Extensions absolument lq-finies
El Hassane Fliouet
Abstract
Let K/k be purely inseparable extension of characteristic p>0. By invariants, we characterize the measure of the size of K/k. In particular, we give a necessary and sufficient condition that K/k is of bounded size. Furthermore, in this note, we continue to be interested in the relationship that connects the restricted distribution of finitude at the local level of intermediate fields of a purely inseparable extension K/k to the absolute or global finitude of K/k. Part of this problem was treated successively by J.K Devney, and in my work with M. Chellali. The other part is the subject of this paper, it is a question of describing the absolutely lq-finite extensions.
Among others, any absolutely lq-finite extension decomposes into w0â-generated extensions. However, we construct an example of extension of infinite size such that for any intermediate field L of K/k, L is of finite size over k. In addition, K/k does not respect the distribution of horizontal finitude.
Mathematics Subject Classification MSC2010: Primary 12F15
Keywords:
Purely inseparable, r-basis, Relatively perfect, Degree of irrationality, Exponent, Modular extension, q-finite extension, lq-finite extension, absolutely lq-finite extension.
1 Introduction
Soit K/k une extension purement insĂ©parable de caractĂ©ristique p>0. Une partie B de K est dite r-base de K/k si K=k(Kp)(B) et pour tout xâB, xî âk(Kp)(Bâ{x}). En vertu du ([1], III, p. 49, corollaire 3) et de la propriĂ©tĂ© dâĂ©change des r-bases, on en dĂ©duit que toute extension admet une r-base et que le cardinal dâune r-base est invariant. Si de plus K/k est dâexposant fini, on vĂ©rifie aussitĂŽt que B est une r-base de K/k si et seulement si B est un gĂ©nĂ©rateur minimal de K/k. Par suite, nous pouvons
contrĂŽler la taille de toute extension purement insĂ©parable dâexposant bornĂ© K/k et la longueur de tout corps k par lâintermĂ©diaire du degrĂ© dâirrationalitĂ© de K/k et le degrĂ© dâimperfection de k dĂ©finis respectivement par di(K/k)=âŁG⣠oĂč G est un gĂ©nĂ©rateur minimal de K/k, et di(k)=âŁBâŁ, oĂč B est une r-base de k/kp. Notamment, on montre que la mesure de la taille dâune extension est une fonction croissante par rapport Ă lâinclusion. Plus prĂ©cisĂ©ment, pour toute chaine dâextensions dâexposant bornĂ© kâLâK, on a di(L/k)â€di(K/k). Par ailleurs, cette propriĂ©tĂ© sâest avĂ©rĂ©e fort utile pour Ă©tendre la meseure de la taille Ă une extension purement insĂ©parable K/k quelconque par prolongement vertical du degrĂ© dâirrationalitĂ© des sous-extensions intermĂ©diaires dâexposant fini de K/k. Ainsi, on pose di(K/k)=nâNsupâ(di(kpânâ©K/k)), ici le sup est utilisĂ© au sens du ([1], III, p. 25, proposition 2). Dans ce contexte, on montre que la mesure de la taille dâune extension est compatible avec lâinclusion et la linĂ©aritĂ© disjointe. En dâautres termes, on a :
Pour toute chaine dâextensions purement insĂ©parables kâLâLâČâK, on a di(LâČ/L)â€di(K/k)â€di(k)
Pour tous corps intermĂ©diaires K1â et K2â de K/k, k-linĂ©airement disjoints, on a di(K1â(K2â)/k)=di(K1â/k)+di(K2â/k) et di(K1â(K2â)/K2â)=di(K1â/k).
En outre, di(K/k)=sup(di(L/k)), oĂč kâLâK. Autrement dit, la mesure de la taille de K/k est vue comme limite inductive du degrĂ© dâirrationalitĂ© de ces sous-extensions intermĂ©diaires.
Dans cette note, nous continuons Ă sâintĂ©resser Ă la relation qui relit la rĂ©partition restreinte de la finitude au niveau des corps intermĂ©diaires dâune extension purement insĂ©parable K/k Ă la finitude absolue ou globale de K/k.
Dans [11], J. K. Deveney construit un exemple dâextension modulaire K/k tel que toute sous-extension propre de K/k est finie, et pour tout nâN, on a [kpânâ©K:k]=p2n. Par consĂ©quent, K/k ne conserve pas la distribution de la finitude au niveau local des corps intermĂ©diaires de K/k. Cependant, il est facile de vĂ©rifier que
di(kpânâ©K/k))=2, donc K/k est relativement parfaite dâexposant non bornĂ© dont la mesure de la taille vaut 2, et par suite K/k conserve la finitude horizontale (la taille) des corps intermĂ©diaires. En tenant compte de cet exemple, dans [6] on construit pour tout entier j une extension purement insĂ©parable K/k dâexposant non bornĂ© vĂ©rifiant :
Toute sous-extension propre de K/k est finie.
Pour tout nâN, [kpânâ©K:k]=pjn.
AmĂ©liorant ainsi le contre-exemple de J. K. Deveney, une telle extension est relativement parfaite dâexposant non bornĂ©, et pour tout nâN, di(kpânâ©K/k)=j. Il est Ă©galement clair que K/k prĂ©serve la mesure de la taille sans conservation de la finitude restreinte, donc on peut conjecturer que les extensions conservent la mesure de la taille de leurs corps intermĂ©diaires.
La résolution de ce problÚme nous amÚne à étudier de prÚs la lq-finitude absolue.
Une extension K/k est dite lq-finie si pour tout nâN, kpânâ©K/k est finie, et si de plus di(K/k) est fini K/k sera appelĂ©e extension q-finie. Il est trivialement Ă©vident que la finitude entraine la q-finitude entraine la lq-finitude, et lorsque di(k) est fini, toute extension K/k est q-finie. Pour des raisons de la non-contradiction, on donne des exemples qui diffĂ©rencient ces notions.
Toutefois, notre objectif pricipal consiste à décrire les extensions absolument lq-finies, à cet Úgard on montre que les propriétés suivantes sont équivalentes :
Pour toute sous-extension L/k de K/k, K/L est lq-finie.
Toute sous-extension L/k de K/k satisfait L/k(Lp) est finie.
Pour toute sous-extension L/k de K/k, on a L/rp(L/k) est finie, oĂč rp(L/k) est la clĂŽture relativement parfaite de L/k.
Toute suite décroissante de sous-extensions de K/k est stationnaire.
Une extension qui vĂ©rifie lâune des conditions ci-dessus sâappelle extension absolument lq-finie. Il sâagit de la distribution absolue de la lq-finitude. On vĂ©rifie aussitĂŽt que la q-finitude entraine la lq-finitude absolue entraine la lq-finitude au sens large.
En particulier, la lq-finitude absolue est transitive, et toute extension qui est Ă la fois modulaire et lq-finie est q-finie.
Plus gĂ©nĂ©ralement, on montre que K/k est q-finie si et seulement si K/k est absolument lq-finie et pour tout corps intermĂ©diaire L de K/k, la plus petite sous-extension m de L/k telle que L/m est modulaire est non triviale (mî =L). Pour ne mentionner que cela, on montre que toute extension absolument lq-finie est composĂ©e dâĂ©xtensions w0â-gĂ©nĂ©ratrices.
Enfin, nous approuvons cette notion par la construction dâun exemple dâextension de taille infinie telle que pour tout corps intermĂ©diaire L de K/k, on a L/k est q-finie. En outre, K/k ne respecte pas la rĂ©partition de la finitude horizontale au niveau de leurs sous-extensions. Dâautre part, cet exemple permet la distinction entre la lq-finitude simple et absolue.
2 Généralité
Dâabord, nous commencerons par donner une liste prĂ©liminaire des notations le plus souvent utilisĂ©es tout le long de ce travail :
k* désigne toujours un corps commutatif de caractéristique p>0, et Ω une clÎture algébrique de k.*
kpââ* indique la clĂŽture purement insĂ©parable de Ω/k.*
Pour tout aâΩ, pour tout nâNâ, on symbolise la racine du polynĂŽme Xpnâa dans Ω par apân. En outre, on pose k(apââ)=k(apâ1,âŠ,apân, âŠ)=nâNâââk(apân) et
kpân={aâΩâŁÂ ,apnâk}.
Pour toute famille B=(aiâ)iâIâ dâĂ©lĂ©ments de Ω, on note k(Bpââ)=k((aiâpââ)iâIâ).
Enfin, â.â sera employĂ© au lieu du terme cardinal.
Il est Ă signaler aussi que toutes les extensions qui interviennent dans ce papier sont des sous-extensions purement insĂ©parables de Ω, et il est commode de noter [k,K] lâensemble des corps intermĂ©diaires dâune extension K/k.
2.1 r-base, r-générateur
Définition 2.1
Soit K/k une extension. Une partie G de K
est dite r-générateur de K/k, si K=k(G) ; et si de plus pour
tout xâG, xî âk(G\x), G sera appelĂ©e
r-générateur minimal de K/k.
Définition 2.2
Etant données une extension K/k de caractéristique p>0 et
une partie B de K. On dit que B est une r-base de K/k, si B
est un r-gĂ©nĂ©rateur minimal de K/k(Kp). Dans le mĂȘme ordre dâidĂ©es, on dit que B est
r-libre sur k, si B est une r-base de k(B)/k ; dans le cas
contraire B est dite r-liée sur k.
Voici quelques cas particuliers :
Toute r-base de k/kp sâappelle p-base de k.
Egalement, toute partie dâĂ©lĂ©ments de k, r-libre sur kp sera appelĂ©e p-indĂ©pendante (ou p-libre) sur kp.
Ici B dĂ©signe une partie dâun corps commutatif k de caractĂ©ristique p>0. Comme consĂ©queces immĂ©diates on a :
B* est p-base de k si et seulement si pour tout nâZ, Bpn lâest Ă©galement de kpn.*
B* est r-libre sur kp si et seulement si pour tout nâZ, Bpn lâest auusi sur kpn+1.*
B* est p-base de k si et seulement si B est un r-générateur minimal de k/kp.*
B* est p-base de k si et seulement si pour tout nâNâ, kpân=âkâ(âkâ k( apân ))aâBâ
et pour tout aâB, aî âkp. En particulier, B est p-base de k si et seulement si kpââ=âkâ(âkâk(apââ))aâBâ et pour tout aâB, aî âkp.*
Il est Ă noter que le produit tensoriel est utilisĂ© conformĂ©ment Ă la dĂ©finition 5 (cf. [2], III, p. 42). Il est vu comme limite inductive du produit tensoriel dâune famille finie de k-algĂšbre.
Toutefois, la proposition ci-dessous permet de ramener lâĂ©tude des propriĂ©tĂ©s des systĂšmes r-libres des extensions de haureur â€1, (Kpâk) au cas fini. Plus prĂ©cisĂ©ment, on a :
Proposition 2.1
Soit K/k une extension de caractĂ©ristique p>0. Une partie B de K est r-libre sur k(Kp) si et seulement sâil en est de mĂȘme pour toute sous-partie finie de B.
**Preuve. **ImmĂ©diat. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 2.2
Soit K/k une extension de caractĂ©ristique p>0. Toute partie finie B de K satisfait [k(Kp)(B):k(Kp)]â€pâŁBâŁ, et il yâa Ă©galitĂ© si et seulement si B est r-libre sur k(Kp).
**Preuve. **Notons B={x1â,âŠ,xnâ}, comme pour tout iâ{1,âŠ,n}, on a xipââk(Kp)âk(Kp)(x1â,âŠ,xiâ1â), alors [k(Kp)(x1â,âŠ,xiâ):k(Kp)(x1â,âŠ,xiâ1â)] â€p, et il yâa Ă©galitĂ© si et seulement si xiâî âk(Kp)(x1â,âŠ,xiâ1â). Compte tenu de la transitivitĂ© de la finitude,
[k(Kp)(x1â,âŠ,xnâ):k(Kp)]=i=1ânâ[k(Kp)(x1â,âŠ,xiâ):k(Kp)(x1â,âŠ,xiâ1â)]â€pn, et il yâa Ă©galitĂ© si et seulement si B est r-libre sur k(Kp). â\sqcap$$\sqcup
Corollaire 2.3
Soit K/k une extension de caractĂ©ristique p>0. Une partie B de K est r-libre sur k(Kp) si et seulement si pour toute sous-partie finie BâČ de B, on a [k(Kp)(BâČ):k(Kp)]=pâŁBâČâŁ.
Comme application, le résultat ci-dessous montre que la r-indépendance est transitive dans le cas des extensions de hauteurs 1. Autrement dit :
Proposition 2.4
Etant donnée une extension K/k de caractéristique p>0. Deux parties
B1â et B2â de K sont respectivement r-libres sur k(Kp) et k(B1â)(Kp)
si et seulement si B1ââȘB2â lâest
sur k(Kp). En particulier, si B1â est une r-base de
k(Kp)/Kp, et B2â est une r-base de K/k(B1â)(Kp), alors B1ââȘB2â est p-base de K.
**Preuve. **La condition suffisante rĂ©sulte aussitĂŽt de la dĂ©finition des r-bases. Par ailleurs, dâaprĂšs la proposition 2.1, on se ramĂšne au cas oĂč B1â et B2â sont finies. En vertu de la proposition 2.2, on a [k(Kp)(B1ââȘB2â):k(Kp)]=[k(Kp)(B1ââȘB2â):k(Kp)(B1â)].[k(Kp)(B1â):k(Kp)]=pâŁB2ââŁ.pâŁB1ââŁ=pâŁB2ââŁ+âŁB1ââŁ=pâŁB1ââȘB2ââŁ, et par suite B1ââȘB2â est r-libre sur k(Kp). â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquences immédiates :
Corollaire 2.5
Soient kâLâK des extensions purement insĂ©parables et B1â, B2â deux parties respectivement de K et L. Si B1â est une r-base de K/L et B2â une r-base de L(Kp)/k(Kp), alors B1ââȘB2â est une r-base de K/k.
Corollaire 2.6
Soient K/k une extension de caractéristique p>0, x un élément de K, et B
une partie r-libre sur k(Kp). Pour que BâȘ{x} soit r-libre sur k(Kp) il faut et il suffit que xî âk(Kp)(B).
**Preuve. **immĂ©diat. â\sqcap$$\sqcup
ThéorÚme 2.7
[théorÚme de la r-base incomplÚte] Etant données une extension K/k de caractéristique p>0, et une partie B de K, r-libre sur k(Kp). Pour tout
r-gĂ©nĂ©rateur G de K/k(Kp), il existe un sous-ensemble G1â de G
tel que BâȘG1â est une r-base de K/k.
**Preuve. **Le cas oĂč k(Kp)(B)=K est trivialement Ă©vident. Si k(Kp)(B)î =K, il existe xâG tel que
xî âk(Kp)(B). En effet, si pour tout xâG, xâk(Kp)(B), comme G est un r-gĂ©nĂ©rateur de K/k(Kp), on aura k(Kp)(G)=Kâk(Kp)(B), absurde. DâaprĂšs le lemme prĂ©cĂ©dent, BâȘ{x}
est une partie r-libre sur k(Kp). Posons ensuite H={LâG tel
que BâȘL est r-libre sur k(Kp)}. IL est clair que H est inductif, et donc dâaprĂšs
le lemme de Zorn, H admet un Ă©lĂ©ment maximal que lâon note M. Soit B1â=MâȘB, nĂ©cessairement K=k(Kp)(B1â), si
Kî =k(Kp)(B1â), il existe Ă©galement un Ă©lĂ©ment y de G tel que yî âk(Kp)(B1â), et donc B1ââȘ{y} serait
r-libre sur k(Kp)Â ; câest une contradiction avec
le fait que M est maximal.â\sqcap$$\sqcup
Voici quelques conséquences immédiates :
De tout r-générateur de K/k(Kp) on
peut en extraire une r-base de K/k.
Toute partie r-libre sur k(Kp) peut
ĂȘtre complĂ©tĂ©e en une r-base de K/k. En particulier, toute partie p-indĂ©pendante sur kp peut ĂȘtre Ă©tendue en une p-base de k.
Toute extension K/k admet une r-base. En outre, tout corps commutatif de caractéristique p>0 admet une p-base.
Par ailleurs, toutes les r-bases dâune mĂȘme extension ont mĂȘme cardinal comme le prĂ©cise le rĂ©sultat suivant.
ThéorÚme 2.8
Soit K/k une extension de caractĂ©ristique p>0. Si B1â
et B2â sont deux r-bases de K/k, alors âŁB1ââŁ=âŁB2ââŁ.
Pour la preuve de ce théorÚme on se sérvira des résultats
suivants.
Lemme 2.9
[Lemme dâĂ©change]* Sous les conditions du thĂ©orĂšme
prĂ©cĂ©dent, pour tout xâB2â, il existe x1ââB1â tel
que (B1â\{x1â})âȘ{x} est une r-base de K/k.*
**Preuve. **Choisissons un Ă©lĂ©ment arbitraire x de B2â, comme B2â est une r-base de K/k, il en rĂ©sulte que
{x} est r-libre sur k(Kp). Compte tenu du
thĂ©orĂšme 2.7, il existe B1âČââB1â tel que B1âČââȘ{x} est une r-base de K/k. DâoĂč, p=[k(Kp)(B1âČâ)({x}):k(Kp)(B1âČâ)]=[K:k(Kp)(B1âČâ)]=[k(Kp)(B1âČâ)(B1â\B1âČâ):k(Kp)(B1âČâ)], et comme
B1â\B1âČâ est r-libre sur k(Kp)(B1âČâ), on en dĂ©duit que âŁB1â\B1âČââŁ=1, câest-Ă -dire B1â\B1âČâ est rĂ©duit Ă un singleton. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 2.10
Soit K/k une extension de caractĂ©ristique p>0. Si K/k admet au moins une r-base finie, alors toutes les r-bases de K/k sont finies et ont mĂȘme cardinal.
**Preuve. **ImmĂ©diat, il suffit dâappliquer la proposition 2.2. â\sqcap$$\sqcup
Preuve du thĂ©orĂšme 2.8. DâaprĂšs la prroposition 2.1, on se ramĂšne au cas oĂč âŁB1â⣠et âŁB2â⣠sont infinies.
Comme B1â est une r-base de K/k, pour tout xâB2â, il existe une partie finie D(x) de B1â telle
que xâk(Kp)(D(x)), et par suite K=k(Kp)(B2â)âk(Kp)(xâB2âââ(D(x))). Il en rĂ©sulte que xâB2âââ(D(x))=B1â, et en vertu du ([1], III, p. 49, cor 3), on obtient âŁB1ââŁâ€âŁB2ââŁ.âŁNâŁ=âŁB2ââŁ. De la mĂȘme façon on montre que
âŁB2ââŁâ€âŁB1ââŁÂ ; dâoĂč
âŁB1ââŁ=âŁB2ââŁ. â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence, on a :
Corollaire 2.11
Pour toute partie B1â de K, r-libre sur k(Kp), et tout
r-gĂ©nĂ©rateur G de K/k, on a âŁB1ââŁâ€âŁGâŁ.
**Preuve. **ImmĂ©diat, puisque tout r-gĂ©nĂ©rateur peut se rĂ©duire (respectivement toute famille r-libre peut se complĂ©ter) en une r-base. â\sqcap$$\sqcup
Dans le cas oĂč K/k(Kp) est fini, compte tenu du thĂ©orĂšme de la r-base incomplĂšte, un r-gĂ©nĂ©rateur G de K/k(Kp) est une r-base de K/k si et seulement si âŁGâŁ=Logpâ([K:k(Kp)]). En particulier, si B est une r-base de K/k et G un
r-gĂ©nĂ©rateur de K/k(Kp) tels que âŁBâŁ=âŁGâŁ<+â, alors G est une r-base de K/k.
Soit K/k une extension purement insĂ©parable de caractĂ©ristique p>0. On rappelle que K est dit dâexposant fini sur k,
sâil existe eâN tel que Kpeâk, et le plus petit entier qui satisfait cette relation sera appelĂ© exposant (ou hauteur) de K/k. Certes,
la proposition suivante permet de ramener lâĂ©tude des propriĂ©tĂ©s des r-gĂ©nĂ©rateurs minimals des extensions
dâexposant fini au cas des extensions de hauteur 1, lesquelles sont plus riches.
Proposition 2.12
Soit K/k une extension purement insĂ©parable dâexposant fini. Pour quâune partie de K soit une r-base de K/k il faut et il suffit que elle soit r-gĂ©nĂ©rateur minimal de K/k.
**Preuve. **Soit G une r-base de K/k, donc K=k(Kp)(G)=âŻ=k(Kpe)(G)=k(G), et sâil existe xâG tel que xâk(G\{x}), on aura xâk(Kp)(G\{x}), câest une contradiction avec le fait que
G est une r-base de K/k. Inversement, pour tout r-générateur minimal G de K/k, on a
K=k(G)=k(Kp)(G), et sâil existe xâG tel que xâK=k(Kp)(G\x)=âŻ=k(Kpe)(G\{x}=k(G\{x}), on aura une contradiction avec le fait que G est
un r-gĂ©nĂ©rateur minimal de K/k. â\sqcap$$\sqcup
ThéorÚme 2.13
Soit L/k une sous extension dâune extension purement insĂ©parable dâexposant fini K/k. Pour toutes r-bases BLâ et BKâ respectivement de
L/k et K/k, on a âŁBLââŁâ€âŁBKââŁ.
**Preuve. **On distingue deux cas :
1-ier cas. Si K/k est dâexposant 1, câest-Ă -dire Kpâk, donc Lpâk. DâaprĂšs le thĂ©orĂšme 2.7, il existe B1ââBKâ
tel que BLââȘB1â est une r-base de K/k, et par suite âŁBLââŁâ€âŁBLââȘB1ââŁ=âŁBKââŁ.
2-iĂšme cas. Etant donnĂ© un entier naturel e distinct de [math] et 1. Raisonnons par rĂ©currence en supposant que le thĂ©orĂšme est vĂ©rifiĂ© pour toute extension dâexposant <e, et soit K/k une extension purement insĂ©prable dâexposant e. Il est clair que k(Kp)âL(Kp)âK, et donc il existe B1ââBLâ et B2ââBKâ telles que B1â et B2â sont deux r-bases respectivement de L(Kp)/k(Kp) et K/L(Kp). DâaprĂšs la transitivitĂ© de la r-indĂ©pendance, B1ââȘB2â est une r-base de K/k(Kp). Posons ensuite k1â=k(B1â) et BLâČâ=BLââB1â ; on vĂ©rifie aussitĂŽt que Lâk1â(Kp)=k1â(B2âp), et k1â(Kp)/k1â est dâexposant <e. Par application de la propriĂ©tĂ© de rĂ©currence et du corollaire 2.11,
on obtient âŁBLâČââŁâ€âŁB2âpâŁ=âŁB2ââŁ. Comme B1ââ©BLâČâ=â
et B1ââ©B2â=â
, alors âŁB1ââȘBLâČââŁâ€âŁB1ââȘB2ââŁ, et par suite âŁBLââŁâ€âŁBKââŁ. â\sqcap$$\sqcup
3 DegrĂ© dâirrationalitĂ©
Soit K/k une extension purement insĂ©parable. DĂ©sormais, et sauf mention expresse du contraire, pour tout nâNâ, on note knâ=kpânâ©K, on obtient ainsi kâk1âââŻâknâââŻâK, et knâ/k est dâexposant fini. Soit Bnâ une r-base de knâ/k, dâaprĂšs le thĂ©orĂšme 2.13, âŁBnââŁâ€âŁBn+1ââŁ.
Ensuite, on pose di(K/k)=nâNâsupâ(âŁBnââŁ), on rappelle que le sup est utilisĂ© ici au sens du ([1], III, p. 25, proposition 2).
Définition 3.1
Lâinvariant di(K/k) dĂ©fini ci-dessus sâappelle le degrĂ© dâirrationalitĂ© de K/k.
En particulier, et pour des raisons de diffĂ©renciation, le degrĂ© dâirrationalitĂ© de k/kp sera appelĂ© degrĂ© dâimperfection de k et sera notĂ© di(k).
Remarque 3.1
di(K/k)* permet de mesurer la taille de lâextension K/k, et di(k) la longueur de k.*
Toutefois, on vérifie aussitÎt que :
di(K/K)=0.
Pour tout nâZ, di(k)=di(kpn)=di(kpââ/k).
Compte tenu du corollaire 2.5, pour toute sous-extension L/k de K/k, on a di(K/k(Kp))=di(K/L(Kp))+di(L(Kp)/k(Kp)). Plus gĂ©nĂ©ralement, si K/k est dâexposant 1, on a di(K/k)=di(K/L)+di(L/k).
En vertu de la proposition 2.2, pour toute extension purement insĂ©parable dâexposant finie K/k, on a di(K/k)=di(K/k(Kp)).
ThéorÚme 3.1
Soient kâLâK des extensions purement insĂ©parables, on a
di(L/k)â€di(K/k). En outre, di(K/k)=sup(di(L/k))Lâ[k,K]â.
**Preuve. **DâaprĂšs le thĂ©orĂšme 2.13, il suffit de remarquer que pour tout nâ„1, on a di(kpânâ©L/k)â€di(knâ/k), et donc sup(di(kpânâ©L/k))nâ„1ââ€sup(di(knâ/k))nâ„1â ; ou encore di(L/k)â€di(K/k). â\sqcap$$\sqcup
Une conséquence type est le résultat suivant :
ThéorÚme 3.2
Pour toute extension purement insĂ©parable K/k, on a di(K/k) â€di(k).
**Preuve. **Il suffit de remarquer quâune partie B de k est une p-base de k si et seulement si Bpân est une r-base de kpân/k pour tout nâ„1. Comme kpââ=nâ„1ââkpân, on a pour tout nâ„1, kpânâ©Kâkpââ, et par suite di(K/k)â€di(kpââ/k)=di(k). â\sqcap$$\sqcup
Proposition 3.3
Soit (Knâ/k)nâNâ une famille croissante de sous-extensions purement insĂ©parables dâune extension Ω/k. On a :
[TABLE]
**Preuve. **Notons K=nâNââKnâ, et soit j un entier naturel non nul. Il est immĂ©diat que kjâ=kpâjâ©K=nâNââ(kpâjâ©Knâ). Dans la suite on distingue deux cas :
1-ier cas : si di(kjâ/k) est fini, ou encore kjâ/k est finie. Comme pour tout nâN, on a kpâjâ©Knââkpâjâ©Kn+1ââkpâjâ©K, alors la suite dâentiers ([kpâjâ©Knâ:k])nâNâ est croissante et bornĂ©e, donc stationnaire Ă partir dâun rang n0â ; et par consĂ©quent pour tout nâ„n0â, kpâjâ©Knâ=kpâjâ©Kn+1â. En outre, di(kpâjâ©K/k)=di(kpâjâ©Kn0ââ/k)=nâNsupâ(di(kpâjâ©Knâ/k)).
2-iĂšme cas : si di(kpâjâ©K/k) est infini, ou encore nâNsupâ(di(kpâjâ©Knâ/k)) nâest pas fini. Comme kpâjâ©K=nâNââ(kpâjâ©Knâ), donc si Bnjâ est une r-base de kpâjâ©Knâ/k, alors nâNââBnjâ est un r-gĂ©nĂ©rateur de kpâjâ©K/k. En vertu du corollaire 2.11, di(kpâjâ©K/k)â€âŁnâNââBnjââŁ, et dâaprĂšs ([1], III, p.49, corollaire 3), âŁnâNââBnjââŁâ€nâNsupâ(âŁBnjââŁ)=nâNsupâ(di(kpâjâ©Knâ/k)).
Compte tenu de ces deux cas, on en dĂ©duit que di(K/k)â€nâNsupâ(di(Knâ/k)). Mais comme KnââK pour tout nâ„1, dâaprĂšs le thĂ©orĂ©me 3.1 on obtient nâNsupâ(di(Knâ/k))â€di(K/k), et par suite di(K/k)=nâNsupâ(di(Knâ/k)).â\sqcap$$\sqcup
Le résultat suivant qui est une conséquence bien connue de la linéarité disjointe intervient souvent dans le reste de ce papier.
Proposition 3.4
Soient K1â/k et K2â/k deux sous-extensions dâune mĂȘme extension K/k, k-linĂ©airement disjointes. Pour touts corps intermĂ©diaires L1â et L2â respectivement de K1â et K2â, on a L2â(K1â) et L1â(K1â) sont k(L1â,L2â)-linĂ©airement-disjointes. En particulier, L2â(K1â)â©L1â(K2â)=k(L1â,L2â).
Une famille (Fiâ/k)iâJâ dâextensions est dites k-linĂ©airement disjointes, si pour toute partie G dâĂ©lĂ©ments finis de J, (Fnâ/k)nâGâ sont k-linĂ©airement disjointes (cf. [3], p. 36). Il est trivialement Ă©vident que k((Fiâ)iâJâ)=iâJââFiâââkâ(âkâFiâ)iâJâ si et seulement si (Fiâ/k)iâJâ sont k-linĂ©airement disjointes. De plus, les propriĂ©tĂ©s de la linĂ©aritĂ© disjointe du cas fini se prolonge naturellement Ă une famille quelconques dâextensions k-linĂ©airement disjointes. En particulier, pour tout iâJ, soit Liâ un sous-corps de Fiâ, si (Fiâ/k)iâJâ sont k-linĂ©airement disjointes, compte tenu de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe, (Liâ/k)iâJâ (resp. ((nâJââLnâ)Fiâ/k)iâJâ) sont k-linĂ©airement (resp. nâJââLnâ-linĂ©airement) disjointes.
ConsidĂ©rons maintenant deux sous-extensions K1â/k et K2â/k dâexposant fini dâune mĂȘme extension purement insĂ©parable K/k. On vĂ©rifie aussitĂŽt que si B1â et B2â sont deux r-bases respectivement de K1â/k et K2â/k, alors B1â et B1ââȘB2â sont deux r-gĂ©nĂ©rateurs respectivement de K1â(K2â)/K2â et K1â(K2â)/k. En outre, di(K1â(K2â)/K2â)â€di(K1â/k) et di(K1â(K2â)/k)â€di(K1â/k)+di(K2â/k). Dâune façon plus prĂ©cise, on a :
Proposition 3.5
Sous les conditions ci-dessus, et si de plus K1â/k et K2â/k sont
k-linéairement disjointes, on a :
B1ââȘB2â* est une r-base de K1â(K2â)/k.*
B1â* est une r-base de K1â(K2â)/K2â.*
**Preuve. **Ici, on se contente de prĂ©senter uniquement la preuve du premier item, puisque les deux assertions utilisent les mĂȘmes techniques de raisonnement.
Il est clair que K1â(K2â)=k(B1ââȘB2â), il suffit donc de montrer que B1ââȘB2â est minimal. Pour cela, on suppose par exemple lâexistence dâun Ă©lĂ©ment x dans B1â tel que xâk((B1ââ{x})âȘB2â)=K. Comme K1â/k et K2â/k sont k-linĂ©airement disjointes, par transitivitĂ©, on a k(B1â)=K1â et K2â(B1ââ{x})=K sont k(B1ââ{x})-linĂ©airement disjoints, et
donc K1â=Kâ©K1â=k(B1ââ{x}), câest une contradiction avec le fait que B1â est une r-base de K1â/k. â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a
Corollaire 3.6
Soient K1â et K2â deux corps intermĂ©diaires dâune mĂȘme extension purement insĂ©parable Ω/k. Alors :
di(K1â(K2â)/k)â€di(K1â/k)+di(K2â/k), et il yâa Ă©galitĂ© si K1â et K2â sont k-linĂ©airement disjoints.
di(K1â(K2â)/K2â)â€di(K1â/k), et il yâa Ă©galitĂ© si K1â et K2â sont k-linĂ©airement disjoints.
**Preuve. **Il suffit de remarquer que K1â(K2â)=jâNââ(kpâjâ©K1â)(kpâjâ©K2â)=jâNââK2â(kpâjâ©K1â), et si K1â et K2â sont k-linĂ©airement disjoints, dâaprĂšs la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjoint, kpâjâ©K1â et kpâjâ©K2â sont aussi k-linĂ©airement disjoints pour tout jâ„1. On se ramĂšne ainsi au cas oĂč K1â/k et K2â/k sont dâexposant fini auquel cas le rĂ©sultat dĂ©coule immĂ©diatement de la proposition prĂ©cĂ©dente. â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
Corollaire 3.7
Pour toute sous-extension L/k dâune extension purement insĂ©parable K/k, on a di(L(Kp) /k(Kp))â€di(L/k(Lp)), et il yâa Ă©galitĂ© si k(Kp) et L sont k(Lp)-linĂ©airement disjointes.
**Preuve. **Due au corollaire 3.6. â\sqcap$$\sqcup
Le résultat suivant améliore naturelement les conditions du théorÚme 3.1
ThéorÚme 3.8
Pour toute famille dâextensions purement insĂ©parables kâLâLâČâK, on a di(L/LâČ)â€di(K/k).
**Preuve. **Il est clair que K=jâNââL(kjâ), et dâaprĂšs la proposition 3.3, et le thĂ©orĂšme 3.1, on a di(LâČ/L)â€di(K/L)=jâNsupâ(di(L(kjâ)/k))â€jâNsupâ(di(kjâ/k))=di(K/k). â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
Corollaire 3.9
Pour toute extension purement insĂ©parable K/k, on a di(K)â€di(k).
**Preuve. **Il suffit de remarque que Kâkpââ, et di(K)=di(K/Kp)â€di(kpââ/kp)=di(k).â\sqcap$$\sqcup
3.1 Extensions relativement parfaites
Au cours de cette section, on reprend, en les amĂ©liorant, quelques notions et rĂ©sultats de [9], puisquâils sont utilisĂ©s frĂ©quemment ici.
Un corps k de caractĂ©ristique p est dit parfait si kp=k ; dans le mĂȘme ordre dâidĂ©es,
on dit que K/k est relativement parfaite si k(Kp)=K. On vérifie aisément que :
La relation âĂȘtre relativement parfaiteâ est transitive, câest-Ă -dire si K/L et L/k sont relativement parfaites, alors K/k lâest aussi.
Si K/k est relativement parfaite, il en est de mĂȘme de L(K)/k(L).
La propriĂ©tĂ© âĂȘtre relativement parfaiteâ est stable par un produit quelconque portant sur k. Autrement dit, pour toute famille (Kiâ/k)iâIâ dâextensions relativement parfaites, on a alors iââKiâ/k est aussi relativement parfaite.
Par suite, il existe une plus grande sous-extension relativement parfaite de K/k appelée clÎture relativement parfaite de K/k, et se note rp(K/k).
On a les relations
dâassociativitĂ©-transitivitĂ© suivantes.
Proposition 3.10
Soit L un corps intermédiaire de
K/k. Alors
[TABLE]
**Preuve. **Cf. [9], p. 50, proposition 5.2. â\sqcap$$\sqcup
Corollaire 3.11
Pour tout Lâ[k,K], on a K/LÂ finieâčrp(K/k)âL.
En particulier, si K/k est relativement parfaite, on a K/L\hbox{
finie }\Longrightarrow L=K.
Schématiquement on a un trou
[TABLE]
et ce trou caractérise le fait que K/k est
relativement parfaite. En effet, supposons que
K/k vérifie le trou et soit B une r-base de K/k.
Supposons Bî =â
;
soit xâB et L=k(Kp)(Bâ{x}); on a K/L
finie, donc K=L ce qui est absurde.
Proposition 3.12
Soit K/k une extension purement inséparable telle que [K:k(Kp)] est fini. Alors on a :
K* est relativement parfaite sur une extension finie de k.*
La suite dĂ©croissante (k(Kpn))nâNâ est stationnaire sur k(Kpn0â)=rp(K/ k).
**Preuve. **Cf. [9], p. 51,
lemme 2.1. â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence de la proposition précédente, on a :
Proposition 3.13
Soit K/k une extension purement insĂ©parable telle que [K:k(Kp)] est fini. Pour tout Lâ[k,K], on a rp(K/L)=L(rp(K/k)).
**Preuve. **Cf. [9], p. 51,
proposition 6.2. â\sqcap$$\sqcup
En utilisant le lemme 1.16 qui se trouve dans ([16], p. 10), on peut affirmer que la condition de finitude de [K:k(Kp] est nĂ©cĂ©ssaire, et par suite, le rĂ©sultat prĂ©cĂ©dent peut tomber en dĂ©faut si K/k(Kp) nâest pas finie.
Par ailleurs, on vĂ©rifie aussitĂŽt que k(Kp)=rp(K/k)(Kp), et donc pour quâune partie G de K soit r-base de K/k il faut et il suffit quâelle en soit de mĂȘme de K/rp(K/k). De plus, comme 2-iĂšme consĂ©quence de la proposition 3.12, le rĂ©sultat suivant exprime une condition nĂ©cessaire et suffisant pour que K/rp(K/k) soit finie. Plus prĂ©cisĂ©ment, on a :
Proposition 3.14
Soit K/k une extension purement insĂ©parable, alors K/rp( K/ k) est finie si est seulement il en est de mĂȘme de K/k(Kp).
**Preuve. **RĂ©sulte de la proposition 3.12. â\sqcap$$\sqcup
4 Extensions q-finies
Définition 4.1
Toute extension de degrĂ© dâirrationalitĂ© fini sâappelle extension q-finie.
En dâautres sens, la q-finitude est synonyme de la finitude horizontale. Toutefois, la finitude se traduit par la finitude horizontale et verticale, il sâagit de la finitude au point de vue taille et hauteur. Autrement dit, K/k est finie si et seulement si K/k est q-finie dâexposant bornĂ©. Par ailleurs, on vĂ©rifie que le degrĂ© dâirrationalitĂ© dâune extension K/k vaut 1 si est seulement si lâensemble de corps intermĂ©diaires de K/k est totalement ordonnĂ©.
Ensuite, on appelle extension q-simple toute extension qui satisfait lâaffirmation prĂ©cĂ©dente.
Remarque 4.1
On rappelle que lorsque di(k) est fini, et aprĂšs avoir montrĂ© dans [6] que K/k(Kp) est finie et di(K)â€di(k), le degrĂ© dâirrationalitĂ© dâune extension purement insĂ©parable K/k a Ă©tĂ© dĂ©fini par lâentier di(K/k)=di(k)âdi(K)+di(K/k(Kp)). En outre, toute extension est q-finie si di(k) est fini. Avec quelques modifications lĂ©gĂšres, on peut toujours prolonger cette dĂ©finition au cas oĂč di(k) est non bornĂ©. Commençons par le choix dâune extension K/k relativement parfaite et q-finie.
Etant donnĂ©e une p-base B de k, donc k=kp(B), et par suite k(Kp)=Kp(B). Comme K/k est relativement parfaite, alors K=k(Kp)=Kp(B). DâaprĂšs le thĂ©orĂšme 2.7, il existe B1ââB telle que B1â est une p-base de K. Ainsi, on aura kpââ=k(Bpââ)=k(B1âpââ)âkâk((BâB1â)pââ)âKpâââKâkâk(B1âpââ). En particulier, dâaprĂšs le corollaire 3.6, di(K/k)=di(Kâkâk(B1âpââ)/k(B1âpââ))=di(kpââ/k(B1âpââ))=di(k((BâB1â)pââ)/k)=âŁBâB1ââŁ. Si on interprĂšte (par abus de langage) âŁBâB1â⣠comme diffĂ©rence de degrĂ© dâimperfection de k et K en Ă©crivant âŁBâB1ââŁ=di(k)âdi(K), on obtiendra di(K/k)=di(k)âdi(K). Dans le cas gĂ©nĂ©ral, supposons que K/k est q-finie quelconque, donc K/rp(K/k) est finie, dâoĂč di(K)=di(rp(K/k)); et par suite di(K/k)=di(rp(K/k)/k)+di(K/k(Kp))=di(k)âdi(K)+di(K/k(Kp)) (cf. proposition 4.4 ci-dessous).
Il est à signaler en tenant compte de cette considération que tous les résultats des articles [5], [6], [7] se généralisent naturellement par translation à une extension q-finie quelconque.
Soient L/k une sous-extension dâune extension q-finie K/k, pour tout nâN, on note toujours knâ=kpânâ©K. On vĂ©rifie aussitĂŽt que :
La q-finitude est transitive, en particulier, pour tout nâN, K/k(Kpn) et knâ/k sont finies.
Il existe n0ââN, pour tout nâ„n0â, di(knâ/k)=di(K/k).
Par ailleurs, voici quelques applications immédiates des propositions 3.12 et 3.14.
Proposition 4.1
Soit K/k une extension q-finie. La suite (k(Kpn))nâNâ sâarrĂȘte sur rp(K/k) Ă partir dâun n0â. En particulier, K/rp(K/k) est finie.
Comme conséquence, on a :
Corollaire 4.2
La clĂŽture relativement parfaite dâune extension q-finie K/k nâest pas triviale. Plus prĂ©cisĂ©ment, rp(K/k)/k est dâexposant non bornĂ© si K/k lâest.
**Preuve. **ImmĂ©diat. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.3
Pour toute extension q-finie K/k, il existe nâN tel que K/knâ est relativement parfaite. En outre, knâ(rp(K/k))=K.
Proposition 4.4
Le degrĂ© dâirrationalitĂ© dâune extension q-finie K/k vĂ©rifie lâĂ©galitĂ© suivante : di(K/k) =di(rp(K/k)/k)+di(K/k(Kp))=di(K/rp(K/k)) +di(rp(K/k)/k).
**Preuve. **Soient G une r-base de K/k et Krâ=rp(K/k), donc k(G)/k admet un exposant finie notĂ© m et, K=Krâ(G). En paticulier, pour tout nâ„m, k(G)âknâ. Compte tenu de la r-indĂ©pendance de G sur k(Kp) et vu que k(knâp) est un sous-ensemble de k(Kp), on en dĂ©duit que G est r-libre sur k(knâp) pour tout nâ„m. ComplĂ©tons G en une r-base de knâ/k par une partie Gnâ de knâ. Dans ces conditions, pour n suffisamment grand, on aura âŁGâŁ+âŁGnââŁ=jâ„msupâ(âŁGâŁ+âŁGjââŁ)=di(K/k)=di(Krâ(G)/k)â€di(Krâ/k)+di(k(G)/k)=di(Krâ/k)+âŁGâŁ, et donc âŁGnââŁâ€di(Krâ/k). Toutefois, comme nâ„mââk(knâpm)=nâ„mââk(Gnâpm,Gpm)=nâ„mââk(Gnâpm)=k(Kpm)=Krâ(Kpm), dâaprĂšs le thĂ©orĂšme 3.1, pour n suffisamment grand, on aura Ă©galement di(Krâ/k)â€di(Krâ(Kpm)/k)=di(k(knâpm)/k)â€âŁGnâpmâŁ=âŁGnââŁ. DâoĂč, âŁGnââŁ=di(Krâ/k) pour n assez grand, et par suite di(K/k)=di(Krâ/k)+di(K/k(Kp)). â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
Corollaire 4.5
Pour quâune extension q-finie K/k soit finie il faut et il suffit que di(K/k)=di(K/k(Kp)).
ThéorÚme 4.6
Pour toutes extensions q-finies kâLâK, on a di(K/k)â€di(K/L)+di(L/k), avec lâĂ©galitĂ© si et seulement si L/k(Lp) et k(Kp)/k(Lp) sont k(Lp)-linĂ©airement disjointes.
**Preuve. **Comme K=nâNââLpânâ©K et K/k est q-finie, dâaprĂšs le thĂ©orĂšme 3.1, pour n assez grand, on a di(K/k)=di(Lpânâ©K/k) ; donc on est amenĂ© au cas oĂč K/L est finie, ou encore rp(K/k)=rp(L/k). Dans la suite, on posera Lrâ=Krâ=rp(K/k). DâaprĂšs la proposition 4.4 ci-dessus, on aura di(K/k)=di(Krâ/k)+di(K/k(Kp))=di(Lrâ/k)+di(K/L(Kp))+di(L(Kp)/k(Kp))=di(Lrâ/k)+di(K/L)+di(L(Kp)/k(Kp)). Compte tenu du corollaire 3.7, di(L(Kp ) /k(Kp))â€di(L/k(Lp)), donc di(K/k)â€di(Lrâ/k)+di(K/L)+di(L/k(Lp))=di(L/k)+di(K/L), et il yâa Ă©galitĂ© si et seulement si di(L/k(Lp))=di(L(Kp)/k( Kp)), ou encore [L:k(Lp)]=[L(Kp):k(Kp)], câest-Ă -dire L/k(Lp) et k(Kp)/k( Lp) sont k(Lp)-linĂ©airement disjointes.â\sqcap$$\sqcup
Remarque 4.2
La condition de la linéarité disjointe qui figure dans la proposition ci-dessus se traduit en terme de r-indépendance par toute r-base de L/k se complÚte en une r-base de K/k.
Comme application immédiate, on a :
Corollaire 4.7
Toute sous-extension relativement parfaite L/k dâune extension q-finies K/k vĂ©rifie di(K/k)=di(K/L)+di(L/k).
Dâune façon assez gĂ©nĂ©rale, on a :
Proposition 4.8
Pour toute suite de sous-extensions relativement parfaites k=K0ââK1âââŻâKnâ dâune extension q-finie K/k, on a di(K/k)=i=0ânâ1âdi(Kn+1â/Knâ)+di(K/Knâ).
**Preuve. **RĂ©sulte immĂ©diatement du corollaire prĂ©cĂ©dent. â\sqcap$$\sqcup
Dans la suite on va Ă©tudier de plus prĂšs les propriĂ©tĂ©s des exposants dâune extension q-finie.
4.1 Exposants dâune extension q-finie
Dans cette section nous distinguons deux cas :
Cas oĂč K/k est purement insĂ©parable finie.
Soit xâK, posons o(x/k)=inf{ mâNâŁxpmâk}
et o1â(K/k)=inf{mâNâŁKpmâk}. Une
r-base B={a1â,a2â,âŠ,anâ} de K/k est dite
canoniquement ordonnĂ©e si pour j=1,2,âŠ,n, on a
o(ajâ/k(a1â,a2â, ⊠,ajâ1â))=o1â(K/k(a1â,a2â,âŠ,ajâ1â)). Ainsi, lâentier
o(ajâ/k(a1â,âŠ, ajâ1â)) dĂ©fini ci-dessus vĂ©rifie
o(ajâ/k(a1â,âŠ,ajâ1â))=inf{m âNâŁdi(k(Kpm)/k)â€jâ1} (cf. [6], p.
138, lemme 1.3). On en
déduit aussitÎt le résultat de ([17], p.
90, satz 14) qui confirme
lâindĂ©pendance des entiers o(aiâ/k(a1â, âŠ,aiâ1â)), (1â€iâ€n), vis-Ă -vis au choix des r-bases
canoniquement ordonnĂ©es {a1â,âŠ, anâ} de K/k. Par
suite, on pose oiâ(K/k)=o(aiâ/k(a1â, âŠ,aiâ1â)) si
1â€iâ€n, et oiâ(K/k)=0 si i>n, oĂč {a1â,âŠ,anâ}
est une r-base canoniquement ordonnĂ©e de K/k. Lâinvariant oiâ(K/k)
ci-dessus sâappelle le i-Ăšme exposant de K/k. Voici les principales relations dont on aura besoin, et qui
font intervenir les exposants.
Proposition 4.9
Soient K et L deux corps intermĂ©diaires dâune
extension Ω/k, avec K/k purement inséparable finie.
Alors pour tout entier j, on a ojâ(K(L) /k(L)) â€ojâ(K/k).
**Preuve. **Cf. [4], p. 373,
proposition 5. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.10
Soit K/k une extension purement inséparable
finie. Pour toute sous-extension L/LâČ de K/k, et pour tout
jâN, on a ojâ(L/LâČ)â€ojâ(K/k).
**Preuve. **cf. [4],
p. 374, proposition 6. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.11
Soient {α1â,âŠ,αnâ}
une r-base canoniquement ordonnĂ©e de K/k, et mjâ le j-iĂšme exposant de K/k, 1â€jâ€n. On a :
k(Kpmjâ)=k(α1pmjââ,âŠ,αjâ1pmjââ).
Soit Îjâ={(i1â,âŠ,ijâ1â) tel que
0â€i1â<pm1ââmjâ,âŠ,0â€ijâ1â<pmjâ1ââmjâ},
alors {(α1â,âŠ,αjâ1â)pmjâΟ tel que ΟâÎjâ} est une base de k(Kpmjâ) sur k.
Soient nâN et j le plus grand entier tel que
mjâ>n. Alors {α1pnâ,âŠ,αjpnâ} est une
r-base canoniquement ordonnée de k(Kpn)/k, et sa liste
des exposants est (m1âân,âŠ,mjâân).
**Preuve. **cf. [6], p.
140, proposition 5.3. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.12
Soient K1â/k et K2â/k deux
sous-extensions purement insĂ©parables de K/k. K1â et K2â
sont k-linéairement disjointes si et seulement si
ojâ(K1â(K2â)/K2â)=ojâ(K1â/k) pour tout jâN.
**Preuve. **cf. [4], p. 374,
proposition 7. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.13
(Algorithme de la complétion des r-bases) Soient K/k une
extension purement insĂ©parable finie, G un r-gĂ©nĂ©rateur de K/k, et {α1â,âŠ,αsâ}
un systĂšme de K tel que pour tout jâ{1,âŠ,s}, o(αjâ,k(α1â,âŠ,αjâ1â))=ojâ(K/k).
Pour toute suite αs+1â,αs+2â,âŠ, dâĂ©lĂ©ments de G vĂ©rifiant
o(αmâ,k(α1â, âŠ,αmâ1â))=aâGsupâ(o(a,k(α1â,âŠ,αmâ1â))),
la suite (αiâ)iâNââ sâarrĂȘte sur un plus grand entier n tel que o(αnâ,k(α1â,âŠ,αnâ1â))>0. En particulier, {α1â,âŠ,αnâ} est une r-base canoniquement ordonnĂ©e de K/k.
**Preuve. **Cf. [6], p. 139, proposition 1.3.â\sqcap$$\sqcup
Cas oĂč K/k est q-finie dâexposant non bornĂ©.
Soit K/k une extension q-finie. Rappelons que pour tout nâNâ, knâ dĂ©signe toujours kpânâ©K. En vertu de la proposition 4.10, pour tout jâNâ, la suite des entiers naturels (ojâ(knâ/k))nâ„1â est croissante, et donc
(ojâ(knâ/k))nâ„1â converge vers +â, ou (ojâ(knâ/k))nâ„1â est stationnaire Ă partir dâun certain rang. Lorsque (ojâ(knâ/k))nâ„1â est bornĂ©e, par construction, pour tout tâ„j, (otâ(knâ/k))nâ„1â est aussi bornĂ©e (et donc stationnaire).
Définition 4.2
Soient K/k une extension q-finie et j un entier naturel non nul. On appelle le j-iĂšme exposant de K/k lâinvariant ojâ(K/k)=nâ+âlimâ(ojâ(knâ/k)).
Lemme 4.14
Soit K/k une extension q-finie, alors osâ(K/k) est fini si et seulement sâil existe un entier naturel n tel que di(k(Kpn)/k)<s, et on a osâ(K/k)=inf{mâNâŁdi(k(Kpm)/k)<s}. En particulier, osâ(K/k) est infini si et seulement si pour tout mâN, di(k(Kpm)/k)â„s.
**Preuve. **Pour simplifier lâĂ©criture, on note etâ=otâ(K/k) si otâ(K/k) est fini. Compte tenu du [6], p. 138, lemme 1.3, on vĂ©rifie aussitĂŽt que osâ(K/k) est infini si et seulement si pour tout mâN, di(k(Kpm)/k)â„s, donc on se ramĂšne au cas oĂč osâ(K/k) est fini. Par suite, il existe un entier n0â, pour tout nâ„n0â, esâ=osâ(knâ/k). DâaprĂšs [6] p. 138, lemme 1.3, di(k(knâpesâ)/k)<s et di(k(knâpesââ1)/k)â„s. En vertu du thĂ©orĂšme 3.1, di(k(Kpesâ)/k)<s et di(k(Kpesââ1)/k)â„s. Autrement dit, osâ(K/k)=inf{mâNâŁdi(k(Kpm)/k)<s}. â\sqcap$$\sqcup
Le rĂ©sultat ci-dessous permet de ramener lâĂ©tude des propriĂ©tĂ©s des exposants des extensions q-finies aux extensions finies par le biais des clĂŽtures relativement parfaites.
ThéorÚme 4.15
Soit Krâ/k la clĂŽture relativement parfaite de degrĂ© dâirrationalitĂ© s dâune extension q-finie K/k, alors on a :
Pour tout tâ€s, otâ(K/k)=+â.
Pour tout t>s, otâ(K/k)=otâsâ(K/Krâ).
En outre, otâ(K/k) est fini si et seulement si t>s.
**Preuve. **Pour tout tâNâ, notons etâ=otâ(K/Krâ). Comme pour tout entier e, on a k(Kpe)=Krâ(Kpe)=nâNââk(knâpe), donc s=di(Krâ/k)â€di(k(Kpe)/k)=di(k(knâpe)/k) pour n suffisament grand. DâaprĂšs le lemme 4.14, on aura dâune part otâ(K/k)=+â pour tout tâ€s, et
dâautrs part pour tout n>s, di(Krâ(Kpenâsâ)/k)=di(Krâ/k)+di(Krâ(Kpenâsâ)/Krâ)<s+nâs=n et di(Krâ(Kpenâsââ1)/k)=di(Krâ/k)+di(Krâ(Kpenâsââ1)/Krâ)â„n. Notamment, pour tout n>s, onâ(K/k)=onâsâ(K/Krâ). Toutefois, onâ(K/k) est fini si et seulement si nâ€s. â\sqcap$$\sqcup
Voici une liste de conséquences immédiates :
Proposition 4.16
Soient K et L deux corps intermĂ©diaires dâune extension q-finie M/k. Pour tout jâNâ, on a ojâ(L(K)/L)â€ojâ(K/k).
**Preuve. **Due au lemme 4.14, et Ă lâinĂ©galitĂ© suivante rĂ©sultant du corllaire 3.6: di(L(Lpn,Kpn)/L)=di(L(Kpn)/L)â€di(k(Kpn)/k) pour tout nâN. â\sqcap$$\sqcup
Proposition 4.17
Etant donnĂ©es des extensions q-finies kâLâK. Pour tout jâNâ, on a ojâ(L/k)â€ojâ(K/k).
**Preuve. **Application immĂ©diate du lemme 4.14, et de lâinĂ©galitĂ© suivante rĂ©sultant du thĂ©orĂšme 3.1 : di(k(Lpn)/k) â€di(k(Kpn)/k) pour tout nâN.
Par ailleurs la taille dâune extension relativement parfaite reste invariant, Ă une extension finie prĂšs comme lâindique le rĂ©sultat suivant.
Proposition 4.18
Etant donnĂ©e une sous-extension relativement parfaite K/k dâune extension q-finie M/k. Pour toute sous-extension finie L/k de M/k, on a di(L(K)/L)=di(K/k).
**Preuve. **En vertu du corollaire 3.6, il suffit de montrer que di(L(K)/L)â„di(K/k). Pour cela, on
pose dâabord e=o1â(L/k) et t=di(K/k). DâaprĂšs le thĂ©orĂšme 4.15, pour tout sâ{1,âŠ,t}, osâ(K/k)=+â, donc pour n assez grand, on aura otâ(knâ/k)>e+1, en outre Lâknâ et di(knâ/k)=di(K/k). Soit {α1â,âŠ,αtâ} une r-base canoniquement ordonnĂ©e de knâ/k, sâil existe sâ{1,âŠ,t} tel que αsââL(knâp)(α1â,âŠ,αsâ1â), dâaprĂšs la proposition 4.10, on aura e<otâ(knâ/k)â€osâ(knâ/k)=o(αsâ,k(α1â,âŠ,αsâ1â))â€o1â(L(knâp)(α1â,âŠ,αsâ1â)/ k(α1â,âŠ,αsâ1â))â€sup(o1â(L/k),osâ(knâ/k)â1)=osâ(knâ/k)â1, et donc osâ(knâ/k) â€osâ(knâ/k)â1, contradiction. DâoĂč, {α1â,âŠ,αtâ} est une r-base de L(knâ)/L, et par suite, t=di(K/k)=di(L(knâ)/L)â€di(L(K)/L). â\sqcap$$\sqcup
5 Extensions modulaires
On rappelle quâune extension
K/k est dite modulaire si et seulement si pour tout
nâN, Kpn et k sont Kpnâ©k-linĂ©airement disjointes. Cette notion a Ă©tĂ© dĂ©finie
pour la premiĂšre fois par Swedleer dans [18], elle
caractérise les extensions purement inséparables, qui sont
produit tensoriel sur k dâextensions simples sur k. Par ailleurs, toute r-base B de K/k telle que Kââkâ(âkâk(a))aâBâ sera appelĂ©e
r-base modulaire. En particulier, dâaprĂšs le thĂ©orĂšme de Swedleer, si K/k est dâexposant bornĂ©, il est Ă©quivalent de dire que :
K/k* admet une r-modulaire.*
K/k* est modulaire.*
Soient mjâ le j-iĂšme exposant dâune extension purement insĂ©parable finie K/k et {α1â,âŠ,αnâ}
une r-base canoniquement ordonnée de K/k,
donc dâaprĂšs la proposition 4.11, pour tout jâ{2,âŠ,n}, il existe des constantes uniques
CΔââk telles que αjâpmjâ=ΔâÎjâââCΔâ(α1â,âŠ,αjâ1â)pmjâΔ, oĂč Îjâ={(i1â,âŠ,ijâ1â) tel que
0â€i1â<pm1ââmjâ,âŠ,0â€ijâ1â<pmjâ1ââmjâ}.
Ces relations sâappellent les Ă©quations de dĂ©finition de K/k.
Le critĂšre ci-dessous permet de tester la modularitĂ© dâune extension.
ThéorÚme 5.1
[CritÚre de modularité]* Sous les notations ci-dessus,
les propriétés suivantes sont équivalentes :*
K/k* est modulaire.*
Pour toute r-base canoniquement ordonnĂ©e {α1â,âŠ,αnâ}
de K/k, les CΔââkâ©Kpmjâ pour tout jâ{2,âŠ,n}.
Il existe une r-base canoniquement ordonnĂ©e {α1â,âŠ,αnâ}
de K/k telle que les CΔââkâ©Kpmjâ pour tout jâ{2,âŠ,n}.
**Preuve. **cf. [6], p. 142, proposition 1.4. â\sqcap$$\sqcup
Exemple 5.2
Soient Q un corps parfait de
caractéristique p>0, k=Q(X,Y,Z) le corps des fractions
rationnelles aux indĂ©terminĂ©es X,Y,Z, et K=k(α1â,α2â) avec α1â=Xpâ2 et
α2â=Xpâ2Ypâ1+Zpâ1. On vĂ©rifie
aussitĂŽt que
o1â(K/k)=2* et o2â(K/k)=1,*
α2pâ=Yα1pâ+Z.
Si K/k est
modulaire, dâaprĂšs le critĂšre du modularitĂ©, on aura Yâkâ©Kp et Zâkâ©Kp, et donc Ypâ1 et Zpâ1âK. DâoĂč
k(Xpâ2,Ypâ1,Zpâ1) â K, et par suite,
di(k(Xpâ2,Ypâ1,Zpâ1)/k)=3< di(K/k)=2, contradiction.
Le résultat suivant est conséquence immédiate de la modularité.
Proposition 5.3
Soient m,nâZ avec nâ„m. Si
K/k est modulaire, alors
Kpm/kpn est modulaire.
La condition nâ„m assure kpnâKpm.
Proposition 5.4
Soit K/k une extension purement inséparable finie (respectivement, et modulaire), et soit L/k une
sous-extension de K/k (respectivement, et modulaire) avec
di(L/k)=s. Si KpâL, il existe une r-base canoniquement ordonnĂ©e (respectivement, et modulaire)
(α1â,α2â,âŠ,αnâ) de K/k, et e1â,e2â,âŠ,esââ{1,p} tels que (α1âe1â,α2âe2â,âŠ,αsâesâ) soit une r-base canoniquement
ordonnĂ©e (respectivement, et modulaire) de L/k. De plus, pour tout jâ{1,âŠ,s}, on a ojâ(K/k)=ojâ(L/k), auquel cas ejâ=1, ou ojâ(K/k)=ojâ(L/k)+1, auquel cas
ejâ=p.
**Preuve. **Cf. [6], p. 146,
proposition 8.4. â\sqcap$$\sqcup
Le théorÚme suivant de Waterhouse joue un rÎle important
dans lâĂ©tude des extensions modulaires (cf. [19] ThĂ©orĂšme 1.1).
ThéorÚme 5.5
Soient (Kjâ)jâIâ une famille
quelconque de sous-corps dâun corps Ω, et K un autre sous-corps de Ω. Si pour tout jâI, K et Kjâ sont Kâ©Kjâ-linĂ©airement
disjoints,
alors K et jââKjâ sont Kâ©(jââKjâ)-linĂ©airement disjoint.
Comme consĂ©quence, la modularitĂ© est stable par une intersection quelconque portant soit au dessus ou en dessous dâun corps commutatif. Plus prĂ©cisĂ©ment, on a :
Corollaire 5.6
Sous les mĂȘmes hypothĂšses du thĂ©orĂšme ci-dessus, on a :
Si pour tout jâI, Kjâ/k est modulaire, il en est de mĂȘme de jââKjâ/k.
Si pour tout jâI, K/Kjâ est modulaire, il en est de mĂȘme de K/jââKjâ.
DâaprĂšs le thĂ©orĂšme de Waterhouse, il existe une plus petite sous-extension m/k de K/k (respectivement une plus petite extension M/K) telle que K/m (respectivement M/k) est modulaire. DĂ©sormais, on note m=mod(K/k) et M=clm(K/k). Toutefois, lâextension clm(K/k) sera appelĂ©e clĂŽture modulaire de K/k.
Comme application immédiate de la proposition 3.4, on a
Proposition 5.7
Etant donnĂ©es une r-base modulaire B dâune extension modulaire K/k et une famille (eaâ)aâBâ dâentiers tels que 0â€eaââ€o(a,k). Soit L=k((apeaâ)aâBâ), alors L/k et K/L sont modulaires, et (BâL), ((apeaâ)aâBââL) sont deux r-bases modulaires respectivement de K/L et L/k. En outre, pour tout aâB, o(a,L)=eaâ.
**Preuve. **On se ramÚne au cas fini auquel le résultat découle de la transitivité de la linéarité disjointe.
En outre, pour toute partie {a1â,âŠ,anâ} dâĂ©lĂ©ment de B, [L(a1â,âŠ,anâ):L]=i=1ânâpeaiââ. â\sqcap$$\sqcup
Dans la suite, pour tout aâB, on pose naâ=o(a,k). ConsidĂ©rons maintenant les sous-ensembles B1â et B2â de B dĂ©finis par B1â={aâBâŁnaâ>j}, B2â=BâB1â={aâBâŁnaââ€j}, (j Ă©tant un entier ne dĂ©passant pas o(K/k)).
Comme Application de la proposition précédente, on a :
ThéorÚme 5.8
Sous les conditions prĂ©cisĂ©es ci-dessus, pour tout entier j<o(K/k), on a kjâ=k((anaââj)aâB1ââ,B2â).
**Preuve. **Comme K/k est rĂ©union inductive dâextentions modulaires engendrĂ©es par des parties finies de B, et compte tenu de la distributivitĂ© de lâintersection par rapport Ă la rĂ©union, on peut supposer sans perdre de gĂ©nĂ©ralitĂ© que K/k est finie dâexposant notĂ© e. Soient {α1â,âŻ,αnâ} une r-base modulaire et canoniquement ordonnĂ©e de K/k, et mjâ le j-iĂšme exposant de K/k. DĂ©signons par s le plus grand entier tel que msâ>j, et L=k(α1pm1ââjâ,âŠ,αspmsââjâ,αs+1â,âŠ, αnâ). On vĂ©rifie aussitĂŽt que :
Lâkjâ,
Kâk(α1â)âkââŻâkâk(αnâ)âL(α1â)âLââŻâLâL(αsâ).
Ainsi, pour tout xâK, il existe des constantes uniques CΔââL telles que
x=ΔâÎââCΔâ(α1â,âŠ,αsâ)Δ, oĂč Î={(i1â,âŠ,isâ) tel que
0â€i1â<pm1ââj,âŠ,0â€isâ<pmsââj}, et donc xpj=ΔâÎââCΔâpj(α1âpj,âŠ,αsâpj)Δ. Compte tenu de la proposition 4.11, xpjâk (câest-Ă -dire xâkjâ) si et seulement si xpj=C(0,âŠ,0)âpj, ou encore x=C(0,âŠ,0)â. Par suite xâkjâ si et seulement si xâL, autrement dit kjâ=L. â\sqcap$$\sqcup
Comme consĂ©quence immĂ©diate, dans le cas de modulaire le rĂ©sultat suivant exprime une propriĂ©tĂ© de stabilitĂ© de la taille dâun certains corps intermĂ©diaires. Plus prĂ©cisĂ©ment,
Corollaire 5.9
Pour toute extension modulaire K/k, pour tout nâN, on a di(knâ/k)=di(k1â/k). En particulier, di(K/k)=di(k1â/k).
Le résultat suivant est bien connu (cf. [14]).
Proposition 5.10
Soit K/k une extension purement
insĂ©parable et modulaire ; soit pour tout nâN,
Knâ=k(Kpn). Alors knâ/k, K/knâ, Knâ/k et K/Knâ sont modulaires.
Proposition 5.11
Soient K1â et K2â deux sous-extensions de K/k telles que KâK1ââK2â. Si pour tout iâ{1,2}, Kiâ/k est modulaire, il en est de mĂȘme de K/k.
**Preuve. **Cf. [9], p. 55,
lemme 3.4. â\sqcap$$\sqcup
Le résultat suivant étend trivialement les hypothÚses de la proposition 3.3, [16], p. 94, ainsi que le théorÚme 3.2, [10], p. 289.
Il utilise plus particuliĂšrement les propriĂ©tĂ©s du systĂšme canoniquement gĂ©nĂ©rateur (pour plus dâinformation cf. [16], dĂ©finition 1.32, p. 29).
Proposition 5.12
Soient K1â et K2â deux sous-extensions de K/k telles que KâK1ââK2â. Si K/K1â est modulaire, et K2â/k est dâexposant bornĂ©, il existe une partie B de K telle que KâK1ââkâ(âkâ(k(α)αâBâ).
**Preuve. **Dâabord, comme KâK1ââkâK2â, alors pour tout iâN, pour toute r-base C de k(K2âpi)/k, C est aussi une r-base de K1â(K2âpi)/K1â.
Choisissons ensuite une r-base B de K2â/k, comme K2â/k est dâexposant fini, alors B est un r-gĂ©nĂ©rateur minimal de K2â/k. Soit B1â,âŠ,Bnâ une partition de B vĂ©rifiant B1â={xâBâŁo(x,k)=o1â(K2â/k)=e1â} et, pour tout 1<iâ€n, Biâ={xâBâŁo(x,k(B1â,âŠ,Biâ1â))=o1â(K2â/k(B1â,âŠ,Biâ1â))=eiâ}. Il est clair que e1â>âŻ>enâ, et en vertu de la linĂ©aritĂ© disjointe, pour tout iâ{1âŠ,n}, pour tout xâBiâ, on a Ă©galement o(x,K1â(B1â,âŠ,Biâ1â))=o1â(K/K1â(B1â,âŠ,Biâ1â))}=eiâ. En particulier, pour tout iâ{2,âŠ,n}, (αââ(G)αpeiâ)Gâ, oĂč G est une partie finie dâĂ©lĂ©ments de B1ââȘâŻâȘBiâ1â et les α sont convenablement choisis, est une base respectivement de k(K2âpeiâ) sur k et K1â(K2âpeiâ)=K1â(Kpeiâ) sur K1â. Notons Miâ cette base, et soit xâBiâ, il existe des cαââk uniques tels que x=αââcαâyαâ, (yαââMiâ), en outre les cαâ sont aussi uniques dans K1â.
Dâautre part, en vertu de la modularitĂ©, pour tout iâ{1,âŠ,n}, Kpeiâ et K1â sont K1ââ©Kpeiâ-linĂ©airement disjointes. Comme K1â(K2âpeiâ)=K1â(Kpeiâ) et MiââKpeiâ, alors Miâ est aussi une base de Kpeiâ sur K1ââ©Kpeiâ. En tenant compte de lâunicitĂ© de lâĂ©criture de x dans la base Miâ, on en dĂ©duit par identification que les cαââkâ©Kpeiâ, et donc Biâpeiââkâ©Kpeiâ(K1âpeiâ(B1âpeiâ,âŠ,Biâ1âpeiâ)) pour tout iâ{1âŠ,n}. Par application du ([16], proposition 3.3, p. 94), il existe une sous-extension modulaire J/k dâexposant finie de K/k telle que KâK1ââkâJ. Ainsi, le rĂ©sultat dĂ©coule immĂ©diatement du thĂ©orĂšme de Swedleer. â\sqcap$$\sqcup
Dans le cas fini, le résultat suivant généralise la proposion ci-dessus.
Proposition 5.13
Soient K1â et K2â deux corps intermĂ©diaires ; k-linĂ©airement disjoints dâune extension purement insĂ©parable finie L/k avec di(L/K1â)=di(K2â /k)=n.
Soit s le plus petit entier tel que osâ(K2â/k)=onâ(K2â/k). Si L/K1â est modulaire, il existe une r-base {α1â,âŠ,αnâ} canoniquement ordonnĂ©e de
K1â(K2â)/K1â vĂ©rifiant K1â(K2â)âK1ââk(α1â,âŠ,αsâ)âkâk(αs+1â)âkââŻâkâk(αnâ).
**Preuve. **Pour simplifier lâĂ©criture, pour tout jâ{1,âŠ,n}, on note ojâ(K2â/k) =ejâ, et K=K1â(K2â) . Soit {α1â,âŠ,αnâ} une r-base canoniquement ordonnĂ©e de K2â/k.
Compte tenu de la proposition 4.12, {α1â,âŠ,αnâ} est aussi une r-base canoniquement ordonnĂ©e de K/K1â, et pour tout jâ{1,âŠ,n}, ojâ(K/K1â)=ejâ.
DâaprĂšs la proposition 4.11, pour tout iâ{s,âŠ,n}, il existe des constantes uniques CΔiââk telles que αiâpenâ=ΔâÎsâ1âââCΔiâ(α1ââŠÎ±sâ1â)pΔ (â). En vertu de la proposition 4.12, pour tout iâ{sâŠ,n},
lâĂ©quation de dĂ©finition de αiâ par rapport Ă K1â(α1â,âŠ,αsâ1â) est aussi dĂ©finie par la relation (â) ci-dessus.
Comme L/K1â est modulaire, en se servant du critĂšre de modularitĂ©, pour tout (i,Δ)â{s,âŠ,n}ĂÎsâ1â,
on aura (CΔiâ)pâenââL. Posons ensuite, F=k((CΔiâ)pâenâ) oĂč (i,Δ) parcourt lâensemble {s,âŠ,n}ĂÎsâ1â,
et H=K1â(F)(α1â,âŠ,αsâ1â). Il est clair que o1â(F/k)â€enâ, et KâHâL. De plus, dâaprĂšs le thĂ©orĂšme 3.1 et la proposition 4.10,
n=di(K/K1â)â€di(H/K1â)â€di(L/K1â)=n, et pour tout iâ{s,âŠ,n}, enâ=oiâ(K/K1â)â€oiâ(H/K1â)â€enâ. Il en rĂ©sulte que di(H/K1â)=n,
et pour tout iâ{s,âŠ,n}, enâ=oiâ(H/K1â). Comme esâ1â>esâ=enâ, dâaprĂšs lâalgorithme de la complĂ©tion des r-bases, il existe des Ă©lĂ©ments bsâ,âŠ,bnââF
tels que {α1ââŠ,αsâ1â,bsâ,âŠ,bnâ} soit une r-base canoniquement ordonnĂ©e de H/K1â. En particulier, on aura :
Pour tout iâ{1,âŠ,sâ1}, eiâ=oiâ(H/K1â)=oiâ(K1â(α1â,âŠ,αsâ1â)/K1â)=oiâ(k(α1â,âŠ,αsâ1â)/k).
Pour tout jâ{s,âŠ,n}, enâ=ojâ(H/K1â)=o(bjâ,K1â(α1ââŠ,αsâ1â,bsâ,âŠ, bjâ1â))â€o(bjâ,k(bsâ,âŠ,bjâ1â)/k)â€o1â(F/k)â€enâ,
et donc enâ=ojâ(H/K1â) =ojâ(k(bsâ,âŠ,bnâ)/k).
DâoĂč, H=KâK1ââk(α1â,âŠ,αsâ1â)âkâk(bsâ)âkââŻâkâk(bnâ). â\sqcap$$\sqcup
6 Extensions équiexponentielles
Proposition 6.1
Soit K/k une extension purement insĂ©parable dâexposant e. Les assertions suivantes sont Ă©quivalentes :
Il existe une r-base G de K/k vĂ©rifiant Kââkâ(k(a))aâGâ, et pour tout aâG, o(a,k)=e.
Toute r-base G de K/k satisfait Kââkâ(k(a))aâGâ, et o1â(K/k)=e.
Il existe une r-base G de K/k telle que pour tout aâG, o(a,k(Gâ{a}))=o(a,k)=e.
Pour toute r-base G de K/k, pour tout aâG, o(a,k(Gâ{a}))=o(a,k)=e.
**Preuve. **DâaprĂšs le thĂ©orĂšme de la r-base incomplĂšte, on se ramĂšne au cas oĂč K/k est finie auquel cas [K:k]=pen, oĂč e=o1â(K/k) et n=di(K/k), et en vertu de la proposition 4.12, le rĂ©sultat est immĂ©diat. â\sqcap$$\sqcup
Définition 6.1
Une extension qui vĂ©rifie lâune des conditions de la proposition ci-dessus est dite Ă©quiexponentielle dâexposant e.
Il est clair que toute extension Ă©quiexponentielle est modulaire. De plus, on vĂ©rifie aussitĂŽt quâil est Ă©quivalent de dire que :
K/k* est Ă©quiexponentielle dâexposant e.*
Il existe une r-base G de K/k, pour toute partie finie G1â de G, on a k(G1â)/k est Ă©quiexponentielle dâexposant e.
Pour toute r-base G de K/k, pour toute partie finie G1â de G, on a k(G1â)/k est Ă©quiexponentielle dâexposant e.
Proposition 6.2
Pour toute extension relativement parfaite et modulaire K/k, pour tout entier n, knâ/k est Ă©quiexponentielle dâexposant n.
**Preuve. **DâaprĂšs le thĂ©orĂšme 5.8, il suffit de montrer que k(knâp)=knâ1â. Compte tenu de la modularitĂ© de K/k, Kpn et k sont kâ©Kpn-linĂ©airement disjointes pour tout nâ„1, et en vertu de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe, kpnâ1(Kpn) et k sont kpnâ1(kâ©Kpn)-linĂ©airement disjointes. Or K/k est relativement parfaite, donc kpnâ1(Kpn)=Kpnâ1, et par suite kâ©Kpnâ1=kpnâ1(kâ©Kpn), ou encore k(knâp)=knâ1â. â\sqcap$$\sqcup
Le résultat suivant, rapporte plus de précision à la proposition 6.2 dans le cas des extensions q-finies, notamment aux extensions finies.
Proposition 6.3
Soit K/k une extension purement insĂ©parable de degrĂ© dâirrationalitĂ© t, relativement parfaite et modulaire (respectivement finie
et Ă©quiexponentielle). Soient n et m deux entiers naturels tel que n<m (respectivement, n <o1â(K/k)). Les
propriétés suivantes sont vérifiées:
di(kmâ/knâ)=t.
kmâ/knâ* est Ă©quiexponentielle dâexposant
mân;*
knpâ(mân)ââ©K=kmâ* et
k(kmpmânâ)=knâ.*
En particulier, pour tout nâN, on a [knâ,k]=pnt.
**Preuve. **cf. [6], p. 147, proposition 9.4. â\sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
Corollaire 6.4
Si K/k est une extension Ă©quiexponentielle dâexposant e, alors:
Pour tout iâ{1,âŠ,e}, kiâ/k et K/kiâ sont Ă©quiexponentielles dâexposant respectivement i et eâi.
Pour tout iâ{1,âŠ,e}, k(Kpi)/k et K/k(Kpi) sont Ă©quiexponentielles dâexposant respectivement eâi et i.
**Preuve. **ImmĂ©diat. â\sqcap$$\sqcup
Le thĂ©orĂšme ci-dessus reproduit dans un cadre plus Ă©tendu le corollaire 4.5 qui se trouve dans [10], p. 292, et pour plus dâinformation au sujet dâextraction des r-bases modulaires, on se rĂ©fĂšre aux [10] et [13].
ThéorÚme 6.5
Soient kâLâK des extensions purement insĂ©parables telles que K/k est Ă©quiexponentielle dâexposant e. Si K/L est modulaire, il existe une r-base G de K/k telle que {apo(a,L)âŁaâG et o(a,L)<e} est une r-base modulaire de L/k.
Preuve. Comme K/L est modulaire dâexposant fini, il existe une r-base B1â de K/L telle que KââLâ(âLâL(a))aâB1ââ), (*). Pour des raisons dâĂ©criture, pour tout aâB1â, on pose eaâ=o(a,L) et C=(apeaâ)aâB1ââ. Soit B2â une partie de L telle que B2â est une r-base de L(Kp)/k(Kp). Compte tenu de la transitivitĂ© de r-indĂ©pendance, B1ââȘB2â est aussi une r-base de K/k. Dans la suite, notons M=k(C,B2â). Il est clair que MâL, de plus, comme K/k est Ă©quiexponentielle, on aura Kââkâ(âkâk(a))aâB1ââȘB2ââ. En vertu de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe, KââMâ(âMâM(a))aâB1ââ, (). En particulier, dâaprĂšs les relations (*) et (), pour toute famille finie {a1â,âŻ,anâ} dâĂ©lĂ©ments de B1â, L(a1â,âŠ,anâ)âL(a1â)âLââŻâLâL(anâ) et M(a1â,âŠ,anâ)âM(a1â)âMââŻâMâM(anâ). Par application de la proposition 4.12, on a successivement [L(a1â,âŠ,anâ):L]=i=1ânâpeaiââ et [M(a1â,âŠ,anâ):M]=i=1ânâpeaiââ, ou encore L et K sont M-linĂ©airement disjointes. DâoĂč L=Lâ©K=M. â\sqcap$$\sqcup
7 q-finitude et modularité
Soit K/k une extension q-finie dâexposant non bornĂ©. Dans tout ce qui suit, nous utilisons les notations suivantes : kjâ=kpâjâ©K, Usjâ(K/k)=jâosâ(kjâ/k), et Ilqm(K/k) dĂ©signe
le premier entier i0â pour lequel la suite (Ui0âjâ(K/k))jâNâ est non bornĂ©e.
Le résultat ci-dessus est une application immédiate de la proposition 4.10.
Proposition 7.1
Etant donnée une extension q-finie K/k.
Pour tout entier s, la suite (Usjâ(K/k))jâNâ est croissante.
**Preuve. **Comme kn+1âpâknâ, il est clair que osâ(knâ/k)â€osâ(kn+1â/k)â€osâ(knâ/k)+1, et donc n+1âosâ(kn+1â/k)â„nâosâ(Knâ/k) ; câest-Ă -dire la suite
(Usjâ(K/k))jâNâ est croissante. Â Â Â \sqcap$$\sqcup
En outre, on vérifie aussitÎt que :
Pour tout sâ„Ilqm(K/k), nâ+âlimâ(Usnâ(K/k))=+â.
Pour tout s<Ilqm(K/k), la suite
(Usjâ(K/k))jâNâ est bornĂ©e ;
et par suite, pour tout
nâ„jâNsupâ(sup(Usjâ(K/ k )))s<Ilqm(K/k)â, on
a Usnâ(K/k)=Usn+1â(K/k). Autrement dit,
osâ(kn+1â/k)=osâ(knâ/k)+1.
Dans toute la suite, on pose e(K/k)=jâNsupâ(sup(Usjâ(K/k)))s<Ilqm(K/k)â, et pour tout (s,j)âNâĂNâ, esjâ=osâ(kjâ/k)
ThéorÚme 7.2
Soit K/k une extension q-finie, avec t=di(rp(K/k)/k). Les affirmations suivantes sont équivalentes ;
K/k* est modulaire sur une extension finie de k.*
Pour tout sâ{1,2,âŠ,t}, la suite (Usjâ(K/k))jâNâ est bornĂ©e.
Ilqm(K/k)=t+1.
**Preuve. **Il est clair que (2)â(3). Par ailleurs, compte tenu de la proposition 4.3, il existe un entier j0â tel que K/kj0ââ est relativement parfaite et kj0ââ(rp(K/k))=K, et dâaprĂšs la proposition 4.18, on aura di(K/kj0ââ)=di(rp(K/ k)/k)=t. Supposons ensuite que la condition (1) est vĂ©rifiĂ©e. On distingue deux cas :
Si K/k est modulaire, en vertu de la proposition 6.3, pour tout jâ„j0â, on a kjâ/kj0ââ est Ă©quiexponentielle dâexposant jâj0â et di(kjâ/kj0ââ)=t. DâoĂč pour tout sâ{1,âŠ,t}, on a Usjâ(K/k)=Usj+1â(K/k).
Si K est modulaire sur une extension finie L de k, compte tenu de la finitude de L/k, il existe un entier naturel n tel que Lâknâ. Par suite, Lpâjâ©Kâkn+jâ, et donc Usn+jâ(K/k)â€n+Usjâ(K/L). DâoĂč, la suite (Usjâ(K/k))jâ est stationnaire pour tout sâ{1,âŠ,t}.
Inversement, si la condition (2) est vĂ©rifiĂ©e, il existe m0ââ„sup(e(K/k),j0â), pour tout jâ„m0â, pour tout sâ{1,âŠ,t}, on a osâ(kj+1â/k)=osâ(kjâ/k)+1 (et di(kjâ/km0ââ)=t). Par suite, kjâ/kj0ââ est Ă©quiexponentielle, donc modulaire. DâoĂč K=j>m0âââkjâ est modulaire sur kj0ââ.    \sqcap$$\sqcup
ThéorÚme 7.3
La plus petite sous-extension M/k dâune extension q-finie K/k telle que
K/M est modulaire nâest pas triviale (Mî =K). Plus
prĂ©cisĂ©ment, si K/k est dâexposant non bornĂ©, il en est de mĂȘme de K/M.
**Preuve. **Le cas oĂč K/k nâest pas relativement parfaite (en particulier le cas fini) est trivialement Ă©vident, puisque K/k(Kp) est modulaire. Ainsi, on est amenĂ© Ă considĂ©rer que K/k est relativement parfaite dâexposant non bornĂ©. On emploiera ensuite un raisonnement par rĂ©currence sur di(K/k)=t. Si t=1, ou encore si K/k est q-simple, il est immĂ©diat que K/k est modulaire.
Supposons maintenant que t>1, si Ilqm(K/k)=t+1, en vertu du thĂ©orĂšme 7.2, M/k est finie, et donc K/M est dâexposant non bornĂ©. Si Ilqm(K/k)â€t, pour tout j>e(K/k), pour tout sâ[1;iâ1] oĂč i=Ilqm(K/k), on a esj+1â=esjâ+1. Comme kj+1pââkjâ, dâaprĂšs la proposition 5.4, il
existe une r-base canoniquement ordonnĂ©e (α1â,âŠ,αnâ) de kj+1â/k, il existe Δiâ,âŠ,Δtââ{1,p} tels que (α1pâ,âŠ,αiâ1pâ,αiΔiâââŠ,αtΔtââ) est une r-base canoniquement ordonnĂ©e de kjâ/k. Dans la suite, pour tout j>e(K/k), notons Kjâ=k(kjpeijââ). Dâune part, Kjâ=k(α1peijâ+1â,âŠ,αiâ1peijâ+1â) et Kj+1â=k(α1peij+1ââ,âŠ,αiâ1peij+1ââ). Dâautre part, on a eij+1â=eijâ+Δ, avec Δ=0 ou 1, cela conduit Ă KjââKj+1â. Toutefois, par dĂ©finition de Ilqm(K/k), on a 1+eijâ>eij+1â (câest-Ă -dire eijâ=eij+1â) pour une infinitĂ© de valeurs de j. Pour ces valeurs, on a di(Kj+1â/k)=iâ1, sinon dâaprĂšs le lemme 4.14, eij+1â=eiâ1j+1â=1+eiâ1jâ=eijâ , et donc eijâ>eiâ1jâ, ce qui contredit la dĂ©finition des exposants.
Comme (di(Kjâ/k))j>e(K/k)â est une suite croissante dâentiers bornĂ©e par di(K/k), donc elle stationne sur Ilqm(K/k)â1. De plus, Kjâî =Kj+1â, en effet si Kjâ=Kj+1â=k(Kj+1pâ), comme Kj+1â/k est dâexposant bornĂ©, on aura Kj+1â=k, ce qui est absurde.
Posons ensuite H=j>e(K/k)ââKjâ. On vĂ©rifie aussitĂŽt que H/k est dâexposant non bornĂ© et di(H/k)=iâ1, de plus H/k est relativement parfaite car k(Kj+1pâ)=Kjâ pour une infinitĂ© de j. Par ailleurs, dâaprĂšs les corollaires 4.5 et 4.7, di(K/H)<t et K/H est dâexposant non bornĂ©.
Compte tenu de lâhypothĂšse de rĂ©currence appliquĂ©e Ă K/H, on aura K est modulaire sur une extension MâČ de H avec
K/MâČ est dâexposant non bornĂ©; comme MâMâČ, alors K/M est aussi dâexposant non bornĂ©.    \sqcap$$\sqcup
Une version Ă©quivalente de ce rĂ©sultat se trouve dans [6]. Toutefois, le thĂ©orĂšme ci-dessus peut tomber en dĂ©faut lorsque lâhypothĂšse de la q-finitude nâest pas vĂ©rifiĂ©e comme le montre le contre-exemple ci-dessus
Exemple 7.4
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et (X,(Yiâ)iâNââ, (Ziâ)iâNââ,(Siâ)iâNââ) une famille algĂ©briquement indĂ©pendante sur Q. Soit k=Q(X,(Yiâ)iâNââ,(Ziâ)iâNââ,(Siâ)iâNââ) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (X,(Yiâ)iâNââ,(Ziâ)iâNââ,(Siâ)iâNââ).
Posons ensuite :
- K1â=nâ„1ââk(Ξ1,nâ), avec Ξ1,1â=Xpâ1 et Ξ1,nâ=Ξ1,nâ1âpâ1 pour tout entier n>1.
- K2â=nâ„1ââK1â(Ξ2,nâ), oĂč Ξ2,1â=Z1âpâ1Ξ1,2â+Z2âpâ1, et pour tout n>1, Ξ2,nâ=Z1âpâ1Ξ1,2nâ+Ξ2,nâ1âpâ1.
- Par rĂ©currence, on pose Kjâ=nâ„1ââKjâ1â(Ξj,nâ), oĂč Ξj,1â=Zjâ1âpâ1Ξjâ1,2â +Zjâpâ1, et pour tout n>1, Ξj,nâ=Zjâ1âpâ1Ξjâ1,2nâ +Ξj,nâ1âpâ1.
Enfin, on note K=jâNâââKjâ, et par conventient on pose K0â=k, et pout tout iâN, Ξi,0â=0.
Comme pour tout jâNâ, KjââKj+1â, alors K est un corps commutatif.
ThéorÚme 7.5
Sous les conditions ci-dessus, la plus petite sous-extension m telle que K/m est modulaire est triviale, câest-Ă -dire mod(K/k)=K
Pour la preuve de ce théorÚme, on se servira des résultats suivants :
Lemme 7.6
Sous les mĂȘmes conditions ci-dessus, pour tout (j,n)âNĂNâ, Kjâ(Ξj+1,nâ)=Kjâ(Ξj+1,n+1âp) et Ξj+1,1âî âKjâ. En particulier, o(Ξj+1,nâ,Kjâ)=n.
**Preuve. **Il est trivialement Ă©vident que Kjâ(Ξj+1,nâ)=Kjâ(Ξj+1,n+1âp) pour tout (j,n)âNĂNâ. Pour le reste, il suffit de remarquer que Kjââk(Xpââ,Z1âpââ, âŠ,Zjâpââ) et k(Ξj+1,nâ,Xpââ,Z1âpââ, âŠ,Zjâpââ)=k(Zj+1âpân,Xpââ,Z1âpââ, âŠ,Zjâpââ), et donc, pour tout nâNâ, n=o(Ξj+1,nâ,k(Xpââ,Z1âpââ, âŠ,Zjâpââ ))â€o(Ξj+1,nâ,Kjâ)â€n.    \sqcap$$\sqcup
Comme consĂ©quence immĂ©diate, pour tout jâNâ, Kjâ/Kjâ1â est q-simple dâexposant non bornĂ©. En particulier, di(Kjâ/k)=j.
Lemme 7.7
Pour tout iâNâ, la famille (Ziâ,(Sjâ)jâNââ) est r-libre sur Kp.
**Preuve. **Puisque pour tout iâ„1, Siâpâ1î âk(Xpââ,(Zjâpââ)jâ„1â)(S1âpâ1,âŠ, Siâ1âpâ1)=K(Z1âpââ)(S1âpâ1,âŠ,Siâ1âpâ1), il suffit de montrer que Ziâî âKp; ou encore Ziâpâ1î âK. Par construction, pour tout jâ{1,âŠ,n}, on a Ξj,1â=Zjâ1âpâ1Ξjâ1,2â +Zjâpâ1 avec Knâ contient Ξj,1â et Ξjâ1,2â, et donc sâil existe n>i tel que Ziâpâ1âKnâ, par itĂ©ration, on aura Ziâ1âpâ1,âŠ,Z1âpâ1âKnâ et Zi+1âpâ1,âŠ,Znâpâ1âKnâ. Par suite, dâaprĂšs le thĂ©orĂšme 3.1, di(k(Xpâ1,Z1âpâ1, âŠ,Znâpâ1)/k)â€di(Knâ/k), ou encore n+1â€n, absurde.
DâoĂč pour tout nâNâ, Ziâpâ1î âKnâ, et comme K est rĂ©union de la famille croissante dâextensions (Knâ)nâNââ, alors Ziâpâ1î âK.    \sqcap$$\sqcup
Preuve du thĂ©orĂšme 7.5. Posons m=mod(K/k). En utilisant un raisonnement par rĂ©currence on va montrer que Kiââm pour tout iâN, et par suite obtenir K=m. Il est immĂ©diat que K0â=kâm, donc le rĂ©sultat est vĂ©rifiĂ© pour le rang [math]. Soit iâNâ, supposons par application de lâhypothĂšse de rĂ©currrence que Kiââm. Sâil existe un entier naturel s tel que Ξi+1,sâî âm, dĂ©signons par n le plus grant entier tel que Ξi+1,nââm. DâoĂč pour tout tâ{0,âŠ,n}, Ξi+1,tââm et Ξi+1,n+1âî âm, en outre Ξi+1,2npnââm, et Ξi+1,2(n+1)âpn+1î âm. Il en rĂ©sulte que le systĂšme (Ξi+1,2(n+1)âpn+1,1) est libre sur m, en particulier, il en est de mĂȘme sur mâ©Kpn+1. ComplĂ©tons ce systĂšme en une base B de Kpn+1 sur mâ©Kpn+1. Comme Kpn+1 et m sont mâ©Kpn+1-linĂ©airement disjointes (K/m est modulaire), B est aussi une base de m(Kpn+1) sur m. Or, par construction, Ξi+2,n+1â=Zi+1âpâ1Ξi+1,2(n+1)â+Ξi+2,nâpâ1, ou encore Ξi+2,n+1âpn+1=Zi+1âpnΞi+1,2(n+1)âpn+1+Ξi+2,nâpn, avec Ξi+2,nâpn=Zi+1âpnâ1Ξi+1,2nâpn+âŻ+Zi+1âΞi+1,2âp+Zi+2ââm. Par identification, Zi+1âpnâmâ©Kpn+1âKpn+1, et donc Zi+1âpâ1âK, absurde. DâoĂč pour tout nâNâ, Ξi+1,nââm, ou encore Ki+1ââm. DâoĂč m=K.    \sqcap$$\sqcup
8 Extensions lq-finies
Dans ce qui suit nous proposons un cadre rénové qui généralise naturellement le cas q-fini.
Définition 8.1
Soit K/k une extension purement insĂ©parable de caractĂ©ristique p>0. On dit que K/k est lq-finie, si pour tout nâNâ,
kpânâ©K/k est finie.
Il est trivialement évident que :
La q-finitude entraine la lq-finitude.
La lq-finitude est stable par inclusion. Plus prĂ©cisĂ©ment, toute sous-extension dâune extension lq-finie est lq-finie.
Voici Ă©galement un exemple non trivial dâextension lq-finie de degrĂ© dâirrationalitĂ© infini.
8.1 Exemple non trivial dâextension lq-finie
Exemple 8.1
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et (X,(Yiâ, Ziâ)iâNââ) une famille algĂ©briquement indĂ©pendante sur Q,
et k=Q(X,(Yiâ,Ziâ)iâNââ) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©s (X,(Yiâ,Ziâ)iNââ).
Pour tout entier nâ„2, pour tout j=1,âŠnâ1, on pose αjnâ=Zjâpân+jXpân+Yjâpân+j et Knâ=k(Xpân,α1nâ,âŠ,αnâ1nâ). Puisque KnââKn+1â et Knâ/k est purement insĂ©parable, alors K=nâ„2ââKnâ est un corps purement insĂ©parable sur k. Par convention, on identifie K0â Ă k et K1â Ă k(Xpââ).
On vĂ©rifie immĂ©diatement que pour tous entier nâ„2, pour tout j=1,âŠnâ1, (αjn+1â)p=(αjnâ). En outre, pour tout nâ„2, k(Kn+1pâ)=Knâ, et par suite K/k est relativement parfaite.
ThéorÚme 8.2
Lâextension K/k ci-dessus est lq-finie de degrĂ© dâirrationalitĂ© infini.
Pour la démonstration, nous aurons besoin des résultats suivants.
De plus, tout le long de cette section, pour tout entier tâ€s, ζstâ dĂ©signe lâensemble {1,âŠ,s}â{t}.
Il est clair que pour tout entier sâ„2, pour tout iâ{1,âŠ,sâ1}, αisââk(Xpâs,Ziâpâs,Yiâpâs) ; et par suite,
Ksââk(Xpâs,(Yjâpâs,Zjâpâs)jâζsâ1iââ,αisâ).
Lemme 8.3
Pour tout jâ„1, Zjâ est p-indĂ©pendant sur Kp, ou encore Zjâpâ1î âK.
**Preuve. **Supposons que Zjâpâ1âK=nâ„2ââKnâ, donc il existe s>j tel que Zjâpâ1âKsâ.
Comme Yjâpâ1=(αjsâ)psâjâ1âZjâpâ1Xpâjâ1, alors Yjâpâ1âKsââk(Xpâs,(Yiâpâs,Ziâpâs)iâζsâ1jââ,αjsâ). En outre, k(Xpâ1,Y1âpâ1,âŠ, Ysâ1âpâ1, Z1âpâ1, âŠ,Zsâ1âpâ1)âk(Xpâs,(Yiâpâs,Ziâpâs)iâζsâ1jââ,αjsâ). Puisque (X,(Yiâ,Ziâ)iâ„1â) est algĂ©briquement indĂ©pendante sur Q, on aura 2(sâ1)+1=di(k(Xpâ1,Y1âpâ1,âŠ, Ysâ1âpâ1,Z1âpâ1,âŠ,Zsâ1âpâ1)/k)â€di(k(Xpâs, (Yiâpâs,Ziâpâs)iâζsâ1jââ,αjsâ)/k) â€2( sâ2)+2. Il en rĂ©sulte que 1â€0, câest une contradiction, et par suite Zjâpâ1î âK.
Lemme 8.4
Pour tout nâ„2, la famille {Xpânâ1,α1n+1â,âŠ,αnn+1â} est une r-base de Kn+1â/Knâ
**Preuve. **Il est aussitĂŽt que Knâ(Xpânâ1,α1n+1â,âŠ,αnn+1â)=Kn+1â, et Xpânâ1î âKnâ puisque n+1=o(Xpânâ1,k)>n=o1â(Knâ/k). Sâil existe iâ{1,âŠ,n} tel que
αin+1ââKnâ(Xpânâ1,α1n+1â,âŠ,αiâ1n+1â, αi+1n+1â,âŠ,αnn+1â), comme k(Kn+1âp)=Knâ et Kn+1â/k est dâexposant fini, on en dĂ©duit que k(Xpânâ1,α1n+1â, âŠ,αiâ1n+1â, αi+1n+1â, âŠ,αnn+1â)=Kn+1â. Notamment, αin+1ââk(Xpânâ1,α1n+1â,âŠ,αiâ1n+1â, αi+1n+1â, âŠ,αnn+1â)âk(Xpânâ1,(Zjâpânâ1,Yjâpânâ1)jâζniââ), et donc Ziâpâ1 appartient Ă
k(Xpânâ1, (Zjâpânâ1, Yjâpânâ1 )jâζniââ,Yiâpâ1). Comme la famille (X,Yiâ,Ziâ)iNââ est algĂ©briquement indĂ©pendante sur Q, on obtiendra 2n+1=di(k(Xpâ1, Y1âpâ1,âŠ,Ynâpâ1,Z1âpâ1, âŠ,Znâpâ1)/k)â€di(k(Xpânâ1,(Zjâpânâ1, Yjâpâ1 )jâζniââ, Yiâpânâ1 )/k)=2(nâ1)+2, donc 1â€0, câest une contradiction. DâoĂč {Xpânâ1,α1n+1â,âŠ,αnn+1â} est une r-base de Kn+1â/Knâ.    \sqcap$$\sqcup
DâaprĂšs la proposition ci-dessus, pour tout j>2, {Xpâjâ1,α1j+1â,âŠ,αjj+1â} et {Xpâj,(α1j+1â)p,âŠ, (αjâ1j+1â)p} sont deux r-bases respectivement de Kj+1â/Kjâ et Kjâ/Kjâ1â. Comme Kjâ=k(Kj+1âp) et Kjâ1â=k(Kjâp), dâaprĂšs le lemme 4.14, pour tout j>2, pour tout iâ{1,âŠ,jâ1}, on a o(αij+1â,Kjâ1â(Xpâjâ1, α1j+1â,âŠ,αiâ1j+1â,αij+1â,âŠ,αjâ1j+1â))=o1â(Kj+1â/Kjâ1â)=2. En particulier, Kjâ1â( Xpâjâ1, α1j+1â,âŠ,αjâ1j+1â)âKjâ1â(Xpâjâ1)âKjâ1ââKjâ1â(α1j+1â)âKjâ1âââŻâKjâ1ââKjâ1â(αiâ1j+1â).
Lemme 8.5
Pour tout mâN, pour tout nâN, on a kpânâ©Kmâ=Knâ si mâ„n, et kpânâ©Kmâ=Kmâ si mâ€n.
**Preuve. **Le lemme est vĂ©rifiĂ© pour n=0. Soit nâ„1,
supposons que le rĂ©sultat est satisfait pour tout entier naturel iâ€nâ1. Puisque o1â(Kmâ/k)=m, il est immĂ©diat que
kpânâ©Kmâ=Kmâ si mâ€n. On est amenĂ© au cas oĂč n<m. Compte tenu de lâhypothĂšse du rĂ©currence, on a kpân+1â©Kmâ=Knâ1â,
donc kpânâ©Kmâ=Knâ1âpâ1â©Kmâ. Comme o1â(Knâ/Knâ1â)=1 et KnââKmâ, (n<m), on a KnââKnâ1âpâ1â©Kmâ. Si Knâ1âpâ1â©Kmâî =Knâ, ou encore sâil existe ΞâKnâ1âpâ1â©Kmâ tel que Ξî âKnâ, soit j
le plus grand entier tel que Ξî âKjâ, donc ΞâKj+1â. En particulier nâ€j<m, et o(Ξ,Kjâ1â)=1, (car ΞpâKnâ1ââKjâ1â). Pour allĂ©ger lâĂ©criture, on pose provisoirement α1â=Xpâjâ1, et pour tout i=2,âŠ,j+1, αiâ=αiâ1j+1â. On va montrer ensuite que {Ξ,α1â,âŠ,αjâ}
est une r-base de Kj+1â/Kjâ. Par hypothĂšse, Ξî âKjâ et, pour tout iâ{1,âŠ,j}, on a
αiâî âKjâ(Ξ,α1â,âŠ,αiâ1â) ;
sinon on aura 1<o(αiâ,Kjâ1â(α1â,âŠ,αiâ1â))â€o1â(Kjâ(α1â,âŠ,αiâ1â,Ξ)/Kjâ1â(α1â,âŠ,αiâ1â))â€o(Kjâ(Ξ)/Kjâ1â)=1, (o(Ξ,Kjâ1â)=1 et o1â(Kjâ/Kjâ1â)=1), câest
une contradiction. DâoĂč {Ξ,α1â,âŠ,αjâ} est r-libre sur Kjâ. Comme di(Kj+1â/Kjâ)=j+1 et k(Kj+1âp)=Kjâ, alors {Ξ,α1â,âŠ,αjâ} est une r-base de Kj+1â/Kjâ. Dâautre part, on a o(Ξ,Kjâ1â)=1 et Kjâ1â(α1â,âŠ,αjâ)/Kjâ1â est Ă©quiexponentielle dâexposant 2, ce qui entraine Kj+1ââKjâ1â(α1â,âŠ,αjâ)âKjâ1ââKjâ1â(Ξ)âKjâ1â(α1â)âKjâ1âââŻâKjâ1ââKjâ1â(αjâ)âKjâ1ââKjâ1â(Ξ). DâoĂč, Kj+1â/Kjâ1â est modulaire.
Toutefois, lâĂ©quation de dĂ©finition de αj+1â sur Kjâ1â(α1â,α2â,âŠ,αjâ) sâĂ©crit : αj+1âp=ZjâXpâj+Yjâ=Zjâα1âp+Yjâ, dâaprĂšs le critĂšre de modularitĂ©, on obtient Zjâ,YjââKj+1âpâ©Kjâ1ââKj+1âp. On en dĂ©duit que Zjâpâ1,Yjâpâ1âKj+1â. Câest une contradiction avec le lemme 8.3. DâoĂč kpânâ©Kmâ=Knâ.    \sqcap$$\sqcup
Preuve du thĂ©orĂšme 8.2. Pour tout nâ„1, on KnââKn+1â et K=mâ„1ââKmâ, donc en vertu du lemme 8.5, kpânâ©K=mâ„1ââkpânâ©Kmâ=Knâ. Comme pour tout nâ„1, on a Knâ/k est finie, on en dĂ©duit que K/k est lq-finie non triviale (qui nâest pas q-finie).    \sqcap$$\sqcup
Remarque 8.1
Lâexemple ci-dessus est aussi bon pour affirmer que la lq-finitude nâest pas respectĂ© si on change le corps de base dans le sens ascendant. En effet, si on pose L=k(Xpââ), on vĂ©rifie immĂ©diatement que :
k((αsâ1âs)s>1â)âLpâ1â©K.
La famille (αsâ1sâ)s>1â est r-libre sur k.
DâoĂč, Lpâ1â©K/k nâest pas finie, et par suite K/L nâest pas lq-finie.
En particulier, il est fort probable que K/k et L/k sont lq-finies, mais L(K)/L ne lâest pas.
Dâune façon plus gĂ©nĂ©rale, et contrairement Ă la q-finitude, la lq-finitude nâest pas transitive comme le montre lâexemple ci-dessous.
Il est Ă noter que cet exemple modifie lĂ©gĂšrement les conditions de lâexemple 8.1.
Exemple 8.6
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et (X,(Ziâ)iâNââ) une famille algĂ©briquement libre sur Q, et k=Q(X,(Ziâ)iâNââ) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (X,(Ziâ)iâNââ). Dans cette partie, on se servira des notations suivantes :
- K1â=k(Ξ1,1â), avec Ξ1,1â=Xpâ1.
- K2â=k(Ξ2,1â,Ξ2,2â), avec Ξ2,1â=(Ξ1,1â)pâ1=Xpâ2 et Ξ2,2â=Z1âpâ1Ξ2,1â+Z2âpâ1=Z1âpâ1Xpâ2+Z2âpâ1.
- K3â=k(Ξ3,1â,Ξ3,2â,Ξ3,3â), avec Ξ3,1â=(Ξ2,1â)pâ1, Ξ3,2â=(Ξ2,2â)pâ1, et Ξ3,3â=Z2âpâ1Ξ3,2â+Z3âpâ1
- Par rĂ©currence, on pose Knâ=k(Ξn,1â,âŠ,Ξn,nâ), oĂč Ξn,iâ=(Ξnâ1,iâ)pâ1 pour tout i=1,âŠ,nâ1, et Ξn,nâ=Znâ1âpâ1Ξn,nâ1â+Znâpâ1.
Posons K=nâ„1ââKnâ et L=K(Z1âpââ).
On vérifie aussitÎt que :
Pour tout nâ„1, k(Kn+1âp)=Knâ. En particulier, K/k est relativement parfaite.
Lâk(Xpââ)âkâ(âkâ(k(Ziâpââ))iâ„1â)**
Pour tout nâ„1, pour tout i=1,âŠ,n, Ziâ est p-indĂ©pendant sur Knâp, ou encore Ziâpâ1î âKnâ. En outre, Ziâpâ1î âK.
Pour tout nâ„1, (Ξn,1â,âŠ,Ξn,nâ) est une r-base de Knâ/k (on utilise le mĂȘme raisonnement que lâexemple ci-dessus).
ThéorÚme 8.7
K/k* et L/K sont lq-finies, mais L/k ne lâest pas.*
Comme dans lâexemple prĂ©cĂ©dent, on emploiera le lemme technique suivant:
Lemme 8.8
Pour tous n,mâNâ, kpânâ©Kmâ=Kmâ si nâ„m, et kpânâ©Kmâ=Knâ si nâ€m. En particulier, K/k est lq-finie.
**Preuve. **Démonstration analogue à celle du lemme 8.5.    \sqcap$$\sqcup
Preuve du thĂ©orĂšme 8.7 Dâune part, on a K/k et L/K sont lq-finies. Dâautre part, pour tout nâ„1, on a kpânâ©Lâk(Xpân)âkâ(âkâ(k(Ziâpân))iâ„1â), et donc L/k nâest pas lq-finie.    \sqcap$$\sqcup
Remarque 8.2
Egalement, cet exemple peut servir pour montrer que le produit ne respecte pas la lq-finitude. Pour cela, on pose L1â=k(Z1âpâ1) et L2â=k((Ziâpâ1)iâ„2â). Par construction, pour tous entier nâ„2, Ξn,nâ=Znâ1âpâ1Ξn,nâ1â +Znâpâ1, et pour tout entier non nul i, on montre par rĂ©curence que Ziâpâ1âL1â(K), ou encore L2ââL1â(K). Comme di(L2â/k) est infinie, alors L1â(K)/k nâest pas lq-finie mĂȘme si K/k et L1â/k sont lq-finies.
Proposition 8.9
Soient K/k une extension purement insĂ©parable dâexposant non bornĂ©, et H lâensemble des sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k. Si K/k est lq-finie, alors H est inductif
pour la relation dâordre dĂ©finie par K1ââ€K2â si et seulement si K2ââK1â.
Preuve. Hî =â
, puisque KâH. Soit (Knâ/k)nâIâ une famille totalement ordonnĂ©e de sous-extensions dâexposant
non bornĂ© de K/k, donc pour tout jâNâ, la famille (kpâjâ©Knâ)nâIâ est aussi totalement ordonnĂ©e.
Comme K/k est lq-finie, donc la famille ([kpâjâ©Knâ:k])nâIâ des entiers naturels est totalement ordonnĂ©e ;
et par suite elle admet un plus petit Ă©lĂ©ment que lâon note [kpâjâ©Knjââ:k]. Soit I1â={sâIâŁKsââKnjââ} et I2â={sâIâŁKnjâââKsâ}, donc pour tout mâI1â, [kpâjâ©Kmâ:k]â€[kpâjâ©Knjââ:k]. Compte tenu de la propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique du plus petit Ă©lĂ©ment, on en dĂ©duit que [kpâjâ©Kmâ:k]=[kpâjâ©Knjââ:k], et par suite pour tout mâI1â, on a kpâjâ©Kmâ=kpâjâ©Knjââ. DâoĂč, kpâjâ©(mâI1âââKmâ)=mâI1âââkpâjâ©Kmâ=kpâjâ©Knjââ. Si on pose L=iâIââKiâ, il est clair que
L=mâI1âââKmâ. Comme K/k est dâexposant non bornĂ© et kpâjâ©KnjâââKmâ pour tout mâI1â, donc o1â(kpâjâ©L/k)=o1â(kpâjâ©Knjââ/k)=j. DâoĂč, L/k est dâexposant
non bornĂ©, et pour tout nâ„1, Knââ€L. Il en rĂ©sulte que H est inductif.    \sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
Corollaire 8.10
Toute extension lq-finie dâexposant non bornĂ© admet une sous-extension minimale M/k dâexposant non bornĂ©. En outre, M/k est relativement parfaite.
**Preuve. **Immédiat.    \sqcap$$\sqcup
Remarque 8.3
La condition de lq-finitude est nĂ©cessaire pour que H soit inductif, comme le montre lâexemple suivant :
Exemple 8.11
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et k=Q((Xiâ)iâNââ) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (Xiâ)iâNââ. Pour tout nâ„1, notons Knâ=k(((Xiâ)pâi)iâ„nâ).
On vĂ©rifie aussitĂŽt que la famille (Knâ)nâNââ de sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K1â/k est totalement ordonnĂ©e. Comme ((Xiâ)pâi)iâNââ est une r-base modulaire de K1â=k(((Xiâ)pâi)iâNââ) sur k, alors nâ„1ââKnâ se rĂ©duit Ă k, et donc H nâest pas inductif.
Une autre conséquence de la proposition 8.9 est le résulatt suivant :
Proposition 8.12
La clĂŽture relativement parfaite Krâ dâune extension lq-finie dâexposant non bornĂ© K/k est non trivial. Plus prĂ©cisĂ©ment, Krâ/k est dâexposant non bornĂ© si K/k lâest.
**Preuve. **DâaprĂšs la proposition 8.9, lâensemble des sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k admet une sous-extension m/k minimale. NĂ©cessairement, m/k est relativement parfaite, sinon k(mp)/k serait meilleure que m, contradiction ; et donc Krâ/k est dâexposant non bornĂ© (mâKrâ).    \sqcap$$\sqcup
Lorsque K/k est q-finie, on peut situer rp(K/k) par rapport Ă K, en particulier, on a K/rp(K/k) est finie. Cependant, dans le cas de la lq-finitude lâemplacement de la clĂŽture relativement parfaite varie dâune extension Ă lâautre.
A cet Ă©gard, chacun des exemples 8.1 et 8.6 ci-dessus prĂ©sente une extension K/k lq-finie et relativement parfaite (et donc K/rp(K/k) est dâexposant fini). Toutefois, voici un exemple oĂč K/rp(K/k) est dâexposant infini.
Exemple 8.13
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et k=Q(X,(Yiâ, Ziâ)iâNââ) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (X,(Yiâ, Ziâ)iâNââ). Pour tout nâ„1, on pose Ξnâ=Ynâpâ1Xpânâ1+Znâpâ1. Egalement, on note K=k(Xpââ,(Ξiâ)iâNââ), et pour tout nâN, knâ=kpânâ©K. Par convention, Ξ0â dĂ©signe Xpâ1.
Proposition 8.14
Sous les conditions ci-dessus, on a k1â=k(Ξ0â)=k(Xpâ1), et pour tout nâ„2, knâ=k(Xpân,Ξ1â,âŠ,Ξnâ1â). En particulier, K/k est lq-finie.
Remarque 8.4
Pour regrouper les deux conditions, la proposition ci-dessus peut sâĂ©noncĂ©e comme suit : pour tout nâ„1, knâ=k(Xpân,Ξ0â,âŠ,Ξnâ1â).
**Preuve. **La dĂ©monstration se fait par rĂ©currence, et utilise (plus particuliĂšrement au rang 1) les mĂȘmes techniques de raisonnement en passant dâun niveau Ă lâautre. Pour cela, on suppose que lâon a knâ=k(Xpân,Ξ0â,âŠ,Ξnâ1â) avec nâ„1. Il est clair que kn+1â=knâpâ1â©K et knâ(Xpânâ1,Ξnâ)âkn+1â. Toutefois, sâil existe αâkn+1â tel que αî âknâ(Xpânâ1,Ξnâ) ; alors αî âknâ(Xpââ,Ξnâ). Sinon, comme
knâ(Ξnâ)(Xpââ)/knâ(Ξnâ) est q-simple et o(α,knâ(Ξnâ))=o(Xpânâ1, knâ(Ξnâ))=1, alors nĂ©cessairement knâ(Ξnâ,α)=knâ(Ξnâ, Xpânâ1), câest une contradiction. Soit i le
plus grand entier tel que αî âknâ(Xpââ, Ξnâ,âŠ,Ξiâ). Pour allĂ©ger lâĂ©criture, on pose
L=k(Xpââ,Ξ1â,âŠ,Ξi+1â)=knâ(Xpââ, Ξnâ,âŠ,Ξi+1â), donc
αâL et o(α,knâ(Xpââ,Ξnâ,âŠ,Ξiâ))=o(Ξi+1â,knâ(Xpââ, Ξnâ,âŠ,Ξiâ))=1. Il en rĂ©sulte que
L=knâ(Xpââ,Ξnâ,âŠ,Ξiâ)âknââknâ(α). Or, par construction, pour tout jâ„1, Ξjâ=Yjâpâ1Xpâjâ1+Zjâpâ1,
et donc k(Ξjâ)âk(Yjâpâ1,Xpâjâ1,Zjâpâ1)âk(Yjâpâ1,Xpââ, Zjâpâ1). Notons L1â=L((Yjâpâ1,Zjâpâ1 )n+1â€jâ€iâ). Si Ξi+1ââL1â, comme Ξi+1â=Yi+1âpâ1Xpâiâ2+Zi+1âpâ1, alors L1â( Yi+1âpâ1 )=L1â(Zi+1âpâ1), et donc Zi+1âpâ1âk(Xpââ,(Yjâpâ1, Zjâpâ1 )1â€jâ€iâ, Yi+1âpâ1), câest une contradiction avec le fait que (X,(Yiâ,Ziâ)iâNââ) sont alĂ©briquement indĂ©pendent sur Q et k=Q((X,(Yiâ,Ziâ)iâNââ)). DâoĂč,
[TABLE]
On en dĂ©duit que L1â/knâ est modulaire. En outre, L1âp et knâ sont knââ©L1âp-linĂ©airement disjointes.
Comme Xpâiâ1î âknâ (nâ€i),
alors (1,Xpâiâ1) est knâ-libre, en particulier knââ©L1âp-libre. ComplĂ©tons ce systĂšme en une base B de L1âp sur knââ©L1âp,
en vertu de la linĂ©aritĂ© disjointe B est aussi une base de knâ(L1âp) sur knâ. Or, lâĂ©quation de dĂ©finition de Ξi+1â par rapport Ă L1â sâĂ©crit : Ξi+1âp=Yi+1âXpâiâ1+Zi+1â,
par identification on aura Yi+1â,Zi+1ââknââ©L1âp. En particulier, Yi+1âpâ1,Zi+1âpâ1âL1â, et donc
k(Xpââ,(Yjâpâ1,Zjâpâ1)1â€jâ€i+1â)âL((Yjâpâ1,Zjâpâ1)1â€jâ€iâ),Ξi+1â)=k(Xpââ,(Yjâpâ1,Zjâpâ1)1â€jâ€iâ),Ξi+1â). Il en rĂ©sulte que
2(i+1)+1=di(k(Xpââ, (Yjâpâ1,Zjâpâ1 )1â€jâ€i+1â)/k)â€di(k(Xpââ,( Yjâpâ1, Zjâpâ1 )1â€jâ€iâ,Ξi+1â)/k)â€2(i+1) ;
dâoĂč 1â€0, câest une contradiction. Par suite, kn+1â=k(Xpânâ1,Ξ1â, âŠ,Ξnâ).    \sqcap$$\sqcup
Proposition 8.15
Sous les hypothĂšses ci-dessus, rp(K/k)=k(Xpââ).
**Preuve. **Il suffit de remarquer que (Ξiâ)iâ„1â est une r-base modulaire de K/k( Xpââ ), et donc k(Xpââ)ârp(K/k)âiâNââk(Kpi)=iâNââk(Xpââ)(Kpi)=k(Xpââ). DâoĂč rp(K/k)=k(Xpââ) et K/k(Xpââ) est dâexposant non bornĂ©.
Non seulement K/rp(K/k) est dâexposant non bornĂ©, mais K/rp(K/k) nâest pas lq-finie.
Proposition 8.16
Toute extension lq-finie et modulaire est q-finie.
**Preuve. **Il suffit de remarquer que si K/k est modulaire, on a di(kpânâ©K/k)=di(kpâ1â©K/k)<+â pour tout nâ„1.    \sqcap$$\sqcup
9 Extensions absolument lq-finies
Soit K/k une extension purement insĂ©parable. Si K/k est q-finie, alors pour toute sous-extension L/k de K/k, K/L est aussi q-finie. Toutefois, dâaprĂšs lâexemple 8.13; cette proposition est gĂ©nĂ©ralement fausse dans le cas de la lq-finitude.
Cela nous amĂšne Ă Ă©tdier de pĂšs la stabilitĂ© au sens absolue de la lq-finitude au sein des extensions lq-finie. LâĂ©tude de cette propriĂ©tĂ© fait lâobjet de cette section.
Proposition 9.1
Soit K/k une extension purement inséparable. Les assertions suivantes sont équivalentes :
Pour toute sous-extension L/k de K/k, K/L est lq-finie.
Toute sous-extension L/k de K/k satisfait L/k(Lp) est finie.
Pour toute sous-extension L/k de K/k, on a L/rp(L/k) est finie.
Preuve. 1â2â3 est immĂ©diate, il suffit de remarquer que Lâ(k(Lp))pâ1â©K et K/k(Lp) est lq-finie pour toute sous-extension L/k de K/k, et dâappliquer la proposition 3.14.
Egalement, si lâitem 2 est vĂ©rifiĂ©, donc pour tout nâNâ, on aura Lnâ/k(Lnâp) est finie, oĂč Lnâ=Lpânâ©K. En particulier, di(Lnâ/L(Lnâp)) est fini. Comme Lnâ/L est dâexposant fini, alors di(Lnâ/L)=di(Lnâ/L(Lnâp))<+â, ou encore Lnâ/L est finie pour tout nâNâ.    \sqcap$$\sqcup
Définition 9.1
Une extension qui vĂ©rifie lâune des conditions Ă©quivalentes de la proposition ci-dessus sâappelle extension absolument lq-finie.
On vérifie aussitÎt que :
Toute extension absolument lq-finie est lq-finie.
Toute extension q-finie est absolument lq-finie.
K/k* est absolument lq-finie si et seulement si toute sous-extension L2â/L1â de K/k est lq-finie. En particulier, toute sous-extension dâune extension absolument lq-finie est absolument lq-finie.*
Voici un exemple qui montre que lq-finitude est distincte de la lq-finitude absolut.
Exemple 9.2
Reprenons lâexemple 8.13, rappelons que Q dĂ©signe toujours un corps parfait de caractĂ©ristique p>0 et k=Q(X,(Yiâ,Ziâ)iâ„1â) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (X,(Yiâ,Ziâ)iâ„1â). Rappelons aussi que Ξiâ=Yiâpâ1Xpâiâ1+Ziâpâ1 et K=k(Xpââ,(Ξiâ)iâ„1â).
DâaprĂšs lâexemple 8.13 K/k est lq-finie. Comme (Ξiâ)iâ„1â est une r-base de K/k(Kp), on en dĂ©duit que K/k nâest pas absolument lq-finie.
ThéorÚme 9.3
Une extension purement inséparable K/k est absolument lq-finie si et seulement si toute suite décroissante de sous-extensions de K/k est stationnaire.
**Preuve. **Supposons que la condition suffisante est vĂ©rifiĂ©e, et considĂ©rons une sous-extension L/k de K/k. Soit G une r-base de L/k. Si âŁG⣠nâest pas fini, il existe une suite (αnâ)nâNââ dâĂ©lĂ©ments deux Ă deux distincts de G. Pour tout nâ„1, posons Knâ=k(Gâ{α1â,âŠ,αnâ})). Il est clair que la suite (Knâ/k)nâ„1â de sous-extensions de K/k est strictement dĂ©croissante (pour lâinclusion), contradiction avec lâhypothĂšse de la condition suffisante. DâoĂč âŁG⣠est fini, ou encore L/k(Lp) est finie ; et donc K/k est absolument lq-finie.
Inversement, supposons que K/k est absolument lq-finie, et soit (Knâ/k)nâ„1â une suite dĂ©croissante de sous-extensions de K/k. Pour tout nâ„1, posons Lnâ=rp(Knâ/k). Comme K/k est absolument lq-finie, pour tout nâ„1, on a Knâ/k(Knâp) est finie. Par suite, dâaprĂšs la proposition 3.14, il existe enââN, tel que Lnâ=k(Knâpenâ)=iâ„1ââk(Knâpi). Puisque la suite (Knâ/k)nâ„1â est dĂ©croissante, il en est de mĂȘme de (Lnâ/k)nâ„1â. On distingue deux cas :
1-ier cas : Sâil existe n0ââN tel que Lnâ=Ln0ââ pour tout nâ„n0â, alors Knâ/Ln0ââ sera finie pour tout nâ„n0â. En vertu de la monotonie de (Knâ)nâ„1â, on en dĂ©duit que la suite des entiers naturels ([Knâ:Ln0ââ])nâ„n0ââ est dĂ©croissante, et donc stationnaire ; câest-Ă -dire il existe eâ„n0â tel que [Knâ:Ln0ââ]=[Keâ:Ln0ââ] pour tout nâ„e. Or, pour tout nâ„1, Kn+1ââKnâ, donc Kn+1â=Knâ pour tout nâ„e.
2-iĂšme cas : Si (Lnâ)nâ„1â nâest pas stationnaire, on est amenĂ© Ă considĂ©rer que la suite (Lnâ)nâ„1â est strictement dĂ©croissante, et par suite on va construire par rĂ©currence une suite (αiâ)iâNââ dĂ©lĂ©ments de K telle que αiââLiâ et αiâî âk(α1â,âŠ,αiâ1â)(Li+1â) pour tout iâ„1.
Le cas oĂč i=1 est trivial, il suffit de choisir α1â dans L1ââL2â. De plus, k(α1â)L2ââL1â (strictement). ConsidĂ©rons maintenant un entier naturel n distinct de [math] et 1, et supposons que cette propriĂ©tĂ© est satisfait pour tout i=1,âŠ,n. Comme Liâ/k est relativement parfaite pour tout iâ„1 et, (Liâ)iâ„1â est strictement dĂ©croissante, on en dĂ©duit que (k(α1â,âŠ,αnâ)Liâ)iâ„1â est aussi strictement dĂ©croissante ; et donc il existe αn+1ââLn+1â tel que αn+1âî âk(α1â,âŠ,αnâ)Ln+2â. Dans la suite, on pose
G=(α1â,âŠ,αnâ,âŠ) et Gnâ=(α1â,âŠ,αnâ), et on va montrer que G est r-libre sur k. Comme G=nâ„1ââGnâ et GiââGi+1â, il suffit de montrer que Gnâ est r-libre sur k pour tout nâ„1. Sâil existe iâ{1,âŠ,n} tel que αiââk(Gnââ{αiâ}), donc en particulier αiââk(α1â,âŠ,αiâ1â)Ki+1â (puisque pour tout jâ„i+1, k(α1â,âŠ,αiâ1â)Kjââk(α1â,âŠ,αiâ1â)(Ki+1â)), câest une contradiction par construction. Par suite, di(k(G)/k)=di(k(G)/k((k(G))p))=+â ; et donc K/k nâest pas absolument lq-finie, absurde.    \sqcap$$\sqcup
Soit K/k une extension purement insĂ©parable. Si K/k est q-finie, il est aussitĂŽt que toute sous-extension L/k de K/k est finie sur k(Lp), donc il est fort probable que la rĂ©ciproque soit aussi vraie. Autrement dit la lq-finitude absolut est synonyme de la q-finitude. Toutefois, en utilisant la propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique de la lq-finitude absolut, voici un exemple type dâextension absolument lq-finie qui nâest pas q-finie. Par ailleurs, les deux notions se confondent dans le cas de la modularitĂ©.
9.1 Existence effective de lq-finitude absolut
Exemple 9.4
Soient Q un corps parfait de caractĂ©ristique p>0, et (X,(Zijâ,Yijâ ))(i,j)âNâĂ(Nââ{1})â une famille algĂ©briquement indĂ©pendante sur Q. Soit k=Q((X,(Zijâ, Yijâ))(i,j)âNâĂ(Nââ{1})â) le corps des fractions rationnelles aux indĂ©terminĂ©es (X,(Zijâ, Yijâ)(i,j)âNâĂ(Nââ{1})â). Soit (anâ)nâNââ une famille dâĂ©lĂ©ments de Q(Xpââ) telle que Q(anâ)=Q(Xpân) pour tout nâNâ. En particulier, k(anâ)=k(Xpân), et par suite pour tout nâNâ, o(anâ,k)=o(Xpân,k)=n.
Dans la suite on se servira des notations suivantes :
- K1â=iâ„1ââk(Ξi1â), avec Ξi1â=aiâ pour tout iâNâ.
- K2â=iâ„1ââK1â(Ξi2â), avec Ξ12â=(Z12â)pâ1Ξ21â+(Y12â)pâ1,
et pour tout iâ„2, Ξi2â=(Zi2â)pâ1Ξ2i1â+(Ξiâ12â)pâ1+(Yi2â)pâ1.
- Par rĂ©currence, on pose : Knâ=iâ„1ââKnâ1â(Ξinâ), avec Ξ1nâ=(Z1nâ)pâ1Ξ2nâ1â+(Y1nâ)pâ1, et pour tout iâ„2, Ξinâ=(Zinâ)pâ1Ξ2inâ1â+(Ξiâ1nâ)pâ1+(Yinâ)pâ1.
On note Ă©galement K=iâ„1ââKnâ, et pour des raisons de formulation, on pose par convention K0â=k, et pour tout iâN, Ξ0iâ=0.
On vérifie aussitÎt que :
Pour tout (i,n)âNâĂ(Nâ{0,1}),
[TABLE]
Pour tout nâNâ, pour tout iâN, on a Knâ1â(Ξinâ)âKnâ1â(Ξi+1nâ), et donc Knâ/k est un corps commutatif. En outre, K/k est purement insĂ©parable, et pour tout nâNâ, Knâ/Knâ1â est q-simple.
ThéorÚme 9.5
(Kiâ/k)iâ„1â* sont les seules sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k Ă une extension finie prĂšs ; câest-Ă -dire pour toute sous-extension propre L/k dâexposant non bornĂ© de K/k, il existe iâNâ tel que KiââL et L/Kiâ est finie.*
Comme application type de ce théorÚme, on a :
Proposition 9.6
Toute suite décroissante de sous-extensions de K/k est stationnaire.
**Preuve. **Soit (Fiâ/k)iâ„1â une suite dĂ©croissante de sous-extensions de K/k. DâaprĂšs le thĂ©orĂšme prĂ©cĂ©dent, pour tout jâNâ, il existe ijââN tel que KijâââFjâ et Fjâ/Kijââ est finie. Comme Fj+1ââFjâ, alors nâNââk(Fj+1âpn)=Kij+1ââânâNââk(Fjâpn)=Kijââ. DâoĂč, il existe sâNâ, pour tout jâ„s, Kijââ=Kisââ. En particulier, pour tout jâ„s, Fjâ/Kisââ est finie. Ainsi, pour tout jâ„s, [Fj+1â:Kisââ]â€[Fjâ:Kisââ]â€[Fsâ:Kisââ] ; ou encore la suite dâentiers naturels ([Fjâ:Kisââ])jâ„sâ est dĂ©croissante, donc stationnaire Ă partir dâun entier n0â, et par suite pour tout nâ„n0â, Fnâ=Fn0ââ.    \sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate, on a :
ThéorÚme 9.7
Sous les mĂȘmes hypothĂšses ci-dessus, on a K/k est absolument lq-finie.
**Preuve. **Due au théorÚme 9.3.    \sqcap$$\sqcup
Pour la preuve du théorÚme 9.5 ci-dessus, nous aurons besoin des résultats suivants :
Tout dâabord, dĂ©sormais, pour tout (i,s)â(Nâ{0,1})ĂNâ, on pose Îsiâ={(j,l)âN2âŁ2â€jâ€i et 1â€lâ€2iâjs}.
Lemme 9.8
Pour tout iâ„2, pour tout sâ„1, on a
ΞsiââQ(Ξ2iâ1s1â,((Zljâ)pâ2iâjs, (Yljâ)pâ2iâjs)(j,l)âÎsiââ).
**Preuve. **On va utiliser une dĂ©monstration par rĂ©currence. Par construction, pour tout sâNâ, Ξs2â=(Zs2â)pâ1Ξ2s1â+âŻ+(Z12â)pâs(Ξ21â)pâs+1+(Ys2â)pâ1+âŻ+(Y12â)pâs, dâoĂč Ξs2ââQ(Ξ2s1â,âŠ,(Ξ21â)pâs+1,(Zs2â)pâ1,âŠ, (Z12â)pâs, (Ys2â)pâ1, âŠ,(Y12â)pâs)âQ(Ξ2s1â,(Zs2â)pâs,âŠ,(Z12â)pâs,(Ys2â)pâs,âŠ,(Y12â)pâs), et par suite le lemme est vĂ©rifiĂ© pour le premier rang. Supposons que la propriĂ©tĂ© de rĂ©currence sâapplique jusquâĂ lâordre i>1. Egalement, pour tout sâNâ, on a Ξsi+1â=(Zsi+1â)pâ1Ξ2siâ+âŻ+(Z1i+1â)pâs(Ξ2iâ)pâs+1+ (Ysi+1â)pâ1+âŻ+(Y1i+1â)pâs, et donc Ξsi+1ââQ(Ξ2siâ,âŠ, (Ξ2iâ)pâs+1, (Zsi+1â)pâ1, âŠ,(Z1i+1â)pâs,(Ysi+1â)pâ1,âŠ, (Y1i+1â)pâs). Or, dâaprĂšs lâhypothĂšse de rĂ©currence, pour tous râ{1,âŠ,s}, Ξ2riââQ(Ξ2iâ1.2r1â,((Zljâ)pâ2iâj2r, (Yljâ)pâ2iâj2r )(j,l)âÎ2riââ). Comme Q est parfait, pour tout nâN, on a Qpân=Q ; et par suite (Ξ2riâ)pâ(sâr)âQ((Ξ2ir1â)pâ(sâr), ((Zljâ)pâ2i+1âjrâ(sâr),(Yljâ)pâ2i+1âjrâ(sâr))(j,l)âÎ2riââ) pour tous râ{1,âŠ,s}. Puisque Q(Ξ2ir1â)=Q(Xpâ2ir) et 2i+1âjs=2i+1âj(r+(sâr))=2i+1âjr+2i+1âj(sâr)â„2i+1âjr+(sâr), on en dĂ©duit les relations ci-dessus:
Q((Ξ2ir1â)pâ(sâr))=Q(Xpâ2irâ(sâr))âQ(Xpâ2is)=Q((Ξ2is1â)),
(Zljâ)pâ2i+1âjrâ(sâr)âQ((Zljâ)pâ2i+1âjs), et (Yljâ)pâ2i+1âjrâ(sâr) Ă©lĂ©ment de Q((Yljâ)pâ2i+1âjs).
DâoĂč,
Ξsi+1ââQ(Ξ2is1â,((Zljâ)pâ2i+1âjs,(Yljâ)pâ2i+1âjs)(j,l)âÎsi+1ââ).    \sqcap$$\sqcup
Dans toute la suite, pour tout nâ„2, on pose Snâ=k(Xpââ,((Zijâ)pââ, (Yijâ)pââ )(i,j)âÎnââ), oĂč Înâ=NâĂ{2,âŠ,n}, et S1â=k(Xpââ) par convention.
DâaprĂšs le lemme ci-dessus, pour tout nâ„2, on vĂ©rifie aussitĂŽt que KnââSnâ. De plus, pour tout (i,n)âNâĂ(Nâ{0,1}), (Z1nâ)pâ1âSnâ1â((Y1nâ)pâ1,Ξinâ) par construction.
Proposition 9.9
La famille (Zijâ)(i,j)âNâĂ(Nâ{0,1})â est p-indĂ©pendente sur Kp.
Tout le long de cette dĂ©monstration, on va utiliser les notations suivantes : pour tous (i,j)âNâĂ(Nâ{0,1}), on pose
Aijâ=((Zs1âs2ââ)pâ1)(s1â,s2â)<(i,j)â oĂč †est la relation dâordre hexadĂ©cimal, et pour tout jâ„2, Cijâ=((Zljâ)pâi,(Yljâ)pâi)l<iâ.
**Preuve. **DâaprĂšs le lemme dâĂ©change, pour tout jâ„2, pour tout iâNâ, il suffit de montrer que Zijâî âKp((Aijâ)p), ou encore (Zijâ)pâ1î âK(Aijâ). Pour cela, on suppose lâexistence dâun couple (i,j)âNâĂ(Nâ{0,1}) tel que (Zijâ)pâ1âK(Aijâ). Comme K=nâ„1ââKnâ, il existe nâNâ tel que (Zijâ)pâ1âKnâ(Aijâ). Soit n le plus petit entier qui vĂ©rifie cette relation. Par construction, il est clair que n>1. De plus, on distingue deux cas :
1-ier cas : si nâ€j, donc (Zijâ)pâ1âKnâ(Aijâ)âKjâ(Aijâ)âSjâ1â(Kjâ)(Cijâ). Or, on a, Ξijâ=(Zijâ)pâ1Ξ2ijâ1â+âŻ+(Z1jâ)pâi(Ξ2jâ1â)pâi+1+(Yijâ)pâ1+âŻ+(Y1jâ)pâi, et comme pour tout (r,l)â{1,âŠ,iâ1}ĂNâ, on a (Zrjâ)pâi,(Yrjâ)pâiâCijâ et Ξljâ1ââSjâ1â, on en dĂ©duit que (Yijâ)pâ1âSjâ1â(Kjâ)(Cijâ). Cela conduit en vertu du thĂ©orĂšme 3.1, Ă di(Sjâ1â(Cijâ,(Zijâ)pâ1,(Yijâ)pâ1)/Sjâ1â(Cijâ))=2â€di(Sjâ1â(Kjâ,Cijâ)/Sjâ1â( Cijâ))=1 ; et donc 2â€1, câest une contradiction.
2-iĂšme cas : nâ„j+1. On a (Zijâ)pâ1î âKnâ1â(Aijâ) et (Zijâ)pâ1âKnâ(Aijâ), comme Knâ(Aijâ)/ Knâ1â(Aijâ) est q-simple et Ξ1nâî âKnâ1â(Aijâ), (sinon on aura (Z1nâ)pâ1âSnâ1â((Y1nâ)pâ1), absurde), alors Knâ1â(Aijâ)(Ξ1nâ)=Knâ1â(Aijâ)((Zijâ)pâ1) âSnâ1â. En particulier, Ξ1nââSnâ1â et donc (Z1nâ)pâ1âSnâ1â((Y1nâ)pâ1), (car Ξ1nâ=(Z1nâ)pâ1Ξ2nâ1â+(Y1nâ)pâ1), câest une contradiction.    \sqcap$$\sqcup
Lemme 9.10
Pour tout (i,s)âNĂNâ, pour tout j>i, o(Ξsjâ,Kiâ)=2jâiâ1s.
**Preuve. **Il est immĂ©diat que o(Ξs1â,K0â)=s pour tout sâNâ, donc on se ramĂšne au cas oĂč jâ„2. Dans la suite, on va utiliser un raisonnement par rĂ©currence sur j. Par construction, on a Ξsi+1â=(Zsi+1â)pâ1Ξ2siâ+âŻ+(Z1i+1â)pâs(Ξ2iâ)pâs+1+(Ysi+1â)pâ1+âŻ+(Y1s+1â)pâs, et donc (Ξsi+1â)psâKiâ. Si (Ξsi+1â)psâ1âKiâ, on aura (Z1i+1â)pâ1âKiâ((Y1i+1â)pâ1), câest une contradiction. DâoĂč, (Ξsi+1â)psâ1î âKiâ, et donc o(Ξsi+1â,Kiâ)=s.
Soit maintenant j un entier tel que jâ„i+2. Egalement, pour tout sâ„1, on a Ξsjâ=(Zsjâ)pâ1Ξ2sjâ1â+âŻ+(Z1jâ)pâs(Ξ2jâ1â)pâs+1+(Ysjâ)pâ1+âŻ+(Y1jâ)pâs. Or, dâaprĂšs lâhypothĂšse de rĂ©currence, pour tout sâNâ, pour tout nâ{0,âŠ,sâ1}, on a o(Ξ2(sân)jâ1â,Kiâ)=2jâ1âiâ1.2(sân)=2jâiâ1(sân), dâoĂč
pour tout nâ{1,âŠ,sâ1},
[TABLE]
Il en résulte que
o(Ξsjâ,Kiâ)=o(Ξ2sjâ1â,Kiâ)=2jâiâ1s.    \sqcap$$\sqcup
Lemme 9.11
Pour tout iâN, Kiâpâ1â©K=Kiâ(Ξ1i+1â).
**Preuve. **Il est clair que Kiâ(Ξ1i+1â)âKipâ1ââ©K. Sâil existe αâKipâ1ââ©K tel que αî âKiâ(Ξ1i+1â), comme Ki+1â/Kiâ est q-simple, on a αî âKi+1â, sinon Kiâ(Ξ1i+1â)=Kiâ(α). Soit j le plus grand entier tel que αî âKjâ, donc αâKj+1â avec i+1â€j. En outre, on aura o(α,Kjâ1â)=1, et par suite Kjâ(α)=Kjâ(Ξ1j+1â)âKjââKjâ1ââKjâ1â(α) ; dâoĂč Kjâ(Ξ1j+1â)/Kjâ1â est modulaire. Or, o(Ξ2jâ,Kjâ1â)=2, donc le systĂšme (1,(Ξ2jâ)p) est Kjâ1â libre, en particulier il est libre sur Kjâ1ââ©[Kjâ(Ξ1j+1â)]p. ComplĂ©tons ce systĂšme en une base B de [Kjâ(Ξ1j+1â)]p sur Kjâ1ââ©[Kjâ(Ξ1j+1â)]p.
Comme Kjâ(Ξ1j+1â)/Kjâ1â est modulaire, donc [Kjâ(Ξ1j+1â)]p et Kjâ1â sont Kjâ1ââ©[Kjâ(Ξ1j+1â)]p-linĂ©airement disjointes ; et par suite B est aussi une base de Kjâ1â([Kjâ(Ξ1j+1â)]p) sur Kjâ1â. Or
lâĂ©quation de dĂ©finition de Ξ1j+1â sur Kjâ1â sâĂ©crit : (Ξ1j+1â)p=Z1j+1â(Ξ2jâ)p+Y1j+1â, par identification on aura Z1j+1â,Y1j+1ââKjâ1ââ©[Kjâ(Ξ1j+1â)]pâKp, câest une contradiction avec la proposition 9.9; et donc Kiâpâ1â©K=Kiâ(Ξ1i+1â).    \sqcap$$\sqcup
Corollaire 9.12
Pour tous (i,n)âNĂNâ, on a Kiâpânâ©KâKi+1âpân+1â©K. En particulier, Kiâpânâ©KâKn+iâ pour tout entier n.
**Preuve. **Il suffit de remarquer que Kiâpânâ©K=(Kiâpâ1â©K)pân+1â©KâKi+1âpân+1â©K.    \sqcap$$\sqcup
Comme conséquence, on a :
Corollaire 9.13
Pour tout jâN, K/Kjâ est lq-finie.
**Preuve. **Application immĂ©diate du rĂ©sultat prĂ©cĂ©dente, et du fait que di(Kn+jâ /Kjâ)=n pour tous j,nâN.    \sqcap$$\sqcup
Soit n un entier naturel non nul. ConsidĂ©rons la suite (nsâ)sâNââ des entiers dĂ©finie par la relation de rĂ©currence suivante :
n1â=n, et pour tout sâNââ{1}, ns+1â=[2nsââ], oĂč [.] dĂ©signe la partie entiĂšre. La suite des entiers ainsi obtenue est dĂ©croissante, et donc stationnaire. Le premier entier e tel que neâ=1 sâappelle longueur de paritĂ© infĂ©rieur de n et se note lpi(n). On vĂ©rifie immĂ©diatement que :
Pour tout s>lpi(n), nsâ=0.
Si nâ€m, alors lpi(n)â€lpi(m).
Pour tout iâNâ, 2ni+1â+Δiâ=niâ, avec Δiâ=0 ou 1 selon la paritĂ© de niâ.
En particulier, 2ni+1ââ€niâ
et niâ+1â€2(ni+1â+1), et par suite pour tout jâ„i, on en dĂ©duit que 2jâinjââ€niâ et niâ+1â€2jâi(njâ+1). Notamment, si lâon pose p1â=lpi(n), on aura 2p1ââ1â€n<2p1â. Autrement dit, p1â est le plus petit entier tel que n<2p1â.
ThéorÚme 9.14
Pour tout (i,n)âNĂNâ, Kiâpânâ©KâKi+1âpâ[2nâ].
Pour la preuve de ce théorÚme, on aura besoin des résultats suivants :
Proposition 9.15
Soit n un entier naturel non nul. Pour tout sâNâ, pour tout nâN, on a o(Ξnsâs+râ,Krâ(Ξn1â1+râ, âŠ, Ξnsâ1âsâ1+râ))=nsâ=iâNâsupâ(o(Ξniâi+râ,Krâ(Ξn1â1+râ, âŠ, Ξnsâ1âsâ1+râ)). En paticulier, {Ξn1â1+râ,âŠ,Ξnp1ââp1â+râ} est une r-base canoniquement ordonnĂ©e de Krâ((Ξniâiâ)iâNââ)/Krâ, oĂč p1â=lpi(n).
**Preuve. **Comme les Kiâ/k, (1â€i) sont construites de la mĂȘme façon, on se contente de prĂ©senter la dĂ©monstration dans le cas oĂč r=0. Par convention, pour tout s>p1â, o(Ξnsâsâ,k)=o(Ξ0sâ,k)=0, donc on se ramĂšne au cas oĂč sâ€p1â.
DâaprĂšs le lemme 9.10, pour tout iâ{1,âŠ,p1â}, o(Ξniâiâ,k)=o(Ξniâiâ,K0â)=2iâ1niââ€n1â=o(Ξn1â1â,k), et donc o(Ξn1â1â,k)=iâNâsupâ(o(Ξniâiâ,k)). Soit sâ{2,âŠ,p1ââ1}, supposons en tenant compte de lâhypothĂšse de rĂ©currence que pour tout jâ{1,âŠ,s}, on a o(Ξnjâjâ,k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnjâ1âjâ1â))=njâ=iâNâsupâ(o(Ξniâiâ,k(Ξn1â1â, âŠ,Ξnjâ1âjâ1â)). Pour simplifier lâĂ©criture, on pose L1â=k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnsâsâ), L2â=k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ) et L3â=L2â(Ksâ)=Ksâ(Ξns+1âs+1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ). Dâune part, L3â/k Ă©tant q-finie, donc en vertu du lemme 9.10, pour tout iâ„s+1, o(Ξniâiâ,Ksâ)=2iâsâ1niââ€ns+1â=o(Ξns+1âs+1â,Ksâ). Dâautre part, dâaprĂšs la proposition 4.16 et 4.17, ns+1â=o(Ξns+1âs+1â,Ksâ ) â€o(Ξns+1âs+1â,L1â)â€o1â(L2â/L1â)=os+1â(L2â/k)â€os+1â(L3â/k)=o(Ξns+1âs+1â,Ksâ)=ns+1â, et donc o(Ξns+1âs+1â,L1â)=os+1â(L2â/k)=o1â(L2â/ L1â)=ns+1â. Par suite, pour tout sâNâ, o(Ξnsâsâ,k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnsâ1âsâ1â)) =nsâ=iâNâsupâ(o(Ξniâiâ,k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnsâ1âsâ1â)). En particulier, par application de lâalgorithme de la complĂ©tion des r-bases, on aura {Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ} est une r-base canoniquement ordonnĂ©e de k((Ξniâiâ)iâNââ)/k.    \sqcap$$\sqcup
Soit n un entier naturel non nul. ConsidĂ©rons la suite (nsâČâ)sâNââ des entiers dĂ©finie par la relation de rĂ©currence suivante :
n1âČâ=n* si n est paire, et n1âČâ=n+1 dans le cas contraire.*
Pour tout sâNâ, ns+1âČâ=2nsâČââ si nsâČâ est paire, et ns+1âČâ=2nsâČâ+1â si nsâČâ est impaire.
La suite des entiers ainsi obtenue est dĂ©croissante, donc stationnaire. Le plus petit entier r tel que nrâČâ=1 sâappelle longueur de paritĂ© supĂ©rieur de n et se note lps(n). On vĂ©rifie immĂ©diatement que :
Pour tout sâ„lps(n), nsâČâ=1.
Pour tout iâNâ, 2ni+1âČâ=niâČâ+Δiâ, avec Δiâ=0 ou 1 selon la paritĂ© de niâČâ.
En particulier, niâČââ€2ni+1âČâ et 2(ni+1âČââ1)â€niâČââ1. Par suite, pour tout jâ„i, niâČââ€2jâinjâČâ et 2jâi(njâČââ1)â€niâČââ1. En outre, si on pose p2â=lps(n), on aura 2p2ââ2<nâ€2p2ââ1. Autrement dit, p2ââ1 est le plus petit entier tel que nâ€2p2ââ1.
De mĂȘme, il est aisĂ© dâobtenir lâexpression niââ€niâČâ, pour tout iâNâ. Toutefois, on montre par rĂ©currence que niâČââ€niâ+1. En effet, pour i=1 le rĂ©sultat est vĂ©rifiĂ©, et si niâČââ€niâ+1, ou encore niâČâ+1â€2(ni+1â+1)+1, on aura ni+1âČââ€2niâČâ+1ââ€(ni+1â+1)+21â ; et par suite ni+1âČââ€[ni+1â+1+21â]=ni+1â+1.
En outre, niâČâ=niâ+αiâ, avec αiâ=0 ou 1 ; et par consĂ©quent lps(n)=lpi(n)+α, avec α=0 ou 1. Egalement, on a 2p2ââ2â€2p1ââ1â€nâ€2p2ââ1â€2p1â, oĂč p1â=lpi(n) et p2â=lps(n), et comme consĂ©quences, p2â=p1â si et seulement si n est puissance de 2.
On pose ensuite, Î={(f,g)âN2âŁfâ„2 et 1â€gâ€nfâČâ}, et Q0nâ=Q(Ξn1âČâ1â,((Zgfâ)pân2âČâ, (Ygfâ)pân2âČâ )(f,g)âÎâ).
Comme pour tout iâNââ{1}, et pour tout jâ{2,âŠ,i}, 2iâjniââ€njââ€njâČââ€n2âČâ, on en dĂ©duit que {(Zljâ)pâ2iâjniâ,(Yljâ)pâ2iâjniâ}âQ0nâ. DâaprĂšs le lemme 9.8, pour tout iâNâ, on a ΞniâiââQ0nâ ; et donc Q((Ξniâiâ)iâNââ)âQ0nâ. Pour tout iâN, posons de mĂȘme Finâ=Q0nâ(Kiâ) et Fn=Q0nâ(K). On vĂ©rifie aussitĂŽt que:
Pour tout iâN, FinââFi+1nâ, et Fn=iâNââFinâ.
Pour tout iâN, Fi+1nâ/Finâ est q-simple.
Pour tout 1â€i, (ΞniâČââ1iâ)pâ1âQ0nâ.
En effet, ΞniâČââ1iââQ(Ξ2iâ1(niâČââ1)1â,((Zljâ)pâ2iâj(niâČââ1), (Yljâ)pâ2iâj(niâČââ1) )(j,l)âÎniâČââ1iââ), en vertu du lemme 9.8.
Comme ΞniâČââ11ââ(Q0nâ)p (Q Ă©tant donnĂ© parfait), et pour tout jâ{2,âŠ,i}, 2iâj(niâČââ1)â€njâČââ1â€n2âČââ1, (et donc en particulier 2iâ1(niâČââ1)â€n1âČââ1),
alors ΞniâČââ1iââQ(Ξn1âČââ11â,((Zljâ)pâ(n2âČââ1), (Yljâ)pâ(n2âČââ1) )(j,l)âÎniâČââ1iââ)â(Q0nâ)p ;
ou encore (ΞniâČââ1iâ)pâ1âQ0nâ. En outre (ΞniâČââ1iâ)pâ1âF0nâ, et
pour tout iâ„1, ΞniâČâiââFiâ1nâ, (car ΞniâČâiâ=(ZniâČâiâ)pâ1Ξ2niâČâiâ1â+(ΞniâČââ1iâ)pâ1+(YniâČâiâ)pâ1, avec (ZniâČâiâ)pâ1,(YniâČâiâ)pâ1âF0nâ et Ξ2niâČâiâ1ââKiâ1ââFiâ1nâ.
Lemme 9.16
Pour tout (s,j)âNâĂNâ, o(ΞnsâČâ+jsâ,Fsâ1nâ)=j.
Pour simplifier lâĂ©criture, on pose
L2â=k((Q0nâ)pââ,(Yn2âČâ+12â)pââ)=k(Xpââ, ((Zlsâ)pââ,(Ylsâ)pââ)(s,l)âÎâ, (Yn2âČâ+12â)pââ),
et pour tout t>2, Ltâ=Stâ1â((Q0nâ)pââ, (YntâČâ+12â)pââ)=k(Xpââ,((Zihâ)pââ,(Yihâ)pââ)(i,h)âÎtâ1ââ, ((Zljâ)pââ,(Yljâ)pââ)(j,l)âÎâ, (YntâČâ+1tâ)pââ), oĂč Îtâ1â=NâĂ{2,âŠ,tâ1}. Il est clair que FsnââLsâ, par ailleurs, comme Q est parfait, et Ξisâ=(Zisâ)pâ1Ξ2isâ1â+âŻ+(Z1sâ)pâi(Ξ2sâ1â)pâi+1+(Yisâ)pâ1+âŻ+(Y1sâ)pâi, s>1 et iâNâ, alors pour tout jâN, (Ξisâ)pâjâk(Xpââ,((Zrhâ)pââ,(Yrhâ)pââ)(r,h)âÎsâ1ââ, ((Zlsâ)pââ,(Ylsâ)pââ)1â€lâ€iâ). En particulier, (ΞnsâČâsâ)pâjâLsâ.
**Preuve. **Pour s=1, le rĂ©sultat est trivial, donc on est amenĂ© au cas sâ„2. Par construction, ΞnsâČâ+1sâ=(ZnsâČâ+1sâ)pâ1Ξ2(nsâČâ+1)sâ1â+(ΞnsâČâsâ)pâ1+(YnsâČâ+1sâ)pâ1=(ZnsâČâ+1sâ)pâ1Ξ2(nsâČâ+1)sâ1â +âŻ+(Z1sâ)pânsâČââ1(Ξ2sâ1â)pânsâČâ+(YnsâČâ+1sâ)pâ1+âŻ+(Y1sâ)pânsâČââ1, donc (ΞnsâČâ+1sâ)p=ZnsâČâ+1sâ(Ξ2(nsâČâ+1)sâ1â)p+ΞnsâČâsâ+YnsâČâ+1sâ, et par suite
(ΞnsâČâ+1sâ)pâFsâ1nâ. Toutefois, si ΞnsâČâ+1sââFsâ1nâ, on aura (ZnsâČâ+1sâ)pâ1âLsâ
Remarquons que pour tout hâ€sâ1 et pour tout iâNâ, Zihâî =ZnsâČâ+1sâ, Ă©galement pour tout 1â€lâ€njâČâ. ZnsâČâ+1sâî =Zsjâ ; et comme la famille (Zijâ,Yijâ)(i,j)âNâ2â est p-indĂ©pendante sur kp, alors (ZnsâČâ+1sâ)pâ1î âLsâ, câest une contradiction. DâoĂč o(ΞnsâČâ+1sâ,Fsâ1nâ)=1. Soit j un entier naturel diffĂ©rent de [math] et 1, supposons par application de la propriĂ©tĂ© de rĂ©currence que o(ΞnsâČâ+isâ,Fsâ1nâ)=i pour tout iâ{1,âŠ,j}. Comme ΞnsâČâ+j+1sâ=(ZnsâČâ+j+1sâ)pâ1Ξ2(nsâČâ+j+1)sâ1â+(ΞnsâČâ+jsâ)pâ1+(YnsâČâ+j+1sâ)pâ1, on aura (ΞnsâČâ+jsâ)pâ1âFsâ1nâ(ΞnsâČâ+j+1sâ,(ZnsâČâ+j+1sâ)pâ1, (YnsâČâ+j+1sâ)pâ1). DâoĂč, j+1=o((ΞnsâČâ+jsâ)pâ1,Fsâ1nâ)â€o1â(Fsâ1nâ(ΞnsâČâ+j+1sâ,(ZnsâČâ+j+1sâ)pâ1,(YnsâČâ+j+1sâ)pâ1) / Fsâ1nâ)â€o(ΞnsâČâ+j+1sâ,Fsâ1nâ)â€j+1, et par suite o(ΞnsâČâ+j+1sâ,Fsâ1nâ)=j+1.    \sqcap$$\sqcup
Comme conséquence, on a :
Corollaire 9.17
Pour tout sâNâ, (Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)pî âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ). En particulier, (Ξns+1âČâ+1s+1â)pî âFsâ1nâ( Ξ2ns+1âČâsâ).
**Preuve. **Si (Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)pâFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ), alors o( (Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)p, Fsâ1nâ)=o((ΞnsâČâ+Δsâ+2sâ)p, Fsâ1nâ) =Δsâ+2â1â€o(Ξ2ns+1âČâsâ,Fsâ1nâ)=o(ΞnsâČâ+Δsâsâ,Fsâ1nâ)=Δsâ, ce qui implique que 1<0, contradiction. DâoĂč, (Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)pî âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ). Dâautre part, comme (Ξns+1âČâ+1s+1â)p=Zns+1âČâ+1s+1â(Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)p+(Zns+1âČâs+1â)pâ1Ξ2ns+1âČâsâ+(Ξns+1âČââ1s+1â)pâ1+Yns+1âČâ+1s+1â+(Yns+1âČâs+1â)pâ1, et (Ξns+1âČââ1s+1â)pâ1,(Zns+1âČâs+1â)pâ1,(Yns+1âČâs+1â)pâ1 sont des Ă©lĂ©ments de F0nâ, on en dĂ©duit que (Ξns+1âČâ+1s+1â)pî âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ).    \sqcap$$\sqcup
Lemme 9.18
Pour tout sâ„1, (Zns+1âČâ+1s+1â)pâ1î âFn.
**Preuve. **En posant m0â=Q(((Zgfâ)pââ, (Ygfâ)pââ )(f,g)âÎâ), m=k(m0â) et Miâ=m(Kiâ), M=m(K)=iâ„1ââMiâ, et pour tout iâNâ, ZâČijâ=ZnjâČâ+ijâ, YâČijâ=YnjâČâ+ijâ et αijâ=ΞnjâČâ+ijâ ; on se retrouve dans des conditions analogues Ă celles de la proposition 9.9, oĂč X, ZâČijâ, YâČijâ et αijâ jouent des rĂŽles similaires que X, Zijâ, Yijâ et Ξijâ auquel cas le rĂ©sultat dĂ©coule immĂ©diatement.    \sqcap$$\sqcup
Toutefois, on vĂ©rifie aussitĂŽt que pour tout iâNâ, Finâ=Fiâ1nâ((αjiâ)jâ„1â), et pour tout jâ„1, o(αjiâ,Fiâ1nâ)=j.
Lemme 9.19
(F0nâ)pâ1â©Fn=F0nâ(α11â).
**Preuve. **Il est clair que F0nâ(α11â)â(F0nâ)pâ1â©Fn. Supposons que (F0nâ)pâ1â©Fnî =F0nâ(α11â)=F0nâ(Ξn1âČâ+11â), donc il existe Ξâ(F0nâ)pâ1â©Fn tel que Ξî âF0nâ(Ξn1âČâ+11â). Soit s le plus grand entier tel que Ξî âFsnâ, donc ΞâFs+1nâ et 1â€s. Comme Fs+1nâ/Fsnâ est q-simple et o(Ξ,Fsnâ)=o(Ξ,Fsâ1nâ)=1, et compte tenu de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe, on aura Fsnâ(Ξ)=Fsnâ(α1s+1â)âFsnââFsâ1nââFsâ1nâ(Ξ)âFsnââFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ)âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ)(Ξ). DâoĂč Fsnâ(Ξ)/Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ) est modulaire, en outre (Fsnâ(Ξ))p et Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ) sont (Fsnâ(Ξ))pâ©Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ)-linĂ©airement disjointes. Comme (Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)pî âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ) dâaprĂšs le corollaire 9.17, alors (1,(Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)p) est libre sur Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ), dâoĂč (1,(Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)p) est libre sur (Fsnâ(Ξ))pâ©Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ). ComplĂ©tons ce systĂšme en une base B de (Fsnâ(Ξ))p sur (Fsnâ(Ξ))pâ©Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ). En vertu de la linĂ©aritĂ© disjointe, B est aussi une base de (Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ))((Fsnâ(Ξ))p) sur Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ). Or, par construction, on a (α1s+1â)p=(Ξns+1âČâ+1s+1â)p=Zns+1âČâ+1s+1â(Ξ2(ns+1âČâ+1)sâ)p+(Zns+1âČâs+1â)pâ1Ξ2ns+1âČâsâ+(Ξns+1âČââ1s+1â)pâ1+Yns+1âČâ+1s+1â+(Yns+1âČâs+1â)pâ1, et (Zns+1âČâs+1â)pâ1Ξ2ns+1âČâsâ+(Ξns+1âČââ1s+1â)pâ1+Yns+1âČâ+1s+1â+(Yns+1âČâs+1â)pâ1âFsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ), (car (Zns+1âČâs+1â)pâ1,(Yns+1âČâs+1â)pâ1, (Ξns+1âČââ1s+1â)pâ1âF0nâ). Par identification, on obtient (Zns+1âČâ+1s+1â)â(Fsnâ(Ξ))pâ©Fsâ1nâ(Ξ2ns+1âČâsâ), et donc
(Zns+1âČâ+1s+1â)pâ1âFsnâ(Ξ)âFn, câest une contradiction dâaprĂšs le lemme 9.18 ci-dessus ; et
par suite (F0nâ)pâ1â©Fn=F0nâ(α11â).    \sqcap$$\sqcup
Lemme 9.20
Pour tout nâNââ{1}, o2â((k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ))pâ1â©K/k)=[2n1â+1â], oĂč p1â=lpi(n) et n1â=n, et pour tout sâNâ, ns+1â=[2nsââ].
**Preuve. **Notons L=k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ), L1â=Lpâ1â©K, et L2â=k(Ξn1â+11â,Ξn2â+12â). On distingue deux cas.
1-ier cas : si n est paire, alors n1âČâ=n et n2âČâ=n2â=[2nâ].
En vertu du lemme 9.19, L1ââ(F0nâ)pâ1â©Kâ(F0nâ)pâ1â©Fn=F0nâ(α11â). Or, F0nâ(α11â)âK1â(((Yijâ)pân2â,(Zijâ)pân2â)(i,j)âNâĂ(Nâ{0,1})â), donc pour tout ÎČâF0nâ(α11â), on a ÎČpn2ââK1â ; et par suite Lpâ1â©KâF0nâ(α11â)â©KâK1âpân2ââ©K. Compte tenu de la proposition 4.16 et 4.17, on a n2â=o2â(L/k)â€o2â(L1â/k)â€o2â(K1âpân2ââ©K/k)=o1â(K1âpân2ââ©K/K1â)=n2â, et donc o2â(L1â/k)=n2â=[2n+1â].
2-iĂšme cas : si n est impaire, comme k(L1âp)âLâL1â, dâaprĂšs la proposition 4.17, oiâ(L1â/k)=oiâ(L/k)+Δiâ, avec Δiâ=0 ou 1. Dâune part, par construction, on a (Ξn2â+12â)p=Zn2â+12â(Ξ2(n2â+1)1â)p+Ξn2â2â+Yn2â+12â. Dâautre part, on a 2n2â+1=n=n1â, et pour tout iâNâ, Q(Ξi1â)=Q(Xpâi), donc en particulier Q(Ξ2n2â+11â)=Q((Ξ2(n2â+1)1â)p) ; et par consĂ©quent, (Ξn2â+12â)pâL. On en dĂ©duit que L2ââL1â, et dâaprĂšs la proposition 9.15 et la proposition 4.16, on a o2â(L2â/k)=n2â+1â€o2â(L1â/k)â€n2â+1. DâoĂč, o2â(L1â/k)=n2â+1=[2n1â+1â].    \sqcap$$\sqcup
Lemme 9.21
Soient n et r deux entiers naturels avec n non nul. Si Krâpân1ââ©KâKr+1âpân2ââ©KââŻâKr+p1ââ1âpânp1âââ©KâKr+p1ââ, oĂč p1â=lpi(n), n1â=n, et pour tout sâNâ, ns+1â=[2nsââ], alors on aura Krâpânâ©K=Krâ(Ξnr+1â1â,âŠ,Ξnr+p1ââp1ââ).
**Preuve. **Comme les Kiâ/k, 1â€i sont construites de façon analogue, on se ramĂ©ne au cas oĂč r=0. Pour tout nâNâ, knâ dĂ©signe toujours kpânâ©K. Dâune part, dâaprĂšs la proposition 9.15, on a o1â(k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ)/k)=n1â, et donc k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ)âkn1ââ. Dâautre part, comme kn1âââKsâ1âpânsââ©K, en vertu de la proposition 9.15, on aura nsâ=osâ(k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ)/k)â€osâ(kn1ââ/k)â€osâ(Ksâ1âpânsââ©K/k)=o1â(Ksâ1âpânsââ©K/Ksâ1â)=nsâ, (car Ksâ1âpânsââ©K/k est q-finie et Ksâ1â/k est relativement parfaite de degrĂ© dâirrationalitĂ© sâ1) ; et donc osâ(kn1ââ/k)=nsâ. DâoĂč, kn1ââ=k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ).    \sqcap$$\sqcup
Preuve du théorÚme 9.14.
Dâabord, il est Ă signaler quâon va continuer Ă utiliser les notations du lemme ci-dessus. Soit n un entier naturel non nul. DâaprĂšs le corollaire 9.12, pour tout iâN, Kiâpâ1â©KâKi+1â et Kiâpâ2â©KâKi+1âpâ1â©K ; donc le thĂ©orĂšme est vĂ©rifiĂ© si nâ{1,2}. Supposons que le thĂ©orĂšme est satisfait pour tout jâ€n. Autrement dit, pour tout jâ€n, pour tout iâN, Kiâpâjâ©KâKi+1âpâ[2jâ], et montrons que Kiâpânâ1â©KâKi+1âpâ[2n+1â] pour tout iâN. Dans un premier temps, on se limite au cas i=0.
DĂ©sormais et sauf mention du contraire, on notera e=[2n1â+1â].
Cas particulier : Compte tenu de lâhypothĂšse de rĂ©currence, on a kpân1ââ©KâK1âpân2ââ©KââŻâKp1ââ1âpânp1âââ©KâKp1ââ, oĂč p1â=lpi(n). En vertu du lemme 9.21, kn1ââ=k(Ξn1â1â,âŠ,Ξnp1ââp1ââ), et dâaprĂšs le lemme 9.20, o2â(kn1ââpâ1â©K/k)=o2â(kn1â+1â/k)=e. Comme o(Ξn1â+11â,k)=n1â+1=o1â(kn1â+1â/k), donc Ξn1â+11ââkn1â+1â ; et par application de lâalgorithme de la complĂ©tion des r-bases, on complĂšte Ξn1â+11â en une r-base de kn1â+1â/k. DâoĂč, pour tout ÎČâkn1â+1â, on a ÎČpeâk(Ξn1â+11â)âK1â. Il en rĂ©sulte que kn1â+1ââK1âpâeâ©K.
Cas gĂ©nĂ©ral. Soit sâ„1, par application successive de lâhypothĂšse de rĂ©currence, on obtient Ksâpân1ââ©KâKs+1âpân2ââ©KââŻâKs+p1ââ1âpânp1âââ©KâKs+p1ââ. Dans la suite, on dĂ©sire prouver que Ksâpân1ââ1â©KâKs+1âpâe. DâaprĂšs le lemme 9.21, on a Ksâpânâ©K=Ksâ(Ξn1âs+1â,Ξn2âs+2â,âŠ,Ξnp1ââs+p1ââ). Soit h0â=Q(Xpââ,((Zijâ)pââ)(i,j)âÎs+1ââ{(1,s+1)}â,(Yijâ)pââ)(i,j)âÎs+1ââ), oĂč Îs+1â=NâĂ{2, âŠ, s+1}. Il est clair que h0â est parfait. Posons Ă©galement, h=k(h0â). DâaprĂšs le lemme 9.8, pour tout (i,j)âÎsâ, on a Ξijââh0â. En outre, Ksââh. De plus, comme pour tout iâ„1, Ξis+1â=(Zis+1â)pâ1Ξ2isâ+âŻ+(Z1s+1â)pâi(Ξ2sâ)pâi+1+(Yis+1â)+âŻ+(Y1s+1â)pâi, on en dĂ©duit que h0â(Ξis+1â)=h0â((Z1s+1â)pâi). En modifiant lĂ©gĂšrement les notations ci-dessus, on va se ramener au conditions de lâexemple ci-haut. Pour se faire, pour tout iâ„1, on pose :
Hiâ=h(Ks+iâ), et par convention H0â=h. Notons Ă©galement : H=h(K)=iâ„1ââHiâ, XâČ=Z1s+1â,
et pour tout jâ„2, ZâČijâ=Zij+sâ et YâČijâ=Yij+sâ.
On vérifie aussitÎt que
Hjâ=iâ„1ââHjâ1â(ÎČijâ), oĂč ÎČijâ=Ξij+sâ=(Zij+sâ)pâ1Ξ2ij+sâ1â+(Ξiâ1j+sâ)pâ1+(Yij+sâ)pâ1 pour tout jâ„1. En particulier, pour tout jâ„2, ÎČijâ=(ZâČijâ)pâ1ÎČ2ijâ1â+(ÎČiâ1jâ)pâ1+(YâČiâj)pâ1 ; et par suite on se retrouve de nouveau dans les mĂȘmes conditions de lâexemple prĂ©cĂ©dent.
Le reste de la démonstration résulte aussitÎt du lemme suivant :
Lemme 9.22
Pour tout (i,j)âNâĂN, o(ÎČij+1â,Hjâ)=o(Ξis+j+1â,h(Ks+jâ))=i=o(Ξis+j+1â,Kj+sâ). En outre, K et h sont Ksâ-linĂ©airement disjointes.
**Preuve. **Comme (X,(Zijâ,Yijâ)(i,j)âNâĂ(Nâ{0,1})â est algĂ©briquement libre sur Q et h0â=Q(Xpââ, ((Zijâ)pââ)(i,j)âÎs+1ââ{(1,s+1)}â,(Yijâ)pââ)(i,j)âÎs+1ââ), alors
la famille (XâČ,(ZâČijâ,YâČijâ)(i,j)âNâĂ(Nâ{0,1})â) est algĂ©briquement indĂ©pendante sur h0â. DâoĂč, de la mĂȘme façon quâau lemme 9.10,
pour tout (i,j)âNâĂN, on a o(ÎČij+1â,Hjâ)=o(Ξis+j+1â,h(Ks+jâ))=i=(Ξis+j+1â,Kj+sâ),
ou encore pour tout (i,j)âNâĂN, Hjâ et Ks+jâ(ÎČij+1â) sont Ks+jâ-linĂ©airement disjointes. Comme, Kj+s+1â est
rĂ©union croissante dâextensions (Kj+sâ(ÎČij+1â))iâ„1â, on en dĂ©duit que Kj+s+1â et Hjâ sont Ks+jâ-linĂ©airement disjointes pour tout jâN.
Par application successive de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe, on aura Kj+s+1â et H0â sont Ksâ-linĂ©airement disjointes. Or, K est rĂ©union croissante des sous-extensions (Knâ)nâ„sâ, donc K et h sont Ksâ-linĂ©airement disjointes.    \sqcap$$\sqcup
Suite de la preuve du thĂ©orĂšme 9.14. Pour des raisons dâĂ©criture, on pose N=h(ÎČn1â1â,âŠ,ÎČnp1ââp1ââ). On montre Ă la mĂȘme façon du lemme 9.20 que o2â(Npâ1â©H/h)=e. Or, Ksâpân1ââ©K=Ksâ(ÎČn1â1â,âŠ,ÎČnp1ââp1ââ)âN, donc Ksâpân1ââ1â©KâNpâ1â©H.
Comme K et h sont Ksâ-linĂ©airement disjointes, alors en particulier, h(Ksâpân1ââ1â©K)âhâKsââKsâpân1ââ1â©K ; et par suite dâaprĂšs les propositions 4.12, 4.17, o2â(h(Ksâpân1ââ1â©K)/h)=o2â(hâKsââKsâpân1ââ1â©K/h)=o2â(Ksâpân1ââ1â©K/Ksâ)â€o2â(Npâ1â©H/h)=e. Comme o(Ξn1â+1s+1â,Ksâ)=n1â+1, par application de lâalgorithme de la complĂ©tion des r-bases, on complĂšte Ξn1â+1s+1â en une r-base canoniquement ordonnĂ©e de Ksâpân1ââ1â©K/Ksâ ; et donc o2â(Ksâpân1ââ1â©K/Ksâ)=o1â(Ksâpân1ââ1â©K/Ksâ(Ξn1â+1s+1â))â€e. Par consĂ©quent, pour tout xâKsâpân1ââ1â©K, xpeâKsâ(Ξn1â+1s+1â)âKs+1â ; il en rĂ©sulte que xâKs+1âpâeâ©K. DâoĂč Ksâpân1ââ1â©KâKs+1âpâeâ©K.    \sqcap$$\sqcup
Corollaire 9.23
Pour tout (n,s)âNâĂN, Ksâpânâ©K=Ksâ(Ξn1âs+1â,Ξn2âs+2â,âŠ, Ξnp1ââs+p1ââ), oĂč n1â=n, lpi(n)=p1â, et pour tout sâNâ, ns+1â=[2nsââ].
**Preuve. **Démonstration analogue à celle du lemme 9.21.    \sqcap$$\sqcup
Voici une liste de conséquences du théorÚme 9.5,
ThéorÚme 9.24
La plus petite sous-extension m/k de K/k telle que
K/m est modulaire est triviale. Autrement dit mod(K/k)=K
**Preuve. **Notons m=mod(K/k). Si mî =K, en vertu du thĂ©orĂšme 9.5, il existe iâNâ tel que KiââmâKi+1â et m/Kiâ est fini. Comme di(K/Ki+1â) est infini, il en est de mĂȘme de di(K/m). En vertu du corollaire 5.9, di(mpâ1â©K/m)=di(K/m), donc di(mpâ1â©K/m) est infini. Par ailleurs, il existe eâN, tel que mâKiâpâeâ©K, (m/Kiâ est finie), et donc mpâ1â©KâKiâpâeâ1â©K. Compte tenu du thĂ©orĂšme 3.1, on a di(mpâ1â©K/m)â€di(Kiâpâeâ1â©K/Kiâ)<+â, câest une contradiction avec le fait que di(mpâ1â©K/m) est infini. DâoĂč m=K.    \sqcap$$\sqcup
Corollaire 9.25
Pour tout jâ„1, mod(K/Kjâ)=K.
**Preuve. **Immédiat.    \sqcap$$\sqcup
Remarque 9.1
Soit Ω une clĂŽture algĂ©brique de K. Dans [k:Ω] on dĂ©finit la relation ⌠de la façon suivante : K1ââŒK2â si K1ââK2â et K2â/K1â est finie ou K2ââK1â et K1â/K2â est finie.
On vĂ©rifie aussitĂŽt que ⌠est rĂ©flexive, symĂ©trique, cependant ⌠est gĂ©nĂ©ralement non transitive. Il est immĂ©diat que
- (1)
{Kiâ/k,iâ„1}* est lâensemble des reprĂ©sentants des sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k pour la relation âŒ.*
2. (2)
K/k* et (Kiâ/k)iâNâ sont les seules sous-extensions relativement parfaites de K/k.*
3. (3)
Pour tout i,jâN tels que i<j, mod(Kjâ/Kiâ)=Kjâ1â.
9.2 Caractérisation des extensions q-finies
Proposition 9.26
Toute extension absolument lq-finie K/k est q-finie sur mod( K/k). En particulier, toute extension qui est Ă la fois modulaire et absolument lq-finie est q-finie
**Preuve. **Notons m=mod(K/k). Le cas m=K est trivial, pour cela on suppose que mî =K. DâaprĂšs la proposition 5.10, di(mpâ1â©K/m)=di(K/m). Comme K/k est absolument lq-finie, il en est de mĂȘme de K/m, et donc di(K/m) est fini.    \sqcap$$\sqcup
ThéorÚme 9.27
Une extension absolument lq-finie K/k est q-finie si et seulement si pour tout corps intermĂ©diaire L de K/k, la plus petite sous-extension m de L/k telle que L/m est modulaire est non triviale (mî =L).
**Preuve. **La condition nĂ©cessaire rĂ©sulte du thĂ©orĂšme 7.3. Inversement, considĂ©rons la suite dĂ©croissante (miâ) de sous-extensions de K/k dĂ©finie par : m0â=K, et pour tout iâ„1, miâ=mod(miâ1â/k). Par hypothĂšse, si miâ1âî =k, alors miâî =miâ1â. Toutefois, comme toute suite dĂ©croissante de sous-extensions de K/k est stationnaire, on en dĂ©duit lâexistence dâun entier j tel que mjâ=k. Par suite, on aura K=m0ââ”m1ââ”âŻâ”mjâ1ââ”mjâ=k. En particulier, pour tout iâ{1,âŠ,j}, miâ1â/miâ est absolument lq-finie, et par suite dâaprĂšs la proposition 9.26, miâ1â/miâ est q-finie. DâoĂč, K/k est q-finie.    \sqcap$$\sqcup
Comme conséquence immédiate des théorÚmes 9.27 et 9.3, on a
Corollaire 9.28
Pour quâune extension purement insĂ©parable K/k soit q-finie il faut et il suffit quâelle satisfait les deux conditions suivantes :
Toutes suite décroissante de sous-extensions de K/k est stationnaire.
Pour tout corps intermĂ©diaire L de K/k, on a mod(L/k)î =L.
Par ailleurs, voici une propriĂ©tĂ© caractĂ©ristique qui permet dâidentifier les extensions moduliares qui sont q-finies.
ThéorÚme 9.29
Soit K/k une extension purement inséparable et modulaire. Les assertions suivantes sont équivalentes :
Toute suite décroissante de sous-extensions de K/k est stationnaire.
Toute ensemble de sous-extensions de K/k admet un élement minimal.
K/k* est q-finie.*
**Preuve. **Découle aussitÎt du théorÚme 9.3 et la proposition 9.26.    \sqcap$$\sqcup
Comme application immédiate, on a :
Corollaire 9.30
Soit k un corps commutatif de caracterstique p>0, et Ω une clÎture algébrique de k. Il est équivalent de dire que :
di(k)* est fini.*
Toute ensemble de sous-extensions purement inséparables de Ω/k admet un élement minimal.
Toute suite décroissante de sous-extensions purement inséparables de Ω/k est stationnaire.
**Preuve. **Il suffit de remarquer que la clĂŽture purement insĂ©parable kpââ de Ω/k est modulaire sur k, et di(k)=di(kpââ/k). Par suite, le rĂ©sulat dĂ©coule aussitĂŽt du thĂ©orĂšme 9.29.    \sqcap$$\sqcup
Soit K/k une extension modulaire dâexposant non bornĂ©. Pour que K/k soit q-finie, il suffit de modifier lĂ©gĂ©rement la condition suffisante du thĂ©orĂšme ci-dessus de la façon suivante :
ThéorÚme 9.31
Pour quâune extension modulaire dâexposant non bornĂ© K/k soit q-finie il faut et il suffit que toute suite dĂ©croissante de sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k soit stationnaire.
Pour la preuve nous aurons besoin du résultat suivant :
Lemme 9.32
Soit K/k une extension purement insĂ©parable dâexposant non bornĂ© et de degrĂ© dâirratinalitĂ© infini. Si de plus, K/k est relativement parfaite et modulaire, alors K/k contient une sous-extension propre L/k dâexposant non bornĂ© et modulaire.
**Preuve. **On va construire par rĂ©currence une suite strictement croissante (Knâ/k)nâ„1â de sous-extensions modulaires dâexposant n de K/k. Comme K/k est relativement parfaite, dâaprĂšs la proposition 6.2 et le corollaire 5.9, pour tout nâ„1, di(kpânâ©K/k)=di(kpâ1â©K/k)=di(K/k) et kpânâ©K/k est Ă©quiexponentielle dâexposant n. Soit G1â une r-base de kpâ1â©K/k, il en rĂ©sulte que kpâ1â©Kââkâ(k(a))aâG1ââ. Choisissons un Ă©lĂ©ment x de G1â, comme G1â est infini, il existe un sous-ensemble fini G1âČâ de G1â tel que xî âk(G1âČâ). Posons K1â=k(G1âČâ), il est clair que K1â/k est modulaire. Supposons quâon a construit une suite de sous-extensions finies kâK1ââK2âââŠKnâ de K/k telle que
Pour tout iâ{1,âŠ,n}, Kiâ/k est modulaire.
Pour tout iâ{1,âŠ,n}, o1â(Kiâ/k)=i.
xî âKnâ.
Soit Gn+1â une r-base de kpânâ1â©K/k, dâaprĂšs la proposition 6.1, kpânâ1â©Kââkâ(k(a))aâGn+1ââ. Comme o1â(Knâ/k)=n, on en dĂ©duit que Knââkpânâ1â©K. Or Knâ/k est finie et Gn+1â est infinie, donc il existe une partie finie Gn+1âČâ de Gn+1â telle que Knââk(Gn+1âČâ). Deux cas peuvent se produire :
1-ier cas si xî âk(Gn+1âČâ), alors Kn+1â=k(Gn+1âČâ) convient.
2-iĂšme cas si xâk(Gn+1âČâ), comme kpânâ1â©Kââkâ(âkâ(k(a))aâGn+1âČââ)âkâ(âkâ(k(a))aâGn+1ââGn+1âČââ), donc xî âk(Gn+1ââGn+1âČâ) ; sinon puisque k(Gn+1âČâ) et k(Gn+1ââGn+1âČâ) sont k-linĂ©airement disjoints, alors xâk(Gn+1âČâ)â©k(Gn+1ââGn+1âČâ)=k, absurde. Soit y un Ă©lĂ©ment de Gn+1ââGn+1âČâ, (y existe car Gn+1â est infinie et Gn+1âČâ est finie). Notons Kn+1â=Knâ(y), on vĂ©rifie aussitĂŽt que :
Kn+1â/k* est finie, et o1â(Kn+1â/k)=o(y,k)=n+1.*
Kn+1ââKnââkâk(y), (application de la transitivitĂ© de la linĂ©aritĂ© disjointe de k(Gn+1âČâ) et k(Gn+1ââGn+1âČâ)), et comme Knâ/k est modulaire, dâaprĂšs la proposition 5.11, Kn+1â/k est modulaire.
xî âKn+1â, sinon comme kpânâ1â©Kâk(Gn+1âČâ)âkâk(Gn+1ââGn+1âČâ)âKnâ(Gn+1âČâ)âKnââKnâ(Gn+1ââGn+1âČâ), alors xâk(Gn+1âČâ)â©Knâ(y)âKnâ(Gn+1âČâ) â©Knâ(Gn+1ââGn+1âČâ)=Knâ, abbsurde.
DâoĂč Kn+1â/k convient, et par suite L=iâ„1ââKiâ satisfait les conditions du thĂ©orĂšme ci-dessus.    \sqcap$$\sqcup
Preuve du thĂ©orĂšme 9.31 Il suffit de montrer que 2â1. Pour cela, on va utiliser un raisonnement par contraposĂ©.
Supposons que K/k nâest pas q-finie, et soit G une r-base de K/k(Kp). Si âŁG⣠est infinie, il existe une famille (aiâ)iâNââ dâĂ©lĂ©ments de G deux Ă deux distincts. Pour tout nâNâ, notons Knâ=k(Kp)(Gâ{a1â,âŠ,anâ}), et K0â=K. Il est clair que la suite (Knâ)nâNâ de sous-extensions dâexposant non bornĂ© de K/k est dĂ©croissante, mais comme G est une r-base de K/k(Kp), alors pour tout nâN, Knâî =Kn+1â ; et par suite la suite (Knâ/k)nâNâ est non stationnaire, donc on est amenĂ© au cas oĂč âŁG⣠est fini. Posons e=o1â(k(G)/k) et L1â=k(Kpe). Dâune part, dâaprĂšs la proposition 5.10, L1â/k est modulaire. Dâautre part, Comme K=k(Kp)(G), alors k(Kpe)=k(Kpe+1)(Gpe)=k(Kpe+1) ; ou encore L1â/k est relativement parfaite. On vĂ©rifie aussitĂŽt que :
Si L1â/k est q-finie, il en est de mĂȘme de K/k puisque di(K/k)â€di(K/L1â) +di(L1â/k).
Si L1â/k nâest pas q-finie, dâaprĂšs le lemme 9.32, L1â/k contient une sous-extension propre modulaire dâexposant non bornĂ© L2â/k, et on distingue deux cas :
1-ier cas : Si L2â/k est q-finie, comme L1â/k nâest pas q-finie et modulaire, dâaprĂšs le corollaire 5.9, di(kpâ1â©L1â/k) est infini. Notons M=L2â(kpâ1â©L1â). Il est immĂ©diat que di(M/k)â„di(kpâ1â©L1â/k), et comme L2â/k est q-finie, alors di(M/L2â) est infini. Par suite si G est une r-base de M/L2â, alors âŁG⣠est infini. Comme dans le cas prĂ©cĂ©dent, on construit une suite strictement dĂ©croissante de sous-extensions de K/k.
2-iĂšme cas si L2â/k nâest pas q-finie, on se ramĂšne aux conditions de K/k, et en rĂ©pĂ©tant les mĂȘme procĂ©dures, on construit une suite dĂ©croissante non stationnaire (Lnâ/k)nâ„1â de sous extensions de K/k.    \sqcap$$\sqcup
9.3 Lâabsolument lq-finitude et la w0â-gĂ©nĂ©ratrice
Rappelons quâune extension K/k est dite w0â-gĂ©nĂ©ratrice, sâelle nâadmet aucune sous-extension propre dâexposant non bornĂ©. Pour plus de dĂ©tails sur ce sujet, se rĂ©fĂ©rer aux articles [11] et [6].
ThéorÚme 9.33
Toute extension absolument lq-finie est composĂ©e dâĂ©xtensions w0â-gĂ©nĂ©ratrices.
**Preuve. **Si K/k est finie ou w0â-gĂ©nĂ©ratrice, câest terminĂ©. Sinon, soit H lâensemble de sous-extensions dâexposant non bornĂ© de
K/k. DâaprĂšs la proposition 8.9, H admet une sous-extension minimale dâexposant non bornĂ© de K/k que lâon note K1â.
NĂ©cessairement, K1â/k est w0â-gĂ©nĂ©ratrice. Supposons quâon a construit une suite de sous-extensions de K/k telle que
k=K0ââK1âââŻâKnâ, et pour tout iâ{1,âŠ,n}, Kiâ/Kiâ1â est w0â-gĂ©nĂ©ratrice.
Si K=Knâ, on sâarrĂȘte. Sinon, Comme K/Knâ est absolument lq-finie, on reprond avec K/Knâ, et donc il existe une sous extension Kn+1â/Knâ de K/knâ telle que Kn+1â/Knâ est w0â-gĂ©nĂ©ratrice. DâoĂč, compte tenu de la propriĂ©tĂ© de rĂ©currence, il existe une suite de sous-extensions (Kiâ/k) de K/k telle que k=K0ââK1âââŻâKnâââŻâK
et pour tout iâ„1, Kiâ/Kiâ1â est w0â-gĂ©nĂ©ratrice.    \sqcap$$\sqcup
Comme application de la proposition 9.26, on a :
Proposition 9.34
Soit K/k une extension absolument lq-finie, si de plus K/k est w0â-gĂ©nĂ©ratrice, alors mod(K/k)î =K si et seulement si K/k est q-finie.
**Preuve. **Immédiat.    \sqcap$$\sqcup