topologie produit, α~ admet un sous-recouvrement par des ouverts de la forme π−k,...,k−1(V), où les V sont des ouverts de K2k+1.
Par compacité de KZ, on peut donc trouver N∈N et un sous-recouvrement fini α de α~ par des ouverts de la forme π{−N,...,N}−1(V), où les V sont des ouverts de K2N+1.
Pour n∈N, α0n−1 est de la forme π−N,...,N+n−1−1(β) où β est un recouvrement ouvert fini de π{−N,...,N+n−1}(KZ)⊂K2N+1+n. Donc d’après 8, D(α0n−1)≤D(β). Donc :
[TABLE]
On en déduit :
[TABLE]
D’où :
[TABLE]
∎
Proposition 20**.**
Soit X un sous-décalage de ([0,1]d)Z et θ un réel tels qu’il existe un ensemble d’indices I⊂N tel que :
[TABLE]
2. 2.
il existe xˉ∈X tel que pour tout x∈([0,1]d)Z tel que
[TABLE]
alors x∈X
Alors mdim(X,σ)≥θd.
Démonstration.
Soit α~ un recouvrement ouvert fini de [0,1]d, tel qu’aucun de ses éléments n’intersecte deux faces opposées de [0,1]d. Alors π1−1(α~) induit un recouvrement ouvert fini α de X.
Soient n∈N, et β un sous-recouvrement arbitraire de α0n−1. Posons In=I∩{0,...,n−1} et :
[TABLE]
Alors β~ est un recouvrement ouvert fini de ([0,1]d)∣In∣. En effet, soit U∈β. Si U est de la forme ∏i∈ZUi où chaque Ui est un ouvert de [0,1]d. Alors πIn({x∈U∣πZ\textbackslashI(x)=πZ\textbackslashI(xˉ)}) est ouvert en tant que produit d’ouverts de ([0,1]d)∣In∣. Comme tout ouvert de β s’écrit comme union d’ouverts de cette forme, on en déduit que tous les éléments de β~ sont ouverts.
De plus, comme aucun élément de α n’intersecte deux faces opposées de [0,1]d, si V∈α0n−1, π{0,...,n−1}(V) n’intersecte pas deux faces opposées de ([0,1]d)n. Donc a fortiori, aucun élément de β~ n’intersecte deux faces opposées de [0,1]d∣In∣. Donc d’après 6 : ord(β~)≥d∣In∣.
D’autre part, ord(β)≥ord(β~). En effet, soit x′∈([0,1]d)∣In∣. Alors si x′∈V∈β~, il existe x∈U∈β tel que x′=πIn(x). Donc ordx′(β~)≤ordx(β)≤ord(β)+1. Finalement, ord(β)≥ord(β~).
On en déduit que ord(β)≥d∣In∣, et donc que D(α0n−1)≥d∣In∣.
Finalement :
[TABLE]
∎
Corollaire 5**.**
Pour tout d∈N, mdim(([0,1]d)Z,σ)=d.
On remarque que pour démontrer ce résultat, on a procédé de manière analogue à la démonstration de dim([0,1]d)=d. On a notamment la même utilisation du lemme de Lebesque.
Corollaire 6**.**
mdim(([0,1]N)Z,σ)=∞.
Démonstration.
Soit n∈N. Posons A={(uk)k∈N∣∀k≥n,uk=0}. Alors AN est un sous-ensemble fermé de [0,1]Z, σ-invariant, et homéomorphe à ([0,1]n)Z. Donc d’après 15, n=mdim(AZ,σ)≤mdim(([0,1]N)Z,σ). Ceci est vrai pour tout n∈N, donc mdim(([0,1]N)Z,σ)=∞.
∎
2.3 Systèmes minimaux de moyenne dimension r donnée
Notre but est de démontrer la proposition suivante :
Proposition 21**.**
Soit un réel r≥0. Il existe X⊂[0,1]Z et m∈Z tel que mdim(X,σm)=r et tel que (X,σm) est minimal.
Dans la suite, pour I⊂N, πI désignera la projection qui à un élément de [0,1]Z associe la liste dans [0,1]card(I) de ses coordonnées indicées par I.
Soit un réel r>0. Soient t un réel et m∈N tels que mr=t et 0<t<1. Alors s’il existe un sous-décalage X⊂[0,1]Z tel que mdim(X,σ)=t, on a mdim(X,σm)=m×mdim(X,σ)=r. On peut donc supposer dans la suite r<1.
On va définir une suite de sous-décalages Xn de type bloc associés à (qn,Bn), où Bn est un sous-ensemble fermé de [0,1]qn.
Xn est l’ensemble des suites de [0,1]N qui peuvent s’écrire comme concaténation d’éléments appartenant à Bn.
On pose pour tout n∈N:
[TABLE]
Le sous-décalage recherché sera :
[TABLE]
On va construire la suite (Xn)n∈N de manière à utiliser 20 pour minorer mdim(X,T) par r, et le lemme suivant pour majorer mdim(X,T) par r :
Ce lemme est une version simplifiée de la proposition 4.1 dans [CK05].
Lemme 7**.**
Soit un sous-décalage X⊂[0,1]Z. Alors
[TABLE]
où πn:[0,1]Z→[0,1]n est la projection qui à un élément de [0,1]Z associe ses n premières coordonnées.
Démonstration.
Soit α~ un recouvrement ouvert fini arbitraire de X.
Par définition de la topologie produit, tout ouvert de α~ est une union d’ouverts de la forme π−k,...,k−1(V), où les V sont des ouverts de [0,1]2k+1.
Par compacité de X, on peut donc trouver N∈N et un recouvrement ouvert fini α tel que α≻α~ composé d’ouverts de la forme π{−N,...,N}−1(V), où les V sont des ouverts de [0,1]2N+1.
α0n−1 est de la forme π−N,...,N+n−1−1(β) où β est un recouvrement ouvert fini de π{−N,...,N+n−1}(X). Donc d’après 8, D(α0n−1)≤D(β).
Donc :
[TABLE]
De plus, π{−N,...,N+n−1}(X)⊂π{−N,...,N−1}(X)×πn(X). Donc d’après 4 :
[TABLE]
Donc D(α~0n−1)≤dim(π{−N,...,N−1}(X))+dim(πn(X)) et en divisant par n de chaque côté, on en déduit :
Pour construire la suite (Xn)n∈N, on procède par récurrence.
Posons q0=0, B0=[0,1] et I0=N.
Supposons que pour un certain n∈N on ait déjà construit qn et Bn.
(Xn,σ) est un sous-décalage de type bloc, il existe donc pour ce système un élément y dont l’orbite est dense dans Xn.
Quitte à composer plusieurs fois y par σ, on peut supposer : π{0,...,qn−1}(y)∈Bn.
D’autre part, il existe un entier rn+1 assez grand pour que :
[TABLE]
On peut alors trouver un entier Ln+1≥rn+1, multiple de qn, tel que pour tout x∈Xn, il existe k∈{−Ln+1+rn+1,...,Ln+1−rn+1} tel que :
[TABLE]
Posons qn+1=2Ln+1(an+1+1), où an est un entier qui reste à déterminer.
On définit enfin Bn+1 comme l’ensemble des concaténations de qnqn+1 blocs appartenant à Bn, se terminant par le 2Ln+1−uplet:(y−Ln+1,...,yLn+1−1}.
L’orbite de tout point de Xn+1 est 2−(n+1)−dense. En effet, soit x′∈Xn+1 et x∈Xn+1. Alors il existe k∈{−Ln+1+rn+1,...,Ln+1−rn+1} tel que :
[TABLE]
D’autre part, comme k∈{−Ln+1+rn+1,...,Ln+1−rn+1} et x∈Xn+1, on a π{−rn+1,...,rn+1}(σk(x))=π{−rn+1,...,rn+1}(σk(y)), donc d(σk(x),σk(y))≤2−n. Donc d(x′,σk(x))≤2−(n+1).
On en déduit que l’orbite de tout point de X est dense dans X, c’est-à-dire que X est minimal.
De plus, on va construire pour tout n∈N un sous-ensemble In⊂Z et un élément xn∈Xn, vérifiant les propriétés suivantes :
la suite (In)n∈N est décroissante
2. 2.
πZ\In(x)=πZ\In(xn)⇒x∈Xn
3. 3.
∀m≥n,πZ\In(xm)=πZ\In(xn)
On aura alors qu’en définissant I=⋂n∈NIn et X=⋂n∈NXn:
[TABLE]
En effet, on peut extraire de la suite (xn)n∈N une sous-suite convergeant vers xˉ∈X. Alors, comme pour tout n∈N, πZ\In(xn)=πZ\In(xˉ), on a :
Pour tout n∈N, posons Rn l’ensemble des entiers i∈Z tels qu’il existe k∈{0,...,qn−2Ln} tel que i≡kmodqn.
On pose alors In=⋂i=0nRi et xn est un élément arbitraire de Φn.
Vérifions qu’on obtient les propriétés voulues.
La suite (In)n∈N est décroissante.
Soit x tel que πZ\In(x)=πZ\In(xn). Alors pour tout l≤n, si i est tel qu’il existe k∈{ql−2Ll+1,...,ql} tel que i≡kmodql, alors la i-ème coordonnée de x est égale à celle de xn : c’est yk−ql+Ll−1. Par définition des Bl, on en déduit : x∈Φn. Donc x∈Xn.
Enfin, soit m≥n. xm appartient à Φm, donc à Φn. Donc par un raisonnement analogue, πZ\In(xm)=πZ\In(xn).
Calculons la densité supérieure de I.
Soit n∈N. Alors pour m>n, on a qn≤qm−2Lm car qn∣Lm∣qm−2Lm. Donc {0,...,qn−1}⊂Rm. Donc :
[TABLE]
Donc :
[TABLE]
Et comme pour tout 1≤k≤n, qk=2Lk(ak+1) par définition, on a :
[TABLE]
Comme 0<r<1, on peut choisir les an de manière à ce que ∑n=1∞log(1+an1)=−log(r). On a alors :
[TABLE]
Donc :
[TABLE]
Finalement, mdim(X,T)≥r.
Enfin, soit n∈N. Alors mdim(X,σ)≤mdim(Xn,σ), et d’après 7,
[TABLE]
Or, pour tout k∈N, par définition de Xn,
[TABLE]
Pour tout i∈N,
[TABLE]
Or on a la relation de récurrence suivante :
[TABLE]
Ce qui permet de calculer :
[TABLE]
Donc
[TABLE]
Donc :
[TABLE]
Donc mdim(X,σ)≤r.
∎
3 Plongements dans des décalages
Dans ce chapitre, sauf mention contraire, X et Y seront des espaces compacts métrisables, T et S des homéomorphismes, respectivement sur X et Y. On se donne d un entier, et on cherche à savoir quand un système dynamique (X,T) peut se plonger dans le décalage (([0,1]d)Z,σ).
3.1 Généralités, premiers exemples
On rappelle qu’on dit qu’une application ϕ:X→Y est un plongement si elle induit un homéomorphisme de X sur ϕ(X).
Définition 17**.**
Soient X et Y des espaces topologiques, T un homéomorphisme de X, S un homéomorphisme de Y. On dit que le système dynamique (X,T) se plonge dans le système dynamique (Y,S) s’il existe un plongement ϕ:X⟶Y tel que ϕ∘T=S∘ϕ.
Proposition 22**.**
Pour que le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d)Z,σ), il faut que mdim(X,T)≤d.
Le système dynamique (X,T) peut toujours se plonger dans le décalage (([0,1]N)Z,σ). En effet, d’après 12, il existe un plongement ϕ de X dans [0,1]N. Alors on peut construire le plongement suivant :
[TABLE]
de (X,T) dans (([0,1]N)Z,σ).
D’autre part, si on suppose de plus que X est de dimension finie n, alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]2n+1)Z,σ). En effet, d’après 1, il existe un plongement ϕ de X dans [0,1]2n+1, et on peut conclure comme précédemment.
La fin de cette section est consacrée à la description d’une méthode utilisée systématiquement dans la suite, pour prouver l’existence de plongements dans des décalages.
Comme dans 1 , on utilisera le théorème de Baire. La proposition suivante permet de se ramener à l’espace (métrique complet) C(X,[0,1]d).
Proposition 23**.**
Le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d)Z,σ) si et seulement s’il existe une application continue f:X→[0,1]d telle que :
[TABLE]
Démonstration.
Supposons que ϕ est un plongement de X dans ([0,1]d)Z, tel que ϕ∘T=σ∘ϕ. Soient x et y distincts dans X. Alors il existe i∈Z tel que les ièmes coordonnées respectives de ϕ(x) et ϕ(y) soient distinctes. Comme ϕ∘Ti=σi∘ϕ, en posant π:([0,1]d)Z→[0,1]d la projection sur la 0ième coordonnée, on a π∘ϕ∘Ti(x)=π∘ϕ∘Ti(y).
En posant f=π∘ϕ, on a la propriété voulue.
Réciproquement, soit f∈C(X,[0,1]d) ayant la propriété énoncée. Pour tout x dans X, posons If(x)=(f(Ti(x)))i∈Z. L’application If:X→([0,1]d)Z est continue, injective, et If∘T=σ∘If. Comme X est compact, If est donc bien un plongement du système dynamique (X,T) dans le décalage(([0,1]d)Z,σ).
∎
On notera désormais, pour f∈C(X,[0,1]d) :
[TABLE]
On pose :
[TABLE]
et on note, pour tout ensemble K⊂Ω, DK l’ensemble des fonctions continues de X dans [0,1]d telles que :
[TABLE]
On cherche donc à montrer que DΩ est non vide.
On va chercher, pour tous x et y distincts dans X, un voisinage compact K de (x,y) tel que DK est dense dans C(X,[0,1]d).
Alors grâce au lemme suivant, tous les DK considérés seront ouverts et denses dans C(X,[0,1]d).
Lemme 8**.**
Soit un ensemble compact K⊂Ω. Alors DK est ouvert dans C(X,[0,1]d).
Démonstration.
Soit f∈DK. Posons :
[TABLE]
Alors :
f est continue donc H est semi-continue inférieurement,
∀(x,y)∈K,H(x,y)>0,
K est compact
On en déduit que H est minorée sur K et atteint sa borne inférieure.
Soit ϵ>0 tel que : ∀(x,y)∈K,H(x,y)>ϵ. Soit g∈C(X,[0,1]d) telle que ∥f−g∥≤4ϵ. Montrons que g∈DK.
Soient (x,y)∈K et i∈Z.
[TABLE]
Donc :
[TABLE]
On en déduit que g∈DK. Finalement, DK est ouvert dans C(X,[0,1]d).
∎
Le principal travail dans la preuve sera de trouver des voisinage compacts K tels que DK est dense. Alors on obtiendra une famille de compacts K recouvrant Ω⊂X×X. X×X est compact donc Ω est un espace de Lindelöf. On pourra donc recouvrir Ω par un ensemble dénombrable de compacts Kn tels que DKn est un ouvert dense de C(X,[0,1]d) pour tout n∈N. Comme DΩ=⋂n∈NDKn, d’après le théorème de Baire, DΩ sera dense dans C(X,[0,1]d) donc en particulier non vide. Ce qui permettra de conclure à l’existence d’un plongement.
3.2 Autour du théorème de plongement de Jaworski
Nous avons déjà vu, dans la section précédente, que si X est de dimension finie n, alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]2n+1)Z,σ). On peut se demander si l’entier 2n+1 est minimal. Dans le cas d’un système apériodique, Jaworski a montré dans [Jaw74] que (X,T) se plongeait dans ([0,1]Z,σ). On remarque la similitude, dans l’énoncé et la démonstration, avec 1, qui est d’ailleurs utilisé dans la preuve. Il s’agit ici d’une première tentative pour trouver un équivalent de ce résultat aux plongements de systèmes dynamiques.
Notation 2*.*
Si (X,T) est un système dynamique, et k∈N, on note Pk l’ensemble des points périodiques de (X,T) de période inférieure ou égale à k, et Hk l’ensemble des points périodiques de (X,T) de période k.
Enfin, on note P l’ensemble des points périodiques.
Lemme 9**.**
Supposons que (X,T) est de dimension finie n, et que P6n=∅. Soient x et y distincts dans X. Alors on peut trouver des indices i0,i1,...,i2n tels que les points Ti0(x),...,Ti2n(x),Ti0(y),...,Ti2n(y) sont tous distincts.
Démonstration.
Si x et y ne sont pas dans la même orbite, on peut prendre les entiers {0,1,2,...,2n} .Sinon, il existe l∈Z tel que y=Tlx. Si x n’est pas périodique, on peut prendre les entiers {0,l+1,2(l+1),...,2n(l+1)}. Si x est périodique de période p, alors on construit les indices par récurrence. On peut prendre i0 quelconque. Ensuite, supposons i0,i1,...ik déjà construits. Comme p>6n et k<2n, on peut trouver un entier ik+1 qui n’appartient pas à l’ensemble :
[TABLE]
où I={i0,i1,...,ik}.
∎
Théorème 3**.**
Soit X un espace compact métrisable de dimension finie, et T un homéomorphisme sur X sans point périodique. Alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage ([0,1]d,σ).
Démonstration.
On va utiliser la méthode décrite dans la section précédente. Soit (x0,y0)∈Ω, et m=2dim(X)+1. Alors d’après 9, comme (X,T) est apériodique, on peut trouver des entiers i1,i2,..,im tels que les points Ti1(x0),...,Tim(x0),Ti1(y0),...,Tim(y0) sont tous distincts. Alors on peut trouver deux voisinages compacts respectifs de x0 et y0, U et V, tels que Ti1(U),...,Tim(U),Ti1(V),...,Tim(V) sont deux à deux disjoints. On pose alors K=U×V.
Il suffit de montrer que pour tout K de cette forme, DK est dense dans C(X,[0,1]). Soit ϵ>0 et f∈C(X,[0,1]). On considère l’application ϕ définie par :
[TABLE]
ϕ est une application continue et m≥2dim(X)+1≥2dim(U∪V)+1 donc d’après 2, il existe un plongement ψ:U∪V→Rm tel que \Arrowvertϕ−ψ\Arrowvert∣∞,U∪V<ϵ.
Alors on peut définir sur Z=⋃i=1mTi(U)∪⋃i=1mTi(V) une fonction h telle que :
[TABLE]
Alors h est continue et vérifie : \Arrowverth−f∣Z\Arrowvert∣∞<ϵ. D’après le théorème d’extension de Tietze, on peut prolonger h en une fonction f~∈C(X,[0,1]), telle que \Arrowvertf~−f\Arrowvert∞<ϵ. Alors f~ est dans DK. En effet, si (x,y)∈K, par injectivté de ψ, il existe k≤m tel que ψ(x)∣k=ψ(y)∣k. Donc f~(Tik(x))=f~(Tik(y)).
Finalement on a prouvé que DK est dense dans C(X,[0,1]).
∎
On ne peut pas supprimer l’hypothèse de finitude dans le théorème de plongement de Jaworski : d’après 21, il existe un système dynamique minimal (X,T) tel que mdim(X,T)>1. Ce système ne se plonge pas dans ([0,1]Z,σ) (sinon on aurait mdim(X,T)≤1), et est apériodique. En effet, si x est un point périodique de (X,T), son orbite est finie et dense dans X. Donc X est réduit à cette orbite. Donc (X,T) se plonge dans ([0,1]Z,σ). C’est une contradiction.
Il a fallu attendre l’introduction de la moyenne dimension pour construire un tel contre-exemple (dû à E.Lindenstrauss et B.Weiss).
On ne peut pas non plus supprimer l’hypothèse d’apériodicité. Par exemple, considérons la sphère unité S2 dans R3, munie de la symétrie par rapport à l’équateur, s. Alors si (S2,τ) se plonge dans ([0,1]Z,σ), l’ensemble de ses points fixes, qui est un cercle (l’équateur), se plonge dans l’ensemble des points fixes de ([0,1]Z,σ), qui est homéomorphe à [0,1]. C’est impossible.
Cependant, il est possible d’affaiblir l’hypothèse d’apériodicité. On peut seulement supposer que P6n=∅, puisqu’on pourra toujours utiliser 9.
3.3 La conjecture de Lindenstrauss-Tsukamoto
On a vu en introduction qu’on cherchait quand un système (X,T) pouvait se plonger dans un décalage ((∣0,1]d)Z,σ), d étant le plus petit possible. On cherche en quelque sorte à étendre le théorème de Jaworski.
La moyenne dimension va nous fournir un outil pour distinguer entre des systèmes qui seront tous de dimension infinie. En revanche, un critère de la forme Pn=∅ ne semble pas satisfaisant. En effet, la présence de points périodiques, quand elle n’est pas trop importante, peut ne pas créer d’obstruction à un plongement. Si on reprend l’exemple précédent de la sphère (S2,τ), malgré la présence de points fixes, on a un plongement de (S2,τ) dans le décalage (([0,1]2)Z,σ) :
[TABLE]
Cela motive l’introduction de la dimension périodique.
Définition 18**.**
On définit la dimension périodique de (X,T) par :
[TABLE]
Exemple 3*.*
Un système apériodique est de dimension périodique nulle. En revanche, un système peut être de dimension périodique nulle et admettre des points périodiques.
Exemple 4*.*
On a perdim((∣0,1]d)Z,σ)=d. En effet, si k∈N, en notant Hi l’ensemble des points périodiques de période i, on a :
[TABLE]
Proposition 24**.**
Si X~ est un sous-ensemble fermé de X, invariant par T, alors si T~ désigne la restriction de T à X~, on a perdim(X~,T~)≤perdim(X,T).
Démonstration.
Soit k∈N. Si x est un point périodique de période inférieure à k pour (X~,T~), il l’est aussi pour (X,T). Donc perdim(X~,T~)≤perdim(X,T).
∎
En particulier, une condition nécessaire pour que le système dynamique (X,T) se plonge dans ((∣0,1]d)Z,σ) est : perdim(X,T)≤d.
Proposition 25**.**
Soit m∈N. On a perdim(X,Tm)≤mperdim(X,T)
Démonstration.
Soit k∈N. Alors si x est un point périodique de période k pour Tm, c’est un point périodique de période mk pour T. On a donc dim(Pk)≤m×supi≥0idim(Pi) . D’où finalement perdim(X,Tm)≤mperdim(X,T).
∎
La conjecture de Lindenstrauss-Tsukamoto s’énonce ainsi : Si mdim(X,T)<2d et perdim(X,T)<2d, alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d)Z,σ).
Le théorème de Jaworski entre dans le cadre de la conjecture, avec d=1, car la moyenne dimension et la dimension périodique sont tous les deux nuls. Dans la suite, on présente différents résultats qui sont tous des cas particuliers de la conjecture. On utilise à chaque fois la méthode décrite dans la section 3.1. La difficulté est toujours de montrer la densité des espaces considérés : chaque démonstration est précédée d’un lemme d’approximation. Quelques lemmes techniques, nécessaires à leur démonstration, ont été placés dans la section finale.
3.4 Plongement de l’ensemble des points périodiques
On considère ici une première méthode : dans [Gut14], on parvient à étendre la démonstration de Jaworski au cas où perdim(X,T)<2d, en plongeant l’ensemble des points périodique dans le décalage (([0,1]d)N,σ).
On rappelle la définition suivante :
Définition 19**.**
Soit {v1,v2,...,vr} une famille de vecteurs de Rm. Alors on dit qu’elle est affinement indépendante si {v2−v1,v3−v1,...,vr−v1} est une famille libre. Cela équivaut à ce que si ∑i=1rλivi=0 et ∑i=1rλi=0, alors tous les coefficients λi sont nuls.
Notation 3*.*
Soient n1≥n2 deux entiers et v un vecteur de taille n2. Alors on note v∗n1 le vecteur de taille n1 défini par :
[TABLE]
Lemme 10**.**
Soient n1,n2∈N tels que n1≥n2, et R1,R2⊂X des ensembles fermés disjoints. Pour i=1,2, soit αi un recouvrement ouvert de Ri tel que ord(αi)<2dni.
Pour tout U∈αi, on se donne un point qU∈U et un ni-uplet vU∈([0,1]d)ni. Soit ϵ>0.
Alors on peut trouver deux fonctions continues Fi:X→([0,1]d)ni pour i=1,2 telles que :
où {ρU}U∈αi est une partition de l’unité subordonnée à αi telle que pour tout U∈αi, ρU(qU)=1.
Pour U∈α2, vU=vU et pour U∈α1, on définira vU par la suite. La propriété 2. sera alors immédiatement vérifiée.
Quant à la propriété 3., elle s’écrit :
[TABLE]
où on a posé :
[TABLE]
On a affaire à une combinaison d’au plus ord(α1)+ord(α2)+2 vecteurs. Or ord(α1)≤2n1d−21 et ord(α2)≤2n2d−21≤2n1d−21. Donc il s’agit d’au plus n1d+1 vecteurs.
Fixons dans un premier temps (x,y)∈(R1,R2). Soit E le sous-espace de ([0,1]d)n1 engendré par la famille {vU∗n1∣U∈α2y}. Alors dim(E)≤card(α2y)≤2n2d+21. On considère deux cas.
Supposons que dim(E)=2n2d+21. Alors la famille {vU∗n1∣U∈α2y} est libre. Donc d’après 16 (cas 2) dans la section 3.6, pour presque tout choix de {vU}U∈α1x dans ([0,1]dn1)card(α1x), les vecteurs de {vU∗n1∣U∈α2y}∪{vU}U∈α1x sont affinement indépendants. Supposons alors :
[TABLE]
Comme les sommes ∑U∈α1xρU(x) et ∑U∈α1yρU(y) sont égales à 1, la somme des coefficients en jeu est nulle, or ces coefficients sont tous différents de 0, c’est une contradiction.
Dans l’autre cas, si dim(E)<2n2d+21, alors d’après le lemme précédent, pour presque tout tout choix de {vU}U∈α1x dans ([0,1]dn1)card(α1x), les espaces Vect({vU∗n1∣U∈α2y}) et Vect({vU}U∈α1x) sont complémentaires, et la famille {vU}U∈α1x est libre. Supposons alors :
[TABLE]
Comme Vect({vU∗n1∣U∈α2y}) et Vect({vU}U∈α1x) sont complémentaires, on obtient :
[TABLE]
Comme {vU}U∈α1x est libre, tous les coefficients en jeu dans cette combinaison linéaire sont nuls, ce qui est une contradiction.
Finalement, comme il existe un nombre fini de familles de la forme α1x et α2y, on peut choisir la famille {vU}U∈α1x dans un ensemble de complémentaire négligeable dans ([0,1]dn1)card(α1x), donc de façon à vérifier la propriété 1.
∎
Lemme 11**.**
Soient n,l∈N tels que 1≤l≤n−1. Soit R un sous-ensemble fermé de X tel que ∀i∈{1,2,...,n−1},R∩TiR=∅. Soit αi un recouvrement ouvert de R tel que ord(α)<2dn.Soit ϵ>0. Pour tout U∈α, on se donne un point qU∈U et un N-uplet vU∈([0,1]d)n.
Alors on peut trouver une fonction continue F:R→([0,1]d)n telle que :
∀U∈α,\ArrowvertF(qU)−vU\Arrowvert∞<ϵ**
2. 2.
∀x∈R,F(x)∈Conv({F(qU)∣x∈U}**
3. 3.
si x,y∈R, F(x)=(F(y))∙l
où pour un vecteur v de taille n>l, le vecteur v∙l de taille n est définit par : v∙l∣k=vk+lmodn
Démonstration.
On définit la fonction F ainsi :
[TABLE]
où {ρU}U∈αi est une partition de l’unité subordonnée à α telle que pour tout U∈αi, ρU(qU)=1.
On définira {vU}U∈α par la suite. La propriété 2. sera alors immédiatement vérifiée.
Pour x∈R, on pose : αx={U∈α∣ρU(x)>0}.
Alors la propriété 3 pour x s’écrit :
[TABLE]
Pour tout U dans α, on définit un vecteur d’entiers VU=(vU1,vU2,...,vUnd)∈Nnd, de manière à ce que les indices vUi soient tous distincts (U décrivant α et i décrivant {1,...,nd}. Soit alors M la matrice dont les colonnes sont les vecteurs VU pour U∈αx et VU∙dl pour U∈αy. M a nd lignes et au plus nd+1 colonnes car D(ord(α)+1)≤nd+1. Comme 1≤l≤n−1, il n’y a pas de coefficients égaux sur une même ligne ou une même colonne.
Supposons que le nombre de colonnes, k, est inférieur ou égal à nd. Alors, en ne gardant que les k premières lignes de M, on obtient une matrice carrée à laquelle on peut appliquer 17. Donc pour presque tout choix de vecteurs (vU)U∈α, la famille {(vU)U∈αx∪(vU∙l)U∈αy} est une famille libre.
Supposons maintenant que k=nd+1. nd+1=2(ord(α)+1) donc nd+1 est pair. En appliquant 18 de la section 3.6. à i=2nd+1, on obtient que pour presque tout choix de vecteurs (vU)U∈α, la vecteurs de {(vU)U∈αx∪(vU∙l)U∈αy} sont affinement indépendants.
Finalement, dans les deux cas, on peut conclure comme dans 10.
∎
On rappelle qu’on note P l’ensemble des points périodiques, et pour n∈N, Hn l’ensemble des points périodiques de période n.
Théorème 4**.**
Supposons que perdim(X,T)<2d. Alors l’espace D(P×P)\Δ est dense dans C(X,[0,1]d).
Démonstration.
On va utiliser la méthode décrite dans la section 3.1. On a :
[TABLE]
(⋃n∈NHn×Hn)\Δ et (⋃n=mHn×Hm) sont deux espaces de Lindelöf.
Soit n∈N et xn∈Hn. On peut trouver un voisinage Ux de xn dans Hn tel que Uxˉ⊂Hn et ∀i∈{1,2,...,n−1},Uxˉ∩TiUxˉ=∅. On peut donc recouvrir l’espace (⋃n=mHn×Hm) par des compacts de la forme K=Uˉxn×Uˉym.
Soit maintenant (x,y)∈(Hn×Hn)\Δ. Alors on définit un voisinage compact K de la forme Vˉx×Vˉy, où Vx et Vy sont des voisinages respectifs de x et de y dans Hn, vérifiant :
Vˉx⊂Hn et Vˉy⊂Hn
2. 2.
Vˉx×Vˉy⊂(P×P)\Δ
3. 3.
si S,Tx,...,Tn−1x,y,Ty,...,Tn−1y sont deux à deux distincts, Vx et Vy doivent être choisis tels que Vˉx,TVˉx,..,Tn−1Vˉx,Vˉy,TVˉy,...,Tn−1Vˉy sont deux à deux disjoints.
4. 4.
si en revanche il existe 1≤k≤n−1 tel que y=Tkx, on choisit Vx tel que ∀i∈{1,2,...,n−1},Vxˉ∩TiVxˉ=∅ et on pose Vy=TkVx.
On obtient un recouvrement de (⋃n∈NHn×Hn)\Δ par des compacts de la forme K=Vˉx×Vˉy.
Il reste à montrer que tous les ensembles DK considérés sont denses dans C(X,[0,1]d). Supposons que K s’écrive R1×R2 où R1ˉ⊂Hn1 et R2ˉ⊂Hn2.
Soient f~∈C(X,[0,1]d) et ϵ>0. Comme perdim(X,T)<2d, on a n1dim(R1ˉ)<2d et n2dim(R2ˉ)<2d. Pour i=1,2, on peut donc choisir αi un recouvrement ouvert de Ri tel que ord(αi)<2dni, et maxU∈αi;0≤k≤ni−1diam(f~(TkU))<2ϵ.
Pour tout U∈αi, on se donne un point qU∈U et on définit vU=(f~(TkqU))k=0ni−1.
On distingue alors deux cas.
Dans le premier cas, on suppose que R1ˉ,TR1ˉ,...,Tn1−1R1ˉ,R2ˉ,TR2ˉ,...,Tn2−1R2ˉ sont deux à deux disjoints. Cela correspond à la propriété 3 dans le choix d’un voisinage de (x,y)∈(Hn×Hn)\Δ et au cas où K est un voisinage de (x,y)∈(⋃n=mHn×Hm) (en effet, ⋃i=1n1TiR1ˉ⊂Hn1, ⋃i=1n2TiR2ˉ⊂Hn2 et Hn1 et Hn2 sont disjoints ). Alors en appliquant 10 à R1 et R2, on obtient deux fonctions continues F1 et F2.
On peut alors définir une fonction f′ sur Z=⋃k=0n1−1TkR1ˉ∪⋃k=0n2−1TkR2ˉ en posant :
[TABLE]
D’après les propriétés 1 et 2 dans 10, on obtient \Arrowvertf~∣Z−f′\Arrowvert<ϵ. D’après le théorème d’extension de Tietze, on peut prolonger f’ en une fonction f∈C(X,[0,1]d) telle que
\Arrowvertf~−f\Arrowvert<ϵ. Alors f appartient à DK . En effet, supposons qu’il existe (x,y)∈K tel que ∀a∈Z,f(Tax)=f(Tay). Alors en particulier (f(x),...,f(Tn1−1x))=(f(y),...,f(Tn1−1y)). On remarque que pour n1>i≥n2,f(Tiy)=F2(y)∣imodn2. En effet,si on pose k=i mod n2, comme y∈R2ˉ⊂H2, on a Tiy=Tky. Donc F1(x)=(F2(y)∣kmodm)k=1n1, ce qui est impossible.
Dans l’autre cas, K est un voisinage de (x,y)∈(Hn×Hn)\Δ vérifiant la propriété 4. On pose n=n1=n2. R1ˉ,TR1ˉ,...,Tn1−1R1ˉ sont deux à deux disjoints mais il existe 1≤l≤n−1 tel que R2ˉ=TlR1ˉ. On peut appliquer 11 à R1. On obtient une fonction continue F. On procède de même que dans le premier cas : on définit une fonction f′ sur Z=⋃k=0n−1TkR1ˉ par :
[TABLE]
Et on prolonge cette fonction f′ en une fonction f∈C(X,[0,1]d) telle que \Arrowvertf~−f\Arrowvert<ϵ. Supposons qu’il existe (x,y)∈K tel que ∀a∈Z,f(Tax)=f(Tay). Alors en particulier (f(x),...,f(Tn−1x))=(f(y),...,f(Tn−1y)), donc F(x)=(F(y))∙l , ce qui est impossible.
∎
Ici on parvient ainsi à démontrer la conjecture de Lindenstrauss-Tsukamoto dans le cas où X est de dimension finie.
Lemme 12**.**
Soient N et n dans N. Soit α un recouvrement ouvert de X tel que ord(α)+1≤(N−1−n)2d.Soit ϵ>0. Pour tout U∈α, on se donne un point qU∈U et un N-uplet vU∈([0,1]d)N.
Alors on peut trouver une fonction continue F:X→([0,1]d)N telle que :
∀U∈α,\ArrowvertF(qU)−vU\Arrowvert∞<ϵ**
2. 2.
∀x∈X,F(x)∈Conv({Fi(qU)∣x∈U}**
3. 3.
si x∈X, F(x)∣1N−1∈/VN−1n, où
[TABLE]
Démonstration.
On définit la fonction F ainsi :
[TABLE]
où {ρU}U∈α est une partition de l’unité subordonnée à α telle que pour tout U∈α, ρU(qU)=1.
On définira {vU}U∈α par la suite. La propriété 2. sera alors immédiatement vérifiée.
Soit x∈X. On pose : αx={U∈α∣ρU(x)>0}.
Alors la propriété 3 pour x s’écrit :
[TABLE]
Il s’agit d’une combinaison linéaire d’au plus ord(α)+1 vecteurs. On va utiliser le cas 1. dans 16 de la section 3.6., avec r≤ord(α)+1 et s=nd car dim(VN−1n)=nd. Alors comme ord(α)+1+nd≤(N−1)d, pour presque tout choix de {vU}U∈α dans (([0,1]d)N−1)ord(α)+1, les espaces Vect({vU}U∈α) et VN−1n sont complémentaires. Comme ses coefficients sont non nuls, la combinaison ∑U∈αx(ρU(x)vU∣1N−1) est non nulle donc ne peut pas être dans VN−1n.
Comme il y a un nombre fini d’ensembles de la forme αx, on en déduit qu’on peut choisir la famille {vU}U∈α de manière à ce qu’elle vérifie la propriété 1.
∎
Théorème 5**.**
Supposons que X est de dimension finie n, et perdim(X,T)<2d. Alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d)Z,σ).
Démonstration.
Posons Γ=(X×X)\(Δ∪(P×P)). On peut écrit Γ=D1∪D2 où D1=(P×X\P)∪(X\P×P) et D2=Γ\D1.
Soit (x,y)∈D1. Par exemple on peut supposer que x n’est pas un point périodique et que y∈Hm où n∈N. On choisit S∈N tel que n+1≤(S−2m)d. On peut trouver un voisinage ouvert de x tel que U⊂X\P et tel que pour l∈{0,1...,2S}, Uˉ∩T(Uˉ)=∅. Enfin on choisit un voisinage W de y tel que W⊂Wˉ⊂Hm, et on définit K=Uˉ×Xˉ.
Montrons que DK est dense dans C(X,[0,1]d). Soit f∈C(X,[0,1]d) et ϵ>0. Uˉ et Wˉ sont des compacts disjoints donc dist(Uˉ,Xˉ)>0. On peut supposer sans perte de généralité que ϵ<dist(Uˉ,Xˉ). Soit α un recouvrement ouvert fini de Uˉ tel que ord(α)≤n,maxV∈α,k∈0,1,...,2Sdiam(f(Tk(V)))<2ϵ, et maxV∈αdiam(V)<ϵ. Pour tout V∈α on choisit un point qV∈V et on note : v~V=(f(Tk(qV)))k∈{0,1,...,2S}. On peut alors appliquer 12 aux entiers 2S+1 et m. On obtient une fonction continue F:X→([0,1]d)2S+1.
Posons Z=⋃k=02STk(Uˉ). On définit g:Z→[0,1]d par :
[TABLE]
Alors comme dans le théorème précédent, on peut prolonger g en une fonction f~ telle que \Arrowvertf−f~\Arrowvert∞<ϵ. Alors f~ est dans DK. En effet, supposons qu’il existe (x,y)∈K tel que ∀a∈Z,f(Tax)=f(Tay). Alors en particulier (f(Tx),...,f(T2Sx))=(f(Ty),...,f(T2Sy)). Comme (f(Ty),...,f(T2Sy))∈V2Sm, on en déduit que F(x)∣12S∈V2Sm, ce qui est impossible. Finalement, on a prouvé que
DK est dense dans C(X,[0,1]d).
On va conduire un raisonnement analogue dans le deuxième cas : soit (x,y)∈D2. Alors d’après 9, on peut trouver des indices i0,i1,...,i2n tels que les points Ti0(x),...,Ti2n(x),Ti0(y),...,Ti2n(y) sont tous distincts. Alors on peut trouver deux voisinages compacts respectifs de x et y, U1 et U2, tels que Ti0(U1),...,Ti2n(U1),Ti0(U2),...,Ti2n(U2) sont deux à deux disjoints. On pose alors K=U1×U2.
Montrons que DK est dense dans C(X,[0,1]d). Soit f∈C(X,[0,1]d) et ϵ>0.On peut supposer sans perte de généralité que ϵ<dist(U1ˉ,U2ˉ). Pour i=1,2, soit αi un recouvrement ouvert de Ui tel que ord(αi)<n,maxV∈αi,k∈0,1,...,2ndiam(f(Tk(V)))<ϵ, et maxV∈αidiam(V)<ϵ.
Pour tout U∈αi, on se donne un point qU∈U et on pose vU=(f(TikqU))k=02n. On peut alors appliquer 10 en posant n1=n2=n. On obtient deux fonctions continues F1 et F2.
Posons Z=⋃k=02nTk(U1ˉ∪U2ˉ). On définit g:Z→[0,1]d par :
[TABLE]
Alors comme précédemment, on peut prolonger g en une fonction f~ telle que \Arrowvertf−f~\Arrowvert∞<ϵ. Alors f~ est dans DK. En effet, supposons qu’il existe (x,y)∈K tel que ∀a∈Z,f(Tax)=f(Tay). Alors en particulier (f(Ti0x),...,f(Ti2nx))=(f(Ti0y),...,f(Ti2ny)), c’est-à-dire F1(x)=F2(y). C’est une contradiction. Finalement, on a prouvé que DK est dense dans C(X,[0,1]d).
∎
On considère maintenant un système dynamique : (X,T)=(Πi∈NXi,Πi∈NTi), produit dénombrable de systèmes dynamiques (Xi,Ti), où Xi est un espace compact métrisable de dimension finie et Ti un homéomorphisme sur Xi.
On notera X(n) le produit fini X1×X2×...×...Xn et T(n) le produit fini T1×T2×...Tn.
Proposition 26**.**
Supposons que liminfn→infperdim(X(n),T(n)))<2d. Alors le système dynamique (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d)Z,σ).
Démonstration.
Soient x(0) et y(0) distincts dans X. Il existe k∈N tel que xk(0)=yk(0). On peut trouver deux compacts U et V dans X, voisinages respectifs de x(0) et y(0), tels que si (x,y)∈U×V, alors xk=yk.
Posons K=U×V.
On va utiliser la méthode décrite dans la section 3.1. Il reste donc à montrer que DK est dense dans C(X,[0,1]d).
Soit f∈C(X,[0,1]d), et ϵ>0. f est uniformément continue sur X. Il existe donc η>0 tel que si d(x,y)<η alors ∥f(x)−f(y)∥<2ϵ.
Soit n un entier supérieur à k, tel que si x et y ont leurs n premières coordonnées égales, alors d(x,y)<η. Soit z∈X.
Posons :
[TABLE]
Alors h∈C(X,[0,1]d), ∥f−h∥<2ϵ, et h(x) ne dépend que des n premières coordonnées de x.
On peut donc définir :
[TABLE]
Comme liminfn→+infperdim(X(n),T(n)))<2d, on peut supposer, quitte à prendre un n plus grand, que perdim(X(n),T(n)))<2d.
Alors comme X(n) est de dimension finie, d’après le théorème précédent, il existe une fonction f~∈C(X(n),[0,1]d) telle que ∥f~−h~∥<2ϵ et telle que si x et y sont deux éléments distincts de X(n), alors il existe i∈N tel que :
f~(Ti(x))=f~(Ti(y)).
On pose alors :
[TABLE]
Alors ∥f′−h∥<2ϵ, donc ∥f′−f∥<ϵ, et f′∈DK.
On en déduit que que DK est dense dans C(X,[0,1]d), puis que finalement D(X×X)\Δ est dense dans C(X,[0,1]d).
∎
Exemple 5*.*
La condition liminfn→infperdim(X(n),T(n)))<2d est strictement plus contraignante que perdim(X,T)<2d. En effet, pour tout n∈N, d’après 24, perdim(X,T)≤perdim(X(n),T(n))). Donc si liminfn→infperdim(X(n),T(n)))<2d, on a perdim(X,T)<2d.
D’autre part, considérons le système dynamique (X,T)=(Πi∈NXi,Πi∈NTi), où pour tout i∈N, Xi est le tore de dimension 1, et Ti est l’application identité, sauf si i est une puissance de 2 : alors Ti est la rotation d’angle i2π. Alors perdim(X,T)=0. Cependant, pour tout n∈N, 1≤perdim(X(n),T(n)))≤2.
3.5 n-marqueurs
3.5.1 n-marqueurs
Définition 20**.**
Soit n∈N. Soit F un sous-ensemble de X. On dit que c’est un n-marqueur de (X,T) si :
∀i∈{1,2,...,n−1},F∩Ti(F)=∅**
2. 2.
∃m∈N,X=⋃i=1mTi(F)**
On dit que (X,T) a la propriété de marqueur si pour tout n∈N il existe un n-marqueur ouvert de (X,T).
Définition 21**.**
(X,T) a la propriété topologique forte de Rokhlin si pour tout n∈N il existe une fonction continue f:X→R telle qu’en définissant :
[TABLE]
on ait :
[TABLE]
Théorème 6**.**
(X,T) a la propriété de marqueur si et seulement si (X,T) a la propriété topologique forte de Rokhlin.
Démonstration.
Supposons que (X,T) a la propriété topologique forte de Rokhlin. Soit n∈N. Soit f:X→R une fonction continue telle que :
[TABLE]
Alors X=⋃i=1∞Ti(Ef). En effet, supposons qu’il existe y∈X\⋃i=1∞Ti(Ef). Alors la suite (f(T−i(y)))i∈N diverge vers −∞. C’est impossible car la fonction f étant continue sur le compact X, elle est bornée. Finalement, par compacité de X, il existe m∈N tel que X=⋃i=1mTi(Ef).
Comme Ef est ouvert, finalement Ef est un n-marqueur. Donc (X,T) a la propriété de marqueur.
Réciproquement, supposons que (X,T) a la propriété de marqueur. Soit n∈N et F un n-marqueur. Soit U un ouvert de X, contenant F, tel que ∀i∈{1,2,...,n−1},U∩TiU=∅.
Soit ρ:X→[0,1] une fonction continue qui vaut 1 en tout point de F, et dont le support est inclus dans U.
On définit une marche aléatoire sur X comme suit : si à l’instant t on se trouve sur le point y, à l’instant t+1, on aura mis fin à la marche avec probabilité ρ(y) et on se place en T−1(y) avec probabilité 1−ρ(y). Comme il existe m∈N tel que X=⋃i=1mTi(F), et que ρ vaut 1 sur F, quelque soit son point de départ, la marche aléatoire s’arrête après au plus m étapes.
Soit f la fonction qui à x∈X associe le nombre d’étapes espéré avant la fin de la marche. Alors f:X⟶R est une fonction continue. De plus, si x∈/U, alors ρ(x)=0 donc la marche partant de x se déplace à l’instant suivant vers T−1x. Donc f(T−1x)=f(x)−1, c’est-à-dire T−1x∈/Ef. On en déduit que Ef⊂T(U). Comme ∀i∈{1,2,...,n−1},U∩TiU=∅, on en déduit que ∀i∈{1,2,...,n−1},Ef∩Ti(Ef)=∅.
Finalement, (X,T) a la propriété topologique forte de Rokhlin.
∎
Proposition 27**.**
Si (X,T) est un système minimal, il a la propriété de marqueur.
Démonstration.
Soit n∈N. Soit x∈X. x,T(x),...,Tn−1(x) sont distincts. Donc il existe une boule ouverte B centrée en x vérifiant :
[TABLE]
L’orbite de x est dense dans X donc ⋃i=1∞Ti(B)=X. Par compacité de X, il existe m∈N tel que ⋃i=1mTi(B)=X. B est donc un n-marqueur ouvert de (X,T).
∎
Lemme 13**.**
Supposons que X est de dimension finie d, et (X,T) apériodique. Soit U un ouvert de X. Alors pour tout k∈N et pour tout ouvert V tel que ∂U⊂V, il existe un ouvert U′ tel que U⊂U′⊂U∪V, ∂U′⊂∂U∪V et et toute sous-famille de {∂U′,T(∂U′),...,Tk−1(∂U′)} de cardinal >d est d’intersection vide.
Lemme 14**.**
Supposons que X est de dimension finie d et (X,T) est un système apériodique. Soit N∈N. Soient U et V deux ouverts de X. Alors si on pose m=(2d+2)N−1, et si :
∀i∈{1,2,...,N−1},Uˉ∩TiUˉ=∅**
2. 2.
∀i∈{1,2,...,m},Vˉ∩TiVˉ=∅**
alors il existe un ouvert W⊂X tel que :
Uˉ⊂Wˉ**
2. 2.
Vˉ⊂⋃i=1mTi(Wˉ)**
3. 3.
∀i∈{1,2,...,N−1},Wˉ∩TiWˉ=∅**
Soit un réel ρ>0 et A⊂X. On notera :
[TABLE]
Démonstration.
On pose : R=Vˉ\⋃i=1mTiU et on va construire l’espace W sous la forme suivante :
[TABLE]
où Φ est un recouvrement ouvert fini de R, et pour tout H dans Φ, c(H) est un entier tel que 1≤c(H)N<m.
Alors on aura : Uˉ⊂Wˉ et Vˉ⊂⋃i=1mTi(Wˉ) . En effet, soit x∈V. Si x∈⋃i=1mTiU alors comme Uˉ⊂Wˉ, x∈⋃i=1mTi(Wˉ). Sinon, x∈R. Alors il existe H dans Φ tel que x∈H : d’où x∈Tc(H)NWˉ. Comme 1≤c(H)N<m, on a bien x∈⋃i=1mTi(Wˉ).
On va de plus construire Φ et c(H) pour tout H∈Φ, de manière à ce que :
en posant O=⋃H∈ΦHˉ, ∀i∈{1,...,m},O∩Ti(O)=∅
2. 2.
c est une fonction c:Φ→{1,...,2d+1} telle que :
[TABLE]
Vérifions qu’alors on aura bien : ∀i∈{1,2,...,N−1},Wˉ∩TiWˉ=∅. Supposons le contraire. Il existe x et y dans Wˉ et i∈{1,2...,N−1} tels que x=Tiy. On distingue cinq cas :
si x et y sont dans Uˉ, cela contredit la propriété : ∀i∈{1,2,...,N−1},Uˉ∩TiUˉ=∅
2. 2.
s’il existe H∈Φ tel que x et y sont dans T−c(H)NHˉ alors ils sont dans T−c(H)NO. Comme i<m, cela contredit la propriété énoncée sur O.
3. 3.
s’il existe H1 et H2 distincts dans Φ tels que x∈T−c(H1)NH1ˉ et y∈T−c(H2)NH2ˉ, alors Ti+c(H1)N(y)∈H1 et Tc(H2)N(y)∈H2. Donc ces deux éléments sont dans O. Or 0<∣i+c(H1)N−c(H2)N∣≤(2d+1)N<m. Donc cela contredit la propriété sur O.
4. 4.
s’il existe H∈Φ tel que x est dans T−c(H)NHˉ et y∈Uˉ, alors Tc(H)N(x)∈Hˉ∩Ti+c(H)N(Uˉ). Donc TiHˉ∩Tc(H)NUˉ=∅. Cela contredit la propriété énoncée sur c.
5. 5.
s’il existe H∈Φ tel que y est dans T−c(H)NHˉ et x∈Uˉ, on conclut comme précédemment.
Construisons maintenant Φ et c.
V vérifie : ∀i∈{1,2,...,m},Vˉ∩TiVˉ=∅. Donc R aussi, et on peut donc trouver un réel ρ>0 tel que ∀i∈{1,2,...,m},Bρ(R)∩Ti(Bρ(R))=∅.
D’après 13, quitte à agrandir U tout en gardant la condition : ∀i∈{1,2,...,N−1},Uˉ∩TiUˉ=∅, on peut supposer que toute sous-famille de {∂U,T1(∂U),...,Tm(∂U)} de cardinal >d est d’intersection vide.
Alors on peut choisir 0<δ<ρ tel que :
[TABLE]
En effet, supposons le contraire. Alors on peut trouver des suites (xn)n∈N∈RN et (δn)n∈N∈(R+∗)N telles que δn→n→∞0 et :
[TABLE]
R est fermé dans le compact X donc est compact. On peut donc supposer (quitte à extraire) que la suite (xn)n∈N a une limite x∈R.
De plus, on peut trouver d+1 indices dans {1,2,...,m}, notés i1,i2,...,id+1, qui appartiennent chacun à une infinité d’ensembles {i∈{1,...,m},Ti(Uˉ)∩Bδ(xn)=∅}. Alors, quitte à extraire encore de la suite (xn)n∈N, on peut supposer qu’il existe, pour tout n∈N et 1≤l≤d+1, un élément ynl∈Til(Uˉ) tel que d(ynl,xn)≤δn.
Alors les suites (ynl)n∈N convergent toutes vers x. Donc x∈R∩⋂l=1d+1TilUˉ. Donc ⋂l=1d+1Til(∂Uˉ)=∅. C’est une contradiction, donc on peut bien choisir un tel δ.
Par compacité de R, on peut trouver un recouvrement ouvert fini de R, Φ, par des boules fermées de rayon δ. Alors :
[TABLE]
En posant O=⋃H∈ΦHˉ, on a bien : ∀i∈{1,...,m},O∩Ti(O)=∅
Enfin, pour H∈Φ, on peut trouver un élément c(H) tel que :
[TABLE]
En effet, pour 1≤k≤2d+1, notons : Ik={kN−(N−1),...,kN+N−1}. Or, pour tout k, Ik⊂{1,2,...,m} et d’autre part, Ik et Ik+2 sont disjoints. Donc si i∈{i∈{1,...,m},Ti(Uˉ)∩Hˉ=∅}, i est dans au plus deux de ces ensembles Ik. Or il y a au plus d tels indices i. Donc il existe un ensemble Ik0 qui ne contient aucun indice i de ce type. En posant c(H)=k0, on obtient la propriété désirée.
∎
Théorème 7**.**
Supposons que (X,T) est un système apériodique de dimension finie. Alors (X,T) a la propriété de marqueur.
Démonstration.
Soit n∈N. Posons comme dans 14, on pose m=(2d+2)N−1. Comme (X,T) est apériodique et X compact, on peut recouvrir X par un nombre fini d’ouverts U1,U2,...,Us tels que :
[TABLE]
On va construire un n-marqueur par récurrence. On pose W1=U1.
Soit k≤s. Supposons qu’il existe un ouvert Wk tel que ⋃i=1kUˉi⊂⋃i=0kTi(Wkˉ) et ∀i∈{1,2,...,N−1},Wkˉ∩TiWkˉ=∅. En appliquant 14 à Wk et Uk+1, on trouve un ouvert Wk+1 tel que Wˉk⊂Wˉk+1, Uˉk+1⊂⋃i=1kTi(Wˉk+1) et ∀i∈{1,2,...,N−1},Wˉk+1∩TiWˉk+1=∅. On a alors ⋃i=1k+1Uˉi⊂⋃i=0mTi(Wˉk+1).
Finalement, en posant W=Ws, on obtient un n-marqueur W.
∎
3.5.2 Application aux plongements
Lemme 15**.**
Soit S∈N. Soit α un recouvrement ouvert fini de X tel que ord(β)<Sd.
Pour tout U∈α, on se donne un point qU∈U et un N-uplet vU∈([0,1]d)N. Soit ϵ>0.
Alors on peut trouver une fonction F:X→([0,1]d)N telle que :
∀U∈α,\ArrowvertF(qU)−vU\Arrowvert∞<ϵ**
2. 2.
∀x∈X,F(x)∈Conv({F(qU)∣x∈U}**
3. 3.
s’il existe 0≤l<N−4S, λ∈]0,1], et x,y,x′,y′∈X tels que :
[TABLE]
alors il existe U∈β tel que x et x’ sont dans U.
Démonstration.
On définit la fonction F ainsi :
[TABLE]
où {ρU}U∈α est une partition de l’unité subordonnée à α telle que pour tout U∈α, ρU(qU)=1.
On définira {vU}U∈α par la suite. La propriété 2. sera alors immédiatement vérifiée.
Soit x∈X. On pose : αx={U∈α∣ρU(x)>0}. La propriété 3. s’écrit alors :
[TABLE]
Considérons la matrice M dont les colonnes sont les vecteurs de {vU∣ll+4S−1}U∈αx∪αx′∪{vU∣l+1l+4S}U∈αy∪αy′. Alors comme ord(α)<Sd, M a 4S lignes et k colonnes, où k≤4Sd. On peut alors appliquer 17 de la section 3.6. à la matrice carrée obtenue à partir de M en ne gardant que les k premières lignes. On en déduit que pour presque tout choix de {vU}U∈α , les vecteurs de {vU∣ll+4S−1}U∈αx∪αx′∪{vU∣l+1l+4S}U∈αy∪αy′ sont linéairement indépendants, donc la propriété 3. est vérifiée.
Comme précédemment, comme il existe un nombre fini de familles de la forme α1x, on peut choisir la famille {vU}U∈α1x dans un ensemble de complémentaire négligeable, donc de façon à vérifier aussi la propriété 1.
∎
Théorème 8**.**
Supposons que (X,T) est une extension d’un système dynamique (Z,S) apériodique de dimension finie, et que mdim(X,T)<16d. Alors (X,T) se plonge dans le décalage (([0,1]d+1)Z,σ).
Démonstration.
Soit π:(X,T)→(Z,S) l’extension de (X,T) à (Z,S).
Nous allons montrer qu’il existe une fonction g∈C(X,[0,1]d) telle que Ig×π est un plongement de (X,T) dans (([0,1]d)Z,σ)×(Z,S). Alors, d’après le théorème de Jaworski, il existe d’autre part un plongement Ih de (Z,S) dans ([0,1]Z,σ), où h∈C(Z,[0,1]). Donc on obtiendra un plongement If de (X,T) dans (([0,1]d+1)Z,σ), en posant f=(g,h∘π).
On pose :
[TABLE]
Montrons que pour tout ϵ, Dϵ est dense dans C(X,[0,1]d). Soit f~∈C(X,[0,1]d) et δ<0. Posons :
[TABLE]
On a 0<mdim<16d.
Soit α un recouvrement ouvert fini de X tel que maxU∈αdiam(f(U))<2δ, et maxU∈αdiam(U)<ϵ. Soit ϵ′>0 tel que 16mdim(1+2ϵ′)<d. Alors on peut trouver N∈N, divisible par 16, tel que N1D(α0N−1)<(1+ϵ′)mdim. Soit γ≻α0N−1 un recouvrement ouvert fini de X tel que ord(γ)=D(α0N−1). Posons M=2N et S=16N. Alors : ord(γ)<Sd.
On peut appliquer 15 à γ et S. On choisit, pour tout U∈γ, un point qU∈U et on définit le N-uplet vU=(f~(TiqU))i=0N−1 On obtient une fonction F:X→([0,1]d)N.
D’autre part, d’après 7, (Z,S) a la propriété de marqueur. Donc d’après 6, (Z,S) a la propriété de Rokhlin topologique forte. Donc il existe une fonction continue n:X→R telle qu’en définissant :
[TABLE]
on a :
[TABLE]
Posons alors, pour tout x dans X : nˉ(x)=⌈n(π(x))⌉ mod M, n(x)=⌊n(π(x))⌋ mod M et n′(x)={n(x)}. On définit, pour tout x dans X :
[TABLE]
On obtient une fonction f:X→[0,1]d.
Montrons que f est continue. Soit x∈X. Si n(x)∈/Z, alors il existe un voisinage de x sur lequel nˉ et n sont constantes, et n′ continue. Donc f est continue en x. Si en revanche x∈Z, fixons ϵ>0. Alors pour x′ suffisamment proche de x, on obtient l’un ou l’autre des cas :
n(x)≤n(x′)<n(x)+2ϵ (alors n(x′)=n(x) et n′(x′)<2ϵ)
2. 2.
n(x)−2ϵ<n(x′)<n(x) (alors nˉ(x′)=nˉ(x)=n(x) et n′(x′)>1−2ϵ)
Dans le premier cas :
[TABLE]
On a :
[TABLE]
Donc pour x’ suffisamment proche de x, on obtient :
[TABLE]
On obtient la même chose dans le second cas. On en déduit que f est continue.
Montrons que \Arrowvertf~−f\Arrowvert∞<ϵ. Soit x∈X. Alors :
[TABLE]
Or, pour tous 0≤n<N et U∈β tels que T−n(x)∈U, comme F(qU)=vU, on a :
[TABLE]
Comme x et Tn(qU) sont tous les deux dans Tn(U), on a :
[TABLE]
Comme β≻α0M−1 et n<N, on peut trouver V∈α tel que U⊂T−n(V). Donc :
[TABLE]
Finalement, \Arrowvertf(x)−f~(x)\Arrowvert<ϵ.
Enfin, montrons que f∈Dϵ. Soient x et y dans X, tels que (If×π)(x)=(If×π)(y). Alors pour tout a∈Z, f(Tax)=f(Tay). De plus, comme π∘T=S∘π et π(x)=π(y), on a pour tout a∈Z, π(Tax)=π(Tay). Donc :
[TABLE]
Comme 2M−2+23M=2M−2<N, il existe au plus un indice j∈{−23M,...,2M−2 tel que n(Tj+1(x))=n(Tj(x))+1. Alors d’après 19, on peut trouver un indice r∈{23M,...,0}. tel que n(Trx)≤2M et pour tout s∈{r,...,r+2M−1}, n(Tsx)=n(Trx)+s−r et nˉ(Tsx)=nˉ(Trx)+s−r.
Alors, en posant λ=n′(Trx) et a=n(Trx), l’égalité :
[TABLE]
s’écrit :
[TABLE]
Il existe donc un ouvert U∈γ tel que Tr−ax et Tr−ay sont dans U. Comme γ≻α et −N≤r−a≤0, il existe V∈α tel que Tr−ax et Tr−ay sont dans Tr−a(V) et Tr−a(V), d’où x et y sont dans V. On a supposé que maxU∈αdiam(U)<ϵ, donc d(x,y)<ϵ.
Comme ceci est vrai pour tout couple (x,y), on conclut f∈Dϵ.
∎
3.6 Quelques lemmes techniques
On rassemble ici quelques lemmes utilisés dans les sections précédentes pour établir les résultats de densité.
Lemme 16**.**
Soit V=Vect(v1,v2,...,vr) un sous-espace vectoriel de Rm de dimension r>0. Soit s∈N.Alors :
Si r+s≤m alors pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vr+s)∈([0,1]m)s (relativement à la mesure de Lebesgue sur ([0,1]m)s), Vect(v1,v2,...,vr+s) est de dimension r+s.
2. 2.
Si r+s≤m+1, pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vr+s)∈([0,1]m)s, Vect(v2−v1,v3−v1,...,vr+s−v1) est de dimension r+s-1.
Démonstration.
Supposons r+s≤m. On procède par récurrence sur s. Pour s=0, il n’y a rien à démontrer. Soit i∈N tel que r+i<m et pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vr+i)∈([0,1]m)i , Vect(v1,v2,...,vr+i) (qu’on note Vi), est de dimension r+i. Alors, pour tout vecteur vr+i+1 qui n’appartient pas à Vi∩[0,1]m, Vect(v1,v2,...,vr+i,vr+i+1) est de dimension r+i+1. Si on note λ la mesure de Lebesgue sur [0,1]m, on a λ(Vi∩[0,1]m)=0 car r+i<m. Donc pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vr+i+1)∈([0,1]m)i+1 , Vect(v1,v2,...,vr+i+1) est de dimension r+i+1.
Finalement, pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vr+s)∈([0,1]m)s, Vect(v1,v2,...,vr+s) est de dimension r+s. De plus, on en déduit que Vect(v2−v1,v3−v1,...,vr+s−v1) est de dimension r+s, ce qui règle une partie du cas 2.
En utilisant ce résultat pour r+s=m, on obtient que pour presque tout (vr+1,vr+2,...,vm)∈([0,1]m)m−r, Vect(v1,v2,...,vm) est de dimension m, d’où Vect(v2−v1,v3−v1,...,vm−v1) (qu’on note V~) est de dimension m−1. On en déduit que λ(V~∩[0,1]m)=0. Donc de même, pour presque tout vecteur vm+1 dans [0,1]m, Vect(v2−v1,v3−v1,...,(vm+1+v1)−v1) est de dimension m, ce qui permet de conclure.
∎
Lemme 17**.**
Soit r∈N et M une matrice carrée de taille n à coefficients dans {1,2,...,r}, telle qu’il n’y a pas de coefficients égaux sur une même ligne ou une même colonne. Alors pour presque tous t1,t2,...,tr dans R, la matrice A(t1,t2,...,tr) définie par :
[TABLE]
est inversible.
Démonstration.
On va montrer que le polynôme à r variables det(A(t1,t2,...,tr)) est non nul.
Supposons que 1 apparaît s fois dans M (on peut supposer sans perte de généralité que s est non nul). Alors en écrivant :
[TABLE]
on remarque que det(A(t1,t2,...,tr)) est un polynôme en la variable t1, dont le coefficient dominant est lui-même un polynôme en les variables t2,...,tr. Plus précisément, si s=n, ce coefficient dominant est égal à 1, sinon c’est le déterminant de la matrice extraite de A(t1,t2,...,tr) en supprimant les lignes et les colonnes où t1 apparait. Comme cette matrice extraite est de taille <n, on en conclut qu’on pourra procéder par récurrence : si son coefficient est un polynôme non nul, alors le polynôme det(A(t1,t2,...,tr)) sera non nul.
∎
Lemme 18**.**
Soit r∈N, k∈N. Soit M une matrice carrée de taille (2k−1)×2k à coefficients dans {1,2,...,r}, telle qu’il n’y a pas de coefficients égaux sur une même ligne ou une même colonne, et telle que chaque coefficient apparait au plus deux fois dans M. Alors pour presque tous t1,t2,...,tr dans R, les colonnes de la matrice A(t1,t2,...,tr) définie par :
[TABLE]
sont des vecteurs affinement indépendants.
Démonstration.
Procédons par récurrence sur k. Supposons qu’il existe un entier k tel que le résultat est vrai pour tout matrice de taille (2k−3)×(2k−2), et montrons le résultat pour tout matrice M de taille (2k−1)×2k. Si chaque coefficient de M n’apparait qu’une fois, alors 16 (cas 2) permet de conclure. Sinon, il existe un entier i qui apparait deux fois. Soit j tel que i n’est pas sur la j-ième colonne. Alors soit N la matrice obtenue à partir de M en retranchant la j-ème colonne à toutes les autres, et en la supprimant. N est carrée de taille 2k×2k. Pour conclure, il suffit de montrer que det(AN(t1,t2,...,tr))=0 pour presque tout choix de t1,t2,...,tr.
Comme dans le lemme précédent, on considère det(det(AN(t1,t2,...,tr)) comme un polynôme en la variable ti. Alors le coefficient en ti2 est le déterminant de la matrice AN~(t1,t2,...,tr), où N~ est la matrice obtenue à partir de N en supprimant les lignes et les colonnes contenant i.
Soit M~ la matrice obtenue à partir de M en supprimant les lignes et les colonnes contenant i. Alors M est une matrice de taille (2k−3)×(2k−2) qui vérifie les propriétés de l’énoncé. Par hypothèse de récurrence, pour presque tous t1,..,ti−1,ti+1,..,tr dans R, les colonnes de AM~(t1,t2,...,tr) sont des vecteurs affinement indépendants.
De plus, on remarque que N~ est la matrice obtenue à partir de M~ en en retranchant la j-ème colonne à toutes les autres, et en la supprimant. On en déduit que det(AN~(t1,t2,...,tr))=0 pour presque tout choix de t1,t2,...,tr. Donc le polynôme en la variable ti, det(det(AN(t1,t2,...,tr)) est non nul. Finalement, det(AN(t1,t2,...,tr))=0 pour presque tout choix de t1,t2,...,tr.
∎
Lemme 19**.**
Soit une fonction n:X→R, et M∈N un entier pair. Supposons qu’il existe au plus un indice j∈{−23M,...,2M−2} tel que n(Tj+1(x))=n(Tj(x))+1. Alors on peut trouver un indice r∈{23M,...,0} tel que :
⌊n(Trx)⌋* mod M ≤2M*
2. 2.
∀s∈{r,...,r+2M−1},⌊n(Tsx)⌋* mod M =⌊n(Trx)⌋ mod M+s-r*
3. 3.
∀s∈{r,...,r+2M−1},⌈n(Tsx)⌉* mod M =⌈n(Trx)⌉ mod M+s-r*
Démonstration.
L’ensemble {−23M,...,2M−2} étant de longueur M+(M-1), l’un des ensembles : {−23M,...,j},{−23M,...,2M−2} est de longueur au moins égale à M. On note {a,...,b} cet ensemble : on a donc b−a≥M−1. Par définition de l’indice j, {⌊n(Tax)⌋,⌊n(Ta+1x)⌋,...,⌊n(Tbx)⌋} est une famille d’au moins M entiers distincts. On peut donc trouver a≤k≤b tel que ⌊n(Tkx)⌋ mod M =0.
Supposons que b−k+1≥2M. Alors posons r=k. On a ⌊n(Trx)⌋ mod M =0. Soit s∈{r,...,r+2M−1}. Alors comme a≤s≤b, n(Tsx)=n(Trx)+sr, donc ⌊n(Tsx)⌋=⌊n(Trx)⌋+s−r. De plus, 0≤r−s<2M, donc ⌊n(Tsx)⌋ mod M =⌊n(Trx)⌋ mod M +s−r. De même, ⌈n(Tsx)⌉ mod M =⌈n(Trx)⌉ mod M +s−r.
Si au contraire b−k+1<2M, alors on pose r=k−2M−1. Alors a 0≥r≥a. Comme a≤r≤b, on a ⌊n(Trx)⌋=⌊n(Tkx)⌋+r−k=−2M−1. Donc on a bien ⌊n(Trx)⌋ mod M ≤2M. Soit s∈{r,...,r+2M−1}. On a encore a≤s≤b, donc on peut conclure de la même façon.
∎
Références
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Mean topological dimension for actions of discrete amenable groups.
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[Coo05]
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Dimension topologique et systèmes dynamiques, volume 14.
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[Gut14]
Yonatan Gutman.
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Preprint. arXiv:1208.5248v5, 2014.
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The Kakutani-Bebutov thorem for groups.
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2[Coo 05] Michel Coornaert. Dimension topologique et systèmes dynamiques , volume 14. Société Mathématique de France, 2005.
3[Gut 14] Yonatan Gutman. Mean dimension and jaworsky-type theorems. Preprint. ar Xiv:1208.5248 v 5, 2014.
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