La conjecture $\epsilon$ locale de Kato en dimension $2$
Joaqu\'in Rodrigues Jacinto

TL;DR
This paper proves a key functional equation for 2-dimensional p-adic Galois representations, completing Nakamura's proof of Kato's local epsilon-conjecture in dimension 2, advancing understanding in p-adic number theory.
Contribution
It establishes an Iwasawa functional equation for 2-dimensional p-adic Galois representations, enabling the completion of Kato's epsilon-conjecture proof in this dimension.
Findings
Proves an Iwasawa functional equation for 2-dimensional p-adic Galois representations.
Completes Nakamura's proof of Kato's local epsilon-conjecture in dimension 2.
Advances the understanding of p-adic Galois representations and epsilon-conjectures.
Abstract
We show an Iwasawa functional equation for a two dimensional -adic representation of the absolute Galois group of . This allows us to complete Nakamura's proof of Kato's local -conjecture in dimension .
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TopicsAlgebraic Geometry and Number Theory · Advanced Algebra and Geometry · Geometry and complex manifolds
La conjecture locale de Kato en dimension
Joaquín Rodrigues Jacinto
Abstract.
On démontre une équation fonctionnelle dans la théorie d’Iwasawa d’une représentation -adique du groupe de Galois absolu de de dimension . Ceci nous permet de compléter la preuve de Nakamura de la conjecture locale de Kato en dimension .
Abstract.
We show an Iwasawa functional equation for a two dimensional -adic representation of the absolute Galois group of . This allows us to complete Nakamura’s proof of Kato’s local -conjecture in dimension .
Table des matières
-
2 Correspondance de Langlands -adique et équation fonctionnelle en dimension
-
2.5 L’équation fonctionnelle: le cas de poids de Hodge-Tate nuls
-
2.6 L’équation fonctionnelle: cas de poids de Hodge-Tate [math] et
Introduction
Soit un nombre premier. La conjecture locale de Kato [18], [17] [24] prédit l’existence d’une trivialisation canonique du déterminant de la cohomologie des représentations galoisiennes à coefficients dans un anneau -adiquement complet , interpolant des trivialisations standard (qui font intervenir les facteurs epsilon de la représentation, d’où le nom de la conjecture) quand est une extension finie de et la représentation est de Rham. Elle peut donc être vue comme une interpolation -adique des facteurs locaux des représentations de de Rham.
Ce texte a pour objectif de montrer une équation fonctionnelle dans la théorie d’Iwasawa d’un -module sur l’anneau de Robba de rang et de Rham, ainsi que voir comment elle permet de compléter les résultats de Nakamura [24] pour démontrer la conjecture -locale de Kato pour le cas de dimension pour une certaine classe d’anneaux , en montrant que l’isomorphisme construit dans [24] interpole l’isomorphisme de de Rham pour un tel -module (dans [24], ceci a été montré quand les poids de Hodge-Tate du -module sont et ).
0.1. Une équation fonctionnelle locale
Voici une description un peu plus détaillée des résultats.
0.1.1. Rappels et notations
Soient le corps des nombres -adiques et l’anneau des entiers -adiques. Fixons une clôture algébrique de et notons le groupe de Galois absolu de . Notons le caractère cyclotomique, défini par l’identité , où et est une racine de l’unité d’ordre une puissance de . On note et , le dernier isomorphisme étant donné par . On fixe un système de racines -ièmes de l’unité tel que , ,
Soit une extension finie de 111Le corps jouera le rôle du corps de coefficients. Il sera fixe mais l’on se permettra éventuellement, si besoin, de remplacer par une extension finie de lui même. et soit une -représentation continue du groupe , de dimension , de Rham, non trianguline et à poids de Hodge-Tate [math] et . Soit {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.63889pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.02777pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle V}}}}}=V^{*}(1) le dual de Tate de , qui est isomorphe (car est de dimension ) à , où . Notons le module de de Rham de la représentation et considérons
[TABLE]
[TABLE]
les applications exponentielle et exponentielle duale de Bloch-Kato.
On aura besoin de comparer des éléments habitant dans le module de de Rham des différents tordus de et de son dual de Tate et les identifications suivantes permettront de voir tous ces éléments dans . Si est un caractère continu unitaire, on note la représentation de dimension où agit à travers vu comme caractère de via la théorie du corps de classes locale 222Explicitement, si se réduit modulo à la puissance du Frobenius absolu, alors ., dont on fixe une base. Si est un caractère constant modulo , vu comme un caractère de en posant , l’élément est un générateur du module , où dénote la somme de Gauss de . Notons la base de duale de , d’où . Si , on note aussi , qui est une base de .
Fixons une base de et notons
[TABLE]
le produit scalaire défini par la formule . L’isomorphisme induit un isomorphisme , où et dénote une base de . On définit par la formule , ce qui nous permet de fixer les bases et du module et de son dual. On fixe aussi les bases et du module et de son dual.
Enfin, notons, pour et comme ci-dessus,
[TABLE]
[TABLE]
des bases des duaux des modules et . L’application induit donc un isomorphisme {{\bf D}_{\mathrm{dR}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.63889pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.02777pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle V}}}}}(\eta\chi^{-{j}}))\xrightarrow{\sim}{{\bf D}_{\mathrm{dR}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.63889pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.02777pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle V}}}}}) et, de même, induit isomorphisme
Soit
[TABLE]
la cohomologie d’Iwasawa de la représentation , où dénote n’importe quel -réseau de stable par et où la limite est prise par rapport aux applications de corestriction. On dispose des applications de spécialisation
[TABLE]
La correspondance de Langlands -adique [10] nous permet de construire une application
[TABLE]
Cette application est définie à partir de l’action de la matrice {\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}} sur la représentation de Banach de associée à par la correspondance de Langlands -adique pour et, au même temps, aux facteurs d’une représentation lisse admissible de via la théorie du modèle de Kirillov, d’où son importance.
Notons finalement la représentation lisse de associée à par la correspondance de Langlands classique, et le facteur epsilon d’une représentation lisse de .
0.1.2. Le théorème principal
Le théorème suivant, dont la preuve est inspirée largement des techniques introduites par Nakamura [24], Dospinescu et Colmez [12], décrit le comportement de l’involution de Colmez en termes de la théorie d’Iwasawa de la représentation .
Théorème 0.1** (Th. 2.23).**
Soit et notons {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=4.21783pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=3.01274pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mu}}}}}=w_{V}(\mu)\in H^{1}_{\rm Iw}({{\bf Q}_{p}},{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.63889pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.02777pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle V}}}}}). Alors, pour tout , on a
[TABLE]
où
[TABLE]
Remarque 0.2*.*
D’après la philosophie de Perrin-Riou et Bloch-Kato, si provient par restriction d’un système d’Euler d’une représentation globale, les valeurs que l’on compare dans le théorème 0.1 ci-dessus sont étroitement liées aux valeurs spéciales de la fonction -adique associée à cette représentation, et le théorème 0.1 ci-dessus implique une équation fonctionnelle pour cette fonction -adique [26].
La démonstration du théorème 0.1 est un long processus de traduction et occupe le deuxième chapitre de ce texte. L’idée principale, comme dans [24], est d’exprimer les deux termes du théorème 0.1 en termes de la correspondance de Langlands -adique et d’utiliser la compatibilité locale-globale entre la correspondance de Langlands -adique et classique, ce qui fait naturellement apparaître le facteur epsilon de la représentation lisse de associée à quand on applique l’involution. De fait, nous utilisons les techniques de changement de poids de [12] pour ramener aux calculs faits dans [24].
Nous allons decrire les etapes principales du calcul. Soit le -module sur l’anneau de Robba 333On renvoie le lecteur non familiarisé aux sections correspondantes du texte pour les définitions des objets introduits sans définition dans cette introduction. associé à la représentation par les équivalences de catégories de Fontaine, Cherbonnier-Colmez et Kedlaya (prop. 1.1). On dispose aujourd’hui de toute une cosmogonie d’objets et applications permettant d’exprimer un grand nombre d’invariants arithmétiques de la représentation intrinsèquement en termes de .
0.1.3. L’équation différentielle -adique et le cas de poids nuls
Soit le module construit (cf. §1.5) par Berger. Le module n’est pas étale et il est de rang , de Rham à poids de Hodge-Tate nuls. On a sur un opérateur de dérivation au dessus de l’opérateur sur . Si est à poids de Hodge-Tate positifs, alors et l’on peut donc voir l’élément dans .
Rappelons (cf. §1.3) qu’il existe un entier et, pour tout , des sous--modules libres de rang tels que , où et qu’on a des applications de localisation
[TABLE]
où dénote le “” de Fontaine et . L’opérateur sur satisfait la relation de commutation .
0.1.4. La correspondance de Langlands -adique pour
Dans [12], Colmez construit (cf. §2.3) une représentation localement analytique admissible à caractère centrale de et il explique comment retrouver la représentation associée à par la correspondance de Langlands -adique par des méthodes de ‘changement de poids’. La représentation est irréductible mais elle est munie d’un opérateur et, en tordant l’action de d’une manière appropriée en utilisant , l’on peut récupérer les vecteurs localement algébriques de et donc en particulier la représentation lisse de associée à par la correspondance de Langlands classique.
Un -module peut être vu comme un faisceau {{\big{(}\begin{smallmatrix}{{\bf Z}_{p}}-\{0\}&{{\bf Z}_{p}}\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-équivariant 444L’action de , et la multiplication par , , correspondant à {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}, {{\big{(}\begin{smallmatrix}a&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}} et {{\big{(}\begin{smallmatrix}1&b\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}} respectivement. sur dont les sections globales sont données par et la construction de est fondée sur l’extension de ce faisceaux en un faisceau -équivariant sur . On a un accouplement parfait et -équivariant sur et la suite exacte fondamentale de -modules suivante:
[TABLE]
Dans §2.4.1, on étend des résultats classiques et on démontre que, pour ou , l’on a un isomorphisme
[TABLE]
Si , on note l’image inverse de par cet isomorphisme. En notant w={{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}}}, l’élément appartient donc à (\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\omega_{\Delta}(p)} et l’on note {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}\in\Delta^{\psi=\omega_{\Delta}(p)^{-1}}={\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}, où {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}=\Delta^{*}(1) dénote le dual de Tate de , qui s’identifie (car est de dimension ) à .
On oublie pour l’instant notre -module (et en particulier que dénote un de ses poids de Hodge-Tate) et on va montrer une équation fonctionnelle sur .
0.1.5. Cohomologie d’Iwasawa
Notons (cf. §1.8) le premier groupe de cohomologie d’Iwasawa défini dans [25]. On a un isomorphisme
[TABLE]
Notons et \mu_{{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.51805pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.51805pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.10971pt\vrule height=0.0pt,width=2.49423pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.31712pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.31712pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=1.50694pt\vrule height=0.0pt,width=1.7816pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}}=(\mathrm{Exp}^{*})^{-1}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}})\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}=\Delta^{\psi=\omega_{\Delta}(p)^{-1}}.
0.1.6. Lois de réciprocité
Les lois de réciprocité (cf. §1.12) nous permettent d’écrire les valeurs \exp^{*}(\int_{\Gamma}\eta\chi^{-j}\cdot{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=4.21783pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=3.01274pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mu}}}}})\otimes\mathbf{e}^{\rm dR,\vee}_{\eta,-j,\omega_{\Delta}^{\vee}} et en termes de et des applications de localisation. On commence par démontrer (lemme 2.14) que, pour et tels que , on a 555Notons que les deux variables et semblent être redondantes, mais elles seront utiles plus tard.
[TABLE]
où est une constante explicite, dénote la trace et dénote le coefficient du terme de degré [math] en . On dispose d’une formule analogue pour les valeurs de l’exponentielle (lemma 2.15): pour , on a
[TABLE]
0.1.7. Le modèle de Kirillov
L’étape suivante consiste à exprimer les termes de droite des équations (1) et (2) en termes de la correspondance de Langlands -adique. La théorie du modèle de Kirillov (§2.3.2) et une formule de Colmez (cf. §2.3.3, eq. (9)) nous permettent (cf. §2.3.3) de construire une injection -équivariante
[TABLE]
où B={{\big{(}\begin{smallmatrix}*&*\\ 0&*\end{smallmatrix}\big{)}}}\subseteq G dénote le Borel de , et dénote l’espace des fonctions localement analytiques à support compact vérifiant , et il est muni d’une action de définie par la formule 666Si et est tel que , on pose .
[TABLE]
En suivant des idées de Nakamura, on construit (cf. §2.4.4 et §2.4.5), pour un caractère d’ordre fini, , et , des fonctions et et on démontre (lemmes 2.16 et 2.18) que
[TABLE]
[TABLE]
où dénote une base fixe de comme expliqué avant.
0.1.8. Apparition des vecteurs localement algébriques, facteurs epsilon et fin de la preuve
Plus précisément, dans [12] (cf. §2.3.5) on construit, pour tout , une représentation en tordant l’action de sur à l’aide de l’opérateur . En identifiant et et en notant l’action tordue de sur on a , , et on voit que possède des vecteurs localement algébriques et que la représentation lisse associée ne dépend pas de . Le miracle arrive quand on observe que les fonctions et sont des vecteurs localement algébriques de qui peuvent être exprimés via des fonctions introduites dans [5] pour retrouver le facteur epsilon d’une représentation lisse de via l’action de l’élément , ce qui nous permet (lemme 2.20) de démontrer que
[TABLE]
où dénote le conducteur de la représentation .
Enfin, en utilisant la -équivariance de l’accouplement (pour passer l’action de du côté de droite de l’accouplement dans la formule (3) et appliquer l’identité (5)) et les équations (1), (2), (3) (avec ) et (4) (avec ) ci-dessus, on obtient (théorème 2.21) une équation fonctionnelle en poids nuls et, en tordant cette équation, on montre facilement (théorème 2.23) notre résultat principal.
0.2. Équation fonctionnelle et conjecture locale de Kato
Donnons une application du théorème précedent à la conjecture . Des cas particuliers de cette conjecture ont été montrés: elle est connue en dimension [18], [23], et pour certains types de représentations grâce aux travaux de Benois-Berger [1], Loeffler-Venjakob-Zerbes [21] et Nakamura [23]. Nakamura dans [24] a construit, en utilisant la théorie des -modules et l’accouplement d’Iwasawa défini par Colmez, un candidat pour l’isomorphisme pour les -modules de rang ou , et il a montré que, dans certaines instances, cet isomorphisme interpole bien les trivialisations standards.
Le théorème 0.1 ci-dessus est un complement de [24, Prop. 3.14] 777Dans les notations de ce texte, [24, Prop. 3.14] est équivalent à montrer une équation fonctionnelle analogue à celle du théorème 0.1 réliant les valeurs \exp^{*}(\int_{\Gamma}\eta\chi^{-j}\cdot{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=6.02548pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=4.21783pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mu}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=3.01274pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mu}}}}})\otimes\mathbf{e}^{\rm dR,\vee}_{\eta,-j,\omega_{V}^{\vee}} et pour . On peut facilement adapter les techniques de ce texte pour retrouver l’énoncé de [24, Prop. 3.14], mais les nouvelles tehniques introduites ici ne ne sont pas nécessaires dans ce cas., qui est le point clé pour montrer que les isomorphismes construits dans [24] interpolent les isomorphismes classiques quand est de Rham et à poids de Hodge-Tate et . Comme un corollaire de nos résultats et de ceux de Nakamura, on obtient
Théorème 0.3** (Th. 3.4).**
La conjecture locale de Kato est vraie pour les représentations galoisiennes de dimension .
0.3. Remerciement
Ce travail fait partie de ma thèse de doctorat, réalisée à l’Institut de Mathématiques de Jussieu sous la direction de Pierre Colmez, à qui j’exprime ma plus sincère gratitude. Je remercie aussi Kentaro Nakamura et Gabriel Dospinescu, dont les travaux ont été une source constante d’inspiration. Je remercie finalement le rapporteur pour ses nombreuses remarques et corrections qui ont aidé à améliorer considérablement la présentation de cet article.
1. Notations et préliminaires
Cette section contient les généralités sur les -modules dont on aura besoin dans l’article.
1.1. Anneaux de Fontaine
Fixons une extension finie de contenue dans et notons:
- •
l’anneau des séries de Laurent à coefficients dans bornés dont les coefficients négatifs tendent vers [math], i.e, , où la complétion est la -adique;
- •
le corps des fractions de ;
- •
l’anneau constitué des éléments de convergents sur une couronne d’intérieur non vide;
- •
, , l’anneau des séries de Laurent à coefficients dans et convergeant sur la couronne ;
- •
;
- •
l’anneau de Robba, formé des séries de Laurent (non nécessairement bornées) convergentes sur une couronne non vide contenue dans la boule unité ouverte.
On notera souvent l’anneau des fonctions analytiques sur la boule unité ouverte. Rappelons que l’on obtient (resp. ) en complétant par rapport à sa topologie -adique (resp. la topologie définie par la convergence uniforme sur des couronnes fermées).
1.2. -modules
Rappelons que, si , un -module sur est un -module de type fini muni d’actions semi-linéaires continues de et d’un opérateur , commutant entre elles. Si est un -module sur , on dit que est étale si engendre comme -module. Un -module sur est étale s’il possède un -réseau stable par et qui est étale. Un -module sur est étale si est étale. Finalement, un -module sur est dit étale s’il contient un -module étale sur tel que .
Notons, pour , (resp. ) la catégorie des -modules (resp. étales) sur . L’intérêt de ces objets réside dans le résultat classique fondamental suivant:
Proposition 1.1** ([16], [6], [19]).**
Il existe des équivalences de catégories .
Si et est un caractère, on note une base du module muni d’actions de et via les formules et , . On note le module . Le choix de fournit un isomorphisme de -espaces vectoriels .
1.3. Sous-modules naturels de
Soit de rang . L’algèbre de Lie de agit sur (cf. [2, §5.1]) via l’opérateur -linéaire
[TABLE]
où dénote un élément assez proche de , ce qui définit un opérateur différentiel au-dessus de l’opérateur , où dénote le de Fontaine, agissant sur .
Rappelons que, d’après [4, Th. I.3.3], il existe et, pour tout , des uniques sous--modules de tels que et induit un isomorphisme . Pour , on pose
[TABLE]
On a alors
[TABLE]
ce qui montre que est un espace de type (i.e limite inductive d’espaces de Fréchet).
Rappelons que l’on a des morphismes de localisation
[TABLE]
envoyant sur . Pour on définit
[TABLE]
[TABLE]
qui sont des et -modules, respectivement, libres de rang et munis d’une action semi-linéaire de . Finalement, on définit
[TABLE]
qui sont, respectivement, des et -modules libres de rang .
1.4. Théorie de Hodge -adique
Soit de rang . On définit (cf. [22, Def. 2.5])
[TABLE]
qui sont des -espaces vectoriels de dimension finie. On munit de sa filtration de Hodge, donnée par . On observe que est muni d’une action bijective du Frobenius ainsi que d’une filtration induite par l’inclusion définie par , où on a noté l’application de localisation 888Il existe ici un petit abus évident en notant par deux applications différentes, l’une étant l’application de localisation notée usuellement et l’autre l’inverse de l’opérateur agissant sur , mais cela ne devrait pas causer problèmes de lecture.. On a
[TABLE]
où la première inégalité est évidente par ce qui précède et la dernière suit en remarquant que est un -espace vectoriel de rang et est donc un -espace vectoriel de rang .
Definition 1**.**
Soit un -module sur . On dit que est cristallin (resp. de Rham) si l’inégalité (resp. ) est une égalité.
Si est de Rham, on définit ses poids de Hodge-Tate comme les opposés des entiers où la filtration change, c’est-à-dire l’ensemble .
1.5. L’équation différentielle -adique
Rappelons la construction de l’équation différentielle -adique associée à un -module de de Rham.
Proposition 1.2** ([4, Th. III.2.3]).**
Soit de rang , de Rham, et, pour chaque , posons
[TABLE]
et . Alors, est un -module sur , de rang , qui satisfait
- •
**
- •
* pour tout .*
- •
**
Le -module ainsi obtenu est de Rham à poids de Hodge-Tate tous nuls. Remarquons que l’on peut reconstruire , à partir de la donnée de et de la filtration de Hodge sur , en utilisant (cf. [4, §II.2] ou bien [12, §3.1]) la formule
[TABLE]
La troisième propriété caractérisant permet de définir un opérateur différentiel
[TABLE]
satisfaisant les identités et .
1.6. -modules relatifs
Soit une algèbre affinoïde sur . L’anneau de Robba relatif à est défini en posant, pour ,
[TABLE]
où le premier produit tensoriel est le produit tensoriel complété entre deux espaces de Banach.
Si , on a un endomorphisme -linéaire d’anneaux (resp. et ) qui envoie sur , et une action continue du groupe , agissant par , , sur tous les anneaux définis ci-dessus.
Si , l’anneau est un -module libre de rang , ce qui permet de définir un inverse à gauche de
[TABLE]
On note aussi l’application qui s’en déduit.
Si est un -module et , on note et .
Definition 2**.**
Un -module sur est un module projectif de type fini sur , muni d’un isomorphisme -linéaire et d’une action semi-linéaire de , commutant avec dans le sens évident.
Un -module sur est un -module projectif de type fini tel qu’il existe et un -module sur tel que .
Soit un -module sur . L’isomorphisme induit, pour tout , des opérateurs semi-linéaires , définis comme la composée
[TABLE]
la première flèche étant celle induite par et la deuxième étant . L’isomorphisme induit un morphisme -linéaire pour tout , défini par . Si est un -module sur , on a de même des opérateurs et .
Plus généralement, si est un espace rigide analytique sur et , on définit comme le faisceau des fonctions rigides analytiques sur , et un -module sur est une collection compatible de -modules sur pour chaque ouvert admissible de .
1.7. Cohomologie des -modules
Soient une algèbre affïnoide sur et . On note la partie de -torsion de (qui est triviale si et cyclique d’ordre quand ). Soit tel que son image dans en est un générateur topologique. On pose et, pour , un générateur topologique de . Pour et , on note si et si , et on définit le complexe
[TABLE]
où les flèches sont données, respectivement, par et . Les modules sont définis comme les groupes de cohomologie de ce complexe.
Proposition 1.3** ([20, Prop. 2.3.6 et Th. 4.4.2]).**
Soient une algèbre affïnoide sur et un -module sur . Les complexes et sont quasi-isomorphes et les groupes de cohomologie sont des -modules de type fini, compatibles au changement de base. On a une dualité locale et une formule de Euler-Poincaré.
1.8. Cohomologie d’Iwasawa des -modules
Soit l’algèbre d’Iwasawa de . Si l’on choisit un isomorphisme , où désigne la partie de torsion de et via le caractère cyclotomique, on obtient un isomorphisme . Soit un générateur topologique de et notons son image dans . On obtient un isomorphisme en envoyant sur .
Soit l’algèbre de distributions sur . Précisément, on obtient en remplaçant la variable par dans la définition de . On peut de la sorte définir les anneaux et on a Le choix de l’isomorphisme fait que s’identifie aux fonction analytiques sur la boule et à celui des fonctions analytiques sur la boule ouverte unité. Ce dernier espace s’identifie à l’anneau des sections globales sur l’espace des poids -adiques, et aussi, par le théorème d’Amice (cf. [27, Th. 2.2]) à l’espace des distributions sur à valeurs dans 999Soit l’espace des fonctions localement analytiques sur à valeurs dans , où dénote l’espace des fonctions continues admettant, pour tout , un développent en séries des puissances autour convergeant sur la boule . Chaque , muni de la valuation , est un espace de Banach, et l’on munit de la topologie de la limite inductive. L’espace des distributions est défini comme le dual continu de , muni de la topologie forte. Si et , on note l’évaluation de en . Cf. [9, §I.4] pour plus de détails.
1.8.1. Déformation cyclotomique
On note (cf. [20, Def. 4.4.7]) le module muni de l’action de via , et . On définit
[TABLE]
Plus généralement, si est un -module sur , on définit sa déformation cyclotomique par
[TABLE]
Les actions , et sont données par les formules
[TABLE]
pour , et . Le module est un -module sur l’anneau de Robba relatif à l’espace des poids 101010Rappelons d’abord que et que agit trivialement sur le deuxième facteur. Si , et , alors on a
ce qui montre que l’action de est semi-linéaire, et donc est bien un -module sur comme défini dans §1.6..
1.8.2. Cohomologie d’Iwasawa analytique
On définit la cohomologie d’Iwasawa (analytique) de comme
[TABLE]
Ce sont, d’après la proposition 1.3, des -modules de type fini.
Si est un caractère, le changement de base par rapport à fournit un isomorphisme
[TABLE]
Si , cet isomorphisme induit des morphismes de spécialisation
[TABLE]
la notation étant justifiée par l’interprétation classique de la cohomologie d’Iwasawa en termes des distributions 111111Rappelons que, si et si est le -module associé à par l’équivalence de catégories de Fontaine-Kedlaya, alors (cf. [20, Cor. 4.4.11] et [8, Prop. II.1.8]). Dans ce cas-là, on peut voir un élément dans comme un cocycle à valeurs dans et, si est un caractère continu, on en déduit une application de spécialisation envoyant un cocycle vers le cocycle (cf. [8, §II.1] pour plus de détails).
1.8.3. Cohomologie d’Iwasawa et -modules
Si , on définit le complexe , concentré en , par
[TABLE]
Le complexe appartient à et calcule la cohomologie d’Iwasawa de (cf. [20, Th. 4.4.8]). On a, en particulier, un isomorphisme
[TABLE]
dont l’inverse est donnée par 121212Si , il faut appliquer à le projecteur naturel sur le sous espace d’éléments -invariants. On évitera ce cas-ci, se traitant de la même manière mais avec une complication technique supplémentaire. .
Si , on note, afin d’alléger les notation, l’élément . Si , on a (cf. [10, §VIII.1.3] ou [24, §2.2.3, Eq. (6)]) la formule pour la spécialisation
[TABLE]
Terminons en mentionnant que induit un automorphisme sur donné par , ce qui induit un isomorphisme de -modules , donné par , et donc un isomorphisme de -modules
[TABLE]
On a, par exemple,
[TABLE]
1.9. Dual de Tate et résidus
Soit , soit et notons . On définit le dual de Tate de comme {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}=\mathrm{Hom}_{\varphi,\Gamma}(D,\mathscr{A}\frac{dT}{1+T}), où est le -module étale libre de rang de base sur lequel et agissent par les formules si , . On note
[TABLE]
l’accouplement naturel. Si est de dimension , on a une identification {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}=D\otimes\omega_{D}^{-1}.
Si , on pose . Si x\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}} et , la formule
[TABLE]
définit un accouplement parfait \{\;,\;\}:{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}\times D\to L identifiant
au dual topologique de . Si est de dimension , on a, sous l’identification {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}=D\otimes\omega_{D}^{-1}, la formule 131313On voit ici l’élément comme , de sorte que, si , alors .
[TABLE]
et on note .
1.10. Dualité locale
Considérons, d’ici jusqu’à la fin de cette section, et correspondant à par l’équivalence de catégories de Kedlaya entre et . Les accouplements introduits ci-dessous seront utilisés dans la dernière partie de cet article. Pour une référence pour tout ce qui suit, cf. [11] et [10]. Notons dans la suite. Notons, pour ,
[TABLE]
l’accouplement local. Un calcul avec le complexe de Herr et l’isomorphisme de Fontaine nous permet d’exprimer l’accouplement local en termes des -modules:
Lemme 1.4** ([10, §VIII.1.3]).**
Soient {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}_{(\rm rig)}^{\psi=1}, et est un caractère continu. Alors
[TABLE]
1.11. Applications exponentielles
Si est de Rham et , on note
[TABLE]
[TABLE]
les applications exponentielle et exponentielle duale de Bloch-Kato comme définies dans [22, §2.3, §2.4.]. Quand cela ne pose pas de problèmes, on omettra les indices dans les notations des applications exponentielles.
1.11.1. Description de l’application exponentielle
Explicitement ([22, Lem. 2.12(1)]), si , alors il existe tel que , et il existe aussi tel que pour tout . Alors on a
[TABLE]
On remarque que l’application est nulle sur .
1.11.2. Description de l’application exponentielle duale
Si est un module muni d’une action de , et , on pose 141414Comme précédemment, si et autrement.
[TABLE]
et on définit les groupes de cohomologie . Par exemple, si et , alors
[TABLE]
Si est de Rham et , on a un isomorphisme et l’application qui envoie vers la classe de cohomologie est un isomorphisme (cf. [22], juste avant le lemme 2.14). De plus, on a une application naturelle définie par , où et dénote la classe de cohomologie correspondante. On définit
[TABLE]
comme la composition . Remarquons que, par construction, l’image de tombe dans .
Les applications exponentielle et exponentielle duale sont l’une l’adjointe de l’autre par rapport à la dualité de Tate et à la dualité de Poincaré. Plus précisément, on note
[TABLE]
l’accouplement induit par la dualité entre {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}_{(\rm rig)} et composé avec la trace de Tate normalisée. On a alors le résultat suivant.
Lemme 1.5** ([22, Prop. 2.16]).**
Soit de de Rham et soient x\in{{\bf D}_{\mathrm{dR}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}), . Alors
[TABLE]
1.12. Lois de réciprocité
On rappelle à continuation les formules permettant d’exprimer l’image par les applications exponentielle et exponentielle duale des différentes spécialisations d’un élément dans la cohomologie d’Iwasawa en termes des -modules, normalement connues sous le nom de ‘lois de réciprocité explicite’.
Soit de Rham. Si , le diagramme commutatif
[TABLE]
où , montre que les valeurs
[TABLE]
ne dépendent pas de assez grand, où, pour , l’on note .
Proposition 1.6**.**
Soit tel que et soient et . On a alors l’égalité suivante dans :
[TABLE]
Démonstration.
Voir [7, Th. IV.2.1] ou [3, Th. II.6] ou [22, Th. 3.10(2)]. ∎
Remarque 1.7*.*
On a une identification , où est l’élément défini dans l’introduction (cf. aussi §2.1.1 plus tard). Observons que et que, si , , alors
[TABLE]
Proposition 1.8**.**
Supposons que est à poids de Hodge-Tate [math] et et soient et . On a alors l’égalité suivante dans :
[TABLE]
Démonstration.
Voir [3, Th. II.3] ou [22, Th. 3.10(1)]. ∎
Remarque 1.9*.*
On a une identification . Si , , on a
[TABLE]
1.13. Accouplement d’Iwasawa
Soit et soient le cœur de et {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}=(1-\varphi){\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}^{\psi=1} celui de
. Ce sont des sous--modules libres de rang et l’application naturelle (resp. \mathscr{E}(\Gamma)\otimes_{\Lambda}{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}\to{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}^{\psi=0}) est un isomorphisme (cf. [11, Corollaire VI.1.3(ii)]). Ces espaces sont les orthogonaux l’un de l’autre pour l’accouplement \{\;,\;\}\colon{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}\times D\to L défini dans §1.9 ([11, Lem. VI.1.1]). Pour x\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}, , la formule
[TABLE]
définit un accouplement
[TABLE]
qui identifie
à ([11, Prop. VI.1.2]).
L’accouplement défini ci-dessus est l’analogue de l’accouplement usuel dans la théorie d’Iwasawa (\;,\;)_{\rm Iw}:H^{1}_{\rm Iw}({{\bf Q}_{p}},{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.05556pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.63889pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle V}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.02777pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle V}}}}})\times H^{1}_{\rm Iw}({{\bf Q}_{p}},V)\to\Lambda dans le sens que ([10, Rem. VIII.1.5])
[TABLE]
pour tous z\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}^{\psi=1}, et où dénote l’isomorphisme de Fontaine ([7, Th. II.1.3]).
Si , l’application 151515Les éléments et dénotent des bases des modules , munies d’une action triviale de et d’une action de donnée par , , . Ces éléments apparaîtront très souvent dans le texte. (resp. ) induit un isomorphisme de (resp. {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}(D)) sur (resp. {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}(D\otimes\eta)) et on a ([11, Prop. VI.1.4])
[TABLE]
où dénote la ‘multiplication par ’ d’une mesure, i.e., si \big{(}\sum_{i\in{\bf Z}/p^{n}{\bf Z}}\alpha_{n,i}[\sigma_{i}]\big{)}_{n\in{\bf N}}\in\Lambda, alors on a m_{\eta^{-1}}\big{(}\sum_{i\in{\bf Z}/p^{n}{\bf Z}}\alpha_{n,i}[\sigma_{i}]\big{)}_{n\in{\bf N}}=\big{(}\sum_{i\in{\bf Z}/p^{n}{\bf Z}}\eta^{-1}(i)\alpha_{n,i}[\sigma_{i}]\big{)}_{n\in{\bf N}}.
Notons et {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}_{\rm rig}=(1-\varphi){\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}_{\rm rig}^{\psi=1}. On a des isomorphismes , \mathscr{{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.86249pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.86249pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.50374pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.93124pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle C}}}}}}_{\rm rig}\cong\mathscr{R}^{+}(\Gamma)\otimes_{\Lambda}\mathscr{{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.86249pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.86249pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.50374pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle C}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.93124pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle C}}}}}} ([10, Prop. V.1.18]), qui permettent d’étendre par linéarité l’accouplement d’Iwasawa en un accouplement
[TABLE]
Le lemme suivant nous fournit une description des différentes spécialisations de l’accouplement d’Iwasawa en termes des -modules:
Lemme 1.10** ([11, Corollaire VI.1.5]).**
Soient x\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=7.22223pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.05556pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\mathscr{C}}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=3.61111pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\mathscr{C}}}}}}_{\rm rig}, et un caractère continu. Alors
[TABLE]
On aura besoin plus tard du lemme suivant:
Lemme 1.11**.**
*Soient {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}_{\rm rig}^{\psi=1}, et un caractère localement constant. On a *
[TABLE]
Démonstration.
Par le lemme 1.10, on a
[TABLE]
En utilisant le lemme 1.4, on obtient
[TABLE]
Or, si (resp. ), l’application exponentielle (resp. exponentielle duale) de Bloch-Kato pour {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(\eta\chi^{-j}) est bijective. Si, par exemple, , ceci nous permet d’écrire
[TABLE]
où la dernière égalité suit de l’adjonction (lemme 1.5 appliqué à , dont le dual de Tate s’identifie à {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(\eta\chi^{-j})) entre les applications exponentielles. Le cas se traitant de la même manière, ceci nous permet de conclure. ∎
2. Correspondance de Langlands -adique et équation fonctionnelle en dimension
Nous nous inspirons des idées de Nakamura ([24]) et des techniques de changement de poids de Colmez ([12]) pour démontrer, dans cette section, une équation fonctionnelle au niveau de la théorie d’Iwasawa d’un -module de rang .
2.1. Notations
Soit de dimension , de Rham à poids de Hodge-Tate [math] et que l’on suppose non triangulin 161616Rappelons qu’un -module sur de rang est dit triangulin si il est obtenu comme extension de deux -modules de rang . D’après [19], tout module de rang sur est étale à torsion près par un caractère ou triangulin. Comme on le verra dans le texte (cf. la preuve du théorème 3.4), le théorème principal de cet article (théorème 2.21) est équivalent au fait que l’isomorphisme proposé par Nakamura interpole l’isomorphisme de de Rham (cf. Conjecture 3.1(5) ainsi que §3.4); pour le cas d’un -module triangullin, la conjecture, et donc nos résultats, sont connus ([23, Corollay 3.12], [24, Corollary 3.10]) pour n’importe quel -module triangulin, ce qui fait que l’hypothèse de non triangularité ne soit pas vraiment restrictive. et notons , qui est à poids de Hodge-Tate tous nuls. Comme les poids de Hodge-Tate de sont [math] et , et ceux de sont nuls, le caractère est localement constant et (et ). Notons .
2.1.1. Bases et modules de de Rham
On aura besoin de jongler un peu avec des éléments habitant dans le module de de Rham des différents tordus de et de son dual de Tate et les identifications suivantes permettront de voir tous ces éléments dans . Soit un caractère localement constant (vu comme un caractère de en posant ). L’élément est fixé par l’action de et on a donc un isomorphisme , ce qui nous fournit un générateur de ce module. Si , on rappelle que l’on a noté une base du module , de sorte que est une base de . Notons
[TABLE]
qui est une base de . L’élément
[TABLE]
constitue une base du module .
Si est de Rham, alors l’est aussi et on a, par ce qui précède,
[TABLE]
de sorte que l’application induit un isomorphisme .
2.1.2. Bases et duaux
Enfin, on note , les éléments duaux, respectivement, de et , ainsi que
[TABLE]
base du module . L’application induit un isomorphisme et on a pour tout .
Fixons une base de et notons
[TABLE]
le produit scalaire défini par la formule .
L’isomorphisme induit un isomorphisme . On définit par la formule , ce qui nous permet de fixer les bases et du module et de son dual. On fixe aussi les bases et du module et de son dual.
Afin d’alléger les notations dans les calculs futurs, notons, pour comme ci-dessus et ,
[TABLE]
bases de et respectivement, et leurs duales
[TABLE]
ainsi que des bases des module et
[TABLE]
[TABLE]
et leurs duales
[TABLE]
[TABLE]
et les variantes évidentes que l’on puisse imaginer.
Par exemple, si est un caractère d’ordre fini, si et si x\in{{\bf D}_{\mathrm{dR}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(\eta\chi^{-{j}})), on écrira l’image de par l’isomorphisme
[TABLE]
et de même, si , on notera l’image de par l’isomorphisme
[TABLE]
Remarque 2.1*.*
- •
Les bases des modules de de Rham, vues comme des éléments dans pour un certain caractère , héritent une action de l’opérateur (y agissant sur -linéairement et via et sur par ). On a, par exemple,
[TABLE]
[TABLE]
- •
Il faut faire un peu d’attention et distinguer le caractère identité et le caractère cyclotomique . Les deux coïncident sur mais , tandis que le premier prend la valeur . Par exemple, agit trivialement sur l’élément mais .
2.2. Représentations lisses de
Dans cette section, on énonce quelques résultats classiques de la théorie des représentations lisses de dont on aura besoin dans la suite. La référence principale est [5].
2.2.1. Facteurs epsilon pour
Commençons par rappeler la définition des facteurs locaux associés à un caractère. Soit un caractère continu. On dit que est non ramifié si sa restriction à est triviale et il est ramifié dans le cas contraire. On définit son conducteur par s’il est non ramifié, et par , où est le plus petit entier tel que la restriction soit triviale, dans le cas contraire. Le choix d’un système compatible de racines de l’unité nous permet de fixer un caractère additif de niveau [math] (i.e ) par la formule pour n’importe quel . Fixons aussi la mesure de Haar sur telle que . Soit une mesure de Haar de . Pour une fonction localement constante à support compact dans , la fonction 171717On fixe un isomorphisme , de sorte que l’on puisse voir une extension finie de comme un sous-corps de
[TABLE]
converge pour et admet un prolongement analytique à tout entier. Les facteurs et associés à sont donnés par les formules 181818 cf. [5, §23.4] pour la première formule et [5, §23.5 Th., Lem. 1] pour se ramener au cas du caractère de niveau zero pour la deuxième.
[TABLE]
[TABLE]
Le facteur epsilon satisfait l’équation fonctionnelle
[TABLE]
Enfin, on a une équation fonctionnelle pour tout , où les deux membres sont des polynômes en ,
[TABLE]
où dénote la transformée de Fourier de . On notera dans la suite .
2.2.2. Facteurs epsilon pour
Soit une représentation lisse irréductible de à coefficients dans et notons
sa contragrédiente. Notons et , les fonctions localement constantes à support compact dans et l’espace des coefficients de la représentation : c’est le espace vectoriel engendré par les fonctions g\in G\mapsto\langle{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.20601pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.20601pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.64421pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.603pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle v}}}}},g\cdot v\rangle, v\in\pi,{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.20601pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.20601pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.64421pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle v}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.603pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle v}}}}}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.70027pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\pi}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.70027pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\pi}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.99019pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\pi}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.85013pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\pi}}}}}. Si est un caractère localement constant, on note 191919On voit comme un générateur du espace vectoriel de dimension que l’on munit d’une action de par la formule . On a un isomorphisme d’espaces vectoriels de sur . la tordue de par : si et alors . On suppose dans la suite que * est une représentation supercuspidale* 202020Rappelons qu’une représentation lisse irréductible de est dite supercuspidale si elle n’est pas une sous-représentation d’une induite parabolique ou, ce qui revient au même ([5, §9.1 Prop.]), si son module de Jacquet , où dénote l’espace ambiant de et est le sous espace engendré par les vecteurs de la forme v-{{\big{(}\begin{smallmatrix}1&x\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}v, , est nul..
Fixons la mesure de Haar sur normalisée par . La transformée de Fourier, définie par
[TABLE]
est alors auto-duale: . Enfin, si , la formule {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.12962pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.12962pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.94444pt\vrule height=0.0pt,width=5.97226pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle f}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.12962pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.12962pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.94444pt\vrule height=0.0pt,width=5.97226pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle f}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.43518pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.43518pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.8611pt\vrule height=0.0pt,width=4.18057pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle f}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.97221pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.97221pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.47221pt\vrule height=0.0pt,width=2.98611pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle f}}}}}(g)=f(g^{-1}) définit un élément
dans . La fonction
[TABLE]
où est une mesure de Haar sur , converge pour et définit une fonction rationnelle en la variable ([5, §24.2 Th. 1]).
Il existe ([5, §24.2 Th. 2 + Corollary]) une constante tel que, si l’on pose où est le conducteur de 212121Le niveau de est défini comme le plus petit entier tel que possède un élément fixe par les matrices de la forme K_{n}=\{{{\big{(}\begin{smallmatrix}a&b\\ c&d\end{smallmatrix}\big{)}}}\in K, mod . On a et on appelle le conducteur de la représentation . , alors pour tous et , on a une équation fonctionnelle
[TABLE]
Observons que, si , alors . La fonction est le facteur epsilon associé à la représentation et elle satisfait l’équation fonctionnelle
[TABLE]
où est le caractère central de la représentation .
2.2.3. Modèle de Kirillov et facteurs locaux
Rappelons qu’un modèle de Kirillov d’une représentation lisse de caractère central est une injection -équivariante de dans l’espace des fonctions localement constantes sur à support compact dans (i.e pour tout ) 222222 dénote ”relativement compact”.. L’action du Borel sur ce dernier espace est donnée par la formule
[TABLE]
La décomposition de Bruhat montre que l’action de est déterminée par celle du Borel et par l’action de l’involution w={{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}}}, et c’est un fait remarquable que ce dernier opérateur puisse être décrit en termes des facteurs locaux de la représentation, comme on le verra à continuation.
Si est un caractère localement constant et , on définit une fonction par la formule
[TABLE]
Proposition 2.2** ([5, Th. 37.3]).**
Soit un caractère et soit . Alors
[TABLE]
Démonstration.
La formule de [5, Th. 37.3] donne
[TABLE]
Observons que {{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ -1&0\end{smallmatrix}\big{)}}}={{\big{(}\begin{smallmatrix}-1&0\\ 0&-1\end{smallmatrix}\big{)}}}{{\big{(}\begin{smallmatrix}-1&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}w, et que les matrices {{\big{(}\begin{smallmatrix}-1&0\\ 0&-1\end{smallmatrix}\big{)}}} et {{\big{(}\begin{smallmatrix}-1&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}} agissent, respectivement, via multiplication par et par ({{\big{(}\begin{smallmatrix}-1&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot\phi)(x)=\phi(-x), d’où
[TABLE]
∎
2.3. Autour de la correspondance de Langlands -adique pour
Dans cette section, on rappelle certains résultats concernant la correspondance de Langlands -adique pour , notamment, la théorie du modèle de Kirillov-Colmez et les techniques de ‘changement de poids’ introduites dans [12], qui seront cruciales dans la preuve de notre résultat principal.
2.3.1. La correspondance
Rappelons brièvement la construction de la correspondance de Langlands -adique ([11], [10], [12]). Soit de dimension . Rappelons que désigne le plus grand sous--module compact de stable par et sur lequel est surjectif ([11, §II.4]), et est le plus petit sous--module compact de stable par et engendrant ([11, §II.5]). Si et est un -réseau stable par et , on pose , . Si est absolument irréductible de dimension , on a ([11, Cor. II.5.21]) .
Soit . Rappelons ([11, §III.1.2]) que, si est un ouvert compact, en traduisant les opérations de restriction d’une mesure, on peut définir des opérateurs de restriction sur . Ces opérateurs nous fournissent un faisceau {{\big{(}\begin{smallmatrix}{{\bf Z}_{p}}-\{0\}&{{\bf Z}_{p}}\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-équivariant sur , et on a , . Soient , où est la multiplication par , et sont définies dans [10, §V.2.1 et §V.1]. En s’inspirant des formules provenant de l’analyse -adique, on construit ([10, §II.1]) un faisceau -équivariant sur dont les sections globales sont données par
[TABLE]
et les sections sur sont . On définit ([10, §II.2]) le module D^{\natural}\boxtimes{\bf P}^{1}=\{z\in D\boxtimes{\bf P}^{1}:\mathrm{Res}_{{\bf Z}_{p}}({{\big{(}\begin{smallmatrix}p^{n}&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot z)\in D^{\natural}\;\;\;\forall n\in{\bf Z}\}. Ce module est stable par l’action de ([10, Th. II.3.1(i)]) et on pose
[TABLE]
qui est une -représentation de Banach admissible et topologiquement irréductible de . La représentation est celle associée à par la correspondance de Langlands -adique. L’accouplement sur s’étend ([12, Lem. II.1.12]) en un accouplement parfait et -équivariant sur en posant
[TABLE]
pour lequel est son propre orthogonal ([12, §2.1]). On a ([10, Th. II.3.1(ii)]) une suite exacte de -modules topologiques
[TABLE]
Soient et les modules correspondants à par l’équivalence de catégories de la proposition 1.1 (cf. [10, §V.1.1] pour des rappels des constructions). Le sous-module de est stable par l’action de ([10, Prop. V.2.8]) et l’action de s’étend par continuité ([10, Prop. V.2.9]) en une action sur
[TABLE]
où l’action de sur est définie par -antilinéarité en utilisant l’identité . Ceci permet de définir un faisceau -équivariant sur et on a ([10, Th. V.2.20]) une suite exacte
[TABLE]
où dénote les vecteurs localement analytiques de la représentation , ce qui rend naturel de poser .
Plus généralement, si n’est pas triangulin, il est isocline et il existe un caractère tel que soit étale. On définit alors et par torsion à partir de et ; en particulier . On obtient ainsi une -représentation localement analytique de caractère central et une suite exacte comme ci-dessus.
2.3.2. Le modèle de Kirillov, d’après Colmez
Décrivons le modèle de Kirillov construit dans [12, §2.4.1-2]. Soit irréductible de rang et soit la représentation de décrite dans la section précédente. Notons B={{\big{(}\begin{smallmatrix}*&*\\ 0&*\end{smallmatrix}\big{)}}}\subseteq\mathrm{GL}_{2}({{\bf Q}_{p}}) le Borel supérieur et soit un -module muni d’une action de l’algèbre de distributions de . On définit
[TABLE]
comme l’espace des fonctions localement analytiques à support compact dans , vérifiant pour tout . On munit d’une action de par la formule 232323Si et est tel que , on pose .
[TABLE]
Soit un -module de caractère central . On dit que admet un modèle de Kirillov s’il existe un -module comme ci-dessus et une injection -équivariante de dans . Si admet un modèle de Kirillov, on note l’image inverse dans du sous-espace des fonctions dont le support est compact dans ( pour tout ).
Rappelons que l’algèbre de Lie de agit sur le module (cf. [14]) et l’action de u^{+}={{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 0&0\end{smallmatrix}\big{)}}}\in\mathfrak{g} sur est donnée par . Notons l’ensemble des tués par une puissance de , qui en est un sous -module. Si et en est un relèvement, la condition se traduit donc par l’existence de tels que ({{\big{(}\begin{smallmatrix}1&p^{N}\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-1)^{k}\tilde{v}\in\Pi^{*}\otimes\omega_{D}.
Notons , et et rappelons que l’on dispose des applications de localisation . L’image de dans par l’application est incluse dans (en effet, elle est incluse dans pour un certain , car elle est l’image d’un Fréchet dans une limite inductive de Fréchets, et stable par car l’est par {{\big{(}\begin{smallmatrix}p^{-1}&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}). Ceci nous permet de poser, pour et comme ci-dessus,
[TABLE]
Si , l’image de \varphi^{-n}(\mathrm{Res}_{{\bf Z}_{p}}({{\big{(}\begin{smallmatrix}{p^{n}}x&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\tilde{v})) dans ne dépend ni du choix de ni du choix de assez grand (cf. [12, §2.4.2]). On a donc une application bien définie
[TABLE]
Proposition 2.3** ([12, Prop. 2.10]).**
L’application ci-dessus définit un modèle de Kirillov pour .
2.3.3. Dualité et modèle de Kirillov
Le choix d’un isomorphisme induit un isomorphisme de -espaces vectoriels munis d’une action de 242424L’action de sur est donnée par .. On note
[TABLE]
l’accouplement défini par la formule
[TABLE]
où est défini comme la composée de l’application résidu et la trace de Tate normalisée . L’accouplement satisfait et on a donc aussi
[TABLE]
Comme , l’accouplement induit un accouplement
[TABLE]
Si , et , la formule (cf. [12, §2.4.3])
[TABLE]
est bien définie pour , ne dépend pas du choix et définit une forme linéaire continue (car la somme est finie, étant à support compact) sur et fournit donc un plongement caractérisé par
[TABLE]
pour tout (cf. [12, §2.4.3]).
Proposition 2.4** ([12, Prop. ]).**
L’image de est incluse dans et la composition
[TABLE]
est l’inclusion naturelle.
Terminons en remarquant (cf. [12, Rem. 2.14]) que, si est de Rham non triangulin, alors
[TABLE]
2.3.4. -modules de de Rham non triangulins de dimension
Rappelons que, d’après §1.5, on a une recette permettant de reconstruire, à partir de l’équation différentielle et de la filtration de Hodge, tout -module de rang qui est de Rham à poids de Hodge-Tate [math] et . Précisément, on a
[TABLE]
où dénote la droite de la filtration de Hodge de .
Réciproquement, soit de rang , de Rham, non triangulin à poids de Hodge-Tate [math] et [math], et notons dorénavant
[TABLE]
qui est un -espace vectoriel de dimension (sans filtration). On a pour . Si et est une droite, on pose
[TABLE]
qui est un -module de rang sur , de Rham à poids de Hodge-Tate [math] et tel que . Tout -module de rang sur , de Rham, pas triangulin et à poids de Hodge-Tate distincts est ([12, §3.1]), à torsion près par une puissance du caractère cyclotomique, de la forme pour un unique choix de , et .
Remarque 2.5*.*
D’après [4, Th. V.2.3] (cf. aussi [12, §3.1]), la donnée de est équivalente à la donnée d’un -module (dit l’espace de solutions de , dans la terminologie de loc. cit.). Si est étale et est la représentation galoisienne associée à par l’équivalence de catégories de la proposition 1.1, alors le -module en question n’est rien d’autre que le module potentiellement semi-stable de de la théorie de Hodge -adique. Le -module est non triangulin si et seulement si l’action de l’inertie de sur est absolument irréductible.
2.3.5. Techniques de changement de poids
Nous aurons besoin dans la suite de certains résultats de Colmez ([12]) concernant l’étude des vecteurs localement algébriques des représentations de associées aux représentations de de Rham par la correspondance de Langlands -adique.
Soit de rang , de Rham, non triangulin à poids de Hodge-Tate nuls comme dans §2.3.4. Dans [12] (cf., par exemple, [12, Th. 0.6]), on construit, pour , une représentation localement analytique irréductible de , à caractère central , en tordant convenablement l’action de sur le module . Plus précisément, si ne sont pas tous les deux nuls, on montre que l’opérateur sur s’étend en un opérateur sur ([12, Lem. 3.3(i)]) et que y est bijectif ([12, Rem. 3.5]) et on définit ([12, Lem. 3.9]), pour n’importe quel entier , une action de sur par la formule 252525Dans [12], la formule donnée pour l’action de est {{\big{(}\begin{smallmatrix}a&b\\ c&d\end{smallmatrix}\big{)}}}\ast_{k}v=(-c\partial+a)^{k}\cdot({{\big{(}\begin{smallmatrix}a&b\\ c&d\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot v). Le changement de signe ci-dessous est justifié par les différentes normalisations entre [12] et ce travail (qui reprend plutôt les normalisations de [10]!) pour la représentation . Ce changement élimine certaines nuisances des signes.
[TABLE]
Par exemple, si w={{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}}} dénote l’involution, on a
[TABLE]
On note le -module muni de l’action . Le sous-module de est stable par l’action de ([12, Corollaire 3.17]) et on note le quotient de par , qui est une représentation de de type analytique 262626Une représentation de type analytique de est un espace de type LF (limite inductive d’espaces de Fréchet), muni d’une action continue de qui s’étend en une action de l’algèbre des distributions sur ..
La représentation vérifie les propriétés suivantes (cf. [12, Lem. 3.19] pour le premier point et [12, Th. 3.31] pour les autres):
- •
, vu comme sous-module de , est isomorphe à , d’où une suite exacte de -modules
[TABLE]
- •
Il existe une représentation lisse de , qui ne dépend ni du poids ni de la filtration, de caractère central , telle que
[TABLE]
où dénote les vecteurs localement algébriques de la représentation , et est la puissance symétrique de la représentation standard de (cf. remarque 2.6 ci-dessous).
- •
.
- •
.
2.3.6. Modèles de Kirillov
Les représentations et sont isomorphes, à torsion par un caractère près, en tant que -représentations et l’application de la section précédente fournit donc un modèle de Kirillov pour dans muni d’une action de définie par la formule
[TABLE]
Ceci induit aussi des modèles de Kirillov pour , ainsi que pour et .
Soient deux droites distinctes et soit , qui est une représentation localement algébrique de . On a et . Enfin, on a le diagramme commutatif suivant, où les flèches horizontales sont des injections et les verticales des isomorphismes de -modules, qui met en scène tous les personnages introduits ci-dessus et qui sera très utile pour nos calculs futurs.
[TABLE]
où l’on a noté .
Remarque 2.6*.*
Si la base canonique de sur , on a et l’action de est donnée par
[TABLE]
En particulier, on a
[TABLE]
On a (cf. [10, §VI.2.5]), pour chaque , un isomorphisme -équivariant
[TABLE]
[TABLE]
où agit sur via la formule
[TABLE]
et sur le module de droite par l’action décrite dans la formule (10). Cet isomorphisme devient un isomorphisme -équivariant si l’on munit ces espaces d’une action de via les bijections et .
Lemme 2.7**.**
Soient . Alors
- (1)
On a sur . 2. (2)
* pour , .*
Démonstration.
Le premier point est [12, Prop. 3.6]. Le deuxième point est une réécriture de la formule de [12, Prop. 3.13.(iii)] à l’aide de l’identité . En effet, on a
[TABLE]
2.4. Une équation fonctionnelle locale: préliminaires
Cette section contient les calculs techniques qui sont à la base des démonstrations des résultats principaux de cet article (théorèmes 2.21 et 2.23).
2.4.1. Vecteurs propres de
Dans toute cette sous-section, on considère de rang , de Rham non triangulin et à poids de Hodge-Tate [math] et et on note . On aura besoin d’établir le lien entre et la représentation .
Lemme 2.8**.**
*L’image de par l’involution est égale à 272727Ce dernier module s’identifiant à (1-\varphi){\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1} via l’identification entre
et ..*
Démonstration.
Les ingrédients pour démontrer ce lemme se trouvent déjà dans [10, §VI], où on renvoie le lecteur pour les détails techniques des résultats cités. Rappelons d’abord que l’on a (cf. §1.5) des inclusions .
Soit , où est l’opérateur introduit dans §1.3. Cet opérateur joue un grand rôle dans l’étude des vecteurs localement algébriques de la représentation de associée à dans [10, §VI] et donc dans la preuve de la compatibilité entre la correspondance de Langlands classique et -adique. On a les propriétés suivantes:
- •
sur ([10, Lem. VI.4.3(ii)]).
- •
D’après [10, Lem. VI.6.14]. l’opérateur induit des isomorphismes et . Notons que les modules et sont inclus dans .
- •
On a ([10, Th. VI.6.8 et Lem. VI.6.14]).
- •
Dans les notations de §2.3.5, on a , où , et on sait que , , et que induit (car il est bijectif sur , cf. [12, §3.2]) un isomorphisme
[TABLE]
Si , l’action de sur est donc donnée par la composée
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
Lemme 2.9**.**
On a \Pi(D)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-r}}=0 pour tout .
Démonstration.
Par dualité, il suffit de montrer que l’adhérence de ({{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-p^{-r})(\Pi(D)^{*}\otimes\omega_{D}) dans est égal au module tout entier. Il suffit donc de montrer que contient un sous-espace dense sur lequel {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-p^{-r} agit de manière surjective.
Considérons (cf. [10, §V.1.2]) le module 282828Soit le complété de la clôture radicielle de , son anneau des vecteurs de Witt et posons . L’anneau est muni naturellement d’actions de et commutant entre elles (et coïncidant avec celles sur inclus dans le corps résiduel de ), qui s’étendent de manière unique à et par -linéarité à , l’action de devenant bijective, et s’identifie naturellement au sous-anneau de engendré topologiquement par (que l’on identifie à ) et son inverse. De la même manière que l’on obtient à partir de (, où , où et la complétion est prise par rapport à la topologie -adique, cf. §1.1 ou bien [10, §I.1.2]), l’on définit l’anneau à partir de . L’intérêt de ces objets réside dans le fait qu’à partir d’eux l’on peut construire des objets où dévient inversible. cf. [10, §V.1.1] pour plus de détails et des exemples. 292929Un ensemble dans un espace vectoriel topologique sur est borné si pour tout voisinage de zero il existe tel que . En particulier, si une suite est bornée, alors quand .
[TABLE]
Alors est dense (cf. [10, note (65)], ceci suit essentiellement de l’irréductibilité de et de [11, Lem. IV.2.2]), et {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}-p^{-r}, qui agit comme , y est surjectif, car il admet un inverse défini par (qui converge sur car le terme général de la série tend vers [math], les étant bornés). Ceci permet de conclure. ∎
Lemme 2.10**.**
On a \Pi(\Delta)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}=0.
Démonstration.
Soit de sorte que . L’opérateur induit une bijection entre \Pi(\Delta)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1} et \Pi(\Delta)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-k-1}} et il suffit donc de montrer que ce dernier module est nul. D’après §2.3.5 (voir l’avant dernier point dans la liste de propriétés), on a une suite exacte
[TABLE]
Comme s’identifie ([12, Rem. 3.18]) à muni de l’action définie par {{\big{(}\begin{smallmatrix}a&b\\ c&d\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot_{k}v:=(\partial c+a)^{k}({{\big{(}\begin{smallmatrix}a&b\\ c&d\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot v), on a une identification \Pi(\Delta)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-k-1}}=\Pi(\Delta,k)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-1}}. Il suffit donc de montrer que W_{\mathscr{L}}^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-1}}=\Pi(D)^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{-1}}=0, où l’on a noté .
Le modèle de Kirillov induit un isomorphisme entre et , qui n’a évidement pas de vecteurs satisfaisant {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot v=pv (si est telle que {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\cdot\phi=p\phi, alors \phi(x)=p^{n}({{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}^{n}\phi)(x)=p^{2n}\phi(p^{n}x)=0 si car est à support compact). On conclut en utilisant le lemme 2.9. ∎
Corollaire 2.11**.**
On a (\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}=(\Delta\boxtimes{\bf P}^{1})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}.
Démonstration.
Il suffit de prendre les invariants par {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}} de la suite exacte
[TABLE]
et utiliser le lemme 2.10 ci-dessus. ∎
Rappelons que l’action de sur est déterminée par le squelette d’action ([10, II.1.2]). En particulier, si , on a
[TABLE]
On en déduit que est invariant par {{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}} si et seulement si et .
Lemme 2.12**.**
L’application induit un isomorphisme
[TABLE]
Démonstration.
Comme l’on a déjà mentionné, l’injectivité suit de [12, Prop. 2.20]. Si alors, par le lemme 2.8 ci-dessus, et il existe donc tel que . Alors \tilde{z}=(z,z^{\prime})\in(\Delta\boxtimes{\bf P}^{1})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}=(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1} (corollaire 2.11) et satisfait , ce qui permet de conclure.
∎
Remarque 2.13*.*
Soit tel que . En appliquant , , et en tordant par le caractère non-ramifié tel que à l’égalité du lemme 2.12 (ou bien en répétant la même preuve), on montre que induit un isomorphisme
[TABLE]
Ceci s’applique en particulier à car (car est étale et donc son caractère centrale est unitaire). Pour un tel , on notera \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\alpha} l’élément correspondant.
2.4.2. Lois de réciprocité (encore)
Dans cette section, on paraphrase les lois des réciprocité de §1.12 sous une forme appropriée pour les calculs futurs. Plus précisément, on tient compte de toutes les identifications faites entre les modules de de Rham d’un , de son dual de Tate et de ses différents tordus par des caractères localement algébriques. Ceci nous permettra de comparer tous ces éléments sans peine dans un même module de de Rham.
Soit de rang , de Rham non triangulin à poids de Hodge-Tate tous nuls comme dans §2.3.4.
Lemme 2.14**.**
Soient , un caractère d’ordre fini, un entier, tel que et . Notons {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}=z\otimes e_{\omega_{\Delta}}^{\vee}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}. Alors
[TABLE]
Démonstration.
Par la proposition 1.6 on a, pour ,
[TABLE]
Comme , on a
[TABLE]
Clarifions la notation utilisée. L’élément appartient à
[TABLE]
et peut être exprimé sous la forme , . Si on écrit sous la forme , , on a alors
[TABLE]
Notons que l’élément est invariant par et commute donc à . On en déduit
[TABLE]
En utilisant la formule on en déduit
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
Lemme 2.15**.**
Soient , un caractère d’ordre fini et . Alors
[TABLE]
Démonstration.
Par la proposition 1.8 on a, pour ,
[TABLE]
et, comme , on a
[TABLE]
Comme précédemment, l’élément appartient à et peux donc être exprimé sous la forme , avec . On a alors
[TABLE]
Notons finalement que l’élément est invariant par et commute donc à la trace, ce qui donne
[TABLE]
ce qui donne
[TABLE]
et permet de conclure. ∎
2.4.3. Dualité et modèle de Kirillov (encore)
On revient à la situation de §2.4.1 et on considère de rang , de Rham non triangulin à poids de Hodge-Tate distincts et on note . Considérons dans la suite le modèle de Kirillov de à valeurs dans . Soit et soit obtenu par restriction à d’un élément \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\alpha^{-1}}, i.e. . On a donc \mathrm{Res}_{{\bf Z}_{p}}({{\big{(}\begin{smallmatrix}p^{i+n}&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}\tilde{z})=\mathrm{Res}_{{\bf Z}_{p}}(\alpha^{-(i+n)}\tilde{z})=\alpha^{-(i+n)}z et, si , la formule (9) pour l’accouplement prend la forme très simple suivante:
[TABLE]
Plus généralement, si , on peut appliquer à pour obtenir un élément dans (\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\alpha^{-1}p^{-j}} et on a
[TABLE]
Rappelons que l’on a fixé une base de . Les éléments forment une base du -espace vectoriel et l’on identifie sous l’isomorphisme . Nous étendons l’accouplement par -linéarité en un accouplement satisfaisant
[TABLE]
pour , et .
2.4.4. Exponentielle duale et accouplement
En s’inspirant de Nakamura ([24, §3.4.5]) et de la formule de la proposition 2.2 permettant de retrouver les facteurs epsilon d’une représentation lisse à partir de son modèle de Kirillov, on définit, pour un caractère d’ordre fini, , et , la fonction par la formule
[TABLE]
où , . Notons que, pour , on a tout simplement
[TABLE]
Lemme 2.16**.**
*Soient , un caractère d’ordre fini, un entier, tel que , et . Notons {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}=z\otimes e_{\omega_{\Delta}}^{\vee}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}. Alors 303030Rappelons que \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\omega_{\Delta}(p)} l’élément correspondant par le lemme 2.12 *
[TABLE]
Démonstration.
Traitons le cas , l’autre étant évidement analogue. Rappelons que \partial^{j}\tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=\omega_{\Delta}(p)p^{-{j}}} et que, si , on a
[TABLE]
où la première égalité suit de la formule (13) et la deuxième égalité du fait que dès que . Par définition de l’accouplement (cf. formule (8)), et en notant que , on a aussi
[TABLE]
On en déduit
[TABLE]
En utilisant la formule de l’équation (14), on peut écrire
[TABLE]
Enfin, la formule (15), l’identité et l’égalité en donnent
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
Proposition 2.17**.**
Soient , un caractère d’ordre fini, un entier, tel que , et . Notons {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}=z\otimes e_{\omega_{\Delta}}^{\vee}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}. Alors
[TABLE]
Démonstration.
En projetant l’égalité du lemme 2.14 sur la droite engendrée par on obtient la formule
[TABLE]
L’égalité du lemme 2.16 et la formule (16) ci-dessus donnent
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
2.4.5. Exponentielle et accouplement
On définit, pour un caractère d’ordre fini, et , la fonction par la formule
[TABLE]
Pour , on a donc
[TABLE]
Lemme 2.18**.**
Soient , un caractère d’ordre fini, et . Alors 313131Rappelons une dernière fois que \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1} l’élément correspondant à par le lemme 2.12.
[TABLE]
Démonstration.
Il suffit de traiter le cas . On a \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}, \partial^{-{j}}\tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{j}} et on a, pour ,
[TABLE]
où la première égalité est la formule pour l’accouplement en termes du modèle de Kirillov (cf. formule (13)), et la deuxième suit de ce que dès que . Par définition de l’accouplement (cf. formule (8)), et en notant que , , on obtient
[TABLE]
Or, la formule
[TABLE]
, et , et la définition de comme la composée du résidu avec la trace de Tate normalisée donnent
[TABLE]
On conclut alors que
[TABLE]
ce qui finit la preuve du lemme. ∎
Proposition 2.19**.**
Soient , un caractère d’ordre fini, et . Alors
[TABLE]
Démonstration.
En accouplant la formule du lemme 2.15 avec , on en déduit la formule
[TABLE]
Par ailleurs, \tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=1}, \partial^{-{j}}\tilde{z}\in(\Pi(\Delta)^{*}\otimes\omega_{\Delta})^{{{\big{(}\begin{smallmatrix}p&0\\ 0&1\end{smallmatrix}\big{)}}}=p^{j}} et, par le lemme 2.18 on a, pour ,
[TABLE]
Enfin, en comparant avec la formule (18) on conclut que
[TABLE]
et on finit la preuve. ∎
2.4.6. Vecteurs localement algébriques
La représentation ne possède pas de vecteurs localement algébriques et on va tordre l’action de de sorte que l’on fasse en apparaître, ce qui nous permettra de regarder les fonctions et comme des éléments du modèle de Kirillov d’une certaine représentation localement algébrique.
Reprenons les notations de la section §2.3.5 et notons dans la suite. Rappelons qu’on a la relation entre les caractères centraux de et . Soit et soit . On peut regarder les fonctions et comme des éléments de qui, d’après le diagramme (11), s’identifie aux vecteurs localement algébriques de la représentation . Rappelons que l’on dispose des isomorphisme de -modules (cf. remarque 2.6)
[TABLE]
[TABLE]
Alors
- •
On a 323232Observons que est vu comme un caractère sur en posant . si et
[TABLE]
et donc
[TABLE]
où est la fonction définie dans §2.2.3.
- •
On a si et
[TABLE]
où pour la dernière égalité on a utilisé . D’où
[TABLE]
Lemme 2.20**.**
Soient et . On a
[TABLE]
Démonstration.
Par la discussion précédente et la proposition 2.2, on a 333333Le facteur vient de l’action de sur le facteur du terme de gauche de l’isomorphisme .
[TABLE]
où, dans la deuxième égalité on a utilisé le fait que \mathrm{det}{{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}}}=-1. Ceci permet de conclure. ∎
2.5. L’équation fonctionnelle: le cas de poids de Hodge-Tate nuls
Soit De Rham, non triangulin et à poids de Hodge-Tate nuls comme dans §2.3.4. Si , on note . L’élément est aussi (cf. lemme 2.8) l’unique élément tel que , où est l’involution définie par restriction à de l’action de {{\big{(}\begin{smallmatrix}0&1\\ 1&0\end{smallmatrix}\big{)}}} sur .
On est maintenant en condition de montrer le résultat principal de cette section:
Théorème 2.21**.**
Soient et notons {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}=w_{\Delta}(z)\otimes e_{\omega_{\Delta}}^{\vee}\in{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.33336pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.83334pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle\Delta}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.16667pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle\Delta}}}}}^{\psi=1}. Soient un caractère d’ordre fini, et . Alors
[TABLE]
où
[TABLE]
pour tout .
Démonstration.
Il suffit de montrer le résultat en projetant sur , pour . Soient et et notons
[TABLE]
[TABLE]
En posant dans la formule de la proposition 2.17 on obtient
[TABLE]
Or, on a
[TABLE]
et, en utilisant la formule du lemme 2.7, on en déduit
[TABLE]
Grâce au lemme 2.20, on sait que
[TABLE]
Enfin, en appliquant la proposition 2.19 avec , on a
[TABLE]
Observons que . En simplifiant toutes ces jolies formules, et en utilisant la formule , on obtient
[TABLE]
Comme et ont été choisis arbitrairement, ceci achève la démonstration.
∎
Remarque 2.22*.*
- •
Si est le caractère trivial, la constante dévient
[TABLE]
- •
La valeur n’est que superflue car elle apparaît aussi dans le terme de gauche comme facteur dans . L’équation fonctionnelle du théorème ne dépend donc pas du choix de la base et de .
2.6. L’équation fonctionnelle: cas de poids de Hodge-Tate [math] et
L’équation fonctionnelle du théorème 2.21 peut être tordue pour obtenir une équation fonctionnelle analogue quand le -module est de Rham à poids de Hodge-Tate . Commençons par fixer quelques notations.
Soient , une droite et notons . On a alors et l’involution sur est donnée par (la restriction à de) l’action , . Notons
[TABLE]
Ce module contient tous les duaux de Tate des -modules de la forme (en effet, comme est de dimension , son dual de Tate s’identifie à ). Le module est à poids de Hodge-Tate [math] et et les poids de Hodge-Tate de
sont dont et , d’où {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(k-1) est à poids .
Soit et soit . Posons
[TABLE]
[TABLE]
On a bien
[TABLE]
En effet,
[TABLE]
L’équation fonctionnelle du théorème 2.21 en poids de Hodge-Tate positifs prend la forme suivante:
Théorème 2.23**.**
Les notations comme ci-dessus. On a, pour tout ,
[TABLE]
où
[TABLE]
Démonstration.
Rappelons que l’opérateur commute à la restriction et l’on a donc {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}[k]=\partial^{-k}\mathrm{Res}_{{\bf Z}_{p}}(w_{\Delta}(\tilde{z}))\otimes e_{\omega_{\Delta}}^{\vee}\otimes e_{x^{-k}}=\partial^{-k}{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}\otimes e_{x^{-k}}. On a alors, pour ,
[TABLE]
Observons que, comme dans les démonstrations des propositions 2.17 et 2.19, le terme [t^{-k}\partial^{-k}\varphi^{-n}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.25pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.25pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.30554pt\vrule height=0.0pt,width=5.0903pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.81944pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.81944pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.01389pt\vrule height=0.0pt,width=3.5632pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle z}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.53241pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.53241pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.15277pt\vrule height=0.0pt,width=2.54514pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle z}}}}}\otimes e_{\eta}\otimes e_{-j})]_{0} appartient à . Si , en utilisant le fait que le terme de degré , , en de est on en déduit
[TABLE]
Comme , on en déduit
[TABLE]
Par le théorème 2.21, on a
[TABLE]
où
[TABLE]
d’où le résultat. ∎
Remarque 2.24*.*
Si est le caractère trivial, la constante du théorème 2.23 dévient
[TABLE]
3. La conjecture locale de Kato en dimension
3.1. Notations
Fixons les notations dont on aura besoin dans la suite, pour lesquelles on renvoie à [24], [23].
- •
Soit une -algèbre commutative satisfaisant l’une des deux conditions suivantes
- –
est un anneau semi-local noethérien complet pour la topologie définie pour son idéal de Jacobson et tel que est un anneau fini d’ordre une puissance de .
- –
est une extension finie de .
Si satisfait une des ces conditions, on dit que est une -algèbre de type (*). Pour une telle , on note l’anneau de Robba relatif sur (cf. §1.6) et notons la catégorie des -modules étales sur .
- •
Soit la catégorie des complexes de -modules parfaits (i.e quasi-isomorphes à un complexe borné de -modules projectifs de type fini). On note
[TABLE]
le foncteur déterminant (cf. [23, §3A]) vers la catégorie des -modules inversibles (i.e localement libres de rang ). Si est un -module projectif, on a , où dénote le rang de . On note est l’objet unité (relatif au produit induit par le produit tensoriel).
- •
Soit de rang et de Rham. On pose
[TABLE]
le déterminant de la -cohomologie de (cf. §1.7). Soit définit comme précédemment si est une extension finie de et autrement. Notons le -module correspondant à . On définit
[TABLE]
et on pose
[TABLE]
Enfin, on définit la droite fondamentale locale de comme
[TABLE]
Cette droite est compatible au changement de base, multiplicative pour les suites exactes courtes et se comporte bien sous la dualité.
Remarquons que, si et , on peut définir des modules (cf. [18, §1.7], [24, §2.1.2], [23, §3B]) et on a ([23, Corollary 3.2], [24, §2.2.2]) des isomorphismes canoniques
[TABLE]
3.2. L’isomorphisme
Soient une extension finie de et de Rham. On a besoin (cf. [24, §2.1.3]) de trois ingrédients pour définir l’isomorphisme :
- •
La suite exacte fondamentale et les propriétés d’adjonction entre les applications exponentielle et exponentielle duale induisent ([23, §3C eq. (25)]) la suite exacte
[TABLE]
où . Par dualité, on sait que H^{0}_{\varphi,\gamma}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}})^{*}=H^{2}_{\varphi,\gamma}(D) et (t_{{\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.93092pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.93092pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.34833pt\vrule height=0.0pt,width=4.1929pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.61203pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.61203pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=2.39166pt\vrule height=0.0pt,width=2.99492pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}})^{*}=\mathrm{Fil}^{0}\,{{\bf D}_{\mathrm{dR}}}(D). Le déterminant du complexe ci-dessus nous fournit donc un isomorphisme
[TABLE]
- •
On note, pour , et on définit
[TABLE]
où \Gamma^{*}(r)=\left\{\begin{array}[]{c c}(r-1)!&\quad\text{ si r>0}\\ \frac{(-1)^{r}}{(-r)!}&\quad\text{si r\leq 0}\\ \end{array}.\right.
- •
Soit . On a un isomorphisme (où on voit les deux espaces dans
[TABLE]
où est le -module filtré associé à (cf. [4, §3.2] et remarque 2.5) et dénote le facteur local de la représentation de Weil-Deligne ([13]) 343434La définition des facteurs epsilon dépend du choix d’un caractère additif ainsi que d’une mesure de Haar sur que l’on fixe comme dans §2.2.1. On sait, grâce à la compatibilité locale-globale dans la correspondance de Langlands -adique [15], que les facteurs locaux des représentations de Weil-Deligne coïncident avec les facteurs locaux des représentations lisses fournies par la théorie du modèle de Kirillov. On pourrait donc définir les isomorphismes de de Rham en utilisant ces derniers et, dans ce cas-là, la preuve de la conjecture présentée dans ce chapitre ne dépendrait pas de telle compatibilité, et elle serait en conséquence purement locale..
Avec les applications définies ci-dessus, on définit
[TABLE]
3.3. Énoncé de la conjecture
Rappelons (cf. [24, §2.1.4]) la conjecture en question.
Conjecture 3.1**.**
Il existe une unique famille d’isomorphismes
[TABLE]
pour tout triplet , avec une algèbre de type (*) et , satisfaisant les propriétés suivantes
- (1)
Pour tout morphisme de -algèbres, on a
[TABLE] 2. (2)
Pour toute suite exacte on a
[TABLE] 3. (3)
Pour tout , si l’on remplace le système par et l’on note la nouvelle famille d’isomorphismes ainsi obtenues, on a
[TABLE] 4. (4)
La composition
[TABLE]
donne l’identité, où l’isomorphisme du milieu est celui induit par la dualité locale. 5. (5)
Pour toute paire , où est une extension finie de et est de Rham, on a
[TABLE]
3.4. Construction de l’isomorphisme
Dans [24], Nakamura construit, pour toute paire comme ci-dessus, un candidat pour l’isomorphisme et il démontre le résultat suivant:
Théorème 3.2** ([24, Th. 3.1]).**
Les isomorphismes , pour tel que est de rang , satisfont les propriétés et et de la conjecture. De plus, si est tel que est de Rham et soit triangulin soit non-triangulin à poids de Hodge-Tate et , alors .
Rappelons brièvement la construction de l’isomorphisme (cf. [24, §3.2.2] pour les détails). Soit absolument irréductible et notons sa déformation cyclotomique (§1.8) et
[TABLE]
L’opérateur induit ([10, Corollaire V.1.13(iii)]) un isomorphisme de -modules et donc un isomorphisme
[TABLE]
Comme , l’isomorphisme ci-dessus induit
[TABLE]
Enfin, l’accouplement d’Iwasawa (cf. §1.13) nous permet de trivialiser ce dernier module en définissant un isomorphisme
[TABLE]
par Ceci induit donc
[TABLE]
On montre (cf. [24, Prop. 3.4]) que l’isomorphisme descend en un isomorphisme
[TABLE]
et, pour un caractère localement analytique, on définit
[TABLE]
où on note le morphisme induit par , .
Si on déroule les définitions ci-dessus (cf. aussi [24, Rem. 3.8]), on voit que la trivialisation du module construite pour définir l’isomorphisme est induite par
[TABLE]
3.5. Interpolation
Soit de dimension , de Rham non-triangulin à poids de Hodge-Tate [math] et . Pour , notons 353535Par un petit abus de notation, on note par l’accouplement pour tous le différents tordus de .
[TABLE]
l’accouplement naturel induit par restriction de l’accouplement entre {{\bf D}_{\mathrm{dif}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(-j)) et défini par pour , x\in{{\bf D}_{\mathrm{dif}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(-j))=\mathrm{Hom}({{\bf D}_{\mathrm{dif}}}(D(j)),L_{\infty}((t))dt),y\in{{\bf D}_{\mathrm{dif}}}(D(j)) (cf. [10, §VI.3.4]). Notons que l’accouplement ci-haut n’est rient d’autre que l’accouplement défini dans §1.11. Rappelons que l’on a une identification entre et {\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(-j), envoyant sur la forme linéaire . On en déduit des isomorphismes entre et {{\bf D}_{\mathrm{dif}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(-j)) envoyant sur la forme linéaire .
Rappelons que l’on a fixé une base de , ce qui permet de fixer des bases des modules . Ce choix induit un produit scalaire
[TABLE]
défini par la formule . Rappelons aussi que est défini par la formule .
Lemme 3.3**.**
Sous les identifications faites ci-dessus, on a, pour x\in{{\bf D}_{\mathrm{dR}}}({\mathchoice{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\displaystyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\displaystyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 7.09259pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 7.09259pt\hbox{\textstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=6.83331pt\vrule height=0.0pt,width=8.55695pt}}}}}\cr\hbox{\textstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 6.40926pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 6.40926pt\hbox{\scriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=4.78333pt\vrule height=0.0pt,width=5.98985pt}}}}}\cr\hbox{\scriptstyle D}}}}{{\ooalign{\hbox{\raise 5.9537pt\hbox{\scalebox{1.0}[-1.0]{\lower 5.9537pt\hbox{\scriptscriptstyle\widehat{\vrule width=0.0pt,height=3.41666pt\vrule height=0.0pt,width=4.27846pt}}}}}\cr\hbox{\scriptscriptstyle D}}}}}(-j)),
[TABLE]
Démonstration.
En écrivant , , on a
[TABLE]
Or,
[TABLE]
et, comme , on en déduit
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
Théorème 3.4**.**
Soit de rang , de Rham non-triangulin. Alors
[TABLE]
Démonstration.
Soit de rang , de Rham non-triangulin à poids de Hodge-Tate [math] et . Pour montrer le théorème, il suffit de montrer que les isomorphismes epsilon coïncident sur pour tout . La preuve du théorème consiste à expliciter les deux isomorphismes en question pour se ramener à l’équation fonctionnelle des théorèmes 2.21 et 2.23.
La suite exacte définissant le morphisme acquiert, dans le cas non-triangulin, la forme suivante:
[TABLE]
De plus, on sait que et donc . On a trois situations possibles:
- (1)
Soit (le cas de poids de Hodge-Tate strictement positifs). 2. (2)
Soit (le cas de poids de Hodge-Tate et ). 3. (3)
Soit (le cas de poids de Hodge-Tate négatifs).
Comme on a remarqué, le deuxième cas a été traité par Nakamura, et les deux autres cas sont en dualité (condition de la conjecture). Il suffit donc de montrer le résultat dans le premier cas. Les deux lemmes suivants explicitent les deux isomorphismes en jeu.
Lemme 3.5**.**
Le morphisme déduit de satisfait
[TABLE]
où
[TABLE]
Démonstration.
Notons le morphisme qui s’en déduit en prenant le déterminant de la suite exacte (24). On a alors
[TABLE]
Comme , la dernière expression est égale à
[TABLE]
On conclut à partir de la formule que est donné par
[TABLE]
ce qui finit la preuve du lemme. ∎
Lemme 3.6**.**
Le morphisme déduit de satisfait
[TABLE]
où
[TABLE]
Démonstration.
Soit tel que . On a, par définition de (cf. la dernière formule de §3.4),
[TABLE]
où la deuxième égalité suit du lemme 1.11, et la dernière suit par définition de l’action de sur la cohomologie d’Iwasawa. Par le lemme 3.3 ci-dessus, cette dernière expression coïncide avec
[TABLE]
ce qui permet de conclure. ∎
Revenons à la preuve du théorème. Les poids de Hodge-Tate de la représentation sont et et on a
[TABLE]
Enfin, la compatibilité locale-globale dans la correspondance de Langlands -adique pour ([15]) montre que
[TABLE]
où est comme dans §2.3.5. Le théorème est donc équivalent à l’identité
[TABLE]
On conclut en utilisant le théorème 2.23 (voir aussi la remarque après sa démonstration) si , ou le théorème 2.21 si . ∎
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