This paper explores the category of B-pairs, establishing their equivalence to (phi,Gamma)-modules over the Robba ring, and discusses modifications to key theorems in p-adic Hodge theory.
Contribution
It introduces and analyzes B-pairs, showing their equivalence to (phi,Gamma)-modules, with updates to existing theorems in the field.
Findings
01
B-pairs form a category containing p-adic representations.
02
B-pairs are equivalent to (phi,Gamma)-modules over the Robba ring.
03
Theorem C has been modified in the latest version.
Abstract
Main change from v1 : theorem C has been modified, see remark 3.1.7 (2). We study the category of B-pairs (W_e,W_dR^+) where W_e is a free B_cris^{phi=1}-module with a semilinear and continuous action of G_K and where W_dR^+ is a G_K-stable B_dR^+ -lattice in B_dR \otimes W_e. This category contains the category of p-adic representations and is naturally equivalent to the category of all (phi,Gamma)-modules over the Robba ring.
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Taxonomy
TopicsHomotopy and Cohomology in Algebraic Topology · Algebraic structures and combinatorial models · Algebraic Geometry and Number Theory
On étudie
la catégorie des B-paires (We,WdR+) où
We est un Bcrisφ=1-module
libre muni d’une action
semi-linéaire et continue de GK et où WdR+
est un BdR+-réseau stable par GK de
BdR⊗Bcrisφ=1We. Cette catégorie
contient celle des représentations p-adiques, et est
naturellement équivalente à la catégorie de tous les
(φ,Γ)-modules sur l’anneau de Robba.
Key words and phrases:
théorie de Hodge p-adique;
(φ,Γ)-modules;
pentes de Frobenius; B-paires
1991 Mathematics Subject Classification:
11F80; 11F85; 11S15; 11S20; 11S25; 14F30
{altabstract}
We study
the category of B-pairs (We,WdR+) where
We is a free Bcrisφ=1-module with a
semilinear and continuous action of GK
and where WdR+
is a GK-stable BdR+-lattice in
BdR⊗Bcrisφ=1We.
This category contains the category of p-adic representations
and is naturally equivalent to the category of all
(φ,Γ)-modules over the Robba ring.
Dans tout cet article, p est un nombre premier, k
est un corps parfait de caractéristique p, et K est une
extension finie totalement ramifiée
de K0=W(k)[1/p]. On s’intéresse aux
représentations p-adiques
du groupe de Galois GK=Gal(K/K). La théorie de Hodge p-adique (cf. [Fon94a, Fon94b])
a pour but de décrire certaines de ces représentations, celles
qui « proviennent de la géométrie », en termes d’objets
plus maniables, les (φ,N)-modules filtrés. Le résultat le plus
satisfaisant dans cette direction est le théorème de Colmez-Fontaine,
qui dit que le foncteur V↦Dst(V) réalise une équivalence
de catégories entre la catégorie des représentations p-adiques
semi-stables et la catégorie des (φ,N)-modules filtrés admissibles.
Si D est un φ-module filtré qui provient de la cohomologie
d’un schéma propre X sur OK, alors le φ-module sous-jacent
ne dépend que de la fibre spéciale de X (c’en est la cohomologie
cristalline) alors que la filtration ne dépend
que de la fibre générique
(c’est la filtration de Hodge de la
cohomologie de de Rham, dans laquelle se plonge la
cohomologie cristalline). Si V=Vcris(D)
et Be=Bcrisφ=1, alors on voit
que Be⊗QpV=(Bcris⊗K0D)φ=1
ne dépend que de la structure de φ-module de D et de plus,
les φ-modules D1 et D2 sont isomorphes si et seulement
si les Be-représentations
Be⊗QpV1 et Be⊗QpV2 le sont (cf. la proposition 8.2 de [Fon03]). Par ailleurs,
BdR+⊗QpV=Fil0(BdR⊗K0D) et
les modules filtrés
K⊗K0D1 et K⊗K0D2
sont isomorphes si et seulement
si les BdR+-représentations
BdR+⊗QpV1
et BdR+⊗QpV2 le sont.
L’idée de cet article est d’isoler les phénomènes liés
à la « fibre spéciale » et à la « fibre générique »
en considérant non pas des représentations p-adiques V,
mais des B-pairesW=(We,WdR+) où
We est un Be-module libre muni d’une action
semi-linéaire et continue de GK et où WdR+
est un BdR+-réseau stable par GK de WdR=BdR⊗BeWe.
Rappelons que les anneaux Bcris
et BdR sont reliés, en plus de l’inclusion
Bcris⊂BdR, par
la suite exacte fondamentale :
0→Qp→Bcrisφ=1→BdR/BdR+→0.
Si V est une
représentation p-adique, alors on lui associe la B-paire
W(V)=(Be⊗QpV,BdR+⊗QpV)
et ce foncteur est pleinement fidèle car Be∩BdR+=Qp
ce qui fait que V=We(V)∩WdR+(V).
L’un des principaux outils dont on dispose pour étudier les
représentations p-adiques est la théorie des
(φ,Γ)-modules. De fait, on a une équivalence de
catégories entre la catégorie des représentations p-adiques
et la catégorie des (φ,Γ)-modules étales sur l’anneau
de Robba (en combinant des résultats de Fontaine,
Cherbonnier-Colmez et Kedlaya). Le premier résultat de cet
article est que l’on peut associer
à toute B-paire W
un (φ,Γ)-module
D(W) sur l’anneau de Robba, et
que ce foncteur est alors une équivalence de catégories.
Théorème A**.**
Le foncteur W↦D(W) réalise une équivalence
de catégories entre la catégorie
des B-paires et la catégorie des
(φ,Γ)-modules sur l’anneau de Robba.
La sous-catégorie pleine des B-paires de la forme W(V)
correspond à la sous-catégorie pleine des
(φ,Γ)-modules étales. On peut alors se demander à
quoi correspondent les (φ,Γ)-modules isoclines.
Si h⩾1 et a∈Z sont premiers entre eux,
soit Rep(a,h) la catégorie dont
les objets sont les Qph-espaces vectoriels Va,h
de dimension finie,
munis d’une action
semi-linéaire de GK et d’un Frobenius
lui aussi semi-linéaire φ:Va,h→Va,h qui
commute à GK et qui vérifie φh=pa.
Si Va,h∈Rep(a,h), alors on pose We(Va,h)=(Bcris⊗QphVa,h)φ=1 et
WdR+(Va,h)=BdR+⊗QphVa,h.
Théorème B**.**
Si Va,h∈Rep(a,h), alors W(Va,h)=(We(Va,h),WdR+(Va,h)) est une B-paire et le foncteur Va,h↦W(Va,h) définit une équivalence de catégories entre
Rep(a,h) et la catégorie des B-paires W telles que D(W)
est isocline de pente a/h.
Si la catégorie des B-paires est plus riche que la catégorie
des représentations p-adiques, la morale de cet article est
qu’elle est aussi plus maniable. Ceci est dû au fait qu’il est
plus facile de travailler avec tous
les (φ,Γ)-modules sur l’anneau de Robba que
de se restreindre à ceux qui sont étales.
La généralisation du théorème de Colmez-Fontaine
aux B-paires devient alors
un simple exercice d’algèbre linéaire.
Si D est un (φ,N)-module filtré, et si
We(D)=(Bst⊗K0D)φ=1,N=0
et WdR+(D)=Fil0(BdR⊗KDK), alors
W(D)=(We(D),WdR+(D)) est une B-paire,
qui est semi-stable en un sens évident.
Le foncteur D↦W(D) réalise alors
une équivalence de catégories entre la catégorie des B-paires
semi-stables et la catégorie des (φ,N)-modules filtrés.
Pour retrouver le théorème de Colmez-Fontaine à partir de cet
énoncé, il faut identifier quelles sont les B-paires semi-stables
qui proviennent des (φ,N)-modules filtrés admissibles. On
peut faire cela en passant par les (φ,Γ)-modules,
c’est ce qui est fait dans [Ber04b], où l’on démontre
suffisamment pour impliquer aussi le théorème de monodromie
p-adique pour les B-paires : toute B-paire de de Rham
est potentiellement semi-stable.
Dans la suite de l’article, nous donnons quelques
applications du théorème A. Par exemple, on montre que pour
tout φ-module D sur l’anneau de Robba, il existe
un φ-module étale M⊂D[1/t] tel
que M[1/t]=D[1/t]. Comme D(W)[1/t]
« correspond » à We, on déduit de cet énoncé
le résultat suivant, où HK=Gal(K/K(μp∞)).
Théorème C**.**
Si We est une Be-représentation de GK, alors il
existe une représentation
p-adique V de HK telle que la restriction de We à HK
est isomorphe à Be⊗QpV.
Enfin, nous donnons (quand K⊂K0(μp∞)) une
construction des (φ,Γ)-modules de hauteur finie
(ce sont ceux qui ont une base dans laquelle les matrices de φ
et de γ∈ΓK n’ont pas de dénominateurs en X)
à partir de « φ-modules filtrés sur K0 avec action de
ΓK ». Cela permet d’éclaircir la structure des B-paires
de hauteur finie, et donc en particulier des représentations de
hauteur finie. Un φ-module filtré sur K0 avec
action de ΓK est un
φ-module D sur K0 muni d’une action de ΓK
commutant à φ et d’une filtration
stable par ΓK sur
D∞=K∞⊗K0D.
Théorème D**.**
Si D est un φ-module filtré sur K0 avec
action de ΓK, alors la
B-paire W(D)=((Bmax⊗K0D)φ=1,BdR+⊗K∞D∞) est de hauteur finie.
De plus, toute B-paire de hauteur finie s’obtient
de cette manière et W(D1)=W(D2) si et seulement s’il
existe un isomorphisme K0[t,t−1]⊗K0D1=K0[t,t−1]⊗K0D2 compatible à φ
et ΓK, et compatible
à la filtration quand on étend les scalaires à
K∞((t)).
Des objets de nature similaire ont été étudiés, dans un cadre un peu
différent, par Kisin dans [Kis06].
Pour terminer cette introduction, signalons que
la notion de représentation trianguline de [Col07, Col05] s’écrit
de manière très agréable en termes de B-paires.
On dit qu’une B-paire est trianguline si elle
est extension successive de B-paires de dimension 1.
Par le théorème A, cela revient à dire que D(W) est
extension successive de (φ,Γ)-modules de rang 1.
On retrouve
donc la définition de [Col07, Col05] dans le cas où W=W(V).
Remerciements:
Je remercie Pierre Colmez pour de nombreuses
discussions sur plusieurs thèmes qui se sont concrétisés
dans ce texte, Jean-Marc
Fontaine pour avoir suggéré que les Be-représentations
sont de bons objets et m’avoir expliqué ses idées sur le lien
entre les B-paires et les presque Cp-représentations,
Kiran Kedlaya pour ses explications sur les φ-modules
et les nombreux anneaux qui interviennent dans ses constructions,
et Kiran Kedlaya et Ruochuan Liu pour leur construction d’un contre-exemple
à une de mes affirmations (cf. le (2) de la remarque 3.1).
Cet article a été rédigé à l’IHES qui m’a offert d’excellentes conditions
de travail.
1. Rappels et compléments
Dans ce chapitre, nous donnons des rappels sur les anneaux
de périodes et les (φ,Γ)-modules.
1.1. L’anneau Brig† et
ses petits camarades
Nous commençons par faire des rappels très
succints sur les définitions
(données dans [Fon94a] par exemple)
des divers anneaux que nous utilisons dans cet article. Rappelons
que E+=limx↦xpOCp est
un anneau de caractéristique p, complet pour la valuation
valE définie par valE(x)=valp(x(0)) et qui contient un élément ε tel que
ε(n) est une racine primitive pn-ième de l’unité.
On fixe un tel ε dans tout l’article.
L’anneau E=E+[1/(ε−1)] est alors un corps qui
contient comme sous-corps dense la clôture algébrique
de Fp((ε−1)). On pose A+=W(E+) et
A=W(E) ainsi que B+=A+[1/p] et
B=A[1/p].
L’application θ:B+→Cp qui à
∑k≫−∞pk[xk] associe
∑k≫−∞pkxk(0) est un morphisme
d’anneaux surjectif et BdR+ est le complété de B+
pour la topologie ker(θ)-adique, ce qui en fait un espace
topologique de Fréchet. On pose X=[ε]−1∈A+ et
t=log(1+X)∈BdR+ et on définit BdR par BdR=BdR+[1/t].
Soit p∈E+ un élément tel que p(0)=p.
L’anneau Bmax+ est l’ensemble des séries ∑n⩾0bn([p]/p)n où bn∈B+ et bn→0 quand n→∞
ce qui en fait un sous-anneau de BdR+
muni en plus d’un Frobenius φ qui est injectif, mais pas surjectif.
On pose Brig+=∩n⩾0φn(Bmax+) ce qui
en fait un sous-anneau de Bmax+ sur lequel φ est bijectif.
On pose enfin Bmax=Bmax+[1/t] et Bst=Bmax[log[p]]
ce qui fait de Bst un sous-anneau de BdR muni de φ et
d’un opérateur de monodromie N.
Remarquons que l’on travaille souvent avec Bcris plutôt que
Bmax mais le fait de préférer Bmax ne change rien aux
résultats et est plus agréable pour des raisons techniques.
Rappelons que les anneaux Bmax
et BdR sont reliés, en plus de l’inclusion Bmax⊂BdR, par
la suite exacte fondamentale0→Qp→Bmaxφ=1→BdR/BdR+→0.
Ce sont ces anneaux que l’on utilise en théorie de Hodge p-adique.
Le point de départ de la théorie des (φ,Γ)-modules
sur l’anneau de Robba (dont
on parle au paragraphe 1.2) est la construction d’anneaux
intermédiaires entre B+ et B. Si r>0, soit B†,r
l’ensemble des x=∑k≫−∞pk[xk]∈B tels que
valE(xk)+k⋅pr/(p−1) tend vers +∞ quand k augmente.
On pose B†=∪r>0B†,r, c’est le corps
des éléments surconvergents, défini dans [CC98].
L’anneau Brig†=∪r>0Brig†,r
défini dans [Ber02, §2.3] est en quelque sorte
la somme de Brig+ et B†; de fait, on a une suite exacte (d’anneaux et
d’espaces de Fréchet) :
[TABLE]
Rappelons que K0=W(k)[1/p]; pour 1⩽n⩽+∞,
on pose Kn=K(μpn) et HK=Gal(K/K∞) et ΓK=GK/HK.
Si R est un anneau muni d’une action de GK (c’est le cas
pour tous ceux que nous considérons), on note RK=RHK.
L’anneau Brig†,r contient l’ensemble des séries
f(X)=∑k∈ZfkXk avec fk∈K0 telles que
f(X) converge sur {p−1/r⩽∣X∣<1}. Cet anneau est
noté Brig,K0†,r. Si K est une extension finie de K0, il
lui correspond par la théorie du corps de normes
(cf. [FW79] et [Win83])
une extension finie
Brig,K†,r qui s’identifie (si r est assez grand)
à l’ensemble des séries
f(XK)=∑k∈ZfkXKk avec fk∈K0′ telles que
f(XK) converge sur {p−1/er⩽∣XK∣<1} où
XK est un certain élément de BK† et K0′ est
la plus grande sous-extension non ramifiée de K0 dans
K∞ et e=[K∞:K0(μp∞)].
On pose Brig,K†=∪r>0Brig,K†,r et
BK†,r=Brig,K†,r∩B† et BK†=∪r>0BK†,r.
Les anneaux Brig† et Brig,K†
coïncident avec
les anneaux Γan,conalg
et Γan,con définis
dans [Ked05, §2.2] (cf. en particulier la convention 2.2.16 et la
remarque 2.4.13 de [Ked05]).
Kedlaya les a étudiés en détail et nous rappelons à présent
quelques uns des résultats que nous utilisons dans la suite.
\propname** \the\smf@thm.**
Les anneaux Brig†,r et l’anneau Brig† sont de Bézout, ainsi
que les anneaux Brig,K†,r et l’anneau Brig,K†.
Si R est l’un de ces anneaux, et si
M est un sous-R-module d’un R-module
libre de rang fini, alors les affirmations suivantes sont équivalentes :
(1)
M* est libre;*
2. (2)
M* est fermé;*
3. (3)
M* est de type fini.*
Démonstration.
Pour Brig†,r ou Brig,K†,r,
c’est le théorème 2.9.6 de [Ked05] et pour
Brig† ou Brig,K†,
c’est une conséquence immédiate de ce que Brig†=∪r>0Brig†,r et Brig,K†=∪r>0Brig,K†,r.
L’affirmation quant aux sous-modules des modules libres
est contenue dans le corollaire 2.8.5
et la définition 2.9.5 de [Ked05].
∎
\coroname** \the\smf@thm.**
Si R est l’un des anneaux ci-dessus, et si f:D→E est un morphisme
de R-modules libres de rang fini, alors im(f) et
ker(f) sont libres de rang fini. De plus, ker(f) est saturé dans D.
\remaname* \the\smf@thm.*
Les anneaux B+ et Brig+ ne sont pas de Bézout.
Démonstration.
Commençons par B+.
Soit β1>β2>⋯ une suite convexe
décroissante d’éléments de Z[1/p]
qui converge vers β>0;
si r∈Z[1/p], écrivons Yr pour [pr] (rappelons
que E+ est un anneau parfait et donc que pr
est bien déterminé).
On pose f=∑i⩾0piYβ2i et
g=∑i⩾0piYβ2i+1. Supposons
que l’idéal de B+ engendré par f et g est principal,
engendré par un élément h. Cet élément est nécessairement
dans Y⩾βB+, puisque f et g le sont et
comme A+/p est intègre, on peut supposer que h∈A+
et que I=(f,g)∩A+=hA+. On a alors
valE(h)⩾β.
Par ailleurs, on a (f−gYβ0−β1)/p∈(f,g)
et cet élément s’écrit ∑i⩾0piYβ2i+2(1+O(Y)) (c’est là qu’on utilise la convexité de la suite)
et en itérant ce procédé, on voit que
I contient un élément de la forme
∑i⩾0piYβ2i+j(1+O(Y)) pour tout j⩾0 et donc que
l’image de I dans
E+ contient des éléments de
valuation βj pour tout j⩾0.
Ceci entraîne que valE(h)=β. Si β∈Q,
c’est impossible et donc B+ n’est pas de Bézout.
Si Brig+ était de Bézout,
alors il existerait h∈Brig+ tel que
(f,g)=hBrig+ et en utilisant la théorie
des polygones de Newton de [Ked05, §2.5], on montre
que h∈B+. Comme ci-dessus, on peut supposer que
h∈A+∖pA+. Chacun des éléments
fj=∑i⩾0piYβ2i+j(1+O(Y)) construits ci-dessus pour j⩾0
peut donc s’écrire fj=hxj et encore une fois, on a
forcément xj∈A+. On a alors
valE(h)⩽valE(fj)=βj ce qui fait que
valE(h)⩽β.
Par ailleurs, si α∈Z[1/p] et
α<β, alors Yα divise
f et g ce qui fait que (f,g)⊂YαBrig+
et donc aussi que h∈YαBrig+∩A+=YαA+
pour tout α<β. Si β∈Q, alors
valE(h)<β et en choisissant
valE(h)<α<β,
on trouve une contradiction,
ce qui fait que Brig+ n’est pas de Bézout.
∎
Une grande partie de l’article [Ked05] est consacré à l’étude
des φ-modules sur l’anneau Brig† ou sur l’anneau Brig,K†.
Nous rappelons à présent quelques résultats quant au premier cas (pour
le deuxième, voir le paragraphe 1.2).
\definame** \the\smf@thm.**
Si h⩾1 et a∈Z sont deux entiers premiers entre eux, alors
le φ-module élémentaireMa,h est le φ-module
de base e0,…,eh−1 avec φ(e0)=e1,…,φ(eh−2)=eh−1 et φ(eh−1)=pae0
(cf. la définition 4.1.1 de [Ked05];
on utilise (a,h) plutôt que (c,d) pour être
compatible avec les notations
de Colmez et de Fontaine).
\propname** \the\smf@thm.**
Si M est un φ-module sur Brig†, alors il existe des entiers
ai,hi tels que M=⊕Mai,hi.
Démonstration.
Etant donnée la définition 4.5.1 de [Ked05],
c’est le (a) du théorème 4.5.7 de [Ked05].
∎
Remarquons que la décomposition n’est pas canonique, mais que l’ensemble des pentes si=ai/hi comptées avec multiplicités est canonique (cf. le (c) du théorème 4.5.7 de [Ked05]). Les rationnels que l’on obtient ainsi sont les pentes de M.
\coroname** \the\smf@thm.**
Si M est un φ-module sur Brig†, alors 1−φ:M[1/t]→M[1/t] est surjective.
Démonstration.
Si n⩾0, alors (1−φ)(t−nx)=t−n(1−p−nφ)(x)
et il suffit donc de montrer que si n≫0, alors 1−p−nφ:M→M est surjectif. Etant donnée la proposition 1.1 ci-dessus
et le fait que Ma,h(−n)=Ma−nh,h,
c’est une conséquence immédiate du (b) de la
proposition 4.1.3 de [Ked05].
∎
L’anneau Bmaxφ=1 (qui est égal à Bcrisφ=1)
occupe une place centrale dans cet
article; il est traditionnellement noté Be. Etant donnée la
définition de Brig+, il est clair que l’on a Be=(Brig+[1/t])φ=1.
\lemmname** \the\smf@thm.**
On a Be=(Brig†[1/t])φ=1.
Démonstration.
Si x∈Be, alors x∈(Brig+[1/t])φ=1⊂(Brig†[1/t])φ=1.
Réciproquement, si x∈(Brig†[1/t])φ=1, alors
il existe n⩾0 tel que x=tnxn avec xn∈(Brig†)φ=pn et le lemme suit alors de la proposition 3.2 de
[Ber02] qui nous dit que (Brig†)φ=pn=(Brig+)φ=pn.
∎
\lemmname** \the\smf@thm.**
On a Be×=Qp× et si z∈Be engendre un Be-module de rang 1 stable par GK, alors z∈Qp×.
Démonstration.
Soient x et y dans Be tels que xy=1 et v(x) et v(y) leurs
valuations t-adiques dans BdR. On a v(x)+v(y)=0 et comme
Be∩Fil1BdR=0, cela entraîne que v(x)=v(y)=0. Le fait
que Be×=Qp× suit alors du fait que Be∩Fil0BdR=Qp.
Si z∈Be engendre un Be-module de rang 1 stable par GK, alors g(z)/z∈Qp× si g∈GK et l’application g↦g(z)/z
définit un caractère cristallin de GK. Un résultat classique
(cf. le lemme 5.1.3 de [Fon94b]) dit qu’un tel
z∈Bmax est de la forme tnz0 avec n∈Z et z0∈Qpnr et si en plus φ(z)=z, alors z∈Qp×.
∎
En première approximation, on peut d’ailleurs penser à Be comme à l’anneau des polynômes P(Y)∈Cp[Y] tels que P(0)∈Qp.
\propname** \the\smf@thm.**
L’anneau Be est de Bézout.
Démonstration.
Il suffit de montrer que si f,g∈Be, alors l’idéal qu’ils engendrent
est principal. Soit n⩾0 tel que f,g∈t−n(Brig+)φ=pn. Comme Brig† est de Bézout, il existe
h∈Brig† tel que tnfBrig†+tngBrig†=hBrig†.
En particulier, il existe α,β∈Brig† tels que tnfα+tngβ=h. En appliquant φ±1 à cette relation, on trouve que h et φ(h) engendrent le même idéal de Brig†.
Par la proposition 3.3.2 de [Ked05], on peut (quitte à multiplier h
par une unité) supposer que φ(h)=pmh avec m∈Z;
on en déduit que l’idéal de Brig†[1/t] engendré par f et g est engendré par h/tm∈Be.
Reste à voir que h/tm est dans l’idéal de Be engendré par f et g. On se ramène à montrer que si f,g∈Be engendrent
Brig†[1/t], alors ils engendrent Be. Soit n⩾0 tel que
tnf,tng∈Brig† et I l’idéal (principal) de Brig† qu’ils engendrent. Considérons la suite exacte 0→M→tnfBrig†⊕tngBrig†→I→0. Le Brig†-module M est fermé et donc
libre de rang fini (égal à 1) et
c’est un φ-module. En tensorisant
la suite exacte par Brig†[1/t]
(qui est plat sur Brig†) et en
prenant les invariants par φ,
on trouve un morceau de suite
exacte : fBe⊕gBe→Be→M[1/t]/(1−φ) et
on conclut par le corollaire 1.1.
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
L’anneau Be est la réunion pour n⩾0 des t−n(Bmax+)φ=pn et
chacun d’entre eux est un espace de
Banach. La topologie de Be est celle de la limite
inductive, ce qui en fait un espace LF.
Si h⩾1, soit th∈Bmax+ l’élément construit dans
[Col02, §9] (c’est une période d’un groupe de Lubin-Tate
associé à l’uniformisante p de Qph)
et dont les propriétés sont rappelées au début
de [Col03, §2.4]. On a notamment φh(th)=pth
et ∏j=0h−1φj(th)∈Qp×⋅t.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si h⩾1 et a∈Z, alors (Brig+[1/t])φh=pa est
un Be-module libre de rang h.
Démonstration.
L’application x↦x/tha est un isomorphisme de
(Brig+[1/t])φh=pa sur (Brig+[1/t])φh=1.
On se ramène donc au cas a=0.
Si ω∈Qph engendre une base normale
de Qph sur Qp,
alors la matrice
(φi+j(ω))1⩽i,j⩽h est inversible et l’application
de (Brig+[1/t])φh=1 dans Qph⊗QpBe donnée par
x↦∑i=0h−1φi(ω)⊗φi(x) est
un isomorphisme, d’où le lemme.
∎
L’anneau Brig†,r est muni d’une topologie de Fréchet,
qui est définie par des valuations V[r;s] avec s>r. On
appelle B[r;s] le complété de Brig†,r pour la valuation
V[r;s] et
BK[r;s] le complété de Brig,K†,r.
Les valuations V[r;s] et les anneaux
B[r;s] ont été définis dans [Ber02, §2.1]
(où ils sont notés B[r;s])
et étudiés dans [Col03, Ked05] (entre autres) mais il faut faire
attention au fait que les notations sont différentes. Les valuations
sont indexées par des intervalles et si l’on pose ρ(r)=(p−1)/pr,
alors notre intervalle [r;s] coïncide avec l’intervalle
[ρ(s);ρ(r)] de [Col03] et de [Ked05].
Voici un tableau récapitulatif de quelques unes des notations :
[TABLE]
L’anneau B[r;s] est muni d’une action de GK et la méthode de
Sen (cf. [Col01] et [BC07]) permet de simplifier grandement
l’étude des B[r;s]-représentations de GK.
\propname** \the\smf@thm.**
L’anneau Λ=B[r;s] vérifie les conditions (TS1), (TS2) et (TS3) avec ΛHK,n=φ−n(BK[pnr;pns]) et valΛ=V[r;s],
les constantes c1>0, c2>0 et
c3>1/(p−1) pouvant être choisies arbitrairement.
Démonstration.
Ceci est démontré dans [Col03] : la condition (TS1) résulte
du lemme 10.1, la condition (TS2) résulte de la proposition 8.12 et
du fait que BK]0;ρ(r)] est dense dans BK[r;s]
et la condition (TS3) résulte de la proposition 9.10 et de la même densité.
∎
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si r≫0 et si I est un intervalle contenu dans [r;+∞[, alors
BKI∩Brig†,r=Brig,K†,r.
Démonstration.
Le corollaire 2.5.7 de [Ked05]
nous dit que x∈BKJ pour tout intervalle
I⊂J⊂[r;+∞[ ce qui fait que x∈Brig,K†,r.
∎
1.2. Les (φ,Γ)-modules sur
l’anneau de Robba
Nous donnons quelques rappels et compléments concernant
les résultats de Kedlaya
(en essayant de renvoyer systématiquement à
[Ked05] quand c’est possible)
sur les pentes des
φ-modules sur Brig,K†.
Rappelons qu’un φ-module sur un anneau R est un
R-module libre D muni d’un Frobenius φ
tel que φ∗(D)=D. Si cet anneau est en plus muni d’une
action de ΓK, alors un (φ,Γ)-module
est un φ-module muni d’une action semi-linéaire
et continue de ΓK qui commute à φ.
Nous renvoyons à l’article de Kedlaya pour la notion de pentes
des φ-modules. Contentons-nous de dire que si D
est un φ-module sur Brig,K† alors ses pentes
sont les rationnels qui sortent de la proposition 1.1
appliquée à Brig†⊗Brig,K†D.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module de rang 1 sur Brig,K†,
alors la pente de D appartient à Z.
Démonstration.
Cette pente appartient à l’image par valp du corps des coefficients
de Brig,K† et le lemme suit du fait que ce corps est une
extension non ramifiée de K0. On peut aussi dire que la pente
de Ma,1 est a∈Z.
∎
\definame** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module, son degrédeg(D) est
la pente de det(D).
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si s∈Q, alors un φ-module sur Brig,K†
qui est une extension de φ-modules isoclines
de pente s est lui-même isocline de pente s.
Démonstration.
Ecrivons s=n/d; si on a une suite exacte 0→D1→D→D2→0
avec D1 et D2 isoclines de pente s, alors on peut écrire Di=Brig,K†⊗BK†Di† où Di† est
un φ-module sur BK† admettant une base dans laquelle
p−nMat(φd)∈GLd(AK†). Le lemme résulte alors
de la proposition 7.4.1 de [Ked05] qui nous permet de trouver
une base de D dans laquelle
p−nMat(φd)∈GLd(AK†).
∎
Rappelons le résultat principal de [Ked04] (redémontré et généralisé
dans [Ked05] et [Ked06]).
\theoname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module sur Brig,K†, alors il existe une unique filtration 0=D0⊂D1⊂⋯⊂Dℓ=D par des sous-φ-modules saturés, telle que :
(1)
pour tout 1⩽i⩽ℓ, le quotient Di/Di−1 est isocline;
2. (2)
si l’on appelle si la pente de Di/Di−1, alors s1<s2<⋯<sℓ.
\remaname* \the\smf@thm.*
Plaçons-nous dans la situation du théorème 1.2
ci-dessus; par la proposition 1.1, il existe des entiers
aj,hj tels que Brig†⊗Brig,K†D=⊕Maj,hj. Cette décomposition n’est pas canonique,
mais l’ensemble des aj/hj est bien défini et coïncide, si l’on
compte les multiplicités, avec l’ensemble des si (cf. le
corollaire 6.4.2 de [Ked05]).
\definame** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module de rang d sur Brig,K†,
alors (cf. [Ked04, p. 157])
son polygone de NewtonNP(D) est la réunion des segments
d’extrémités (i,yi) et (i+1,yi+1) pour 0⩽i⩽d−1
où y0=0 et yi+1−yi est
la i+1-ième plus petite pente
de D en comptant les multiplicités.
Dans les notations du théorème 1.2, NP(D)
est la réunion des ℓ segments de longueur
rg(Di/Di−1) et de
pente si pour 1⩽i⩽ℓ.
Remarquons que par le lemme 1.2,
les sommets de NP(D) sont à coordonnées entières.
Le dernier sommet
est de coordonnées (rg(D),deg(D)).
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module sur Brig,K† et si M est un
sous-φ-module de D (pas nécessairement saturé
ni de même rang), alors
NP(M) est au-dessus de NP(D),
et si NP(M) et NP(D) ont même extrémité, alors
M=D.
Démonstration.
Si l’on appelle σ1,…,σd et τ1,…,τm
les pentes de D et M prises avec multiplicité, l’affirmation
« NP(M) est au-dessus de NP(D) » est équivalente
au fait que pour tout 1⩽k⩽m, on a σ1+σ2+⋯+σk⩽τ1+τ2+⋯+τk, ce
qui revient à dire que pour tout 1⩽k⩽m, la plus petite pente
de ∧kD est inférieure ou
égale à la plus petite pente de ∧kM.
Ceci suit, après extension des scalaires à Brig†, du (a) de
la proposition 4.5.14 de [Ked05].
Enfin si NP(M) et NP(D) ont même extrémité,
alors M et D ont même rang (le
rang étant la x-longueur du polygone de Newton) et det(M)=α⋅det(D) où α⋅Brig,K† est étale,
NP(M) et NP(D) ayant la même extrémité.
Par la proposition 3.3.2 de [Ked05], α est une unité de
Brig†; c’est donc une unité de Brig,K†,
ce qui fait que M=D.
∎
\coroname** \the\smf@thm.**
Si 0→D1→D→D2 est une suite exacte de φ-modules,
avec rg(D)=rg(D1)+rg(D2),
alors deg(D)⩾deg(D1)+deg(D2)
et on a égalité si et seulement
si D→D2 est surjective.
Démonstration.
Par le lemme 1.2 ci-dessus, on a deg(im(D→D2))⩾deg(D2) avec égalité si et seulement
si D→D2 est surjective. On se ramène donc à montrer que
si on a une suite exacte 0→D1→D→D2→0, alors
deg(D)=deg(D2)+deg(D1). Ceci suit du fait que
detMat(φ∣D)=detMat(φ∣D1)⋅detMat(φ∣D2).
∎
Pour terminer ce paragraphe,
disons quelques mots de la
« localisation
en ε(n)−1 »; si n⩾0, alors on pose rn=pn−1(p−1).
Si x=∑k≫−∞pk[xk]∈B†,r0 alors la série qui définit x converge
dans BdR+ et on en déduit un morphisme injectif noté
ι0 de B†,r0 dans BdR+. Ce morphisme
s’étend par continuité en un morphisme toujours injectif
(voir la proposition 2.25 de [Ber02]) ι0:Brig†,r0→BdR+.
Si r>0, alors soit n(r)
le plus petit entier tel que rn⩾r.
Si n⩾n(r), et si x∈Brig†,r, alors
φ−n(x)∈Brig†,r/pn⊂Brig†,r0
et on en déduit un morphisme injectif ιn=ι0∘φ−n:Brig†,r→BdR+.
On pose Q1=φ(X)/X
et Qn=φn−1(Q1)
ce qui fait que si n⩾1, alors Qn
est le polynôme minimal de ε(n)−1. Par la
proposition 4.8 de [Ber02], l’application θ∘ιn:Brig†,r→Cp est surjective
et son noyau est l’idéal engendré par Qn.
Par le lemme 5.11 de [Ber02], la
restriction de ιn à Brig,K†,r
a pour image un sous-anneau dense
(pour la topologie t-adique)
de Kn[[t]].
Si Dr est un Brig,K†,r-module,
cette application ιn:Brig,K†,r→Kn[[t]]
nous permet de définir la localisation
Kn[[t]]⊗Brig,K†,rιnDr de Dr
en ε(n)−1 pour n⩾n(r).
Cette construction est fondamentale autant dans cet article
que dans [Ber04b].
2. Les B-paires
Une B-paire est un couple
W=(We,WdR+) où We est
un Be-module libre de rang fini muni
d’une action semi-linéaire et continue de GK
(c’est-à-dire une Be-représentation) et
WdR+ est un BdR+-réseau de
WdR=BdR⊗BeWe stable par GK
(rappelons que toute BdR-représentation
admet un BdR+-réseau stable par Galois,
cf. par exemple le début du §3.5 de [Fon04]).
L’objet de ce chapitre est d’étudier la catégorie des B-paires, et
le résultat principal est que cette catégorie est
équivalente à la catégorie des
(φ,Γ)-modules sur Brig,K†.
2.1. La catégorie des B-paires
Ce paragraphe est principalement consacré à donner des définitions
relatives à la catégorie des B-paires.
\definame** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire, alors on
appelle dimension de W
le rang commun de We et
de WdR+.
Si W et X sont deux B-paires, un morphisme
de B-pairesf:W→X est la donnée de deux applications (fe,fdR+) de We dans Xe et de WdR+ dans XdR+ telles que les deux applications induites par extension des scalaires à BdR coïncident; on appelle alors fdR cette application.
\exemname* \the\smf@thm.*
Voici deux classes importantes de B-paires.
(1)
Si V est une représentation p-adique de GK, alors
(Be⊗QpV,BdR+⊗QpV)
est une B-paire notée W(V);
2. (2)
si D est un (φ,N)-module filtré sur K, alors
((Bst⊗K0D)φ=1,N=0,Fil0(BdR⊗KDK)) est une B-paire notée W(D).
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire de dimension 1, alors il existe un
caractère η:GK→Qp× et i∈Z tels que
We=Be(η) et WdR+=tiBdR+.
Démonstration.
La première assertion résulte du lemme 1.1 et la deuxième du
fait que les idéaux fractionnaires de BdR sont
tous de la forme tiBdR+.
∎
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si f:W→X est un morphisme de B-paires, alors
Xe/fe(We) est sans torsion.
Démonstration.
Le Be-module Satfe(We) est libre de même rang que fe(We)
et le lemme 1.1 montre que detfe(We)=detSatfe(We) ce qui fait que l’image de fe(We) est saturée dans Xe.
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
En revanche, XdR+/fdR+(WdR+) peut avoir de la
torsion (considérer par exemple l’application naturelle (Be,tBdR+)→(Be,BdR+)). On dit que f est strict si
XdR+/fdR+(WdR+) est sans torsion. L’existence de
morphismes non-stricts implique que la ⊗-catégorie additive des
B-paires n’est pas abélienne.
\definame** \the\smf@thm.**
Si W et X sont deux B-paires, on dit que W est un
sous-objet de X s’il existe un morphisme injectif strict
f:W→X. Une suite exacte est une suite
où les morphismes sont stricts et les conditions
habituelles (image - noyau) sont satisfaites.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si f:W→X est un morphisme de B-paires, alors
ker(f)=(ker(fe),ker(fdR+)) est un sous-objet
de W et im(f)=(im(fe),im(fdR+))⊂X
est une B-paire et la suite 0→ker(f)→W→im(f)→0 est exacte.
\definame** \the\smf@thm.**
Si W et X sont deux B-paires, on dit que W est une
modification de X si We≃Xe.
2.2. Construction de (φ,Γ)-modules
Dans ce paragraphe, on associe à toute B-paire un
(φ,Γ)-module et on montre le théorème A
de l’introduction.
Les constructions qui permettent de relier la catégorie des B-paires
et celle des (φ,Γ)-modules sont proches de celles qu’on trouve
dans l’article [Col03], notamment les §§2, 3 et 10.
Rappelons que si n⩾0, alors on pose rn=pn−1(p−1)
et que si r>0, alors n(r) est le plus petit entier tel que
rn⩾r. Si W est une B-paire est si n⩾n(r),
alors l’application ιn:Brig†,r[1/t]→BdR nous
donne un morphisme ιn:Brig†,r[1/t]⊗BeWe→BdR⊗BeWe=WdR.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire, et si Dr(W)={y∈Brig†,r[1/t]⊗BeWe tels
que ιn(y)∈WdR+
pour tout n⩾n(r)}, alors :
(1)
Dr(W)* est un Brig†,r-module libre de rang d;*
2. (2)
Dr(W)[1/t]=Brig†,r[1/t]⊗BeWe;
3. (3)
Dr(W)* est stable par GK et φ(Dr(W))=Dpr(W).*
Démonstration.
Commençons par remarquer que si n⩾n(r), alors l’image de
Brig†,r[1/t]⊗BeWe par l’application ιn
est dense dans WdR.
Soit Dn(r)r(W)={y∈Brig†,r[1/t]⊗BeWe tels que ιn(r)(y)∈WdR+}; c’est un Brig†,r-module
libre de rang d (il est engendré par d éléments dont les images forment une base de WdR+). Par ailleurs Dr(W) est fermé dans
Dn(r)r(W) et par la proposition 1.1,
Dr(W) est libre de rang ⩽d.
Montrons que si x∈Brig†,r[1/t]⊗BeWe, alors il
existe m⩾0 tel que tmx∈Dr(W) ce qui implique que
Dr(W) est un Brig†,r-module libre de rang d
et que Dr(W)[1/t]=Brig†,r[1/t]⊗BeWe.
Si e1,…,ed est une base de We, alors il existe m1 tel
que pour tout n⩾n(r), l’image par ιn des tm1ei
appartient à WdR+ (si c’est vrai pour un n, c’est vrai pour tous
car φ(ei)=ei). Comme Be=∪j⩾0t−j(Brig+)φ=pj, il existe m2 tel que tm2x appartient
au Brig†,r-module engendré par les ei. On peut alors prendre
m=m1+m2.
Ceci démontre les points (1) et (2), et le (3) est une évidence.
∎
\lemmname** \the\smf@thm.**
Pour tout n⩾n(r), l’image de Dr(W) par ιn contient
une base de WdR+ et si D′ est un
sous-Brig†,r-module fermé stable par GK de Dr(W), dont
l’image par ιn contient une base de WdR+
pour tout n⩾n(r), alors D′=Dr(W).
Démonstration.
Soient n⩾n(r) et x1,…,xd des éléments de Brig†,r[1/t]⊗BeWe dont les images par ιn forment une base de
WdR+. Si ℓ⩾0 est tel que tℓxi∈Dr(W) pour tout i, alors posons yi=(t/Qn)ℓxi. Pour tout m⩾n(r)
on a ιm(yi)∈WdR+ et par ailleurs ιn(yi)=inversible⋅ιn(xi) ce qui fait que l’image de Dr(W) par ιn contient bien une base de WdR+.
Pour montrer l’unicité, on se ramène au cas de rang 1 en prenant le
déterminant. Il faut donc montrer que si x∈Brig†,r engendre un idéal
stable par GK et si ιn(x) est une unité de BdR+ pour tout
n⩾n(r), alors x est une unité. Soit η:GK→(Brig†,r)×=(B†,r)×
le cocycle g↦g(x)/x. Par la proposition 4.2.1 de
[BC07], l’anneau B†,r satisfait
les conditions de Tate-Sen et il existe donc une extension finie L de K,
un entier m⩾0 et une unité y∈(B†,r)× tels que
h(xy)=xy si h∈HL et g(xy)/xy∈φ−m(BL†,pmr)
si g∈GK. Le lemme 3.2.5 de [BC07] montre alors que, quitte
à augmenter m, on a xy∈φ−m(BL†,pmr). Si L0⊂L est une sous-extension non ramifiée de L, alors
NL/L0(φm(xy)) est un élément de
BL0†,pmr qui engendre un idéal stable par un
sous-groupe ouvert de ΓL. Un raisonnement analogue à celui
du lemme I.3.2 de [Ber04a] montre que cet idéal est engendré
par un élément de la forme ∏n⩾n(r)(Qn+m/p)αn et la condition selon laquelle
ιn(x) est une unité de BdR+ pour tout
n⩾n(r) nous dit que les αn sont tous nuls, ce qui fait
que φm(xy) est une unité, et donc que x est une unité.
∎
En particulier, si s⩾r, alors l’application naturelle Brig†,s⊗Brig†,rDr(W)→Ds(W) est un isomorphisme.
\definame** \the\smf@thm.**
On définit D(W)=Brig†⊗Brig†,rDr(W) et
si I est un intervalle contenu dans [r;+∞[,
alors on pose DI(W)=BI⊗Brig†,rDr(W).
Le lemme 2.2 ci-dessus
montre que cela ne dépend pas du choix de r∈I. Remarquons en particulier que si J⊂I, alors DJ(W)=BJ⊗BIDI(W).
\propname** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire, et si I est un intervalle, alors
il existe j⩾0 et une extension finie L de K tels que pour tout k⩾0, il existe un BLpj+kI-module
DLpj+kI libre de rang fini vérifiant :
(1)
Bpj+kI⊗BLpj+kIDLpj+kI=Dpj+kI(W);
2. (2)
φ∗(DLpj+kI)=DLpj+k+1I;
3. (3)
les images de DLpj+kI
et DLpj+k+1I dans
Dpj+kI∩pj+k+1I(W) engendrent le même
BLpj+kI∩pj+k+1I-module.
Démonstration.
Si l’on se donne une base de DI(W), alors l’action de GK est
donnée par une application GK→GLd(BI) et il existe une extension
finie L de K telle que l’image de GL par
cette application soit incluse dans
l’ensemble des matrices M vérifiant VI(1−M)>c1+2c2+2c3.
Par la proposition 1.1, BI satisfait les conditions de Tate-Sen
et la proposition 3.2.6 de [BC07] nous fournit alors une nouvelle base
de DI(W) et n⩾0 tels
que l’application GK→GLd(BI) est triviale
sur HL et à valeurs dans GLd(φ−n(BLpnI)).
Si DLpnI est le BLpnI-module engendré par
φn de cette base, alors DpnI(W)=BpnI⊗BLpnIDLpnI.
Posons J=pnI∩pn+1I et DLpj+k+1I=φ∗(DLpj+kI) pour k⩾0. Si J est vide, alors il suffit de prendre j=n, les conditions (1) et (2) étant vérifiées et la condition (3) vide.
Supposons donc que J est non vide; l’unicité dans la méthode de Sen (cf. la démonstration du (3) de la proposition 3.3.1 de [BC07]) ne nous
donne pas la condition (3), mais nous dit qu’il existe m⩾0 tel que :
[TABLE]
En appliquant φm à cette relation, on voit que (3) est satisfaite
en prenant j=m+n.
∎
\propname** \the\smf@thm.**
Si W=(We,WdR+) est une B-paire de dimension d,
alors il existe un unique (φ,ΓK)-module D(W)
sur Brig,K† tel que Brig†⊗Brig,K†D(W)=D(W).
Démonstration.
Choisissons un intervalle I tel que I∩pI est non vide. Le (3) de la proposition 2.2 nous fournit une collection compatible de
BLpj+kI-modules, et par la définition 2.8.1 et le théorème
2.8.4 de [Ked05], il existe un Brig,L†-module DL(W)
libre de rang d et tel que DLpj+kI=BLpj+kI⊗Brig,L†DL(W) pour k⩾0.
La condition (1) implique que Brig†⊗Brig,L†DL(W)=D(W) et la condition (2) implique que DL(W)
est un φ-module. Par ailleurs DL(W) est stable sous
l’action de GK et HL agit trivialement dessus, puisque c’est vrai pour chaque DLpj+kI. Enfin, le lemme 4.2.5 de [BC07]
montre que l’extension Brig,L†/Brig,K† vérifie les conditions
de la proposition 2.2.1 de descente étale
de [BC07] ce qui fait que l’on a DL(W)=Brig,L†⊗Brig,K†DL(W)HK et on peut donc prendre D(W)=DL(W)HK. Ceci montre l’existence
de D(W).
Passons à l’unicité. Si D1 et D2 satisfont les conclusions de la
proposition, choisissons des bases de D1 et D2, et
appelons Gi la matrice de γ∈ΓK
sur Di et M la matrice de passage d’une base à l’autre, ce qui
fait que G1M=γ(M)G2. On se donne r≫0
tel que toutes ces matrices ont leurs coefficients dans Brig†,r
et I un intervalle contenu dans [r;+∞[. La partie « unicité »
de la méthode de Sen nous dit qu’il existe n⩾0 tel que
M∈GLd(φ−n(BKpnI)). Comme
BKpnI∩Brig†,pnr=Brig,K†,pnr par
le lemme 1.1, on trouve que M∈GLd(φ−n(Brig,K†,pnr)). Si P1 et P2 sont les matrices de φ
sur D1 et D2, alors P1M=φ(M)P2 et donc si
M∈GLd(φ−n(Brig,K†)), alors
M∈GLd(Brig,K†), ce qui fait que D1=D2.
∎
Rappelons que
si D est un φ-module sur Brig,K†, alors
pour r≫0 on note Dr le Brig,K†,r-module fourni
par le théorème I.3.3 de [Ber04b]. En particulier
Dpr=Brig,K†,pr⊗Brig,K†,rDr
et Dpr a une base contenue dans φ(Dr).
Par exemple, Dr(W)=Dr(W)∩D(W)
si r≫0.
\propname** \the\smf@thm.**
Si D est un (φ,ΓK)-module de
rang d sur Brig,K†, alors :
(1)
We(D)=(Brig†[1/t]⊗Brig,K†D)φ=1* est un Be-module
libre de rang d stable sous l’action de GK;*
2. (2)
WdR+(D)=BdR+⊗Brig,K†,rnιnDrn* ne dépend
pas de n≫0 et c’est un BdR+-module
libre de rang d stable sous l’action de GK;*
3. (3)
le couple W(D)=(We(D),WdR+(D)) est
une B-paire.
Démonstration.
Il est clair que We(D) est un Be-module stable sous l’action de GK. Reste à montrer qu’il est libre de rang d. Pour cela, soit
⊕Mai,hi une décomposition de Brig†⊗Brig,K†D en φ-modules élémentaires fournie par
la proposition 1.1. On a We(D)=⊕(Mai,hi[1/t])φ=1. On vérifie que l’application (Ma,h[1/t])φ=1→Brig+[1/t] qui à ∑i=0h−1xiei associe
x0 est un isomorphisme
entre (Ma,h[1/t])φ=1 et (Brig+[1/t])φh=p−a,
et le (1) suit alors du lemme 1.1.
Pour montrer le (2), remarquons que par le
théorème I.3.3 de [Ber04b], on a
φ∗(Drn)=Drn+1 pour n≫0 et
donc le BdR+-module engendré par φ−n(Drn) ne
dépend pas de n≫0. Comme Drn est libre de rang d
et stable par GK, il en est de même pour WdR+(D).
Montrons maintenant le (3) : WdR(D)=BdR⊗BeWe(D) est un BdR-espace
vectoriel de dimension d, réunion croissante des BdR-espaces
vectoriels BdR⊗Be(Brig†,rn[1/t]⊗Brig,K†,rnDrn)φ=1 ce qui fait que si n≫0, alors :
[TABLE]
En comparant les dimensions, on voit que l’on a en fait égalité et donc
que WdR+(D) est un réseau de WdR(D).
∎
\theoname** \the\smf@thm.**
Les foncteurs W↦D(W) et D↦W(D)
sont inverses
l’un de l’autre et donnent une équivalence de catégories entre la catégorie
des B-paires et la catégorie des
(φ,ΓK)-modules sur Brig,K†.
Démonstration.
On vérifie que ces deux foncteurs sont inverses l’un de l’autre en utilisant
le fait que :
dans la proposition 2.2, puis en identifiant les différents
objets (c’est un exercice instructif que nous laissons au lecteur; il
faut utiliser l’unicité dans la proposition 2.2).
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
Les modifications de (φ,ΓK)-modules correspondent
à des modifications de B-paires. Par exemple :
(1)
Si W et X sont deux B-paires, alors We≃Xe
si et seulement si D(W)[1/t]≃D(X)[1/t];
2. (2)
si W=(We,WdR+) est une B-paire,
alors D((We,tnWdR+))=tnD(W).
\propname** \the\smf@thm.**
Le foncteur D↦W(D) réalise une équivalence de catégories
entre la catégorie des (φ,ΓK)-modules étales et la catégorie
des B-paires de la forme W(V)=(Be⊗QpV,BdR+⊗QpV) où V est une représentation p-adique de GK.
On retrouve alors (en appliquant le (b) du théorème 6.3.3 de [Ked05],
qui nous dit que le foncteur naturel de la catégorie des (φ,ΓK)-modules étales sur BK† vers la catégorie des (φ,ΓK)-modules étales sur Brig,K† est une équivalence de catégories)
le résultat principal de [CC98],
c’est-à-dire l’équivalence de catégories entre représentations
p-adiques et (φ,ΓK)-modules étales,
avec une démonstration proche de
celle de [BC07].
Dans le paragraphe 3.2, nous reviendrons sur le
problème de la description « explicite » des B-paires
dont le (φ,Γ)-module associé est isocline.
2.3. Théorie de Hodge p-adique
Dans ce paragraphe, nous généralisons les notions
habituelles de théorie de Hodge p-adique aux B-paires.
\definame** \the\smf@thm.**
Si ♡∈{cris,st,dR},
et si W est une B-paire,
alors on dit que W est cristalline
(ou semi-stable ou de de Rham)
si la B♡-représentation
B♡⊗BeWe est triviale. On
pose D♡(W)=(B♡⊗BeWe)GK.
Remarquons que si V est une représentation p-adique,
alors bien sûr V est cristalline (ou semi-stable, ou de de Rham,
ou de Hodge-Tate)
si et seulement si W(V) l’est.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si D est un (φ,N)-module sur K0,
alors (Bst⊗K0D)φ=1,N=0 est
un Be-module libre de rang d=dim(D).
Démonstration.
Si u∈Bst vérifie N(u)=1, alors on a Bst=Bmax[u] et
si x∈(Bst⊗K0D)N=0, alors on peut
écrire x=x0+ux1+⋯+uexe avec xi∈Bmax⊗K0D. Par la proposition 11.7 de [Col02],
l’application x↦x0 de (Bst⊗K0D)N=0
dans Bmax⊗K0D est un isomorphisme, et on se ramène
donc à montrer que si D est un φ-module sur K0,
alors (Bmax⊗K0D)φ=1 est
un Be-module libre de rang d. Par le théorème
de Dieudonné-Manin, Qpnr⊗K0D se décompose
en somme directe de φ-modules élémentaire Mai,hi.
L’application x=∑j=0h−1xjej↦x0
de (Bmax⊗QpnrMa,h)φ=1 dans
Bmaxφh=p−a est un isomorphisme, et le lemme
résulte alors du lemme 1.1.
∎
\propname** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire, alors :
(1)
Dst(W)* est un (φ,N)-module sur K0 et
Dcris(W)=Dst(W)N=0;*
2. (2)
DdR(W)* est un K-espace vectoriel filtré
avec Fili(DdR(W))=DdR(W)∩tiWdR+
et l’application
naturelle K⊗K0Dst(W)→DdR(W) est injective;*
3. (3)
si W est semi-stable, alors We=(Bst⊗K0Dst(W))φ=1,N=0 et WdR+=Fil0(BdR⊗KDdR(W));
4. (4)
si D est un (φ,N)-modules filtré, et si
We(D)=(Bst⊗K0D)φ=1,N=0
et WdR+(D)=Fil0(BdR⊗KD), alors
W(D)=(We(D),WdR+(D)) est une B-paire semi-stable.
Démonstration.
Exercice (ce n’est pas différent du cas des représentations
p-adiques semi-stables).
∎
A la lumière du théorème 2.2, l’étude des B-paires de de Rham
revient à l’étude des (φ,ΓK)-modules
« localement triviaux » au sens de [Ber04b], ce qui est fait
en détail dans [Ber04b].
Si D est un (φ,N)-module filtré, on note M(D)
le (φ,ΓK)-module construit dans [Ber04b, §II.2].
Rappelons que :
[TABLE]
\propname** \the\smf@thm.**
Les foncteurs W↦Dst(W)
et D↦W(D) sont inverses l’un de l’autre et donnent
une équivalence de catégories entre la catégorie des B-paires
semi-stables et la catégorie des (φ,N)-modules filtrés.
Si W est une B-paire, alors D(W)=M(Dst(W)) et donc
si D est un (φ,N)-module filtré, alors W(D)=W(M(D)).
Démonstration.
Ces affirmations ne présentent aucune difficulté.
∎
\theoname** \the\smf@thm.**
Le théorème de monodromie p-adique et le théorème « faiblement
admissible implique admissible » sont vrais. De fait,
(1)
toute B-paire de de Rham est potentiellement semi-stable;
2. (2)
le foncteur W↦Dst(W)
réalise une équivalence de catégories
entre la catégorie des objets de la
forme W(V) où V est une représentation
p-adique et la catégorie des
(φ,N)-modules filtrés admissibles.
Démonstration.
Montrons tout d’abord le (1).
Soit W une B-paire et D(W) le (φ,ΓK)-module
associé. Si W est de de Rham, alors pour n≫0,
la BdR-représentation BdR⊗Brig,K†,rnιnDrn(W) est égale à BdR⊗BeWe et donc
triviale, ce qui fait par le théorème 3.9 de [Fon04] que
le K∞((t))-module à connexion K∞((t))⊗Brig,K†,rnιnDrn(W) est trivial. Etant donnée
la définition III.1.2 de [Ber04b], on est en mesure d’en appliquer
le théorème A de [Ber04b], qui nous dit qu’il existe une
extension finie L de K et un (φ,N)-module filtré D sur L
tels que D(W∣L)=M(D) et donc que W∣L
est semi-stable. Ceci montre le (1). Le (2) suit du théorème
A de [CF00] ou bien (si l’on préfère
passer par les (φ,ΓK)-modules)
du théorème B de [Ber04b].
∎
Rappelons que si U est une Cp-représentation de GK, alors
la réunion UfiniHK
des sous-K∞-espaces vectoriels de dimension finie stables
par ΓK de UHK a la propriété que
l’application Cp⊗K∞UfiniHK→U est un isomorphisme (cf. [Sen80]).
L’espace UfiniHK est muni de l’application
K∞-linéaire ∇U=log(γ)/logp(χ(γ))
avec γ∈ΓK∖{1} suffisamment proche de 1.
\definame** \the\smf@thm.**
Si W est une B-paire, alors WdR+/tWdR+ est une
Cp-représentation de GK et on
pose DSen(W)=(WdR+/tWdR+)finiHK.
On pose ΘSen=∇W et on
dit que W est de Hodge-Tate si
ΘSen est diagonalisable
à valeurs propres appartenant à Z. Ces entiers sont
les poids de Hodge-Tate de W.
3. Les (φ,Γ)-modules
Etant donné le théorème 2.2, l’étude des B-paires revient à
l’étude des (φ,Γ)-modules. Dans ce chapitre, nous montrons
plusieurs résultats sur les (φ,Γ)-modules : modification,
classification des objets isoclines, classification des objets de hauteur finie.
3.1. Modification de (φ,Γ)-modules
Si D est un φ-module
sur Brig,K† et si n⩾n(r) avec
r≫0, rappelons que Dr/Qn est un Kn-espace
vectoriel de dimension rg(D). Soit
M={Mn}n⩾n(r) une famille φ-compatible de
sous-Kn-espaces vectoriels de Dr/Qn, c’est-à-dire que pour
tout n⩾n(r), Mn+1 est engendré par les φ(y) où y∈Dr est tel que son image dans Dr/Qn appartient à Mn.
En d’autres termes, on un isomorphisme
Kn+1⊗Kn(Dr/Qn)→Dpr/Qn+1
obtenu en quotientant l’isomorphisme
φ∗(Dr)≃Dpr par φ(Qn)=Qn+1, et qui est donc
donné par α⊗m↦α⊗φ(m) et on demande que Mn+1 soit l’image
de Kn+1⊗KnMn par cet isomorphisme (voir
[Ber04b, §II.1] pour une condition analogue).
\definame** \the\smf@thm.**
Une telle famille M={Mn}n⩾n(r)
de sous-espaces vectoriels de Dr/Qn est appelée une
donnée de modification de D. On définit alors
D[M]={y∈D dont l’image dans Dr/Qn appartient à
Mn}.
\propname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module de rang d
sur Brig,K† et si
M est une donnée de modification,
alors D[M] est un φ-module et de plus :
(1)
si M⊂N, alors D[M]⊂D[N] et si
D[M]=D[N], alors M=N;
2. (2)
D[M]=D* si Mn=Dr/Qn pour tout n,
et D[0]=t⋅D;*
3. (3)
deg(D[M])=deg(D)+d−dim(M);
4. (4)
si D est un (φ,ΓK)-module et si
M est stable par ΓK, alors D[M]
est un (φ,ΓK)-module.
Démonstration.
Rappelons que t=log(1+X)=X⋅∏n⩾0Qn/p
ce qui fait que t⋅D⊂D[M] quel que soit M.
La définition de D[M] implique que c’est un sous-module
fermé de D, et comme il contient t⋅D, il est libre de
rang d. Le fait que c’est un φ-module résulte du fait
que la famille des Mn est φ-compatible.
Le fait que si M⊂N, alors D[M]⊂D[N] est
évident. Remarquons que si l’image de x∈D appartient à Mn,
alors x⋅t/Qn∈D[M] et son image dans Dr/Qn est
(un multiple de) x ce qui fait que l’image de D[M] dans Dr/Qn
est Mn et en particulier que si D[M]=D[N], alors M=N.
Ceci montre le (1). Le (2) est une évidence.
Pour montrer le (3), prenons un drapeau {0}=M(0)⊂M(1)⊂⋯⊂M(d)
tel que M(dim(M))=M. On en déduit une suite
de φ-modules t⋅D=D(0)⊂⋯⊂D(d)=D et donc une suite de φ-modules de rang 1 :
[TABLE]
Leurs pentes forment une suite strictement décroissante
(si on a égalité des pentes, on a égalité des modules par le lemme
1.2) de d+1 nombres entiers (ils sont entiers
par le lemme 1.2)
dont le premier est d+deg(D) et le dernier
est deg(D), ce qui fait que deg(D(m)) est
forcément deg(D)+d−dim(M). Enfin, le (4) est une évidence.
∎
\propname** \the\smf@thm.**
Si M est une donnée de modification de D et si l’on a une suite
exacte 0→D1→D→D2→0, alors :
(1)
{Mn∩D1r/Qn}* est une donnée
de modification pour D1 et {im(Mn→D2r/Qn)} est une donnée de modification pour D2;*
2. (2)
on a une suite exacte 0→D1[M]→D[M]→D2[M]→0.
Démonstration.
Le (1) suit du fait que les Mn sont φ-compatibles et
que les Dir/Qn le sont aussi. Passons au (2); on a clairement
une suite exacte 0→D1[M]→D[M]→D2[M].
Par le (3) de la proposition 3.1, on a :
On en déduit que deg(D[M])=deg(D1[M])+deg(D2[M]), et le corollaire
1.2 implique alors que la suite
0→D1[M]→D[M]→D2[M]→0 est exacte.
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
Si M et N sont deux données de modification telles que
M∩N=0, alors on un isomorphisme D[M][N]=D[M⊕N]
(il y a une inclusion évidente; comparer les degrés).
\theoname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module sur Brig,K†, alors il existe
un φ-module étale D′⊂D[1/t] tel que D′[1/t]=D[1/t].
Démonstration.
Il suffit de montrer qu’il existe un nombre fini de modifications
successives (au sens de la proposition 3.1)
de D dont le résultat est isocline de pente entière
(si D est isocline de pente s, alors t⋅D
est isocline de pente s+1).
Remarquons
que si on a une suite exacte 0→D1→D→D2→0, alors
il est toujours possible de modifier D1 ou D2 sans toucher à l’autre,
en choisissant M convenablement.
Etape 1 : si D est isocline, alors D se modifie en une extension
successive de φ-modules de pentes entières. En effet, si D est
isocline, modifions le par un M de codimension 1 ce qui augmente
le degré de D de 1. Si D[M] est isocline de pente non entière, alors
on répète cette opération. Le résultat est donc, après un nombre fini
de modifications, que D devient isocline de pente entière (et on a terminé
l’étape 1) ou bien que D se casse en deux morceaux. Dans ce dernier cas,
on a terminé par récurrence sur la dimension de D.
Etape 2 : si D est extension
successive de φ-modules de pentes entières, alors il se modifie en
un φ-module isocline de pente entière. On se ramène au cas d’une
extension de deux φ-modules de pentes entières
0→D1→D→D2→0 avec Di isocline de pente si.
Dans ce cas :
(1)
si s2=s1, alors on a terminé par le lemme 1.2;
2. (2)
si s2<s1, alors la modification est facile à écrire : on remplace
D par D′, l’ensemble des y∈D dont l’image dans D2
appartient à ts1−s2D2,
ce qui fait que l’on a une suite exacte
0→D1→D′→ts1−s2D2→0 et on a terminé par le lemme 1.2;
3. (3)
si s1<s2, alors on modifie D par une donnée nulle sur
D1 et surjective sur D2 ce qui augmente s1 de 1 et on
itère cette opération s2−s1 fois.
∎
\coroname** \the\smf@thm.**
Si We est une Be-représentation de GK, alors il existe une
représentation p-adique V de HK
telle que la restriction de We à HK est isomorphe à
Be⊗QpV.
Démonstration.
Soit WdR+ un BdR+-réseau stable par GK
de BdR⊗BeWe et D=D(W) le (φ,ΓK)-module
associé à la B-paire W=(We,WdR+) par le théorème 2.2.
Par le théorème 3.1, il existe un
φ-module étale
D′⊂D[1/t]
tel que D′[1/t]=D[1/t]. Comme D′ est étale,
le Qp-espace vectoriel V=(Brig†⊗Brig,K†D′)φ=1
est une représentation de HK dont la dimension est le rang de D′.
On a alors :
[TABLE]
et le corollaire est démontré.
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
(1)
Dans le corollaire 3.1 ci-dessus, on est loin d’avoir unicité. Par
exemple, si D est un (φ,N)-module sur K0 et si We=(Bst⊗K0D)φ=1,N=0, alors We=Be⊗QpV pour toute représentation V qui s’obtient comme
Vst(D) à partir d’une
filtration admissible sur K⊗K0D;
2. (2)
Dans la première version de cet article, j’affirmais que si D est un
(φ,ΓK)-module sur Brig,K†, alors il existe une extension
finie L de K et un (φ,ΓL)-module étale D′ sur
Brig,L† tel que D′⊂Brig,L†[1/t]⊗Brig,K†D et Brig,L†[1/t]⊗Brig,K†D′=Brig,L†[1/t]⊗Brig,K†D.
Ceci est incorrect, et Kiran Kedlaya et Ruochuan Liu ont construit le
contre-exemple suivant : soient p=2,
K=Qp et D une extension non-triviale de
Brig,K† par Brig,K†(p−2) (ce qui veut dire que l’action de ΓK
est inchangée et que φ est multiplié par p−2). En utilisant le théorème de
filtration par les pentes de Kedlaya et les calculs de cohomologie de
(φ,Γ)-modules de [Col07] et de [Liu07],
on peut montrer qu’une telle extension non-triviale existe et que quelque soit
l’extension finie L de K, Brig,L†⊗Brig,K†D ne contient
pas de sous-(φ,ΓL)-module isocline de rang 2 et donc qu’un
D′ comme ci-dessus n’existe pas.
3.2. Classification des objets isoclines
Le théorème 2.2 nous donne une filtration
sur les B-paires, et il est intéressant de décrire les
B-paires correspondant
aux (φ,ΓK)-modules isoclines. Le cas étale
relève de la proposition 2.2.
\definame** \the\smf@thm.**
Si h⩾1 et a∈Z sont premiers entre eux,
soit Rep(a,h) la catégorie dont
les objets sont les Qph-espaces vectoriels Va,h
de dimension finie,
munis d’une action
semi-linéaire de GK et d’un Frobenius
lui aussi semi-linéaire φ:Va,h→Va,h qui
commute à GK et qui vérifie φh=pa. Les morphismes sont
ceux que l’on imagine.
\remaname* \the\smf@thm.*
(1)
Si Va,h∈Rep(a,h), alors dimQph(Va,h)
est divisible par h (si e est cette dimension, alors
φh=pae sur det(Va,h));
2. (2)
si h=1 et a=0, alors on retrouve simplement la catégorie
des représentations p-adiques de GK;
3. (3)
si e∈Z, alors Rep(a,h) et Rep(a+eh,h) sont équivalentes
de manière évidente;
4. (4)
si D est un φ-module
isocline de pente a/h sur K0, alors le théorème de Dieudonné-Manin
implique que Va,h=(Qpnr⊗K0D)φh=pa est un
objet de Rep(a,h) dont la dimension en tant
que Qph-espace vectoriel est dimK0(D). Dans ce cas,
l’action de IK⊂GK sur Va,h est d’ailleurs triviale.
Si Va,h∈Rep(a,h), alors on pose We(Va,h)=(Bmax⊗QphVa,h)φ=1 et
WdR+(Va,h)=BdR+⊗QphVa,h.
\theoname** \the\smf@thm.**
Si Va,h∈Rep(a,h), alors W(Va,h)=(We(Va,h),WdR+(Va,h)) est une B-paire et le foncteur Va,h↦W(Va,h) définit une équivalence de catégories entre
Rep(a,h) et la catégorie des B-paires W telles que D(W)
est isocline de pente a/h.
Démonstration.
Il est clair que W=W(Va,h) est une B-paire. Par ailleurs,
la construction de D(W)
fournie par le lemme 2.2 et
la proposition 2.2 montre que l’on a Brig†⊗Brig,K†D(W)=Brig†⊗QphVa,h ce qui fait que
D(W) est isocline de pente a/h.
Réciproquement, si D est un (φ,ΓK)-module
isocline de pente a/h, alors par la proposition 1.1, on
a une décomposition Brig†⊗Brig,K†D=⊕i=1kMa,h=⊕i=1k⊕j=0h−1Brig†φj(ei) où ei,φ(ei),…,φh−1(ei) est une
base de la i-ième copie de Ma,h. On voit alors que ∑i=1k∑j=0h−1λijφj(ei)∈(Brig†⊗Brig,K†D)φh=pa si et seulement
si on a φh(λij)=λij pour tous i,j et comme
(Brig†)φh=1=Qph, on trouve que
Va,h=(Brig†⊗Brig,K†D)φh=pa
est un Qph-espace vectoriel de dimension rg(D)
qui hérite d’une action de GK et d’un Frobenius
tel que φh=pa. Si W
est une B-paire telle que D(W)
est isocline de pente a/h, alors on lui associe l’espace Va,h
construit à partir de D(W). Le lecteur vérifiera qu’on a
ainsi défini
un foncteur inverse de Va,h↦W(Va,h).
∎
Il sera intéressant de calculer les extensions d’objets isoclines; les
extensions de (φ,Γ)-modules sont étudiées dans [Liu07].
3.3. Les (φ,Γ)-modules de hauteur finie
Comme l’anneau Brig,K+=Brig,K†∩Brig+
n’a de bonnes propriétés que si
K⊂K0(μp∞), on suppose que cette condition
est vérifiée dans tout ce paragraphe. Dans ce cas, Brig,K+
s’identifie à l’ensemble des séries f(X)=∑k⩾0fkXk
qui convergent sur le disque unité ouvert,
ce qui en fait un anneau de Bézout,
et si on pose BK+=Brig,K+∩BK†, alors BK+=K0⊗OK0OK0[[X]].
\definame** \the\smf@thm.**
On dit qu’un (φ,Γ)-module D sur
Brig,K† est de hauteur finie
s’il existe un (φ,Γ)-module D+ sur Brig,K+ tel
que D=Brig,K†⊗Brig,K+D+ et
on dit qu’une B-paire W est de hauteur finie si D(W) l’est.
Remarquons qu’un (φ,Γ)-module sur Brig,K+
est un Brig,K+-module D+ stable par φ et
Γ tel que detφ est inversible dans Brig,K†
(et non dans Brig,K+ ce qui serait trop restrictif).
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si K⊂K0(μp∞), alors la définition ci-dessus est compatible avec la définition habituelle quand W=W(V).
Démonstration.
Si W=W(V) avec V de hauteur finie au sens habituel (cf. [Col99]),
alors il est évident
que W est de hauteur finie. Montrons donc la réciproque. Par hypothèse,
il existe une base de D(V) dans laquelle Mat(φ)=P+∈Md(Brig,K+) et Mat(γ)=G+∈GLd(Brig,K+) pour γ∈ΓK
(puisque V est de hauteur finie) ainsi
qu’une base de D†(V)
dans laquelle Mat(φ)=P†∈GLd(BK†) et
Mat(γ)=G†∈GLd(BK†) pour γ∈ΓK.
Soit M la matrice de passage d’une base à l’autre.
La proposition 6.5 de [Ked04] montre que l’on peut
écrire M=M+⋅M† avec M+∈GLd(Brig,K+) et M†∈GLd(BK†).
Dans la base de D†(V) obtenue en appliquant M† à celle
de D†(V), on a :
[TABLE]
ce qui fait que ces matrices sont
à coefficients dans BK†∩Brig,K+=BK+.
∎
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si D+ est un (φ,Γ)-module sur Brig,K+,
alors il existe des entiers α0,…,αm tels que
l’idéal engendré par det(φ) est engendré par
Xα0Q1α1⋯Qmαm et si K est une extension finie de Qp, alors
α0=0.
Démonstration.
Ce lemme se trouve dans la partie B.1.6 de [Wac96] mais
nous en donnons une démonstration pour la commodité du lecteur.
Comme l’action de φ commute à ΓK,
l’idéal engendré par det(φ) est stable par ΓK
et la première partie du
lemme suit alors du lemme I.3.2 de [Ber04a] et du fait
que si cet idéal est inversible dans Brig,K†, alors
les αj sont presque tous nuls.
Si δ=det(φ) et g=det(γ) pour γ∈ΓK, alors γ(δ)/δ=φ(g)/g et
en réduisant modulo X, on trouve que
χ(γ)α0 s’écrit φ(g0)/g0
avec g0∈K0. Si
K est une extension finie de Qp, alors φ(g0)/g0
est de norme 1 et donc
χ(γ)α0[K0:Qp]=1
ce qui fait que α0=0.
∎
Le lecteur vicieux montrera que si le corps résiduel de K est
algébriquement clos, alors on peut effectivement avoir α0=0.
\definame** \the\smf@thm.**
Un φ-module filtré sur K0 avec
action de ΓK est un
φ-module D sur K0 muni d’une action de ΓK
commutant à φ et d’une filtration
(décroissante, exhaustive et séparée)
stable par ΓK sur
D∞=K∞⊗K0D.
Il existe alors un entier n⩾0 tel que la filtration de D∞
est définie sur Kn, c’est-à-dire que si l’on pose Dn=Kn⊗K0D, alors
FiliD∞=K∞⊗KnFiliDn
pour tout i∈Z
et on appelle n(D)
le plus petit entier ayant cette propriété.
\propname** \the\smf@thm.**
Si D est un φ-module filtré sur K0 avec
action de ΓK, alors la
B-paire W=((Bmax⊗K0D)φ=1,BdR+⊗K∞D∞) est de hauteur finie.
Démonstration.
Soit h⩾0 tel que FilhD∞=0
et Fil−hD∞=D∞.
Si n⩾1, on écrit φ−n pour ιn.
Posons alors comme dans [Col03, §3.1] et [Kis06] :
[TABLE]
C’est un sous-Brig,K+-module fermé de
t−hBrig,K+⊗K0D qui contient
thBrig,K+⊗K0D et qui est donc libre de
rang d=dim(D). Il est de plus manifestement stable par φ
et ΓK.
Si n⩾n(D), alors :
[TABLE]
Si yn∈Fil0(Kn((t))⊗KnDn)
et w⩾0, il existe donc
y∈t−hBrig,K+⊗K0D
donc l’image par ιn vérifie ιn(y)−yn∈Filw(Kn((t))⊗KnDn).
L’élément z=y⋅(t/Qn)2h a alors la propriété
que ιn(z) est un multiple de ιn(y) et que
pour tout m∈Z différent de −n, on a φm(z)∈Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞) ce qui fait que
z∈M+(D). On en déduit que si n⩾n(D), alors
l’application :
[TABLE]
est un isomorphisme. En particulier, l’application naturelle
Brig†⊗Brig,K+M+(D)→D(W) est un isomorphisme et donc,
en utilisant l’unicité dans la proposition 2.2,
on trouve que D(W)=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D) ce qui fait
que W est de hauteur finie. Remarquons que dans les notations
de [Ber04b], on a M(D)=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D).
∎
\remaname* \the\smf@thm.*
Le fait de ne considérer que les
y∈t−hBrig,K+⊗K0D tels que l’on a
φn(y)∈Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞)
pour tout n∈Z n’est pas restrictif; le lecteur pourra montrer que :
[TABLE]
Si a,b∈Z sont tels que Fil−a+1D=0
et Fil−bD=D (c’est-à-dire que les poids de D sont
dans l’intervalle [a;b]), alors on a
tb⋅Brig,K+⊗K0D⊂M+(D)⊂ta⋅Brig,K+⊗K0D.
En appliquant la proposition 3.3 à Dcris(V), on retrouve
le théorème principal de [Col99] généralisé dans [BB06].
\coroname** \the\smf@thm.**
Si V est une représentation de GK
qui devient cristalline sur une extension Kn de K,
alors V est de hauteur finie.
On peut d’ailleurs se demander quand est-ce que W(D) est
cristalline.
\lemmname** \the\smf@thm.**
Si V est une représentation de ΓK, alors :
(1)
V* est cristalline si et seulement si
V=⊕j∈ZVΓK=χj;*
2. (2)
V* est de Hodge-Tate si et seulement si
elle est potentiellement cristalline.*
Démonstration.
Le (1) est l’objet du lemme 3.4.3 de [Per94], mais nous en
donnons une nouvelle démonstration. Pour cela, observons
que DSen(V)=K∞⊗QpV et donc que
V est de Hodge-Tate si et seulement si ∇V est
diagonalisable à valeurs propres entières sur
K∞⊗QpV; ceci est
équivalent à demander qu’il existe n⩾0 tel que
Kn⊗QpV=⊕j∈Z(Kn⊗QpV)ΓKn=χj. Comme
(Kn⊗QpV)ΓKn=χj=Kn⊗QpVΓKn=χj, et qu’une
représentation d’image finie de ΓK est cristalline si
et seulement si elle est triviale, on en déduit le (1) et le (2).
∎
\coroname** \the\smf@thm.**
Si D est un (φ,ΓK)-module filtré sur K0, alors la
B-paire construite ci-dessus est cristalline si et seulement si
D=⊕j∈ZDΓ=χj.
Démonstration.
Comme We=(Bmax⊗K0D)φ=1, on a
Bmax⊗BeWe=Bmax⊗K0D ce qui fait que W
est cristalline si et seulement si D est cristalline en tant
que représentation de ΓK. Le corollaire suit alors
du lemme 3.3 ci-dessus.
∎
\propname** \the\smf@thm.**
Si D est un (φ,ΓK)-module de hauteur finie,
alors il existe un φ-module filtré D sur K0 avec
action de ΓK tel que D=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D).
Démonstration.
Soit D+ un (φ,ΓK)-module sur
Brig,K+ tel que D=Brig,K†⊗Brig,K+D+ et D=D+/X.
Soit ∇=log(γ)/logp(χ(γ)) pour
γ∈ΓK proche de 1.
Commençons par montrer que si P∈K0[T] est un polynôme
tel que P(∇):D(j)→D(j) est
bijectif pour tout j⩾1, alors l’application
(D+)P(∇)=0→DP(∇)=0
est bijective.
Pour cela, nous montrons d’abord que l’application :
[TABLE]
est bijective.
Le fait qu’elle est injective ne pose pas de
problème : si y∈K0[[t]]⊗Brig,K+D+ est dans son noyau,
et si j est un entier ⩾1
tel que y∈tjK0[[t]]⊗Brig,K+D+, alors P(∇)(y)=0
dans tjK0[[t]]⊗Brig,K+D+/tj+1=D(j) et donc
y∈tj+1K0[[t]]⊗Brig,K+D+,
ce qui fait en itérant que y=0.
Montrons à présent la surjectivité; si z∈DP(∇)=0,
alors il existe z0∈D+
qui relève z et
tel que P(∇)(z0)∈XD+
et l’hypothèse selon laquelle P(∇):D(j)→D(j) est bijectif
pour tout j⩾0 nous permet de construire par récurrence zj∈zj−1+XjD+ tel que P(∇)(zj)∈Xj+1D+ et donc z∈(K0[[t]]⊗Brig,K+D+)P(∇)=0
relevant z ce qui fait que notre application est bien bijective.
Montrons à présent que (K0[[t]]⊗Brig,K+D+)P(∇)=0=(D+)P(∇)=0. Pour cela,
remarquons que (K0[[t]]⊗Brig,K+D+)P(∇)=0 est un K0-espace vectoriel
de dimension finie (puisqu’il s’injecte dans D) stable par φ. Si
l’on choisit une base de D+ et que l’on appelle Q la matrice
de φ dans cette base, et si l’on choisit une base de
(K0[[t]]⊗Brig,K+D+)P(∇)=0 et que l’on appelle P0 la matrice
de φ dans cette base et Y la matrice de passage entre les deux
bases, alors on a φ(Y)Q=P0Y et donc Y=P0−1φ(Y)Q.
Ecrivons Q=∑k⩾0Qktk et
Y=∑k⩾0Yktk. Si M est une matrice
à coeffcients dans K0, notons valp(M) le minimum
des valuations de ses coefficients.
Comme Brig,K+⊂Qp⊗ZpZp[[t/p]]
(n’oublions pas que X=exp(t)−1), on voit qu’il existe un entier h1
tel que valp(Qk)⩾−h1−k et il existe
par ailleurs un entier h2
tel que valp(P0−1)⩾−h2; posons h=h1+h2.
On déduit alors de l’équation Y=P0−1φ(Y)Q que
Y=P0−1φ(P0−1)⋅φ2(Y)⋅φ(Q)Q et
(comme valp(pkQk)⩾−h1) que :
[TABLE]
On en déduit par récurrence sur k⩾2h
que si k⩾2h, alors valp(Yk)⩾−2h+min0⩽ℓ⩽2hvalp(Yℓ) et donc,
comme OK0[[t]]⊂OK0[[X/p]], que :
[TABLE]
Pour terminer, on utilise de nouveau le fait que
((K0⊗OK0OK0[[X/p]])⊗Brig,K+D+)P(∇)=0 est un K0-espace vectoriel
de dimension finie stable par φ, et que si n⩾0, alors :
[TABLE]
pour conclure que (K0[[t]]⊗Brig,K+D+)P(∇)=0=(D+)P(∇)=0
puisque Brig,K+=∩n⩾0K0⊗OK0OK0[[Xpn/p]].
Revenons à notre espace D=D+/X et soit Q le polynôme
minimal de ∇. On voit que l’on peut écrire Q=PR où P
est non trivial et a la propriété que P(X+j)∧P(X)=1 pour
tout j⩾1, ce qui revient à dire que P(∇):D(j)→D(j)
est bijectif. Si P=Q, alors soit j le plus petit entier tel que
P(X+j)∧P(X)=1; on vient de montrer que l’application
(D+)P(∇)=0→DP(∇)=0 est un isomorphisme,
et si l’on remplace D+ par Brig,K+⊗K0(D+)P(∇)=0+XjD+, alors on a toujours
D=Brig,K†⊗Brig,K+D+ mais on peut prendre P de degré
plus grand. En itérant cette opération un nombre fini de fois, on voit donc
que quitte à remplacer D+ par un sous-module, on peut supposer
que l’application (D+)Q(∇)=0→DQ(∇)=0=D
est un isomorphisme.
On fait alors un léger abus de notation, et on pose
D=(D+)Q(∇)=0; c’est un φ-module sur K0 avec
action de ΓK. Remarquons que
Brig,K+⊗K0D⊂D+ et que le déterminant
de l’inclusion est un idéal de Brig,K+ stable par ΓK et
par φ (car φ:D→D est bijectif) ce qui fait, par
le lemme I.3.2
de [Ber04a], que Brig,K+[1/t]⊗K0D=Brig,K+[1/t]⊗Brig,K+D+.
Par le lemme 3.3, le déterminant de
φ sur D+
est de la forme Xα0Q1α1⋯Qmαm. Si n⩾m, alors l’application déduite du
Frobenius:
[TABLE]
est un isomorphisme et la définition :
[TABLE]
ne dépend donc pas de n⩾m.
Si y∈D+ et n⩾n(D)=m,
alors ιn(y)∈Fil0(Kn((t))⊗KnDn) et si n⩾−n(D),
alors φn(y)=ιn(D)(φn+n(D)(y)) ce qui fait que pour tout
n∈Z, on a φn(y)∈Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞) et donc
D+⊂M+(D). Il reste à constater
que pour tout n⩾n(D), on a :
[TABLE]
ce qui fait que D=Brig,K†⊗Brig,K+D+=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D).
∎
Deux φ-modules filtrés sur K0 avec action de ΓK
différents peuvent donner le même (φ,ΓK)-module
sur Brig,K+. Par exemple, si on a moralement D1=K0
et D2=K0⋅t, alors M+(D1)=M+(D2)=Brig,K+. Cet exemple est représentatif comme le
montre la proposition ci-dessous :
\propname** \the\smf@thm.**
Si D1 et D2 sont deux
φ-modules filtrés sur K0 avec action de ΓK,
alors M+(D1)=M+(D2) si et seulement s’il
existe un isomorphisme K0[t,t−1]⊗K0D1=K0[t,t−1]⊗K0D2 compatible à φ
et ΓK, et compatible
à la filtration quand on étend les scalaires à
K∞((t)).
Démonstration.
La construction de M+(D) montre que ce module ne dépend que de
Brig,K+[1/t]⊗K0D et de la filtration sur
K∞((t))⊗K0D ce qui fait que si les conditions
de la proposition sont vérifiées, alors
M+(D1)=M+(D2). On voit réciproquement
que si M+(D1)=M+(D2), alors
Brig,K+[1/t]⊗K0D1=Brig,K+[1/t]⊗K0D2 et cet isomorphisme
est compatible à la filtration quand on étend les scalaires à
K∞((t)). Si G1 et G2 sont les matrices d’un
élément γ∈ΓK qui n’est pas de torsion, et
si M est la matrice de l’isomorphisme entre
Brig,K+[1/t]⊗K0D1 et
Brig,K+[1/t]⊗K0D2 alors on a γ(M)G1=G2M, et si l’on écrit M=∑i≫−∞tiMi, alors on voit
que l’on a χ(γ)iMiG1=G2Mi et donc que si Mi=0, alors χ(γ)i est quotient d’une valeur propre de
G1 par une valeur propre de G2, ce qui n’est possible que pour un nombre fini de valeurs de i. On en déduit que M est à coefficients dans
K0[t,t−1] et donc que K0[t,t−1]⊗K0D1=K0[t,t−1]⊗K0D2.
∎
Afin de terminer la démonstration du théorème D, il nous faut montrer
que si Brig,K†⊗Brig,K+M+(D1)=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D2), alors
M+(D1)=M+(D2). Cela suit de la proposition ci-dessous.
\propname** \the\smf@thm.**
Si D=Brig,K†⊗Brig,K+M+(D), et si
D+ est un (φ,ΓK)-module sur Brig,K+
de rang fini et contenu dans D, alors D+⊂M+(D).
Démonstration.
Rappelons que D[1/t]=Brig,K†[1/t]⊗K0D; comme
D+ est de rang fini r, il existe s>0 et h∈Z tels que
D+⊂t−hBrig,K†,s⊗K0D. Choisissons des bases
de D+ et de D et appelons M, P+ et P0 la matrice de
passage, la matrice de φ sur D+ et la matrice de φ sur t−hD
ce qui fait que P0φ(M)=MP+. Comme P0∈GLd(K0), le corollaire I.4.2 de [Ber04a] (qui s’étend verbatim aux matrices rectangulaires)
nous donne que
M∈Md×r(Brig,K+) et donc que
D+⊂t−hBrig,K+⊗K0D.
Quitte à augmenter s, on a de plus que
D+⊂Brig,K†,s⊗Brig,K+M+(D)
et si y∈D+ et n⩾n(s), alors ιn(y)∈Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞)
puisque ιn(Brig,K†,s)⊂Kn[[t]],
et donc ιn(D+)⊂Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞). Enfin, si
n⩾−n(s) et y∈D+, alors
φn(y)=ιn(s)(φn(s)+n(y)) et donc
φn(D+)⊂Fil0(K∞((t))⊗K∞D∞) ce qui fait,
étant donnée la définition de M+(D) donnée dans la
proposition 3.3, que D+⊂M+(D).
∎
En particulier, un (φ,ΓK)-module sur Brig,K+
de rang fini et contenu dans D est nécessairement de rang ⩽d.
Annexe A Liste des notations
Voici une liste des principales notations dans l’ordre où elles apparaissent.
P. Colmez –
Série principale unitaire pour GL2(Qp)
et représentations triangulines de dimension 2.
Prépublication, www.institut.math.jussieu.fr/~colmez (2005).
P. Colmez, J-M. Fontaine –
Construction des représentations p-adiques semi-stables.
Inv. Math. 140, 2000, 1–43.
[Fon90]
J.-M. Fontaine –
Représentations p-adiques des corps locaux I.
The Grothendieck Festschrift, Vol. II, 249–309,
Progr. Math. 87, Birkhäuser Boston, Boston, MA 1990.
[Fon94a]
J.-M. Fontaine –
Le corps des périodes p-adiques.
Astérisque No. 223 (1994), 59–111.
J.-M. Fontaine –
Arithmétique des représentations galoisiennes p-adiques.
Cohomologies p-adiques et applications arithmétiques. III.
Astérisque No. 295 (2004), xi, 1–115.
[Fon07]
J.-M. Fontaine –
Lettres à Jérôme Plût.
15 et 17 mars 2007.
[FW79]
J.-M. Fontaine, J.-P. Wintenberger –
Le “corps des normes” de certaines extensions
algébriques de corps locaux.
C. R. Acad. Sci. Paris Sér. A-B 288 (1979), no. 6, A367–A370.
[Ked04]
K. Kedlaya –
A p-adic local monodromy theorem.
Ann. of Math. (2) 160 (2004), no. 1, 93–184.
K. Kedlaya –
Slope filtrations for relative Frobenius.
Prépublication, arXiv : math/0609272 (2006).
[Kis06]
M. Kisin –
Crystalline representations and F-crystals.
Algebraic geometry and number theory, 459–496,
Progr. Math., 253, Birkhäuser Boston, Boston, MA, 2006.
[Liu07]
R. Liu –
Cohomology and duality for
(φ,Γ)-modules over the Robba ring.
Prépublication, 2007.
[Per94]
B. Perrin-Riou –
Théorie d’Iwasawa des représentations
p-adiques sur un corps local.
Inv. Math. 115, 1994, 81–161.
[Sen80]
S. Sen –
Continuous cohomology and p-adic Galois representations.
Inv. Math. 62 (1980/81) 89–116.
[Wac96]
N. Wach –
Représentations p-adiques potentiellement cristallines.
Bull. Soc. Math. France 124, 1996, 375–400.
[Win83]
J.-P. Wintenberger –
Le corps des normes de certaines extensions infinies des corps
locaux; applications.
Ann. Sci. Ecole Norm. Sup. 16 (1983), 59–89.
Bibliography29
The reference list from the paper itself. Each links out to its DOI / PubMed record.
1[Ber 02] L. Berger – Représentations p 𝑝 p -adiques et équations différentielles. Invent. Math. 148 (2002), no. 2, 219–284.
2[Ber 04a] L. Berger – Limites de représentations cristallines. Compos. Math. 140 (2004), no. 6, 1473–1498.
3[Ber 04b] L. Berger – Equations différentielles p 𝑝 p -adiques et ( φ , N ) 𝜑 𝑁 (\varphi,N) -modules filtrés. Prépublication, ar Xiv : math/0406601 (2004).
4[BB 06] L. Berger, C. Breuil – Sur quelques représentations potentiellement cristallines de GL 2 ( 𝐐 p ) subscript GL 2 subscript 𝐐 𝑝 \mathrm{GL}_{2}(\mathbf{Q}_{p}) . Prépublication, ar Xiv : math/0601545 (2006).
5[BC 07] L. Berger, P. Colmez – Familles de représentations de de Rham et monodromie p 𝑝 p -adique. Prépublication, www.umpa.ens-lyon.fr/~lberger , (2007).
6[CC 98] F. Cherbonnier, P. Colmez – Représentations p 𝑝 p -adiques surconvergentes. Invent. Math. 133 (1998), no. 3, 581–611.
7[Col 99] P. Colmez – Représentations cristallines et représentations de hauteur finie. J. Reine Angew. Math. 514 (1999), 119–143.
8[Col 01] P. Colmez – Les conjectures de monodromie p 𝑝 p -adiques. Séminaire Bourbaki. Vol. 2001/2002. Astérisque No. 290 (2003), Exp. No. 897, vii, 53–101.